04 octobre 2024

Split Enz - Mental Notes (1975)

En voilà de drôles de zozos. Septuor inclassable originaire de Nouvelle-Zélande du côté d'Auckland et mené lors de sa meilleure période par son duo de têtes pensantes Tim Finn / Phil Judd tous deux chanteurs compositeurs attirés et exclusifs, Split Enz s'est surtout fait connaître comme un groupe new-wave à succès jusqu'au milieu des années 80.

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06 juillet 2023

Mott The Hoople - s/t (1969)

Et si c'était eux les champions toutes catégories du glam rock anglais ? Après tout les Spiders From Mars ont vite splitté, T Rex n'a véritablement été crédible que sur un brelan d'albums, The Sweet et Slade étaient surtout des usines à singles. Il y avait bien sûr Cockney Rebel mais leur style louchait davantage du côté de Roxy Music. Et puis un groupe glam sans guitares... Reste donc le groupe des lads anglais : Mott the Hoople.

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27 avril 2023

Alice Cooper - School's Out (1972)

Le début / milieu des années soixante-dix  s'apparente pour Alice Cooper (le groupe) qui d'ailleurs n'y survivra pas, à un âge d'or. Après deux albums encore un petit peu mal dégrossis, tout se met en place dès Love It to Death (71)  et le restera jusqu'à Billion Dollar Babies et à un degré moindre Muscle of Love, tous deux de 1973. Puis ce sera l'implosion du groupe.

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07 juillet 2022

Steve Harley And Cockney Rebel - The Best Years Of Our Lives (1975)

C'est une constante : le bubblegum et le glam rock ont été des courants aussi fugaces qu'impitoyables en termes de renommée. Plus encore que la pop sucrée et arrangée du premier courant finalement vouée à disparaître après l'émancipation des grands groupes du British Beat (Kinks, Who Pretty Things, Beatles en tête), le rock à paillettes en a laissé un paquet sur le bas-côté. Tout comme The Sweet ou Slade, Cockney Rebel a plus que connu son heure de gloire mais ne fait guère plus frétiller que l'oeil de la ménagère britannique nostalgique.


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13 novembre 2018

New York Dolls - s/t (1973)

 Classique parmi les classiques, le premier des deux albums des New York Dolls, association de juifs et d'italiens de la Grosse Pomme aura influencé plus d'un musicien. On peut même arguer qu'à la façon du premier Velvet, voilà un disque qui a donné envie à tous ceux qui l'écoutèrent en son temps de faire de la musique.


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28 janvier 2016

Aut' Chose - Une Nuit Comme Une Autre (1975)

A part les québécois, personne ne doit vraiment connaître Aut' Chose. Pourtant, le groupe montréalais des années 70 emmené par le charismatique Lucien Francoeur (textes et voix) et son acolyte Pierre André Gauthier (guitare et synthés) a depuis longtemps acquis le statut de formation culte chez nos frères d'Amérique. Avec cinq albums au compteur, Aut' Chose a largement contribué à changer le paysage musical à Montréal. Mais ce sont surtout les deux premiers albums qui sont intéressants. Un peu plus tôt la même année, sortait Prends Une Chance Avec Moé, un disque déjà très éclectique. Mais Une Nuit Comme Une Autre sorti un peu plus tard la même année est pour moi le plus malade, à la fois glauque, moderne et électrique.


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07 décembre 2009

Pulp - Separations (1992)

L’histoire de cette chronique a peu ou prou suivi celle du disque dont il est question. Et son sujet mon histoire personnelle. Soit une mise en abîme vertigineuse qui me replonge dans un état particulier à chaque fois que je l’écoute, on s’en doute. L’on pourrait presque sous-titrer "tiré d’une histoire vraie". Separations est le troisième album de Pulp, après It en 1983 et Freaks en 1987, alors que le groupe est créé depuis 1978. Leur musique est trop sombre et ne touche qu’un petit public, le jeune Jarvis Cooker sort d’une désillusion amoureuse, et son groupe par manque de succès risque à tout moment de se séparer lui aussi. Dernier tir avant d’emprunter le tunnel de lumière, Separations devait mettre fin sur le papier à la carrière du groupe anglais. Il mettra énormément de temps à voir le jour, mais fixera à jamais le style Pulp à venir. Et si l’on n’en est pas encore à la puissance créative de Different Class, Separations permet surtout une chose, enfin découvrir cachée derrière le vernis la personnalité du plus emblématique des middle class hero, le charismatique Jarvis Cooker, qui découvre alors et dans un même temps sa voix et les douleurs de l’âme en peine. Et ce mélange des deux de devenir un classique de la pop britannique.

Il faut dire que le disque ne perd pas de temps pour entrer en matière, en alignant deux monuments en première ligne, le désespéré et bien nommé "Love is blind" suivi par la superbe tentative de récupération ratée (et encore une fois bien nommée) "Don’t you want me anymore". Pour la première, les retrouvailles avec le groupe depuis cinq ans sont directes. Une ligne de basse, un lyrisme crescendo, et des sonorités toujours un peu kitsch, comme l’amour finalement. Assimilé à une sorte de glam new rave à sa sortie, Separations propose quelque chose de vraiment original. Et bien-sûr, Jarvis qui chante, ou plutôt qui parle, qui débite même. Et qui balance ces "Nanana" désespérés tel un loup qui hurlerait à la lune. Qui n’est pas pris en étaux par ce chant n’a pas de cœur. Et la deuxième donc, ce refus de la réalité, classique étape du cycle du deuil : le marchandage. Jarvis se dirige vers son ex et compte lui montrer "qui est le maître". Ces paroles sont tout simplement parfaites : "You’re gonna love me, more than ever / And the sun will shine again / And I will kiss you face, and I will make you smile again". La suite : "Oh no I can’t, I can’t believe what’s happening / There must be some mistakes / You find yourself another lover, and you’re glad we made the break". Jarvis ne chante pas, il joue son personnage comme au théâtre. Hélas on sait sa tentative vouée à l’échec.

Ensuite dans Separations il y a d’autres morceaux passionnants et romantiques. "She’s dead" par exemple, incroyable de mélancolie, mais aussi "Down to the river" et sa tristesse absolue. Il y a aussi "My legendary girlfriend" ce morceau bancal et discoïde, avec une intro que l’on croirait tirée d’un Barry White. Une musique étrange, avec des souffles rauques, des cris et des sifflements, qui ont eu tellement de portée qu’un groupe s’est nommé comme ça. Après toutes ces présentations, il reste encore les trois derniers morceaux de bravoure de l’album. Trois titres monstrueux, à commencer par "Countdown". Encore une fois ce son disco, et un Jarvis qui continue d’endurer les dix plaies d’Egypte. Il prend la réalité en pleine figure et sait que son heure est comptée. Le nouveau Scott Walker en mode voûté et longiligne déballe ses détails cyniques sur la rupture et en fait des hymnes nostalgiques à toute épreuve, y compris celle du temps.

"Death II". Un titre à damner un Saint. Le sommet du disque. Maintenant Jarvis est seul, il erre dans les bars pour boire et draguer, mais il n’y arrive pas et continue d’enchaîner les moments de galère et d’insuccès : "I must have died a thousand times / the next day I was still alive / And I still believe in you". Le constat est amer : "Oh I was nothing when you came, and no one now you go away". En fait chaque parole est importante (et oh Bonheur, intelligible et dans un bel anglais), tel un récit bien écrit. Koudlam aurait pu faire ça avec ses synthés. En voiture balai, "This house is condemned" enfonce le clou d’une électro hypnotisante presque anachronique par rapport au reste du disque, et vient clore 48 minutes de rupture en musique. Vous avez dit sado-maso ?

En bref : il fallait bien ça pour souligner la naissance d’un groupe important des années 1990, Separations est pour moi parfait de bout en bout, de la pop discoïsante scandée, que dis-je, vécue par un Jarvis Cooker alors au sommet de lui-même, bien malgré lui. L’autodestruction n’a jamais été si mélodieuse.





A lire aussi : The Pale Fountains - Longshot for you love (1998)

"Don’t you want me anymore" et "Death II" :




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15 mai 2009

KristeenYoung - Music for Strippers, Hookers and the Odd On-looker (2009)

Le 1er avril est sorti le sixième album de KristeenYoung (tout attaché, c’est voulu). Ce groupe américain est originaire de Saint Louis. Il est composé de Kristeen Young aux claviers/chant et de Baby Jeff White à la batterie/percussions. Le groupe est aussi inconnu en France que sont réputés les artistes invités au gré des années sur les enregistrements du groupe : David Bowie sur l’album Breasticles, Brian Molko sur X (pour 10 en chiffre romain), Patrick Vaughn Stump sur le LP qui nous intéresse. A la production, derrière la console, il y a Tony Visconti (David Bowie, T-Rex, Morrissey…). C’est la quatrième fois consécutive.
Ce n’est pas un hasard si l’album sort le "jour des fous". L’équivalent du "poisson d’avril" chez nous. Miss Young semble avoir la tête sur les épaules. Mais son esprit est ailleurs. Il est préoccupé depuis des années. J’en veux pour témoins ses thèmes. Elle les ressasse inexorablement. Elle a en partie du sang Apache dans les veines. Une orpheline élevée par des personnes d’origine modeste. Des (bons) Chrétiens fondamentalistes. Ces derniers ont une mission pour le Seigneur. Ils doivent sauver l’âme souillée de leur petite protégée. Kristeen Young sort pour le moins ébranlée de ses jeunes années. Mais elle s’est tissée un manteau de béton armé. Une protection. Et elle en garde une honnêteté imparable. Une arme. Kristeen donne son point de vue sur la société. Kristeen parle de sa relation avec les gens. Kristeen nous livre sa vision des hommes. Kristeen fustige la sacro-sainte famille. Kristeen égratigne l’Establishment. Pas de rébellion de pacotille. Un rejet du conforme. Un dégoût du laisser-aller. Ca passe ou ça casse. Des phrases extraites peuvent nous aiguiller sur l’état d’esprit de la Miss : "Je t’ai tout donné, tu as pris le meilleur puis tu es parti, tu n’es rien d’autre qu’un homme, fils", "mes larmes sont plus nuancées et sincères que les tiennes… tu ne pourras pas gagner mon concours de dépression", "tu sais que je t’aime à en mourir… je sais ce que tu as en tête…donc arrête de penser pour une fois", "la musique, tu la veux calme, comme au temps de papa, le confort n’est jamais un but". D’emblée roulements de batteries. Piano désaccordé. Voix de chat sauvage pris au piège. Plus proche du résultat scénique. On est loin de toute cacophonie. Les instruments et la voix ont été enregistrés avec précision. Chirurgicale. D’où l’incroyable présence sonore. D’où l’émotion sans concession. D’où l’impression d’immédiateté dans l’expression. Des indices d’un travail de production réfléchi ? Des effets sont disséminés ici et là. Toujours dans le souci d’enrichir l’intensité dramatique. Sans aucun maniérisme. Ou si peu. Le groupe a gardé son phrasé qui fait sa personnalité. Martelage. Syncopée. Dissonance. Lyrisme. Rock. Heavy. Un petit côté poisseux. Bar malfamé. Baby Jeff maîtrise son art. A la perfection. Toujours concis. Pas de solo. Inutile. Il maintient la pression. Il garde le cap. Kristeen ne chante pas. Elle joue de sa voix. De mieux en mieux. Il y a des sonorités à la Kate Bush. Involontaire semble-t-il. Kristeen a affirmé connaître l’anglaise depuis peu. Qu’importe. Leurs univers sont différents. Leur part d’ombre n’a pas la même noirceur. Kate Bush minaude. Envoûte. Kristeen Young clame. Exorcise. Ses cordes vocales vous lient les mains. Le ton intime l’attention. Une supplication déguisée ? De gré ou de force, vous écouterez. Le schéma se prolonge sur scène. Avant un disque, Kristeen Young tourne. Après un disque, elle tourne. Plus qu’un moyen de vivre. Une vraie raison de vivre. De survivre. Le groupe sillonne les U.S.A. De club en club. Des premières parties aussi. Pour Morrissey. L’ami fidèle. Mais rien n’est prévu pour la France. Pas encore. L’espoir fait vivre. Fait survivre. 

En bref : 14 chansons pour s’exprimer sans retenue. 14 plaintes contre la vie. 14 questionnements sans réponses. 14 constatations sans concession. 14 cris d’amour en somme. A écouter le volume à fond. A ne pas aborder qu’en surface.



le site, le myspace

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29 janvier 2009

Late Of The Pier - Concert à Bordeaux le 27/01/09

Devenu spécialiste de la chronique casse-gueule, et après un Franz Ferdinand controversé, ne manquait que le live d’un groupe bouc émissaire d’une année passée. Poussé par la curiosité, ou par un simple élan masochiste, j’arrive à enrôler l’ami Fabien dans l’affaire et enfile mon nouveau sweat fluo acheté pour l’occasion, il ne faudrait pas que l’on nous reconnaisse. Et ce qu’il va se passer ensuite, il faut le voir pour le croire, c’est que malgré tous nos à priori tirés de l’écoute fastidieuse de Fantasy black channel, LOTP n’est pas pire !

On s’en serait douté, le quatuor est très très jeune. Et la première surprise vient de leur propension au multi-instrumentalisme. Samuel Eastgate notamment, le leader, qui semble s’amuser à venir taquiner ses collègues, un coup aux synthés, un coup aux séquenceurs, un coup aux percus, le tout avec une guitare constamment dans les mains. Quant à sa voix, elle ne tient vraiment la route que dans les moments les plus énervés. Peut-être un problème d’amplification mais j’en doute.

Et on en arrive à la vision d’ensemble : à mille, allez, disons à cent lieues de l’image que je m’en faisais. Très loin d’un schéma classique couplet / refrain / couplet, les titres de LOTP ne sont pas si simples que ça. Et "The bears are coming" recèle bien des tiroirs. Quant à "Random girl" ou "Heartbeat", le live fait ressortir les synthés d’une manière presque lo-fi, en tous cas bien moins saturé que sur disque.

Quoi qu'il en soit l’énergie déployée dans une salle pas franchement fofolle est remarquable. Et même si après réflexion, je leur préfèrerai toujours un bon Of Montréal, un acceptable Klaxons ou même un moyen Friendly Fires, LOTP (du moins en tant que groupe) ne méritait certainement pas notre acharnement aveugle. J’en veux pour preuve la confession de l’ami Fabien : "Des fois c’est chiant de se rendre compte que l’on a eu tort". Il n’en reste pas moins que 15€ les 45min, c’est un peu chéros.

Le site de LOTP et celui de la Rockschool Barbey

A lire aussi : Late Of The Pier - Fantasy black chanel (2008)

"Focker" :

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14 août 2008

Jeremy Jay - A Place Where We Could Go (2008)

Le glam-rock est-il mort? Pour qui n'en a retenu que le rock'n'roll et les poses ridicules, définitivement. Mais il réapparaît parfois, réduit en jean et T-shirt, sous sa plus belle forme, soit celle de ces grandes ballades à-propos héritées de Hunky Dory (Bowie), Electric Warrior (T-Rex), ou de Steve Harley & Cockney Rebel. Et l'on craque à chaque réapparition, pour cette production délicate de guitares aigües et de batteries de coton. Dès les années 90 le glam était revenu nous hanter, nous tromper, nous jeter de la poudre aux yeux : Supergrass ou Guided By Voices avaient repris le flambeau. En ces années 2000, nous passerons sur Of Montreal et autres, puisque A.C. Newman avait déjà placé la barre bien plus haut avec The Slow Wonder (2004), tandis que Destroyer, avec Streethawk : a Seduction (2000) s'était directement élevé au rang des grands de 71-74, n'en déplaise aux passéistes.

Les pop-songs de Jeremy Jay sonnent, et c'est jouissif, incontestablement glam. Mais le jeune homme en propose une version tordue, déformée par les réverbérations de sa voix de crooner, magistralement enregistrée par Calvin Johnson. Et cette voix se balade avec une classe folle sur des compositions parfaites et parfaitement produites dont "Till We Meet Again" est le sommet judicieusement placé à mi-album, juste après une escale à Aspen ("Escape to Aspen"), dont la mise en scène rejoint celle, inoubliable, de The Fall (sur Fall Heads Roll). Mais ce ne sont qu'exemples, car chaque chanson exerce un pouvoir, qui va même au-delà de l'émotion pop. L'ensemble est vraiment excellent, et concis, et cohérent. Les chansons durent moins de trois minutes et s'enchaînent sans temps mort. Même si les tempos sont lents, Jeremy Jay ne laisse aucune place à une mélancolie hors de propos.

Cette voix! Le chant du jeune crooner fait montre du même dandysme et du même détachement que celui de Jarvis Cocker. Mais aussi de la même gravité que celui de Ian Curtis. Au lieu de jouer de leur brillance aveuglante, Jeremy choisit d'assombrir la pièce, et d'égarer ses chansons dans des méandres obscurs. Obscurs objets de fascination. Jeremy Jay déambule, et l'auditeur avec, dans un monde nocturne dont on aperçoit les éléments au gré des lampadaires ou des spotlights. L'instrumentation est très réduite : le décor de "While the City Sleeps" se compose d'une basse lancinante et sensuelle, de snaps et d'une voix qui ne le sont pas moins. Au fur et à mesure des pas, le frisson se fait aussi inquiet qu'excité. Les rues sont désertes, et résonnent d'échos tout droit venus du monde industriel du Désert Rouge. Les gens font-ils la fête ailleurs? Les rejoindrons-nous? Car ceux que l'on a croisés jusque là portent certes des vêtements flamboyants, mais leur visage est blême. La production de Calvin Johnson est si datée que le disque nous apparaît comme un objet du passé revenu nous hanter avec une voix d'outre-tombe. La pochette annonce la fin de l'album après le magnifique "Someone Cares". Mais il poursuit sa route sans se soucier de sa mort annoncée, avec un titre sans titre de toute beauté. C'est un monde de morts-vivants qui reviennent s'amuser, beaux et élégants.

Ce premier album porte une esthétique très marquée, et se développe autour d'une ligne directrice très forte. Mais il ne peut être déjà considéré comme une griffe, comme une introduction au style Jeremy Jay. Il y a seulement réuni ses titres les plus glam, justement. Ce qui peut décevoir les passionés qui suivent le musicien depuis plusieurs mois au gré de ses chansons postées très régulièrement sur Myspace. Car ces morceaux, à l'instar du single "Airwalker" ont un pouvoir de fascination bien plus grand encore que ceux réunis sur A Place Where We Could Go. Une sorte de funk grave et froid, glacé par des notes de clavier new-wave. Et alors qu'on espérait un grand disque de funk étrange, Jeremy sort un petit album de glam bizarre. Mais peu importe, le talent du garçon est immense, et ses chansons sont si précieuses que l'on craint qu'elles nous échappent.
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En bref: De la pop glam au son patiné, assombrie par une grande voix de crooner caverneuse. Des compositions qui se baladent fièrement au-dessus de leurs contemporaines. Une collection de titres excellents qui ne témoigne même pas assez du talent de leur auteur. Une invitation à écouter ses inédits fascinants, forgés dans un funk froid et sombre.




Son Myspace, une mine d'or à creuser.


A lire aussi: Destroyer - Trouble In Dreams (2008)

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"Someone Cares" en vidéo:
Et "Escape to Aspen" en live:

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26 juin 2008

Wild Beasts - Limbo, Panto (2008)

Attention génies! Et le titre étant tellement galvaudé de nos jours, croyez moi, j'y ai réfléchi à deux fois. Je vous invite à découvrir ce qui risque fort en ce milieu d'année de devenir la next big thing, le prochain buzz inter médias après Vampire Weekend et MGMT. Non pas parce que ça nous arrive tout chaud de l'Angleterre pop fantasmée, ni parce que le NME en a fait ses choux gras, juste parce que ça semble évident. Les Wild Beasts sont pourtant comme les autres, quatre gars avec des guitares, qui font des chansons. Mais ils sonnent sur un premier album instantanément intemporels en ce sens qu'il pourraient bien provenir du futur, ou avoir été enregistrés il y a des dizaines d'années. Pardonne moi Tore Johanson mais ta production d'ordinaire étiquetable (Franz Ferdinand, The Cardigans) est ici habilement contournée pour laisser s'exprimer le côté instinctif de ces quatre bêtes sauvages. Le passé a fait que le futur soit en marche.

C'est d'abord dans le choix de leur patronime que se situe la première ambition, courageuse. Wild Beasts, c'est littéralement "fauves" en hommage au fauvisme, mouvement artistique du 20ème siècle qui favorisait l'audace et la recherche de nouvelles chromatiques. Matisse et Braque en furent les principaux représentants et créèrent le scandale. Tout ça parce qu'à un moment donné, on assiste à un accord momentané entre de jeunes artistes indépendants soumis au même climat d'époque. Et si c'était pareil pour la musique contemporaine dite rock? Des accointances à Montréal, à New York, à Leeds, c'est possible. Alors si précurseurs que ça les Wild Beasts? L'avenir nous le dira, mais le présent nous offre ce sommet de romantisme lyrique pop qui repousse les limites de ce qu'on imaginait possible il y a peu.

Par contre, passage obligatoire par la case "je ne suis pas allergique aux voix en falsetto" parce que Hayden Thorpe place sa voix au centre de la musique, telle une diva glam de rock opéra. Derrière lui, Tom Flemming le couvre à la basse et au chant ténor, formant l'une des deux grandes réussites de ce disque, le mélange de ces deux organes vocaux, et la créativité sans limites de seulement, et c'est rare, quatre jeunes hommes. The club of fathomless love et Brave bulging buoyant, clairyoyant (Quels titres!) sont deux exemples qui démontrent un niveau de maturité assumé. Leur propre son. Un équilibre choquant entre voix et guitares, auxquels on ne peut, fan ou pas du registre de tête, qu'adhérer. Ascendants et descendants, les rythmes semblent constamment avoir un train d'avance sur ce à quoi l'on s'attend.

She purred, while I grrred (Encore!), multiplie les moments les plus fous, un peu comme dans vos boîtes de nuit d'adolescence: quatre salles quatre ambiances. Et même s'ils ne sont pas toujours parfaits, c'est une erreur égale une réussite. Débordants de tous bords, le nouveau meilleur groupe anglais du moment n'est pas qu'une simple curiosité. Et gaffe aux deux meilleurs slows d'opéra rock jamais créés, Please, sir et Cheerio chaps, cheerio goodbye (Décidément!). Et les éructions De Hayden, sur Woebegone wanderers (Je me demande si tous ces mots existent!), à vous filer la chair de poule un après-midi d'août. Je bouclerai la boucle avec The devil's crayon, premier single et aussi le plus dansable, presque funk. Et ainsi de réaliser que j'ai quasiment cité tous les titres, incapable de me décider, tant tout est bon dans le cochon. Trêve de plaisanteries et place aux Wild Beasts et à leur Limbo, Panto bouillonnant et historique.

En bref : Enfermez les Sparks, Orange Juice et The Coral dans une machine à voyager dans le temps, mettez leur un bon coup de pied dans les couilles et vous obtiendrez cette révélation anglaise et cet album prochainement indémodable.
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Le Myspace et le site officiel

Le clip de The devil's crayon et celui de Brave... :



A lire aussi : Pete & The Pirates - Little death (2008)
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27 octobre 2007

Fancy - Concert à Bordeaux le 26 octobre 2007

Le froid s’est définitivement abattu sur Bordeaux ce vendredi 26 octobre et c’est armé d’écharpe et de bonnet que je me rend au théâtre Barbey ce soir. Après avoir hésité avec le rock belge de Zita Zwoon, j’opte finalement pour l’une des sensation françaises du moment, j’ai nommé Fancy, d’autant plus que la première partie This is pop semble bien alléchante elle aussi. Pourtant, malgré deux bons brelans parisiens, l’histoire retiendra qu’il n’y a pas eu full.

Installés dans la salle club de Barbey, M, L et S les trois membres de This is pop entrent en scène visiblement décontenancés par le vide sidéral de la salle. 50 personnes à tout casser, sans doute la faute à la programmation chargée de cet automne. Passons. C’est donc tétons pointés vers un auditoire frileux que débute le premier set. En activité depuis deux ans, This is pop allie la puissance au dépouillement. Pas de batteur mais une boîte à rythmes qui fait son travail. Au final on se laisse facilement captiver par la présence compulsive et offensive de la chanteuse qui apporte une sacré touche de personnalité à un groupe qui sans ça, passerait presque inaperçu. Pourtant l’alchimie marche et les quelques titres écoutés sur Myspace sont bien rentrés dans mon cerveau. Il y a même des tubes. Personnel, riche en mélodies et chargé en énergie rock, This is pop n’est pas de la pop mais vaut plutôt le détour. Dommage seulement que le vide ambiant les pousse à provoquer le public en ces termes "on nous avait bien dit que les bordelais étaient des harangs froids et snobs" auquel ils se sont vu répondre un poli "parisiens de merde !". Seconde degré ou pas, allez savoir…

C’est enfin à Fancy de faire son entrée sur scène en faisant le choix de ne pas blâmer les présents et de le prendre à la rigolade. Il faut dire que le groupe a déjà fait les Eurockéennes, Rock en Seine et même la première partie de Daft Punk à Dublin devant des milliers de personnes, alors là focément… Fancy pour ceux qui ne connaissent pas c’est le groupe le plus anachronique du moment. Coupe afro d’un autre temps, costumes discos, maquillage à la Kiss et style androgyne assumé, ça fait déjà beaucoup, mais quand surgit la voix de Jesse Chaton (sic) on se dit que l’on n’est pas au bout de nos surprises. Aïgue au possible, elle cultive l’ambiguïté féminine et le côté ultra scénique. Dommage encore que cette bête de scène annoncée ne dispose ce soir que d’un petit mètre carré pour s’exprimer. Les musicos qui l’accompagnent, dans le même délire, participent au côté scénique du groupe.

On en oublierait presque la musique qui, il faut le dire, fait du bien par où elle passe. Les gars n’ont pas co écrit le Dance de Justice pour rien. Les Stones, Queen, Michaël Jackson et Diana Ross se sont donnés le rendez vous le plus improbable de ces années 2000. Tour à tout glam, funk, métal, rock et groovy, ces héros de bande dessinée alignent les tubes de leur dernier album dans une non ambiance presque attachante et n’hésitent pas à reprendre avec entrain le classique I’m so excited des 70’s. Si Fancy comptait tomber sur quelques fans ce soir, c’est raté. Ne sont présents que des curieux passionnés venus pour découvrir le phénomène. Cela donne lieu à de nombreux gags, le public présent étant incapable à la demande de Jesse de nommer un seul tube du groupe, ou même de chantonner l’intro d’une chanson. Même le succès de Seventeen n’est pas parvenu jusqu’ici. Heureusement, Jesse fait preuve de beaucoup d’humour et met dans sa poche l’aseemblée qui se sent du coup privilégiée.

Signés chez Disque primeur auc côtés des bordelais Adam Kesher, Fancy joue gentiement la carte de la provocation en dédaignant The Darkness ou encore The Rapture auxquels la critique rock a voulu les identifier. Ils auraient préféré Van Halen, Madonna même. Toujours est-il que Fancy sort plutôt génialement du cadre par son style et sa musique fantasque et certainement que dans quelques années, quand ils seront vraiment les Kings of the worlds, ils se souviendront alors de ce concert et ils relativiseront sur la notion de star. Espérons que This is pop ne se retienne pas seulement le côté Bordeaux Tombeau. De mon côté, ce semi échec de fréquentation m’aura fait découvrir deux groupes différents, complètement mis à nu, et donc complètement attachants.

http://www.myspace.com/thisispop

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