23 avril 2013

Steve Mason - Monkey Minds In The Devil's Time (2013)

Autant dire que chez Dodb ,on suit la carrière de Steve Mason de près. Après avoir disséqué au possible les albums du Beta Band et plus récemment Boys Outside son premier effort solo (vous savez, cet album à pochette toute noire que personne ne remarque au milieu des autres), j'ai à nouveau quelque chose à me mettre sous la dent. Et comme l'Ecossais ne fait jamais les choses à moitié, le dit-album ne joue pas la carte de la frustration. Double vinyle 180g, gatefold de dingue, pochette et poster sur le thème du Jugement Dernier de Giotto Di Bondone, 20 titres au compteur, de quoi se retrousser les manches et plonger les yeux fermés et les oreilles ouvertes dans ce recueil de pop psychédélique, mais pas que.

Après la concentration micro sur les possibles problèmes mentaux de Mason sur Boys Outside, on passe ici à une échelle au-dessus, plus macro, très influencée politiquement, notamment par les récentes émeutes ayant eu lieu au Royaume-Uni. Mason n'y va pas par quatre chemins, il veut redonner le pouvoir au peuple ("Fight them back") et en finir avec la violence d'en haut ("More money more fire"). Pour ce faire il fait appel au producteur Dan Carey qui se chargera de produire les 9 "interludes" (si on peut les appeler ainsi) à Londres, ne se laissant qu'onze titres à réaliser en Ecosse. A l'écoute c'est plutôt fluide et le passage de l'un à l'autre ne se fait pas sentir.


Pour ce qui est de la musique à proprement parler Mason reste en terrain connu. On connait son penchant pour le dub ("The last of the heroes" et ses commentaires brésiliens sur une course d'Ayrton Senna), le hip-hop ("More money more fire" avec MC Mystro), le gospel ("Lonely", Wraygunn et Spiritualized ne sont pas bien loin) mais de manière générale on a droit à des morceaux pop hypnotiques et relaxants emmenés par la voix si caractéristique de Mason. C'est toujours très élégant et cotonneux ("A lot of love"), très groovy ("Seen it all before" et ses hand-clap très Motown), voire dansant ("Towers of love") et fait de collages à tout va (bruits de rue, d'oiseaux, extraits de documentaires...). Quoi qu'il en soit c'est excellent de bout en bout, tout simplement.

En bref : touffu et engagé, classique mais expérimental, le deuxième album solo de l'ancien meilleur groupe du monde n'en oublie jamais d'être mélodieux et parfaitement exécuté.





1 Comment:

HIPHOP said...

excellent!
avec un drummer qui sait faire scintiller ses cymbales, c'est rare! c'est beau comme une révolution
vive l'anarchie
fight!
j