11 février 2013

John Cale - Espace Julien (Marseille) - 08/02/13


Foule de quadras et de quinquas vendredi soir à l'Espace Julien, mais pas seulement ! Tout ce que la cité Phocéenne et ses environs compte de fans de rock attitude et obsédés de légende est bien au rendez-vous de l'une des dates de la tournée Shifty Adventures in Nookie Wood de l'un des deux grands gallois du rock and roll -  l'autre étant Julian Cope, est-il besoin de le préciser....


Le grand John nous gratifie d'un show d'une heure quarante-cinq, ponctuée d'une petite vingtaine de morceaux (17 pour être précis), puisant comme il se doit une grosse moitié de son mitigé dernier album -mitigé car comptant peu de mélodies marquantes et dignes de Cale- et qui ne dédaigne évidemment pas des plongées en apnée dans son répertoire classique - classique aux sens propre et figuré, car tel aime à se définir notre preux et emblématique chevalier gallois.

Il y a de quoi faire, car de Vintage Violence (70) au sortir des années Island, ponctuées de la riche trilogie Fear (74), Helen of Troy (75) et Slow Dazzle (75), il y a déjà fort à creuser dans une carrière dont la remarquable homogénéité en terme de qualité et d'éclectisme pour ce qui est de l'expérimental, en remontre à un Lou Reed soi-même !

C'est donc en formation resserrée, autour d'un guitariste étourdissant (et parfois un peu démonstratif), ainsi que d'une simple section rythmique que le grand John va évoluer, pour une bonne part debout (c'est peut-être un détail pour vous...) face à son piano électrique, et parfois armé d'une guitare ou d'un alto - notamment sur le récent "Living With You" où Cale réactive le gimmick improbable du chant conjugué à l'exécution de cet intrument : tour de force que l'on croyait réservé jusqu'ici à Catherine Lara, avec qui notre fier gallois n'a pas forcément d'évidentes affinités artistiques.

Un John Cale dans une veste un peu étriquée, et qui affiche une ligne et une belle crinière blanche (agrémentée de mèches roses !) pour un homme de sa génération - dame, le bonhomme va sur ses 71 ans !- à la voix toujours aussi impeccable, aux accents toujours aussi princiers, et qui ne trahira guère son âge que dans ses déhanchements lorsqu'il se déplace - à ce moment-là, l'on songe à l'avatar de Dave, et l'on se dit que ce que fait ce mec, debout tout du long, est tout simplement admirable et classe !

La musique est à la hauteur, et même si on se sentira forcément orphelin des tonnes de chansons majeures qui ponctuent les albums précités et Paris 1919 (73) ou  toutes les digressions bruitistes ultérieures, c'est un fait d'armes que d'attaquer le set par "Hedda Gabbler", formidable morceau hanté paru en single en 1977, et qui puise son inspiration d'une obscure dramaturgie norvégienne. Ainsi que d'enchaîner par un "Captain Hook" d'anthologie, énorme scie que Cale déclina pour la première fois dans son Sabotage - Live (80), et qui est encore transfiguré ce soir par ces hautes envolées arpégées au clavier.
Cale interprétera ausi des titres issus de son récent Extended Play de 2011, dont une parution collector était parue l'an passé lors du Record Store Day. Mais ce sont bien les imputrescibles et définitifs "Leaving It Up To You" (complètement revisité) et "Helen of Troy" (et son final dantesque), qui constitueront les autres faits d'arme de ce superbe concert. Respect Mr Cale !

A défaut ou dans l'attente de la superbe entame de concert, la version studio de "Hedda Gabbler" :


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