03 juin 2018

#TINALS 2018 - 01 /06 /18 D1

Russell et Ron Mael (Sparks)
Courtesy of Frédéric Ellien

Pour ouvrir cette sixième édition du TINALS et tôt en soirée, un revenant, Peter Perrett. Auteur l'an passé d'un album réussi (How The West Was Won), l'ancien meneur des mythiques Only Ones fait partie de ces beautiful losers cabossés de la vague punk anglaise. Un type pote avec Johnny Thunders, John Felice, Jonathan Richman, ce genre. Le timbre est beau et grave, le groupe qui l'accompagne est impeccable ; et l'homme dans son costume a la classe intégrale. Une excellente mise en bouche.


Peu après dans le patio, de jeunes japonais répondant au sobriquet de DYGL mettent le feu en usinant une power pop rafraîchissante et énergique. On reverra le groupe un peu plus tard dans la Grande Salle pour une prestation du même acabit.

Puis vient le tour de la grande déception du festival, bien qu'on n'en attendait  à vrai dire plus rien. Beck, puisqu'il s'agit de lui, sert un show particulièrement décousu sur la Flamingo. Accompagné de pointures tels l'excellent Jason Falkner à la guitare, le fidèle Roger Manning aux claviers, renforcé d'une rythmique black redoutable mais aussi de musiciens sur plateformes affublés de micros-têtes paradant plus qu'ils ne jouent, le blondinet californien donne un peu dans le toc.

Longues intros parlées où il décline les textes des chansons à venir, "Where it's at ?" jouée deux fois, pourquoi ? les morceaux affreux de son dernier album omniprésents, il n'y a guère - et encore - que les deux trois chansons rescapées de Odelay  qui parviennent à relever quelque peu le niveau. Et aussi un amusant medley funky de reprises citant Talking Heads et Sugar Hill Gang. Mais cela frise la complaisance.

FRATRIE, C'EST FINI ?

Il n'en sera pas de même avec les fratries. Le retour de The Jesus And Mary Chain est attendu avec impatience. Les très taiseux glaswégiens déboulent sur la Grande Scène. Ils n'ont pas changé d'un poil : Jim paraît même plus sec, plus svelte qu'à ses débuts, tandis que William qui s'est légèrement empâté, arbore toujours la même crinière corbak désormais plus sel que poivre.

Et d'envoyer toute leur litanie de morceaux chéris, ces "In a hole", "Just like honey", "Blues from a gun", "Head on, "I hate rock'n roll"... dans la plus pure tradition Jesus.

On aime ce groupe qui est un "groupe à formule" certes comme l'étaient les Ramones ; mais qui n'a pas son pareil pour asséner les lignes choc, des phrases et des couplets aussi puissants que pouvaient l'être ceux du Velvet par exemple. Qu'on regrette l'absence de tel titre de Psychocandy ou Darklands  n'a finalement que peu d'importance. La musique, c'est aussi une question de son et d'attitude. Ce dont les groupes importants comme les Jesus sont dotés.

SPARKS PAR K.O

L'un des choix les plus inattendus du casting de cette année est bien sûr celui des Sparks. Avec une discographie de près de 50 d'âge, les frères Mael sont de loin et historiquement le groupe vétéran de This Is Not A Love Song.

Leur set est un récital. Ron, hiératique et imperturbable - même quand il se fend d'un irrésistible pas de danse à la Joséphine Baker - plaque les accords sur son Roland rebaptisé... RONALD.

Russell lui fait toujours naviguer sa voix limpide dans des aigus insoupçonnés... pour un jeune homme de 65 ans. Très affable, il parcourt la scène comme un cabri, et sa joie d'être là est communicative.

Partageant l'uniforme rose, un groupe dont les membres n'étaient pas né "à l'époque" joue avec beaucoup de talent, d'application voire de dévotion le répertoire impeccable des Sparks. Emouvant.

Qu'il s'agisse de morceaux extraits du récent Hippopotamus ("What the hell is it this time"), des impérissables classiques glam ('"Hasta manana Monsieur", "This town ain't big enough for both of us", "Propaganda") ou bien des hits de leur virage disco ("Tryouts for the human race", "The  N°1. song in heaven"), tout vient à point nommé pour rappeler que le répertoire de Ron et Russell, avant d'être celui d'un groupe excentrique, est avant toute exceptionnel.

Que les bons c'est eux ; et non les abominables Queen qui ouvrirent pour eux il y a quelque 40 ans et leur piquèrent moult idées.

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