26 mai 2015

Witch - Movin' On (2014)

Revenons sur cette magnifique réédition d'un disque dont le pressage original (à priori sorti l'année 1980) est aujourd'hui impossible à trouver. Un disque obscur et inécoutable pendant de longues années, qui marque le tournant d'un groupe somme toute assez connu par les amateurs de zam-rock, pour qui les guitares fuzzées de Lazy Bones en 1975 constituent le meilleur de leur carrière. Movin' On arrive au début des années 80 donc, et souligne un autre côté de Witch, un pic créatif et un virage disco qui aurait pu être un véritable désastre, mais qui sonne comme rien d'autre et parait complètement en avance.


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21 octobre 2013

Thundercat - Apocalypse (2013)

Thundercat alias Stephen Bruner, main de fer dans un gant de velours et génial bassiste de Flying Lotus, livre un nouveau disque deux ans après la sortie de The Golden Age of Apocalypse. Ce second opus, baptisé non sans lumière Apocalypse, arpente le même chemin que son aîné, déployant une musique résolument chill, dans laquelle se disputent des élans si bien funk que soul, lorgnants à certains égards sur le jazz fusion.


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04 juillet 2013

Else - Pacific (2013)

Les bruits avaient déjà commencé à se propager un peu partout sur le net. L'info, c'est ce collectif d'artistes, musiciens et vidéastes de Toulouse, L'ordre, qui commencent à faire parler d'eux. Des noms comme Vanderway, Jettune, Else, qui ne diront certainement rien à la majorité d'entre nous… Avec une fleur de lys pour symbole, L'ordre compte bien, d'un point de vue musical, remettre la french touch à sa place. C'est-à-dire sur le trône qu'elle n'aurait jamais du quitter. Et avec pour seul et unique souverain, Daft Punk. Alors oui, tous ceux qui ont détesté Random Access Memories n'y trouveront certainement par leur compte. Il y aurait comme une sorte de filiation directe entre leurs ainés et ces derniers (ils ont d'ailleurs commis eux aussi leur remix de "Get Lucky"). Mais il serait dommage de passer à côté d'Else et de leur nouvel EP qui vient sur sortir sur le label Roch.


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20 mai 2013

Daft Punk - Random Access Memories (2013)

Le Daft Punk nouveau vient de sortir. Difficile de passer à côté de l'événement musical de l'année. Je ne reviendrai pas sur la promotion de cet album qui a déjà été analysée en long et décryptée en large. Huit ans après leur dernière fournée, l'attente était d'autant plus grande pour l'un des derniers grands représentants de l'électronique hexagonale. Comme à chaque nouvelle sortie - on les compte sur les doigts d'une main, c'est la polémique qui prend le dessus. On se plaît à les adorer ou à les détester. C'est selon. Au mieux c'est génial, au pire on rigole de cette grande imposture. Seul Homework demeure encore intouchable. Le seul aussi dont le visuel se résume à celui de sa musique. Le succès qui leur a donné leur renommée mondiale. La suite est plus discutable. Les partis pris musicaux de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo n'auront jamais fait l'unanimité. Toujours est-il qu'au vu de l'importance du bruit suscité autour de l'album, Random Access Memories ne devrait pas laisser indifférent.


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06 mars 2013

S3A (Sampling As An Art) – Holdin’ On EP (2012)

Je me demande comment j'ai pu passer à côté. S3A (Sampling As An Art) est pourtant le genre de projets pour lesquels mes alarmes se mettent à fonctionner dans l'instant. C'est vrai, il est encore question d'une énième dernière trouvaille électronique. Mais cette actualité a la qualité d'être à la fois très parcellaire et très rapide, il est alors assez courant de se laisser dépasser par les événements. Max Fader est dans le genre plutôt isolé. Ce producteur parisien ne semble affilié à aucun groupe et se fait plutôt rare en live. Ce qui est étonnant, c'est qu'il a pu se constituer dans son coin un petit arsenal de destruction massive. Des tubes qui pourraient bien avoir une puissance de feu fictionnelle équivalente au .44 Magnum de l'Inspecteur "Dirty Harry" Callahan… Musicalement parlant, s'entend.


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06 juin 2012

Lauer - Phillips (2012)

Ce disque a priori anodin, qui pourrait aisément se noyer dans la masse des projets du genre, a fini je ne sais trop comment par tourner très régulièrement sur ma platine ces dernières semaines. Il y a quelque chose de joyeusement réconfortant dans cet assemblage de nu disco, de synth-pop, de house et de new-wave, dans ces mélodies lumineuses bien que simplettes, ces sons chauds et veloutés. Quelque chose de profondément estival, qui invite au plaisir et à la luxure autant qu’à la danse. Actif depuis plus de 10 ans, Phillip Lauer est la moitié de Tuff City Kids et surtout d’Arto Mwambe, et s’est également fait connaître en solo grâce à de gros EPs  parus entre autres sur Permanent Vacation et Live At Robert Johnson. De bonnes références, donc. En 2012, il continue la tournée des meilleures crèmeries teutonnes puisque son premier long-format sort chez Running Back, à qui l'on doit par exemple le Ragysh de Todd Terje, ou les derniers albums de Tiger & Woods et de Boof, alias Maurice Fulton.


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02 mai 2012

I:Cube - "M" Megamix (2012)

24 titres brillants, enchaînés sur un train d’enfer et couvrant une trentaine d’années de musique électronique : le nouvel album d’I:Cube est un monstre et il ne faudra pas compter sur moi pour briser l’unanimité qui semble entourer sa sortie. Sans même parler de la qualité intrinsèque des morceaux, le seul choix de structurer le disque comme une mixtape est un coup de génie. Et un choix fort. Alors que la version originale de "Transpiration", sortie en EP au début de l’année, dure plus de 6 minutes, cette bombe dancefloor est ici réduite à une portion congrue de 3 minutes environ. Il en va de même pour presque tous les morceaux, dont des versions longues paraîtront en 12" dans les semaines qui viennent. Du coup, M Megamix semble littéralement déborder de bon son. C’est la grotte d’Ali Baba, l’exhumation de tous les trésors qui dormaient sur les disques durs de Nicolas Chaix, ce mec discret dont la légende dit qu’il est un boulimique absolu de musique.


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11 avril 2012

Souleance - La Belle Vie (2012)

Ce n’est pas tous les jours qu’on met la main sur un album français aussi funky et léché que celui-là. D’une fraîcheur calibrée pour l’été, La Belle Vie porte bien son titre, puisque l’on sent d’emblée qu’il a été confectionné avec le plaisir comme seul guide - sans esbroufe, et sans aucune prétention de révolutionner quoi que ce soit ni d’étaler son érudition. Soulist et Fulgeance sont pourtant des experts en matière d’excavation de vinyls. Alexis Eleftheriadi alias Soulist, est d’ailleurs bien connu pour ses sélections rare grooves, qu’il distille dans son émission sur Radio Campus (Future Basics, tous les mercredis à 21h30) ou lors des soirées parisiennes What The Funk. Il a également fait énormément de premières parties de concerts (The Roots, James Brown, Common…). Amateur de sons analogiques, le Caennais Pierre Troel, alias Fulgeance, s’illustre depuis 2007 sur des EPs de bass music et de hip-hop instrumental à la Brainfeeder. Son premier LP solo, To All Of You, est sorti l’an dernier.

Joignant leurs forces en 2009 sous le nom de Souleance, ils ont depuis signé 3 bons maxis et font leur retour en fanfare ce mois-ci avec un nouvel EP (La Gourmandise) et donc ce premier album, tout de même composé pour un petit tiers d’anciens morceaux. On a d’ailleurs plaisir à retrouver le boogie vrombissant de "Cool FM" (que ne renierait pas Dâm-Funk), le breakbeat 80’s agrémenté de clochettes disco de "Le Monde", ou l’électronica teintée de chanson brésilienne (avec cuica et berimbau) de "Passarinho". "Manana", aussi, avec ses faux-airs de Nicolas Jaar. Je regrette juste l’absence de "Chemise", leur très bon edit du classique disco "She Can’t Love You". Si les nouveaux tracks sont dans le même esprit fun et ensoleillé que les anciens, le duo a pris en compte les exigences du format album et a varié les BPM et les ambiances.

Il y a de belles pièces downtempo pour chiller, comme "Rendez-Vous" ou la trop courte "La Plage", qui mêle un thème à la John Barry à une guitare bossa-nova et au bruit du ressac des vagues sur le sable fin. Il y a des grooves bien gras taillés pour les house parties et les barbecues – je vois bien Ju se griller quelques côtelettes au son de "Boobs" ou de l’énorme ligne de basse rehaussée de flûte de "La Romance". Il y a aussi du hip-hop de très bonne facture, notamment sur "Pride (ft. Rashaan Ahmad)" et "Unseen (ft. Homecut)". De belles instrus avec des cuivres, des refrains soulful et des beats sophistiqués. La classe américaine. Et que dire du jam super funky et talkboxé "Le Plaisir", qui invite le génial multi-instrumentiste Shawn Lee à la batterie, ou du morceau-titre, splendide, qui fait penser à Exile ou Nujabes.

Avec un solide socle black music en commun, les deux compères sont complémentaires, ce qui leur permet de multiplier les approches et de livrer un disque complet. L’un est plutôt DJ, l’autre plutôt producteur. L’un amène les samples et les scratches, l’autre les structures rythmiques et les synthés analogiques, même si les rôles peuvent parfois s’inverser. On peut dire qu’ils se sont bien trouvés. Procurez-vous leur album. Achetez français.

En bref : un avant-goût d’été avec le duo français Souleance et sa funk électronique mâtinée de hip-hop. De beaux samples, des synthés à la californienne, des invités de prestige : un premier album impeccable et qui donne le sourire.




Le site du label britannique First Word Records

A lire aussi : Katalyst – Deep Impressions (2011)




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06 avril 2012

Nicholas - Still Playing House (2012)

Cela fait à peine deux ans que le nom de Nicholas a commencé à apparaître sur des compiles et des EP de petits mais très respectables labels comme On The Prowl ou Quintessentials. A ses débuts, le jeune Italien, originaire de Pérouse, donnait dans le nu disco funky, dans l’esprit d'un Mark E. Guidé par son attirance pour les sons clinquants et l’atmosphère des clubs du début des 90’s, Nicholas Iammateo a peu à peu basculé dans un son plus housey et plus roots, quitte à verser dans une sorte d’hommage permanent à l’âge d’or de la house new yorkaise. En ont résulté quelques excellents maxis et surtout Back On Track, une consistante collection de remixes justement consacrée à Nu Groove, légendaire label de la Big Apple de 1988 à 1992. Apparemment, la concoction de cette compilation n’a pas étanché sa soif de dance exubérante, puisque Nicholas revient avec un album de 13 tracks (plus 2 remixes de Gerd et Hunee) dont le titre, certes pas révolutionnaire, a le mérite de ne pas mentir sur la marchandise.

Still Playing House est l’œuvre d’un fétichiste qui a grandi dans l’admiration d’artistes comme Bobby Konders, Joey Negro, Kenny Dope ou les frères Burrell. Il y accomplit quasiment toutes les figures imposées du genre, de sorte que s’il était évalué par des juges de patinage artistique, sa note technique serait quasi-parfaite. On y trouve des titres de piano-house, des voix de diva, un prêche ("Hold Us Back"), un speech sur l’universalité de la musique, et même l’inévitable sample de Martin Luther King ("Change")… Pour résumer, on ne peut pas faire moins original. Et cette accumulation de tracks en 4/4 peine à ressembler à un album. En dehors du slow-disco de "Flow", aucune respiration ne nous est accordée. Du coup, je suis incapable d’écouter le disque en entier.

Reste que chaque titre pris individuellement, sauf le médiocre "Look Beyond", vaut son pesant de pesos. Dans sa version originale comme sur le remix de Gerd, le piano d’"All Night Long" est irrésistible, tout comme les nappes et les touches de trompette d’"I Want To Thank You", ou le vibraphone et la basse dodue de "Change". "Call Me" n’est pas mal non plus, mais ne parvient pas à faire oublier l’edit de Dixon du "Call Me" de Mark E, qui utilise le même sample de Diana Ross ("Ain’t No Mountain High Enough"). Quant à "Miss You", elle parcourt les quelques kilomètres qui séparent New York du New Jersey pour quelques minutes de mélancolie soulful très inspirées par Kerri Chandler. Au final, il y a donc de quoi gaver tout bon amateur de house rétro, même si un peu de fantaisie n’aurait pas nui à toute cette affaire.

En bref : ce jeune Italien n’a qu’une obsession, faire revivre les grandes heures de la house new yorkaise du début des 90’s. Et il y parvient plutôt bien sur cet album en forme d’hommage hédoniste et bon enfant.




A lire aussi : I:Cube – Cubo Edits (2012)

Nicholas sur Soundcloud
Le site du label 4 Lux





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13 mars 2012

Gonzaï 3 - Damo Suzuki, Aquaserge, Publicist et Judah Warsky à la Maroquinerie (09/03/2012)


Gonzaï est un mag en ligne que l’on a toujours aimé lire, l’un des rares à tenter de perpétuer la tradition de journalistes et critiques comme Hunter S. Thompson et Lester Bangs, ou, pour parler français, Yves Adrien et Alain Pacadis. Les articles sont souvent d’une mauvaise foi délicieuse et il faut dire que ça change des dossiers de presse remâchés qui fleurissent sur les sites musicaux. Depuis le début de l’année Bester Langs et sa troupe ont élu résidence à la Maroquinerie pour une soirée mensuelle consacrée à tous les styles de rock déviant. Ce mois-ci, pour célébrer les 40 ans du mythique album Tago Mago de Can, ils proposaient un plateau psyché-kraut-disco pour le moins alléchant, avec en point d’orgue la venue de l’ex-chanteur des krautrockeux de Cologne, le Japonais Damo Suzuki.

En apéritif, Judah Warsky interprétait des titres de son premier album solo, Painkillers & Alcohol, sorti il y a quelques jours chez Pan European (et disponible en vinyle édition limitée à 500 exemplaires). Malgré, ou plutôt grâce à une technique de chant approximative, le leader des Chicros et clavier de Turzi livre une performance agréablement hypnotisante, seul en scène. S’appuyant sur des structures répétitives à la Steve Reich ou Terry Riley, mais en les renforçant avec des beats techno minimalistes, Warsky tempère le côté expérimental de sa musique par ce chant pop fragile. On retiendra notamment un "Failure To Comply" extrêmement réussi, et finalement plus proche de Koudlam que de Turzi.

Suivait le quintet toulousain Aquaserge, qu'on a pu voir en tournée aux côtés d'Acid Mothers Temple ou de Stereolab, ou en tant que backing band d’April March et de Bertrand Burgalat, notamment sur le prochain album du patron de Tricatel. La frange du clavier / chanteur Julien Gasc et sa veste de costard lui donnent des airs de petit chanteur à la croix de bois, impression renforcée par le côté liturgique, voire grégorien de ses vocalises. Entre Magma, Zappa et Faust, la joyeuse troupe propose une mixture psychédélique et parfois très groovy, agrémentée de clarinette et de paroles pour le moins dadaïstes – et chantées en français ! Auteurs de trois albums, les Toulousains n’en sont pas à leur coup d’essai et ça se sent, il y a de la maîtrise dans ce concert pourtant très free par moments. Pas un hasard, donc, si c’est Aquaserge qui a été choisi pour accompagner Damo Suzuki.

Je ne reviendrai pas sur la biographie de Damo, Wikipédia vous renseignera. Celui qui était devenu presque par hasard chanteur de Can a acquis un statut légendaire pour avoir enregistré avec eux trois des albums essentiels du rock choucroute, Tago Mago, Future Days et Ege Bamyasi. Comme une groupie un peu débile, je rêvais d’entendre "Vitamin C" et les grands classiques du groupe. Ce ne fut pas le cas, et n’étant pas un grand connaisseur du répertoire hors-Can de l’artiste, je serais bien incapable de dresser la setlist. Quel plaisir, cependant, de voir ce vieux de la vieille aussi enthousiaste et presque juvénile sur la scène de la Maroquinerie. Ravi d’être là, il abuse un peu du scat mais on le lui pardonne aisément compte tenu de l’énergie déployée lors de cette petite heure de concert.

Finalement, la grosse surprise de la soirée viendra du dernier set, celui de Publicist, alias Sebastian Thomson, batteur du groupe américain Trans Am. Imaginez un type torse nu, arborant une énorme chaîne en or, martelant les fûts de sa batterie au milieu de la fosse sur des instrus préprogrammés, et chantant à travers un vocoder pour un effet rétro-futuriste maximal. Oui, c’est effectivement difficile à concevoir. Mais ça marche. En moins de 5 minutes, la Maroquinerie se transforme en dancefloor. Le bonhomme est une vraie bête de scène et m’a même donné envie de réécouter son Hard Work EP, qui m’avait laissé de marbre à la première écoute. Inégal sur disque, son groove robotique mêlant disco à la new-yorkaise et synthés cosmiques est bien plus consistant en live. Une jolie conclusion pour une soirée à la hauteur de ce qu’on était en droit d’attendre d’un site atypique comme Gonzaï. Longue vie à eux !

Gonzaï
Les sites d'Aquaserge, Publicist et de Damo Suzuki
Judah Warsky sur Bandcamp





Et pour le plaisir :


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29 février 2012

I:Cube - Cubo Edits (2012)

Neuf ans après 3, l’un des musiciens électroniques français les plus exigeants et intéressants s’apprête à sortir un nouvel album, malicieusement intitulé Megamix. A en juger par la qualité de ses prods récentes, la galette s’annonce dantesque. Outre ses travaux sous le nom de Château Flight avec son comparse de toujours, Gilb’R, il y avait eu, en 2010, le Mérovingienne EP, et, en fin d'année dernière, l’excellent Lucifer en Discothèque. Cette fois-ci, I:Cube revient avec un carré de morceaux plus vintage et ludiques pour le septième épisode des Edits du Golem, série française bien connue des amateurs d’edits disco. Ceux qui avaient entendu son superbe mix Autoroute du Soleil connaissent déjà le premier titre de l’EP, "Hnt", une merveille de house lente aux forts accents new-wave. Il s’agit d’une relecture de "Hunting", de New Musik, un groupe britannique du début des années 80. I:Cube y apporte quelques légères retouches et le dépouille presque de ses voix pour un résultat splendide. "A Bicyclette", qui dure seulement deux minutes, est une sorte de version dub très marrante du mémorable tube de Jackie Quartz, "Juste une mise au point"…

La face B est plus ouvertement dancefloor, à commencer par "Piano In Paradiso" qui, comme son titre le laisse présager, est une sorte d’hymne piano-house complètement euphorique, bien ancré dans les eighties. Une bombe en bonne et due forme, dont le sample principal provient d'un obscur morceau euro-dance de Nikita Warren. "You Dance So Well" clôt cette collection sans faille avec un étrange groove disco agrémenté d’un chant en allemand qui fait fortement penser au stupide "Da Da Da" de TRIO. Comme d’habitude avec I:Cube, alias Nicolas Chaix, il s’agit d’autre chose qu’un simple et énième EP de nu disco au kilomètre. A une époque où beaucoup d’apprentis producteurs se sont engouffrés dans cette brèche et envahissent le marché avec des disques faciles et inintéressants, tous calqués sur le même modèle, des sorties comme celle-ci sont d’autant plus précieuses.

En bref : en attendant l’album, 4 edits ludiques et magnifiquement produits par le maître I:Cube, oscillant entre disco, new-wave, house et variète des années 80.





Le site des Edits du Golem
Le Soundcloud d'I:Cube







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08 novembre 2011

Paradis - Parfait Tirage EP (2011)

A la tête du show radio Beats In Space (diffusé en France tous les samedi soir sur Radio Campus), dont il a animé près de 600 épisodes, Tim Sweeney est une des têtes chercheuses les plus fiables de la musique électronique. Diffusant des exclus, recevant des invités plus prestigieux les uns que les autres (Andrew Weatherall, DJ Harvey, Laurent Garnier, Morgan Geist…), le DJ New Yorkais, proche du crew DFA, est devenu incontournable grâce à des sélections avisées et très éclectiques. 12 ans après sa première émission, il lance enfin son propre label et l’inaugure avec un single disponible uniquement en vinyle signé par des Parisiens totalement inconnus, Simon Mény et Pierre Rousseau, alias Paradis. Le duo, qui avait simplement envoyé sa démo à Sweeney, mixe habilement la variète pop française avec des instrus deep house élégants et veloutés. Une alliance qui pourrait paraître contre-nature sur le papier, mais qui s’avère finalement assez réussie.

Les francophones s’arrêteront sans doute sur la face B, puisqu’il s’agit d’une reprise de "La Ballade de Jim" d’Alain Souchon, tube faussement édulcoré sorti en 1985, qui vire au tragique puisque Jim finit par se suicider au volant de sa Chrysler, qui échoue "dans les fougères et les nénuphars". Pas de sample ici, Paradis réinterprète la chanson avec nonchalance sur fond de synthés rêveurs et de belles basses bien rondes. L’exercice est particulièrement casse-gueule mais le morceau s’avère finalement complètement addictif. En face A, "Parfait Tirage", également chantée en français, est quand même plus cheesy, avec ses paroles un peu mièvres évoquant des souvenirs de vacances. On pense vaguement à Daft Punk époque Discovery, à Hot Chip ou aux Junior Boys, bref à toute cette mouvance dance-pop fortement influencée par le son des années 80, bien que le beat soit plus proche des productions house / nu disco actuelles, type Wolf + Lamb. En tout cas un joli petit disque, à la lisière du kitsch, que je ne me prive pas d’écouter en boucle, sans une once de culpabilité.

En bref : aussi saugrenue que soit l’idée de revisiter Alain Souchon en version house, le duo français Paradis l’a brillamment transformée avec sa "Ballade de Jim". La face A n’est pas mal non plus dans le genre dance-pop balnéaire.



Le site de Beats In Space



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26 août 2011

Shir Khan Presents Doctor Dru & Adana Twins / Homework – Black Jukebox 01 (2011)

Plus habitué à l’électro et à la techno, avec des artistes comme Siriusmo ou Adam Sky dans ses registres, Exploited Records s’est mis au nu disco sur le tard, mais avec de grosses sorties, comme celle du délicieux Hudson Square EP de Homework, en février dernier. C’est en toute logique avec ce même duo d’Amsterdam que l’étiquette berlinoise lance Black Jukebox, un sous-label entièrement consacré au genre. Dans leur style scintillant et sexy, à la lisière de la house et du disco avec un soupçon de candeur french touch, ils livrent deux beaux edits. "Lenny", relecture d’"I Belong To You" de Lenny Kravitz, est le type même de sucrerie estivale dans lequel excellent Tom Waist et Zip Stolk : ligne de basse monstrueuse, filtres à foison, riff bien cheesy mais utilisé avec suffisamment d’élégance pour ne pas tomber dans le vulgaire. Pas besoin d’aimer le rockeur dreadlockeux pour se laisser prendre par ce track aux accents daftpunkiens.

"Love Ray" revisite le plus obscur "Got To Have Loving" du français Raymond Donnez alias Don Ray, auteur d’un unique album produit par son ami Cerrone en 1978. Moins opulente que "Lenny", c’est une plage nu disco assez conventionnelle, mais qui reste diablement efficace. Après leur très recommandable Rally Racquet Club EP, paru en juillet chez Made To Play, les jeunes hollandais continuent à monter en puissance avec ces deux titres qui justifieraient à eux seuls l’achat de l’EP. Mais voilà, il ne s’agit que de la face B ! De l’autre côté, le label de Shir Khan donne sa chance à des nouveaux venus, les Hambourgeois Doctor Dru & Adana Twins, créateurs de Jeudi Records et résidents du club Baalsaal à Berlin.

Et ils volent carrément la vedette à Homework avec deux petits bijoux : "Juicy" et "Supreme". Le premier s’empare du déjà succulent "Juicy Fruit" de Mtume (revisité par Biggie en 1994) pour un lifting slow-disco qui combine congas et kick house tout en jouant avec de courts extraits vocaux de l’original. Le second, au moins aussi bon, utilise le piano d’un titre de Malcolm McLaren sur un beat house également assez lent et agrémenté de synthés deep - l’ambiance peut faire penser à Tensnake ou à Tiger & Woods. La cerise sur le gâteau, c’est la voix du MC qui retentit en fin de morceau et entonne un couplet bien old-school qui met inévitablement le sourire aux lèvres. Pour sa première sortie, Black Jukebox réalise un sans-faute et s'installe d'emblée dans la liste des labels à surveiller de près dans les mois qui viennent.

A noter que les titres de Homework ne sont disponibles que sur la version vinyle éditée à 500 exemplaires.

En bref : le duo Homework continue sur la lancée de ses impeccables derniers EP, mais se fait voler la vedette par les newcomers Doctor Dru & Adana Twins. En tout cas une belle collection d’edits, qui téléporte Lenny Kravitz ou Malcolm McLaren entre disco et deep house.



Doctor Dru & Adana Twins - Supreme.mp3

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Shir Khan presents Black Jukebox 01 by Adana Twins

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16 juin 2011

Peter Visti - Love Is The Key (2011)

Dans sa chronique de l’album de Peter Visti et Jakob Meyland, Ju notait à juste titre les lacunes du duo et de son label Bear Funk en matière de promotion. Il nous avait fallu plusieurs mois pour être informés de la sortie du disque, et nous n’étions visiblement pas les seuls dans ce cas puisqu’aucun article n’était disponible sur le net. Le label londonien a pourtant signalé que Visti & Meyland était devenu leur best-seller, preuve qu’on ne peut pas lâcher un morceau épique et iconoclaste comme "Stars" sans créer quelques remous, même sans lui accorder la publicité qu’il mérite. Moins d’un an plus tard, Peter Visti, bien connu de nos services pour ses succulents EP et ses edits (sur Eskimo et Mindless Boogie, entre autres), revient pour un premier album solo, toujours chez Bear Funk, et qui bénéficie, encore une fois, d’une communication quasi-nulle. Dommage, d’autant que le nu-disco est à la mode ces temps-ci, et que le Danois n’a rien à envier à nombre de producteurs du genre bien plus médiatisés.

On retrouve sur Love Is The Key tous les attributs du space-disco de la clique norvégienne des Lindstrom, Prins Thomas, Todd Terje, Bjorn Torske et consorts. La même légèreté, les mêmes nappes accueillantes et ensoleillées, les mêmes emprunts à Giorgio Moroder et au krautrock. La filiation cosmique saute aux oreilles sur l’énorme "Lost In Space", un vrai prototype du genre, déjà sorti en 2010 chez les Français de Skylax. Mais notre homme sait varier les styles, de la deep-disco très mentale de "Be A Vise Man", à l’hédonisme baléarique en slow-motion du morceau-titre. Il rend un hommage old-school et rugueux à la scène de Chicago ("Drinking In Darkness"), verse dans un punk funk bien gras sur "Bongo Fever", et fait chanter les vahinés sur fond de percussions sur un "Tahiti On My Mind" qui me paraît éligible pour accompagner une pub pour du gel-douche.

Pour le moment, c’est "I’m Out The Door" qui a ma préférence. Peter Visty y montre toute sa capacité à combiner plusieurs climats au sein d’une même composition, saupoudrant son beat de guitares héritées du Salsoul Orchestra, d’escalades de synthé bien droguées, puis d’un piano housey, avant de funkifier toute cette affaire avec un sample de James Brown forcément très efficace. Il n’y a pas de "Stars 2" sur cet album, rien d’aussi intense, juste une poignée de bons titres taillés pour l’été, sans autre prétention que de donner le sourire et de faire danser.

En bref : Le premier album solo de Peter Visti est moins tape-à-l’œil, mais aussi moins aventureux que son duo avec Jakob Meyland. Le Danois revient au son de ses premiers EP pour une collection de tracks nu-disco qui sentent bon le monoï et les nuits d’été où tout est permis.



A lire aussi : Visti & Meyland (2010), interview de Peter Visti (2008)






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11 avril 2011

Ghost Note - Kapwa (2011)

Phil South et son label ne se contentent pas d’organiser – paraît-il – les meilleures soirées de New York et de régaler les amateurs de house et de nu disco avec des vinyles de Mark E ou DJ Nature. Depuis quelques mois, Golf Channel Recordings élargit sa palette en s’engouffrant dans un psychédélisme moderne, électro-acoustique, très bien illustré par le dernier EP des Portugais de Gala Drop, récemment chroniqué dans ces pages, ou par ce disque daté de janvier dernier. Ghost Note, c’est le duo formé d’Alexander Posell et d’Anton Esteban, deux artistes pluridisciplinaires, qui travaillent généralement dans les milieux de la mode et des arts plastiques, réalisent des court-métrages et des films publicitaires, et trouvent accessoirement le temps de sortir des disques et de mixer ici ou là. Leur précédente livraison, l’EP Holy Jungle, remontait à 2008.

L’idée de ce 12’’ a émergé l'an dernier, lors d'un voyage d’Anton Esteban dans son pays d’origine, les Philippines. C’est lui qui a pris la photo qui orne la pochette, lors de la préparation d’une cérémonie de crucifixion volontaire comme il s’en déroule chaque année à Pâques – un marronnier pour les journaux télévisés du monde entier. La violence de l’image trouve une résonance dans le climat de chacun des deux tracks, et surtout dans la face B, "Abularyo", une tranche d’horror-disco que les Italiens de Goblin ne renieraient pas, avec ses chœurs flippants et ses roulements de toms à foison. Le début de "Kapwa" est aussi assez angoissant. Percus, gongs et clochettes nous plongent dans une jungle oppressante, en plein rite sacrificiel, puis des petits synthés aigus et sadiques ne font qu'accentuer cette sensation d'étouffement. Mais le cauchemar finit par s'estomper et se mue alors en une sorte de rock psyché lumineux avec guitares, orgue et harmonica. La progression est épique, exaltante, et la mélodie rappelle certains thèmes d’Ennio Morricone pour Sergio Leone. Une tuerie de plus pour Golf Channel !

En bref : un curieux 2 titres partagé entre disco horrifique, rituels mystiques et psychédélisme spaghetti. La face A vaut son pesant d’or.



Un mix récent d'Anton Esteban pour Test Pressing

A lire aussi : Umberto - Prophecy Of The Black Widow et Gala Drop - Overcoat Heat EP




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23 février 2011

Umberto - Prophecy Of The Black Widow (2010)

Quelle pochette ! Je dois dire que c’est ce visuel détonant qui m’a amené à écouter ce disque, ainsi qu’une ou deux chroniques ici ou là. Ce nom aussi, Umberto, que l’on croirait sorti tout droit d’un porno italien (pardon à tous les Umberto qui nous lisent). Enfin, ce titre, La prophétie de la veuve noire. Tout un programme avant même d’avoir écouté la moindre note. Et puis aussi ce vinyle, limité à 485 copies, qui met en valeur l’image et la construction du disque en deux faces. La musique alors ? Une bande originale imaginaire d’une série z italienne, alliée à la puissance du rythme krautrock, façon électro. Oui Monsieur !

Umberto puisque c’est de lui qu’il s’agit, est en fait le projet solo de l’Américain Matt Hill, ancien activiste du psychédélisme au sein du groupe Expo 70. On sait très peu de lui, à part que c’est ici son deuxième album sous ce nom, suivant le bien nommé From The Grave. Cette fois-ci on trouve huit titres d’italo disco sortis chez Not Not Fun (sic), et dont l’originalité malgré les références lourdes impose le respect. On pense forcément à Steve Moore (Zombi), Carpenter, Goblin, mais aussi à Kraftwerk ou le le Pink Floyd ou encore plus récemment Zombie Zombie ou Emeralds. Tout un programme encore une fois.


Là où Umberto fait fort, c’est dans la construction progressive de ses morceaux, toujours très puissants (l’écoute au casque s’impose d’elle même), aux basses profondes et à son pychédélisme connoté. La track de ce disque, parce qu’il en faut toujours une, c’est "Temple room". Un voyage cosmique de 7’08’’ qui commence par un drone inquiétant puis ajoute des tonnes de couches de sons et de synthés pour finalement exploser à 3’50’’ en un truc hybride et électronique qui ferait de l’ombre à la Justice. L’autre c’est "Night stalking", spirale infernale de synthés qui dévastent tout sur leur passage. 6’40’’ une fois de plus, un break monumental, un final travaillé et une ambiance gothique, que demander de plus ? Les autres sans être aussi tubesques sont de vrais morceaux, et en fin de compte le disque s’écoute très bien d’une traite. L’une des dernières pépites de 2010.

En bref : un film d’horreur italien, psychédélique et groovy à souhait, où les synthés 80’s et les beats bien modernes apportent un véritable caractère. Excellent !





Le Myspace

A lire aussi : Zombi - Spirit Animal (2009)

"Temple room" et "Night stalking", s’il vous plait :





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10 février 2011

VA - ESP Institute - Concentration Vol. 1 (2010)

Andrew Hogge, alias Lovefingers, n’est pas un inconnu pour ceux qui s’intéressent au disco déviant et aux musiques obscures des décennies 70 et 80. Pendant des années, il a contribué, grâce à son blog, à faire redécouvrir des centaines de perles méconnues qu’il ne s’est jamais fait prier pour remixer. Le 1er janvier 2010, le natif de Californie, aujourd’hui installé à Brooklyn, a posté un message fort bref pour annoncer la fermeture de ce fameux blog : "New decade, new projects", annonçait-il. Son nouveau projet n’a pas tardé à voir le jour. Label "philanthropique et pédagogique", comme se plaît à le définir son créateur, ESP Institute a sorti, l'été dernier, le premier volume d'une série de compilations dont les bénéfices sont reversés à une association de soutien des jeunes en difficulté via l’étude et la pratique de la musique, basée à LA.

Au-delà de la bonne cause, Concentration Volume 1 est surtout l’occasion de faire connaissance, si ce n’est déjà le cas, avec une sélection d’artistes parmi les plus talentueux des scènes cosmic et balearic. On a affaire à une belle brochette de nerds qui possèdent d’extensives collections de vinyles rares et oubliés et s’amusent à en faire des edits plus ou moins discoïsants. Ces gars-là savent que tout est bon pour faire triper les dandys barbus, hippies numériques et autres végétariens drogués : deep funk, pop, kraut, tropicalia, soft rock, bandes-sons de navets italiens… L’essentiel étant d’y infuser une dose significative de percussions, wah wah, cuivres, basses slapées et samples new age, et bien entendu des tonnes de synthétiseurs.

Le patron se charge lui-même de l’entrée en matière avec son impressionnante version de "Pescador" (de Sesto Falconi), introduite par un beat housey en sourdine avant de dérouler des guitares floydiennes et de s'achever en mode free jazz dans une mêlée de flûtes et de clochettes. Bumrocks enchaîne dans une veine pop psyché, mais y injecte des chœurs disco pour faire de "Piedra" une petite tuerie vintage. Parmi les autres incontournables : le drôle de reggae afro et moite des Japonais de Cos/Mes, la relecture par le Suisse Lexx d’une chanson de variété italienne au riff de synthé particulièrement obsédant ("Questo Amore", de Lucio Battisti - 1980), ou encore le blues speedé de "Rocks In Me" (d’Alexis Le-Tan & Lee Douglas), sa ligne de basse à réveiller un mort et son harmonica déglingué.

Ces titres absolument énormes en côtoient d’autres plus anodins, mais la qualité de l’ensemble reste élevée, suffisamment en tout cas pour espérer qu’un deuxième volet arrive très bientôt, et que ce beau projet s’inscrive dans la durée. En attendant je ne saurais trop vous recommander d’explorer le catalogue d’ESP Institute, les travaux de Lovefingers seul ou avec Lee Douglas au sein de Stallions, et les sorties de son autre label, Black Disco.

A noter : la compile n’est sortie qu’en CD mais certains titres sont disponibles sous la forme de 2 samplers vinyles.

En bref : il fait bon chiller avec Lovefingers et sa tribu internationale de barbus cosmiques, qui nous offrent ici une collection de remixes et edits d’obscurs joyaux funk, rock, afro et disco des années 70/80. Savamment psychédélique.



Le site de l'ESP Institute

A lire aussi : Gala Drop - Overcoat Heat EP (2010)

"Pescador", de Lovefingers :


"Piedra", de Bumrocks (edit de "California Music", de Curt Boettcher):


"Verliebt", de Lexx :


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28 janvier 2011

Gala Drop - Overcoat Heat EP (2010)

Voilà encore un disque de chez Golf Channel, mais dans un genre totalement différent, comme pour illustrer la diversité des directions prises par le label de Phil South. Loin du son soulful de DJ Nature, donc, les quatre Portugais de Gala Drop imbriquent instruments live et boucles électroniques pour créer un magma psychédélique assez excitant. Auteurs en 2009 d’un premier album autoproduit remarquable bien qu’un peu fouillis, ils passent dans la catégorie supérieure avec les 4 titres d’Overcoat Heat. A mon sens bien plus intéressant que les désormais très policés Delorean auxquels on le compare volontiers, le groupe se situe bien dans la même mouvance ibérique de dance-pop vaporeuse, également incarnée par John Talabot. Ils ont aussi en commun un goût prononcé pour les photos surexposées et les films de vacances en super 8, comme en attestent l’artwork de l’EP et le clip de "Drop" - ce règne de l’esthétique vintage commence à lasser, soit dit en passant.

Ce n’est pourtant pas à la chillwave ou à Delorean que je pense le plus en écoutant "Rauze", mais à Animal Collective. Si Panda Bear et ses acolytes avaient pondu ce titre, il serait déjà porté aux nues par la moitié des blogs musicaux de la planète. Avec son beat 4/4 bien dancefloor, son enchevêtrement de boucles à la Steve Reich, de percussions tropicales arythmiques et de guimbardes, on tient là un morceau absolument fabuleux, tout à fait dans la même veine que "Summertime Clothes" ou "In The Flowers", mais sur lequel les chœurs Beach Boysiens laissent place à un unique sample vocal très lyrique.

Les gars de Gala Drop savent dégainer les guitares là où on ne les attend pas, essaimant ici un petit solo psyché, là une mélodie mandingue ou highlife. Capables de plonger l’auditeur dans un profond état contemplatif, ils peuvent aussi bien le contraindre à remuer son popotin, comme sur "Izod", entre disco-house fiévreux et krautrock - on entend d’ailleurs un peu de Jaki Libezeit (ex-Can) dans le jeu métronomique du batteur Afonso Simoes. En guise de conclusion, "Overcoat Heat" mêle effets dub, synthés à la Klaus Schulze et guitare lancinante pour un jam drogué de premier cru. Maintenant il va falloir nous concocter un album à la hauteur de ces très belles promesses.

En bref : quatre Lisboètes épris de kraut, de house et de synth-pop donnent leur version, très convaincante, du psychédélisme des années 2010.



Une interview et un mix ici
Leur Myspace



DROP (from Gala Drop) from Antonio Contador on Vimeo.


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19 janvier 2011

Visti & Meyland - s/t (2010)

Je ne remercierai jamais assez Dave de m’avoir poussé à écouter "Stars", track de l’année selon moi et tête de gondole d’un album jouissif de bout en bout. Personne, je dis bien personne n’en a parlé (ou alors qu’il se lève maintenant ou se taise à jamais) et pourtant… Certes le duo à l’origine de ce disque n’est pas au top niveau communication, c’est même un bel euphémisme. Même ceux qui lisent ce blog depuis le début ont sans doute oublié l’interview et la chronique par Fabien de cet énigmatique danois qu’est Peter Visti. Ancien footballeur reconverti sur le tard à la musique baléarique, on sait très peu de lui. C’est encore pire pour son comparse Jakob Meyland quasi absent du web. Mais les deux amis travaillaient ensemble depuis 2003 pour jeter en pâture l’année dernière cet OVNI disco, au sens noble du terme.


Commençons donc par "Stars". La basse disco qui entame, les guitares qui s’installent, puis la rythmique qui les rejoint tranquillement. Quelques notes de piano puis des nappes de synthé bien troussées. Un bébé qui pleure. Le piano qui se fait sa place, les synthés qui s’accrochent. Le morceau prend son temps puis des voix incantatoires qui annoncent l’explosion à 3’50", l’une des plus belles de 2010. Le son qui se fait plus fort et ce piano qui continue de nous entraîner. Le synthé qui se fait dramatique, mais pas trop. Et enfin cette voix sourde et pleine de relief qui en enchaîne une autre plus agressive. C’est parti pour un délicieux couplet / refrain "Just follow me / I’ll show you the way to the stars". Simple mais efficace. Les voix se muent en chœurs de l’armée rouge et le morceau qui continue encore de monter. Le duo vient d’inventer la prog disco funk en 8’18". On en reste sans voix.


Et des morceaux comme ça il y en a d’autres. Comme "Yes Maam" le premier morceau qui les a fait connaître ensembles. C’est un morceau d’électro disco minimal, avec guitare classique, et psaumes de "negro spiritual" comme ils disent. Le credo "All night long" est récité en boucle et le tout est dansant à souhait, sans aucune vulgarité. Il y a aussi les huit autres minutes de "Leave your worries". Encore cette voix venue de l’espace, qui annonce les instruments au fur et à mesure qu’ils se rajoutent : "Here come the bass". Qui prend son temps. "Here come the drum". Puis "Here we’re introducing the piano". Au milieu, c’est un break déchirant de voix / piano qui annonce encore à 3’50" (coïncidence ?) la deuxième énorme explosion de ce disque, et donc de l’année : "One word only / It’s love". Je vous laisse découvrir par vous-mêmes.

Tous les titres ne sont pas comme ça non plus. Mais le niveau ne baisse jamais franchement. "The Chair" est aussi un rock cosmique de haute volée mené tambour battant sur un rythme pulsatoire qui fait son effet. A l’image du reste du disque, ce tracks est à la fois taillé pour le dance floor ET pour le canapé. Etrange comme situation. Il y a même une reprise : "Nightclubbing" de Grace Jones. Pas mal. Vous reprendrez bien un petit dub oriental ? Mais bien-sûr puisque "Slowly" est là pour faire tampon avant le funky "I’m scared" et son refrain que je ne comprends sur le cannabis. Un génial texte scaté et obsédant plus tard ("Diggy dang" ?!?), "Something in the way" clôt le trip avec beaucoup trop de miel pour moi, c’est dire. La seule fausse note à mon goût. Ah oui, il y a quand même un long jam de onze minutes à la fin. Pour le fun.

En bref : aussi bien destiné aux néophytes qu’aux initiés, Visti & Meyland selon le nom de ses créateurs est un disque universel de prog disco susceptible à la fois de vous faire squatter le salon et de vous faire décoller sur dance floor. Salutaire et tout bonnement génial. Une bonne claque dans la gueule.




Seules infos disponibles, sur le site du label Bear Funk

A lire aussi : Peter Visti, interview et chronique

"Stars" :



"Yes Maam" avec un flow hip hop :



"The Chair" :


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14 janvier 2011

Genius of Time - Gliese 581g (2011)

Si le pays est fameux pour ses groupes indie rock et ses producteurs disco, il n’est pas très fréquent d’entendre de la bonne house en provenance de Suède. Non pas que les talents manquent, mais en dehors de The Field et, plus récemment, d’Axel Boman, les rares DJ à s'être faits un nom donnent dans la dance de stade, pour ne pas dire de supermarché, à l’image de la Swedish House Mafia. C’est pour remuer un peu la scène underground locale que Dorisburg et le duo de Gothenborg Genius Of Time (Nils Krogh et Alex Berg) ont créé Aniara Recordings l'an dernier. Gliese 581g est déjà leur troisième sortie, et avec des vinyles de cette qualité, le label a certainement de beaux jours devant lui.

La basse nu disco, les percus et les gros handclaps du morceau-titre m’ont immédiatement fait penser à "Caught Up" de Metro Area, jusqu’à l’apparition d’un petit riff de synthé très 90s, qui brouille un peu les pistes. Puis les inévitables nappes, moelleuses et charnelles, font finalement pencher le curseur du côté d’une deep-house luxueuse mais sobre, digne des meilleurs labels allemands du moment, quoique légèrement plus lente que la moyenne. En face B, "Science Fiction" est beaucoup plus sec et rythmique et ne présente, en ce qui me concerne, que peu d'intérêt.

Pour info : Gliese 581 g est le nom d’une exoplanète dont la découverte a été annoncée en 2010. Située dans la constellation de la Balance, elle présente une masse et un rayon similaires à ceux de la Terre, et serait située dans une zone habitable. Son existence n’a pour le moment pas été confirmée.

En bref : deep-house lente et addictive en provenance de Suède.



Le site d'Aniara Recordings

A lire aussi : Francis Inferno Orchestra - Meet Me In Salt Lake City

Genius of Time - Gliese 581g by Aniara Recordings

Un (superbe) live de Genius of Time enregistré à Noël 2010:
Nr. 38: Genius of Time live (Aniara, Royal Oak) by ROOF.FM
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