17 janvier 2018

Curtis Harding - Face Your Fear (2017)

C'est lui le nouveau petit prince de la pop-soul mâtinée chatoyante d'Atlanta. Curtis Harding - bien pour le prénom, même si un peu encombrant - s'était fait connaître en 2014 avec son debut Soul Power. Qui étrangement n'avait de soul que le nom et sonnait davantage pop. Sympa mais pas bouleversant non plus.


Le deuxième long format du chanteur-guitariste s'apparente davantage à une réussite puisqu'on peut affirmer sans guère se tromper que ce sophomore compta parmi les plus belles réussites de 2017.
On note ce timbre stylé, cette classe coolitude qu'offrait naguère un Gnarls Barkley ("On and on", "Till the end", "Need your love"). Normal : Curtis a fait ses gammes comme choriste de Cee Lo Green  auprès de qui il a appris que placer sa voix avec l'âme est au moins aussi important que la technique vocale. Ce qui n'est pas un vain mot, quand on sait l'aisance stupéfiante et le coffre du maestro susnommé.

En deux mots comme en cent, Face Your Fear convoque un paquet de facettes multiples du personnage Curtis et de la soul comme on l'aime ; celle à grands renforts de mellotrons soyeux ambiance roulage de pelles et refrains en voix de tête qui ne dédaignent pas les sujets sérieux tels l'acte de contrition d'un père auprès de ses enfants ("Wednesday Morning Atonement") ou bien le morceau-titre qui fait plus que raviver le fantôme de feu le divin Curtis (Mayfield), autre grande influence de Harding.
Et puis il y a ces giclées de foutre wah wah, plus proches du spectre Hendrixien - et une autre influence, une - sur "Need my baby" ou "Go as you are" avec vocaux féminins suaves en sus. Un morceau assez étonnant en ce qu'il évoque aussi bien le fameux gaucher de Seattle.......qu'Algiers, les récents récipiendaires du blues le plus habité qui soit, eux aussi d'Atlanta. L'homme est d'ailleurs assez adroit à la six-cordes, faut-il le noter.
Passer des ambiances sexy et langoureuses de Al Green à celles plus funky de Mayfield est un plaisir qui ne se refuse pas. Sans défricher quoi que ce soit, Curtis Harding énumère ses influences sans que son album ne perde sa belle cohérence, ni que cela altère l'alternance finaude de climats langoureux ("Wednesday...", "Face your fear", "Dream girl", "Ghost of you") avec celle des brûlots mentionnés.

A la fois vintage avec ses basses medium et ses sonorités de mellotrons, Face Your Fear n'en reste pas moins un album qui dissimule sa modernité. Sam Cohen, ancien d'Apollo Sunshine et Danger Mouse (sur un titre) sont aux manettes avec Curtis. Il y  donc cette patine toute early 2000's qui rappellera de bons souvenirs à l'auditeur.

En bref : you can't be wrong when your first name is Curtis. Ecrin pop-soul de 2017. Haut la main.

1 Comment:

Ju said...

Super disque en effet, qui a mis quelques écoutes avant de rentrer dans ma tête.
Tout comme Charles Bradley, il n'invente rien, mais le fait tellement bien !
Bisous