18 février 2015

The Baby Huey Story - The Living Legend (1971)

Classique de son époque mais injustement oublié du le grand public, le seul et unique album de The Baby Huey Story alias James Ramey et son groupe est pourtant un disque majeur. Archi samplé par le milieu hip-hop, il n'est rien de moins qu'un sommet de la soul des 70's, à ranger aux côtés des meilleurs disques de Marvin Gaye, Al Green, Syl Johnson ou encore Curtis Mayfield. Ce dernier qui comme on va le voir n'étant pas pour rien dans la réalisation de cet exploit. 


James Ramey c'est donc ce jeune américain de 160 kilos qui adopte très vite le surnom de Baby Huey, rapport un personnage de dessin animé. En 1963 il forme le groupe avec deux bons musiciens et soigne son look afro psychédélique, façon Sly And The Family Stone ou Funkadelic. Leur manager les fait alors rencontrer Mayfield pour une audition. Ce dernier veut absolument Baby Huey mais le reste du groupe lui semble inutile. Il les garde cependant pour l'enregistrement. 

Mais entre temps, Baby Huey continue de prendre du poids ainsi que de l'héroïne et il meurt à 26 ans d'une crise cardiaque dans un motel de Chicago. Triste destinée. Mais l'histoire retiendra que Mayfield arrivera au bout de la production en rajoutant les instrumentaux et les pistes de voix et sortira l'album posthume un an après. Sur le moment c'est un four et le disque est très peu remarqué. Outch. Mais la machine était lancée et peu à peu les plus grands producteurs de hip-hop déterrent la pépite et la rongent jusqu'à l'os.

A Tribe Called Quest, Ghostface Killah, Method Man, Redman, The Game, Will I Am, Dj Shadow, Raewkon, Pete Rock, tous l'ont samplé, alors que l'album ne comporte que huit morceaux, et qu'en plus trois sont eux-mêmes des cover (de Sam Cooke, The Mamas And The Papas et The Impressions). 



Et ces morceaux alors ? L'immense "Listen to me" composée par Michael Bruce Johnson plante le décor. Soul funky tarantinesque et débridé. La BO de soulxploitation idéale, d'une puissance phénoménale. Les deux compositions (instrumentales) de Ramey sont hélas les plus faibles, mais restent très bonnes. Quant à "A change is going to come", la reprise de Cooke, c'est la première claque quant à la voix du bébé. Quelle profondeur, c'est inouï. Il y pousse un cri à 1'53" qui défie la notion même d'aigu. Et ça déroule comme ça sur 9 minutes 30. Un chef d'oeuvre.

Deuxième composition de Mayfield, "Hard times" est l'autre sommet du disque. De son intro reconnaissable parmi mille, à son refrain tellement soul, c'est du génie à l'état pur. Idem pour "Running", autre bombe. Enfin, et plus anecdotique, cette reprise instrumentale de "California dreamin'", peut-être dispensable mais tellement bonne quand on y pense, avec son intro à la flûte et son déchainement de fureur. 

En bref : jetez vous sur ce classique inestimable de la soul black américaine des 70's, rien n'est à jeter, un disque habité comme il ne s'en fait plus. 





7 Comments:

Nickx said...

Je plussoie évidemment à tout !

Ju said...

Et un pressage original canadien trouvé à 8$ de mon côté ( ;
http://www.discogs.com/Baby-Huey-The-Baby-Huey-Story-The-Living-Legend/release/4203713

Anonyme said...

Chapeau !
Une chronique (rare) parfaite pour un album unique dans tous les sens du terme.
Tout n'a pas été dit par Marvin Gaye.
Félicitations

ludo vico said...

Ju c'est impossible d'avoir trouvé ce disque pour 8 $ vu que la cote est très élevée pour ce disque, comme le montre d'ailleurs le lien Discogs.

Ju said...

Euh, Ludo Vico, tu sais que Discogs n'est pas le seul endroit au monde ou acheter des disques.. Il y a aussi les boutiques, les brocantes et j'en passe. On aurait aussi bien pu me le donner..
En l'occurrence il s'agissait de la boutique Aux33Tours a Montréal, qui n'est déja pas très chère a la base, et ou cet exemplaire était resté longtemps perdu dans les bacs a un ancien prix. Il suffisait de le trouver..
Et puis tout dépend de l'état aussi, la c'était un très bon VG, ca aurait sans doute été plus cher pour un NM..
Mais merci pour ton commentaire.
Ju

Nickx said...

CQFD er évidemment, très bonne pioche Ju ! "Même" en VG, un Baby Huey à 8 euros, ça se prend sans hésiter.

Mon vinyl orinel du premier Nick Drake, qui est côté à plusieurs centaines de livres état neuf, je ne l'ai moi aussi qu'en VG - encore que e vinyle est juste hallucinant, pas un craquement, rien - et il ne m'a rien coûté plus qu'un ami anglais qui adore ce disque, mais qui se l'était racheté en CD me l'a donné.

Comme quoi, il suffit aussi d'être là au bon moment.

ludo vico said...

Oui mais moi je n'arrive pas à trouver ce disque de Baby Huey à prix normal.