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Publié par Dave 0 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Compilation, Dub, Experimental, Funk, Kraut, Post-punk
Avant que le soleil et la chaleur ne s’emparent de notre territoire, je voulais m’attarder une dernière fois sur un disque hivernal, en l’occurrence le troisième effort du trio Disappears en provenance de Chicago. La nouveauté de ce disque, immanquable, n’est autre que la fraiche arrivée au sein du groupe de Steve Shelley, batteur de Sonic Youth. De quoi redynamiser tout ça et commencer à s’assoir sur un style bien précis, le shoegaze krautrock.
Travaillé sur les routes de tournée, Pre Language est immédiat et hypnotique. Sur les neuf titres que compte l’album la tension redescend rarement. Certains titres bouillonnent même d’une certaine sensualité noire. Je pense à l’excellent "Fear of darkness", à l’incroyable ouverture "Replicate" ou encore au titre qui donne son nom à l’album. La voix de Brian Care évoque bien souvent The Fall aussi. Une bien belle claque un lendemain de cuite.
Je ne reviendrai pas sur la biographie de Damo, Wikipédia vous renseignera. Celui qui était devenu presque par hasard chanteur de Can a acquis un statut légendaire pour avoir enregistré avec eux trois des albums essentiels du rock choucroute, Tago Mago, Future Days et Ege Bamyasi. Comme une groupie un peu débile, je rêvais d’entendre "Vitamin C" et les grands classiques du groupe. Ce ne fut pas le cas, et n’étant pas un grand connaisseur du répertoire hors-Can de l’artiste, je serais bien incapable de dresser la setlist. Quel plaisir, cependant, de voir ce vieux de la vieille aussi enthousiaste et presque juvénile sur la scène de la Maroquinerie. Ravi d’être là, il abuse un peu du scat mais on le lui pardonne aisément compte tenu de l’énergie déployée lors de cette petite heure de concert.
Habituellement ultra-prolifiques, les Emeralds n’ont rien sorti cette année, du moins en trio, sûrement accaparés par le succès de leur grande œuvre de 2010, Does It Look Like I’m Here ?, et la tournée qui a suivi. Le showman et soliste du groupe, le rouquin Mark McGuire, a quand même trouvé le moyen de sortir deux albums, l’un seul (Get Lost) et l’autre avec le duo Trouble Books, ainsi qu’une double compile. Mais la surprise vient du plus discret des droneux de Cleveland, Steve Hauschildt, dont Tragedy & Geometry est le premier véritable effort solo, après une poignée de cassettes et de Cdr. En charge de la programmation des synthétiseurs, Hauschildt a sans doute énormément contribué à l’évolution des Emeralds vers un son plus électronique et hypnotisant, moins bruitiste que sur leurs livraisons passées. Ses arpèges euphoriques et ses accords flottants fournissaient un cadre parfait pour les divagations guitaristiques de son acolyte.
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Catégories : Ambient, Chroniques, Electro, Electronica, Experimental, Kraut, Psyché
Voilà encore un disque de chez Golf Channel, mais dans un genre totalement différent, comme pour illustrer la diversité des directions prises par le label de Phil South. Loin du son soulful de DJ Nature, donc, les quatre Portugais de Gala Drop imbriquent instruments live et boucles électroniques pour créer un magma psychédélique assez excitant. Auteurs en 2009 d’un premier album autoproduit remarquable bien qu’un peu fouillis, ils passent dans la catégorie supérieure avec les 4 titres d’Overcoat Heat. A mon sens bien plus intéressant que les désormais très policés Delorean auxquels on le compare volontiers, le groupe se situe bien dans la même mouvance ibérique de dance-pop vaporeuse, également incarnée par John Talabot. Ils ont aussi en commun un goût prononcé pour les photos surexposées et les films de vacances en super 8, comme en attestent l’artwork de l’EP et le clip de "Drop" - ce règne de l’esthétique vintage commence à lasser, soit dit en passant.
DROP (from Gala Drop) from Antonio Contador on Vimeo.
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Catégories : Chroniques, Disco, Electro, House, Kraut, Maxi/EP, Psyché
Le dernier Emeralds m’a accompagné tout l’été. Sorti en mai, Does It Look Like I'm Here ? est un album auquel il est extrêmement facile de s’abandonner. A l’heure où la kosmische musik a plus que jamais la cote, le son du trio de Cleveland a tous les arguments pour se distinguer du tout-venant, tout en dépassant, de loin, l’hommage scolaire aux pères fondateurs. Intense, parfois très sérieux et solennel, l'objet se compose de douze pièces assez courtes (à l’exception de "Genetic" et ses 12 minutes), peuplées de drones à la dérive, et rythmées par les flux et reflux des vagues synthétiques.
Publié par Dave 3 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Drone, Electro, Electronica, Experimental, Kraut, Psyché
Au hasard de mes pérégrinations disque-durales, je suis retombé presque par chance sur ce groupe au nom étrange. Enfin de groupe il n’en est que très peu question puisque c’est le canadien Daniel Victor Snaith seul que l’on retrouve aux commandes de ce bel OVNI musical. Certains l’ont connu en tant que Manitoba, mais suite à des problèmes juridiques avec le chanteur punk bouseux Handsome Dick Manitoba (ça ne s’invente pas), le producteur multi instrumentaliste a du changer de formule. Premier album sous ce nouveau pseudo, The Milk Of Human Kindness s’inspire à la fois d’une citation du Mac Beth de Shakespeare, et à la fois de l’un des titres phare du Salty Dog de Procul Harum. Caribou pour faire vite donne à présent dans la dream pop électronique, mais pas seulement.

Un double album pour les Lips, ça n’était jamais arrivé. Il y avait bien eu l’expérience Zaireeka en 1997 qui peut être vue comme un quadruple disque en un, mais un double jamais. Exercice périlleux s’il en est, le format double permet généralement aux artistes de sortir du cadre habituel, de s’exprimer sur la longueur, avec le risque de diluer son talent, de perdre l’auditeur ou de placer des titres inutiles au milieu de pépites que l’on oublie. Et des risques cet Embryonic en comportait un paquet. Nombreux sont ceux qui ont été déçus par le son en plastique du récent At war with the mystics. Son côté pop, la naïveté de titres comme "The Yeah yeah yeah song", le manque d’homogénéité. Mais la BO Christmas on mars sortie en 2008 avait esquissé la somme de travail réalisée pour Embryonic à savoir un véritable tournant musical en forme de challenge. Réinventer les Lips. Retourner aux fondamentaux. Retourner coûte que coûte au bizarre, quitte à perdre l’auditeur le plus flemmard au passage. Disons le tout de suite, Embryonic est un disque très difficile d’accès. Un disque sombre, long et flippant. Leur plus audacieux depuis Zaireeka.

A la différence du très électronique Where You Go I Go Too de son pote Lindstrøm, les dernières productions de Prins Thomas montraient une attirance grandissante pour un son “live”, plus instrumental, qui, tout en restant foncièrement disco, montrait le désir du Norvégien d’élargir son champ d’activité. Lindstrøm lui-même, lors de récentes interviews, affirmait aussi son envie de “sonner comme un groupe” et de s’engouffrer dans cette brèche électro-acoustique. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que le deuxième album commun des barbus cosmiques (sorti fin mai) sonne davantage comme un hybride kraut-funk que comme une nouvelle épopée space-disco. Rien d’étonnant non plus à voir fleurir les critiques peu enthousiastes un peu partout sur la toile, évoquant ici “la musique d’ascenseur”, là le côté “longuet” de ces plages de 7 à 13 minutes. Et pourtant...

Ne pas s’enflammer. Ne pas vous lâcher dès la deuxième phrase que ce disque sera mon meilleur de 2009. Trop tard. Comment ces gars ont-ils pu concilier les genres, sans sonner patchwork, et atteindre un niveau équivalent à un Black Mountain en fin de carrière, sur un premier album ? C’est la question que je me retourne encore et encore dans la tête depuis que je voyage dans ce Checkmate Savage, il y a quelques semaines déjà, temps nécessaire pour assimiler et digérer ce disque. Nous ne sommes pas les seuls à en parler et d’autres que moi l’ont déjà fait de très belle manière (ici, ici, ou là). Imparable, Inimaginable, Impossible sont les mots qui ressortent, et encore, je vous épargne les échos venus d’outre manche. On est face à du lourd, c’est sûr, mais qu’est-ce qui les rend si différents des autres ?
L’instrumental "Crocodile", aux sonorités post rock, invite clavier cornemuse à jouer avec les orgues. Inédit et délesté des chœurs virils entendus plus tôt. "Halfland", plus hirsute, s’appuie sur une rythmique délibérément blues, lorgnant vers le kraut. Pearl Jam jouant avec Neu ! en somme. On passe ici d’une atmosphère à l’autre avec une étonnante facilité, comme sur "Left hand wave" qui allie basse et synthés, encore une fois de façon très subtile. Impeccable jusqu’au bout du morceau, à chaque fois. Et pour couronner le tout, les six garçons savent aussi se calmer et entamer neuf minutes d’america au banjo et au clavier, beau à en chialer. Grandaddy n’aurait pas fait mieux. Et pour tout le reste, Field Music, Captain Beefheart ou Robert Wyatt approuvent. Coup d’essai, coup de maître !
En bref : six démiurges écossais vous apportent sur un plateau un premier album résolument rock, tout simplement génial et innovant, conjuguant kraut, prog et psyché. Un sacré coup de pied dans la fourmilière. 
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A noter que le disque est encore disponible en vinyle (9£ !) dans sa première édition limitée à 500 exemplaires avec un 7’ en sus. Il ne le sera bientôt plus, et sera remplacé par un seul et même disque à la pochette bien moins intéressante qui plus est. Alors précipitez-vous, ça se passe là.
Le site officiel et le Myspace
A lire aussi : Black Mountain - In The Future (2008)
"Folk song Oblivion" et "Throwing bones" en clips officieux :