28 janvier 2014

Temples - Sun Structures (2014)

Déjà promis à un bel avenir, le quatuor anglais a sur faire monter la sauce et nous annoncer cet album il y a déjà fort longtemps par une salve de 7" et 10" plus que tubesques. Aujourd'hui presque hors de prix en physique pour certains, "Shelter song", "Colours to life", "Mesmerise" et "Keep in the dark" font déjà office de classiques, alors que l'album n'est même pas encore sorti (10 février). Pourquoi ? Peut-être tout simplement parce que l'on n'a pas entendu de revival pop psychédélique si bien foutu de bout en comble depuis le carton australien Lonerism.

Chez Temples on est donc encore dans la filiation Beatles et Byrds. Les 12 cordes mènent la danse, la rythmique est démente, c'est rempli de petits détails sonores, de gimmicks qu'on trouvait un peu partout distillés sur un Revolver par exemple. Mais comme l'ont su faire Django Django, Jacco Gardner ou bien évidemment Tame Impala, on n'assiste ni à une pale copie ni à une innovation flagrante. Simplement à une mise à jour 2014 de ce vers quoi les bonnes chansons pop ont toujours tenté d'aller.

Et ça Kettering James Edwards, Thomas Edison Warmsley (si c'est pas Anglais ça) et leurs deux amis l'ont bien compris. Ce premier album pour eux mais le centième disque de leur label Heavenly Recordings est de ceux à écouter en entier, plusieurs fois, à emporter dans la voiture, en voyage, à faire tourner. Assez propre (mixé par Claudius Mittendorfer aussi aux manettes des Mars Volta et Franz Ferdinand) et facile d'écoute malgré ses évidentes incartades psychédéliques, Sun Structures ne laisse jamais sur le côté et peut difficilement déplaire.

Pourtant Temples ne se complaît pas dans un seul et unique format de chanson et jure vouloir changer à chaque fois de structure. S'ils n'y arrivent qu'à moitié et font (trop) souvent intervenir le traditionnel refrain, les nombreuses transgressions sonores savent venir jouer les trouble-fête dans notre cerveau (comme chez l'autre excellent label Trouble In Mind qui aurait tout aussi bien pu sortir ce disque).




Ces chansons donc, je ne vais toutes les citer. Elles sont toutes excellentes. Les quatre singles précédemment cités sont imparables. "Shelter song" pour ses harmonies ensoleillées scellant en un instant le son Temples, "Colours to life" pour ses nappes et percussions à la Tame Impala, "Mesmerise" et "Keep in the dark" pour leur folie façon Django Django. Mais ce serait oublier certains autres petits sommets. Mon préféré : "The Golden Throne" et son pont mélodique à 1'10". Tout est déjà dit dans ce morceau baroque au possible, aussi bien jeté en avant par les cordes que par la batterie. A noter que de très nombreux morceaux utilisent l'effet étouffé sur les percussions et le flanger sur les guitares, spécialité s'il en est encore une fois de Tame Impala ("A question isn't answered" par exemple). Et comme sur tout bon disque, une ballade clôt le bal.

En bref : tout comme Jagwar Ma en 2013 et Tame Impala en 2012, Temples sort dès le début de l'année le disque de pop psychdélique le plus ancré dans son époque bien que tourné vers le passé. Avec plus d'une moitié d'album faite de singles évidents et suffisamment de recoins pour l'explorer en une année entière, Sun Structures est un futur classique.






"The Golden Throne" :

"The Golden Throne" en live :

10 Comments:

oncille said...

c'est le genre de truc que j'écouterais volontiers une fois mais pas plus. "it's played", comme disaient certains musiciens de jazz…
bises, et vive la pop anglaise

Bouddhanight said...

Whoua déjà 19 shares pour Temples du jamais vu !

Ju said...

Pourtant Oncille il me semble que tu avais mis Jagwar Ma en quatrième position de ton top l'année dernière. Dans une même veine, celui-ci est au moins aussi bon !

HIPHOP said...

c'est vrai que j'ai mis jagwarma plusieurs fois sur ma platine… je sais ta prédilection pour la pop psyché, mais j'ai quand même l'impression d'une petite usine qui a trouvé une formule, et tous ces groupes se ressemblent un peu (même si ça reste bien fait)

Nickx said...

J'aurais tendance à rejoindre HIPHOP sur ce point : j'ai écouté quelques titres de Temples récemment.

Bon sans que ça soit de la mauvaise ouvrage, du déjà vu et entendu.

Et pis, j'ai un peu de mal avec tous ces groupes de jeunes blancs payant leur tribut au psyché.

Je les trouve un peu trop cul serré dans leur slim......ceci renforcé par mon humeur très soul du moment.

A quand des petits blancs-becs qui se mettent à groover, à jouer sexy !

Nickx said...

J'ai oublié de dire : le truc qui me paraît le plus important avec ce disque me paraît encore être sa pochette.

Evident démarquage de celle de Who's Next sans la pisse.

Bouddhanight said...

La mise en boîte psychédélique de tous ces groupes d'Outre Manche et autres peut paraitre barbante à force je suis d'accord, mais ici bien que le geste soit certes un peu trop prononcé, il demeure en lui une sincérité, qui jusque dans le look de ces gars transparait aussi vraie que la pastiche qu'il exprime.

Ju said...

@Nickx : pas faux la pochette The Who !
Rahh, et New Electric Ride peut-être c'est pas des blancs-becs qui font de la pop psyché ? ( ;
Si tu cherches des blancs-becs qui groovent il faut remonter à Ween ou au Beta Band sinon..

Nickx said...

Les New Electric Ride n'ont strictement rien inventé je te l'accorde ; disons que j'accroche plus aux voix et aux mélodies.

Après, c'est sûr que ça reste du revival, mais eux font plus ressortir d'influences bluesy voire jazzy.

Après, c'est juste que cette musique m'intéresse de moins en moins ; et j'ai Nicks junior à la maison qui ne jure que par MGMT, Tame Impala et Melody Echo's Chamber alors....

Rien à voir avec ce qui nous occupe, mais les deux groupes foncièrement "blancs" - comprendre sans la moindre once de groove - qui me bottent actuellement sont Liars, Animal Collective et Besnard Lakes.

Le reste, je trouve ça un peu informe...

Jocelyn Manchec said...

Moi ça m'botte bien.