Lire la suite
02 novembre 2015
Eyedress - Astral Travelling Man (2015)
La publication samedi dernier sur Bandcamp (en version digitale uniquement) du nouvel album d'Eyedress, Shapeshifter, me donne l'occasion de revenir sur l'incroyable année de Idris Vicuña, et notamment sur le bouleversant Astral Travelling Man « sorti » en avril dernier. En quelques mois, Eyedress aura ainsi publié, en plus des morceaux qu'il poste quasi quotidiennement sur ses comptes Soundcloud, pas moins de trois albums, dont une vraie fausse mixtape intitulée Winner's circle, hallucinant marathon hip-hop nocturne, mélancolique et orgiaque de plus de quarante titres, en réalité véritable album de son second avatar Babe Slayer (nom donné à son « label ») enregistré avec plusieurs vocalistes vraisemblablement issus de la scène de Manille aux Philippines où Vicuña est basé. Probablement faute d'argent et de structure, ces trois albums n'ont jamais été pressés sur disque. Ils ont simplement été rendus disponibles par son auteur sur différents réseaux sociaux (le garçon est présent – parfois même en double – sur Facebook, Soundcloud, YouTube, Twitter, Instagram, Tumblr et désormais Bandcamp). N'ayant qu'une existence virtuelle, nébuleuse (Winner's circle se compose entre autres de quelques extraits réorganisés d'Astral Travelling Man ainsi que de morceaux enregistrés à diverses époques) et éphémère (ils ont été retirés de ses comptes quelques semaines après leur parution), ces albums sont comme des fantasmes d'albums, des collections rêvées de chansons publiées sur un label tout aussi imaginaire et fantasmatique.
Lire la suite
Publié par Emmanuel 1 commentaires
Catégories : Chill-wave, Chroniques, Dream Pop, Electro, Hip hop, Indie, Pop
18 février 2015
The Baby Huey Story - The Living Legend (1971)
Classique de son époque mais injustement oublié du le grand public, le seul et unique album de The Baby Huey Story alias James Ramey et son groupe est pourtant un disque majeur. Archi samplé par le milieu hip-hop, il n'est rien de moins qu'un sommet de la soul des 70's, à ranger aux côtés des meilleurs disques de Marvin Gaye, Al Green, Syl Johnson ou encore Curtis Mayfield. Ce dernier qui comme on va le voir n'étant pas pour rien dans la réalisation de cet exploit.
Lire la suite
31 janvier 2015
Renegades Of Rhythm (DJ Shadow + Cut Chemist) - le Paloma (Nîmes) - 29/01/15
Nîmes et son incontournable Paloma ont le redoutable honneur d'être ce soir la première venue de la tournée européenne de Renegades Of Rhythm, entamée à l'automne dernier en Amérique du Nord.
Renegades of Rhythm ? C'est l''avatar qu'ont choisi Josh Davies et Lucas MacFadden plus connus sous les noms de DJ Shadow et Cut Chemist, DJ's inlassables défricheurs parmi les plus doués et cités actuels. Et accessoirement une référence au fameux "Renegades of Funk" d'Afrika Bambaata, le héros de la soirée !
Lire la suite
04 décembre 2014
Nïats - EP Antares (2014)
Quatre titres pour atteindre les étoiles ou étreindre le
noyau terrestre. C’est en quelque sorte la mission que s’est adjugée Nïats,
artiste originaire d’Agen, dont Antares constitue les premières expérimentations
d’une musique placée sous le signe du bricolage.
Lire la suite
28 octobre 2014
Shabazz Palaces - Marché Gare (Lyon) - 24/10/2014
Une poignée que nous étions, pour cet instant de privilège, marqué au fer rouge depuis l'écoute d'un certain Lese Majesty sorti il y a peu. Avec seulement deux dates de prévues dans l'hexagone, une à Paris au Batofar et la seconde dans la capitale des Gaules, objet de cet article, la mesure de notre chance affola très vite la jauge d'un plaisir jusque là fantasmé et sur le point d'être exaucé.
Lire la suite
26 septembre 2014
Shabazz Palaces - Lese Majesty (2014)
Shabazz Palaces fait exploser avec Lese Majesty les carcans du hip hop. Ishmael Butler alias Palaceer Lazaro, ancien membre de Digable Planets
(crédité du Grammy Award de la meilleure performance rap en 1994) et Tendai Baba Maraire, fils de Dumisani Maraire (compositeur africain
regretté), livrent un album totalement troublant définit par une liberté artistique sans limites. On se prosterne devant sa majesté s'il vous plaît.
Lire la suite
20 mai 2014
Young Fathers - Dead (2014)
Sorti à l'aube de cette année 2014 sous le label Anticon, porteur de la pop orchestrale de Son Lux, il aurait été dommage de ne pas évoquer ce disque en tout point explosif. Car Young Fathers dynamite avec Dead un genre laissé pour mort depuis plus d'une décennie et les derniers virages musicaux entrepris par Massive Attack et Tricky. Attention la renaissance du trip-hop est en marche.
Lire la suite
13 mars 2014
Issue - Liquid Wisdom (2014)
Avec Liquid Wisdom, le rappeur américain Issue déverse en nos oreilles son amour pour le thé, infusé sous le soleil de la West Coast californienne. En découle un disque fluide et puissant, qui s'affirme dans un flot de verbes savoureux et cotonneux.
Lire la suite
Lire la suite
16 janvier 2014
Cuthead - Everlasting Sunday (2013)
Robert Arnold alias Cuthead est un DJ allemand et donc par incidence un bricoleur de sons avant tout. Un leitmotiv semble animé ce premier EP, faire bouger le corps et l’esprit, en surfant sur une house hypnotique et suave avant de basculer dans une humeur Hip-hop incongrue mais délicieuse.
Lire la suite
10 février 2013
Interview - Orties (17/01/12)
C'est dans une fin de
journée hivernale que j'ai rencontré le groupe Orties dans un café
parisien. Projets de deux étudiantes des beaux-arts, ce groupe est pour elles l'occasion de mêler leurs obsessions artistiques ( musique, vidéo, performance) et féministes. Journée promotion oblige, le duo Kincy et Antha accumule
les interviews. Mais peu importe. Les Orties n'ont de cesse de parler
de leur album Sextape (qui
sort le 20 février chez Nuun Rec), cette « colonne
vertébrale » agitée par le sexe, les corps, la vie.
Lire la suite
06 août 2012
2Pac - Me Against The World (1995)
Plus d'une dizaine d'années se sont écoulées depuis la mort de Tupac Shakur. Si je ne crois plus qu'il soit nécessaire de ressasser une énième fois sa légende, tant il a marqué de son empreinte le hip-hop et l'imagerie populaire, il mérite encore toute l'attention qu'il a pu susciter à son époque. Même pour celles et ceux qui ne se sont jamais intéressés au hip-hop, il paraît difficile de n'avoir jamais entendu "California Love" ou "Changes", pour ne prendre que deux de ses titres parmi les plus célèbres. Et c'est bien le problème avec un rappeur de son envergure. On connait Tupac sans l'avoir vraiment écouté. Sa valeur n'est tellement plus à prouver qu'on ne fait même plus l'effort de rentrer dans un de ses albums et de le laisser tourner du début à la fin. Dans cette situation il y a encore peu, je tiens à faire amende honorable pour aborder l'un des classiques - une bombe - du rap US.
Lire la suite
11 avril 2012
Souleance - La Belle Vie (2012)
Ce n’est pas tous les jours qu’on met la main sur un album français aussi funky et léché que celui-là. D’une fraîcheur calibrée pour l’été, La Belle Vie porte bien son titre, puisque l’on sent d’emblée qu’il a été confectionné avec le plaisir comme seul guide - sans esbroufe, et sans aucune prétention de révolutionner quoi que ce soit ni d’étaler son érudition. Soulist et Fulgeance sont pourtant des experts en matière d’excavation de vinyls. Alexis Eleftheriadi alias Soulist, est d’ailleurs bien connu pour ses sélections rare grooves, qu’il distille dans son émission sur Radio Campus (Future Basics, tous les mercredis à 21h30) ou lors des soirées parisiennes What The Funk. Il a également fait énormément de premières parties de concerts (The Roots, James Brown, Common…). Amateur de sons analogiques, le Caennais Pierre Troel, alias Fulgeance, s’illustre depuis 2007 sur des EPs de bass music et de hip-hop instrumental à la Brainfeeder. Son premier LP solo, To All Of You, est sorti l’an dernier.Joignant leurs forces en 2009 sous le nom de Souleance, ils ont depuis signé 3 bons maxis et font leur retour en fanfare ce mois-ci avec un nouvel EP (La Gourmandise) et donc ce premier album, tout de même composé pour un petit tiers d’anciens morceaux. On a d’ailleurs plaisir à retrouver le boogie vrombissant de "Cool FM" (que ne renierait pas Dâm-Funk), le breakbeat 80’s agrémenté de clochettes disco de "Le Monde", ou l’électronica teintée de chanson brésilienne (avec cuica et berimbau) de "Passarinho". "Manana", aussi, avec ses faux-airs de Nicolas Jaar. Je regrette juste l’absence de "Chemise", leur très bon edit du classique disco "She Can’t Love You". Si les nouveaux tracks sont dans le même esprit fun et ensoleillé que les anciens, le duo a pris en compte les exigences du format album et a varié les BPM et les ambiances.
Il y a de belles pièces downtempo pour chiller, comme "Rendez-Vous" ou la trop courte "La Plage", qui mêle un thème à la John Barry à une guitare bossa-nova et au bruit du ressac des vagues sur le sable fin. Il y a des grooves bien gras taillés pour les house parties et les barbecues – je vois bien Ju se griller quelques côtelettes au son de "Boobs" ou de l’énorme ligne de basse rehaussée de flûte de "La Romance". Il y a aussi du hip-hop de très bonne facture, notamment sur "Pride (ft. Rashaan Ahmad)" et "Unseen (ft. Homecut)". De belles instrus avec des cuivres, des refrains soulful et des beats sophistiqués. La classe américaine. Et que dire du jam super funky et talkboxé "Le Plaisir", qui invite le génial multi-instrumentiste Shawn Lee à la batterie, ou du morceau-titre, splendide, qui fait penser à Exile ou Nujabes.
Avec un solide socle black music en commun, les deux compères sont complémentaires, ce qui leur permet de multiplier les approches et de livrer un disque complet. L’un est plutôt DJ, l’autre plutôt producteur. L’un amène les samples et les scratches, l’autre les structures rythmiques et les synthés analogiques, même si les rôles peuvent parfois s’inverser. On peut dire qu’ils se sont bien trouvés. Procurez-vous leur album. Achetez français.
En bref : un avant-goût d’été avec le duo français Souleance et sa funk électronique mâtinée de hip-hop. De beaux samples, des synthés à la californienne, des invités de prestige : un premier album impeccable et qui donne le sourire.

Le site du label britannique First Word Records
A lire aussi : Katalyst – Deep Impressions (2011)
Lire la suite
16 mars 2012
GIT - Imagination (2011)
S’il est encore inconnu du grand public, GIT fait pourtant partie du "métier" depuis un bail. Originaire de Staten Island (on sait très peu de choses sur lui), il découvre la musique sur les bancs d’école avec le Wu-Tang Clan puis devient batteur, puis dj, puis producteur anonyme. Certains lui attribueraient même le statut d’inventeur du broken-beat. Le label BBE pourvoyeur de talents en puissance ne pouvait décemment pas le rater et a sorti l’année dernière cet album aux allures de compilation de hip-hop traditionnel. Une tuerie évidemment.Depuis les années 90 GIT n’a de cesse de travailler ses mélodies, de choisir ses samples dans une collection de vinyles que l’on imagine infinie et de monter le tout avec une efficacité sans faille. Quel que soit le genre choisi (roots, expérimental, trip-hop, électronique, jazzy) Imagination déborde d’inspiration et pue le groove. Très inspiré par les percussions, GIT explore la musique en général et en toute décontraction livre seize morceaux imparables et improbables.
Je parlais de compilation tant chaque titre compte ici. Franchement ne me dites pas qu’à l’écoute de "Did you hear something" vous n’avez pas immédiatement envie de bouncer. C’est saccadé, c’est pop, c’est scratché, c’est samplé et ça défile à mille à l’heure. "Destroy" semble tout simplement avoir inventé Chinese Man. "Higher" se la joue soul électronique et emporte vraiment vers le haut. "Dreamz" est ultra trip-hop. Un peu de jazz ? Bien-sûr avec "Thinkin" et son piano en boucle. Et le sifflement de "If you just make love to me" ! C’est juste parfait. "Loose it" nous fait patienter pour le prochain Mr Scruff. "Up rock" tape dans le funk. "Remote control" s’attaque à la samba. Enfin, le bien-nommé "Nothing can stop me now" ferme la marche sur un air rétro-pop et funky-disco.
En bref : un producteur de hip-hop américain talentueux compile seize de ses compositions et brasse large mais tape toujours juste. Une véritable leçon de broken-beat. Un plaisir pour les oreilles.

Pas de site officiel
Un sampler de l’album qui en résume parfaitement l’ambiance :
Lire la suite
14 février 2012
Concert - Orelsan à Barbey (Bordeaux) le 04/02/12
Ce n’est pas tous les jours qu'on vous parle de hip-hop français ici et je vais m'y coller. J'espère que vous n'avez pas changé d'article en voyant de qui il s'agissait. Dans la catégorie "je me réveille au dernier moment", je m'aperçois vendredi matin qu’Orelsan passe à Angoulême le soir même. Séduis par l'idée d'aller se taper une petite excursion dans la capitale de la bédé en s'y prenant au dernier moment, je me renseigne et m'aperçois que c'est complet. Bon. La bonne nouvelle c'est qu'il est à Bordeaux le lendemain. La mauvaise c'est que c'est complet aussi... Donc un petit merci au staff de Barbey qui trouvera une petite place à Dodb.
Est ce qu'on doit présenter Orelsan en 2012? Vous avez forcément entendu parler (à défaut de l'avoir écouté) son nouvel album Le Chant Des Sirènes sorti en septembre dernier et qui a bénéficié d'une couverture médiatique assez énorme pour un album de rap de nos jours. Perdu D'avance sa première galette sortie il y 3 ans (ma préférence à moi), n'avait bizarrement pas eu la même chance. Les mauvaises langues diront que c'est grâce à toutes les polémiques que provoquent les titres du monsieur. Sûrement pas grâce à ses qualités de rappeur. Orelsan (comme Booba), c'est pile le genre de mec que j'aime défendre et que les gens adorent détester, le type dont tu dis du bien en soirée et pour lequel tu es sûr de provoquer des réactions négatives, surtout venant de ceux qui ne l'ont pas écouté. Il est l'empereur du statut Facebook, le prince de la citation MSN, vos potes qui postent des trucs que vous ne comprenez pas comme "on change pas une équipe qui fait match nul" ou "ma gueule de bois ferait passer Pinocchio pour un vrai petit garçon", c'est lui. Pour moi, Orelsan est surtout un comédien doublé d'un des meilleurs "punchliners" de France, un des derniers rappeurs français qui a une vraie qualité d'écriture dans son style très "personnel". Du coup, le ptit Aurélien sait faire des CD et des polémiques, mais sur scène? Il vaut quoi le Eminem de Basse-Normandie?
J'ai toujours trouvé un peu dommage que la programmation Hip-hop en Gironde ne vaille pas celles d'autres styles musicaux, notamment la pop. Excepté aux vibrations urbaines de Pessac ou au Garorock, les concerts de rap sont rares dans le coin. Et du coup on ne va pas bouder notre plaisir. La première partie est assurée par Beasty, un beatboxer bordelais qui va se charger de chauffer la salle avec son cours sur l'histoire et les techniques de son art. Celui qui a été sacré champion de France de beatbox l'an dernier va régaler la salle de ses imitations de Rahzel ou de Biz Markie et surtout chauffer la place pour le lascar que tout le monde attend. D'ailleurs, en observant un peu les gens venu l'écouter, Orelsan semble attirer un public très varié, y compris des groupies qu'on aurait plus attendu dans un concert de Matt Pokora.
Ca va être le tour d'Orelsan, la lumière tombe, le public réclame l'artiste. Trois silhouettes en soutanes arrivent sur scène. Les capuches tombent et comme prévu, Il déclenche les hostilités avec le premier extrait de son album : "Raelsan". Fidèle à l'imagerie créée autour de ce personnage, il porte le fameux masque du clip. Il est accompagné du binôme de son premier groupe (Casseurs Flowteurs): Gringe, mais aussi de Ablaye qui fait ses backs et de Skread son DJ et producteur. En concert, Orelsan est accompagné de trois instrumentistes. Il enchaîne avec ses titres qui sont pour moi les plus enthousiasmants, le fameux revival des 90's (moment d'anthologie le jogging LC Waïkiki) enchainé par le titre qui a placé Orelsan dans le top 5 des Lyricist français: "Jimmy Punchline". On aura même droit à "Saint-Valentin", pas la plus fine de ses chansons mais une des plus marrantes. En fait, ce concert est un peu un spectacle. A grands coups de costumes, de petites mises en scènes et d'accessoires, Orelsan nous emmène dans son univers. Il nous raconte ses galères avec les meufs ("Double vie", "50 pourcents"), ses soirées alcoolisées ("Soirée Ratée", "Des trous dans la tête") et sa condition d'adulescent de 25/30 ans ("Différent", "Perdu d'avance"). La fin du show m'a un peu moins conquise, les chansons de son dernier album s'enchaînent et j'accroche définitivement moins à celui-ci. "1990" et "Suicide social" sont de très très bons morceaux mais le reste de l'album est beaucoup plus moyen, beaucoup moins efficace. A ceci près qu’Orelsan arrive toujours à caler quelques punchlines dans ses morceaux et ainsi sauver la mise.
Le seul bémol, c'est son flow. Ses textes sont bien écrits mais son interprétation est moyenne, il y a bien quelques rares fulgurances mais on est quand même loin des cadors du hip hop hexagonal comme Disiz par exemple. Mais quand même, Orelsan à Barbey, c'était un vrai bon concert de Hip-hop, un show bien construit, une grosse débauche d'énergie, un public au rendez vous et puis du son qui tabasse.
Le 14 avril, il y a Youssoupha qui vient défendre son nouvel album à Barbey, ça devrait plaire aux bordelais, le disque s'appelle Noir D****. On se voit là bas?
Texte de Seb.
"1990" et "Jimmy Punchline" :
Est ce qu'on doit présenter Orelsan en 2012? Vous avez forcément entendu parler (à défaut de l'avoir écouté) son nouvel album Le Chant Des Sirènes sorti en septembre dernier et qui a bénéficié d'une couverture médiatique assez énorme pour un album de rap de nos jours. Perdu D'avance sa première galette sortie il y 3 ans (ma préférence à moi), n'avait bizarrement pas eu la même chance. Les mauvaises langues diront que c'est grâce à toutes les polémiques que provoquent les titres du monsieur. Sûrement pas grâce à ses qualités de rappeur. Orelsan (comme Booba), c'est pile le genre de mec que j'aime défendre et que les gens adorent détester, le type dont tu dis du bien en soirée et pour lequel tu es sûr de provoquer des réactions négatives, surtout venant de ceux qui ne l'ont pas écouté. Il est l'empereur du statut Facebook, le prince de la citation MSN, vos potes qui postent des trucs que vous ne comprenez pas comme "on change pas une équipe qui fait match nul" ou "ma gueule de bois ferait passer Pinocchio pour un vrai petit garçon", c'est lui. Pour moi, Orelsan est surtout un comédien doublé d'un des meilleurs "punchliners" de France, un des derniers rappeurs français qui a une vraie qualité d'écriture dans son style très "personnel". Du coup, le ptit Aurélien sait faire des CD et des polémiques, mais sur scène? Il vaut quoi le Eminem de Basse-Normandie?
J'ai toujours trouvé un peu dommage que la programmation Hip-hop en Gironde ne vaille pas celles d'autres styles musicaux, notamment la pop. Excepté aux vibrations urbaines de Pessac ou au Garorock, les concerts de rap sont rares dans le coin. Et du coup on ne va pas bouder notre plaisir. La première partie est assurée par Beasty, un beatboxer bordelais qui va se charger de chauffer la salle avec son cours sur l'histoire et les techniques de son art. Celui qui a été sacré champion de France de beatbox l'an dernier va régaler la salle de ses imitations de Rahzel ou de Biz Markie et surtout chauffer la place pour le lascar que tout le monde attend. D'ailleurs, en observant un peu les gens venu l'écouter, Orelsan semble attirer un public très varié, y compris des groupies qu'on aurait plus attendu dans un concert de Matt Pokora.
Ca va être le tour d'Orelsan, la lumière tombe, le public réclame l'artiste. Trois silhouettes en soutanes arrivent sur scène. Les capuches tombent et comme prévu, Il déclenche les hostilités avec le premier extrait de son album : "Raelsan". Fidèle à l'imagerie créée autour de ce personnage, il porte le fameux masque du clip. Il est accompagné du binôme de son premier groupe (Casseurs Flowteurs): Gringe, mais aussi de Ablaye qui fait ses backs et de Skread son DJ et producteur. En concert, Orelsan est accompagné de trois instrumentistes. Il enchaîne avec ses titres qui sont pour moi les plus enthousiasmants, le fameux revival des 90's (moment d'anthologie le jogging LC Waïkiki) enchainé par le titre qui a placé Orelsan dans le top 5 des Lyricist français: "Jimmy Punchline". On aura même droit à "Saint-Valentin", pas la plus fine de ses chansons mais une des plus marrantes. En fait, ce concert est un peu un spectacle. A grands coups de costumes, de petites mises en scènes et d'accessoires, Orelsan nous emmène dans son univers. Il nous raconte ses galères avec les meufs ("Double vie", "50 pourcents"), ses soirées alcoolisées ("Soirée Ratée", "Des trous dans la tête") et sa condition d'adulescent de 25/30 ans ("Différent", "Perdu d'avance"). La fin du show m'a un peu moins conquise, les chansons de son dernier album s'enchaînent et j'accroche définitivement moins à celui-ci. "1990" et "Suicide social" sont de très très bons morceaux mais le reste de l'album est beaucoup plus moyen, beaucoup moins efficace. A ceci près qu’Orelsan arrive toujours à caler quelques punchlines dans ses morceaux et ainsi sauver la mise.
Le seul bémol, c'est son flow. Ses textes sont bien écrits mais son interprétation est moyenne, il y a bien quelques rares fulgurances mais on est quand même loin des cadors du hip hop hexagonal comme Disiz par exemple. Mais quand même, Orelsan à Barbey, c'était un vrai bon concert de Hip-hop, un show bien construit, une grosse débauche d'énergie, un public au rendez vous et puis du son qui tabasse.
Le 14 avril, il y a Youssoupha qui vient défendre son nouvel album à Barbey, ça devrait plaire aux bordelais, le disque s'appelle Noir D****. On se voit là bas?
Texte de Seb.
"1990" et "Jimmy Punchline" :
Lire la suite
16 janvier 2012
Katalyst - Deep Impressions (2011)
On parle assez peu de l’Australie, encore moins quand il s’agit de hip-hop. Pourtant Ashley Anderson de son vrai nom mériterait d’avantage d’intérêt. Producteur émérite résidant à Sidney, on lui doit notamment deux superbes albums sortis respectivement en 2002 et 2007, Manipulating Agent et What’s happening ?. Entre temps comme tout bon beatmaker qui se respecte, le jeune homme a enchaîné remixes, featurings et autres mixtapes. En 2011 il sortait chez les excellents BBE via Invada Records ce troisième album qui - pardonnez-moi le jeu de mot facile - m’a fait forte impression.
Un peu comme Apollo Brown, Katalyst cherche des sons de la blaxploitation 70’s, les sample, les mixe, les remonte et appelle à la rescousse différents collaborateurs vocaux. Ici on a droit à ses anciens bras droits mais aussi à de nouveaux MC’s issus de "groupes" tels que Pharcyde ou encore KillaQueenz. En audiophile accompli, il remonte le tout de manière à rendre indiscernable ce qui est neuf et ce qui est de l’ordre de la récup. A tel point que l’on semble se trouver devant une compilation soulful que ne renierait pas Nova sur ses ondes.
Aussi bien que l’on retrouve sur Deep Impressions du hip hop, du funk, du jazz et même du reggae sur l’inaugural (et très différent du reste) "Day into night". Sur les 14 titres que contient ce disque exotique, la variété fait légion. Aussi bien rocky que funky, sans jamais oublier ses bases de hip-hop beat et ses samples soul. La face A est en ce sens exemplaire. Grâce notamment à ce "Black dragon" d’anthologie, parfait alliage cuivré et rythmé de black music. Derrière on a "Pot or pills" (sic), tout est dans le titre, la soul en plus. Mais aussi les beats old school de "Beware", le girls’s powa de "Clapping song", le (trop) sucré "Prince of cool".
Et ça continue, pendant 45 minutes impeccables qui pourraient passer dans n’importe quelle soirée. Quasiment que des titres forts, même si j’aime moins ceux chantés par les filles. Il faudrait tous les lister, mettre tous les clips en ligne, mais il suffit aussi d’écouter ce disque pour s’en faire une idée. Et d’y revenir. Même 2011 passé.
En bref : 14 titres samplés et rappés par un beatmaker australien qui réconcilie flows hip-hop et ambiance soulful de la blaxploitation. Un honnête must-have.

Le site officiel
Un peu comme Apollo Brown, Katalyst cherche des sons de la blaxploitation 70’s, les sample, les mixe, les remonte et appelle à la rescousse différents collaborateurs vocaux. Ici on a droit à ses anciens bras droits mais aussi à de nouveaux MC’s issus de "groupes" tels que Pharcyde ou encore KillaQueenz. En audiophile accompli, il remonte le tout de manière à rendre indiscernable ce qui est neuf et ce qui est de l’ordre de la récup. A tel point que l’on semble se trouver devant une compilation soulful que ne renierait pas Nova sur ses ondes.
Aussi bien que l’on retrouve sur Deep Impressions du hip hop, du funk, du jazz et même du reggae sur l’inaugural (et très différent du reste) "Day into night". Sur les 14 titres que contient ce disque exotique, la variété fait légion. Aussi bien rocky que funky, sans jamais oublier ses bases de hip-hop beat et ses samples soul. La face A est en ce sens exemplaire. Grâce notamment à ce "Black dragon" d’anthologie, parfait alliage cuivré et rythmé de black music. Derrière on a "Pot or pills" (sic), tout est dans le titre, la soul en plus. Mais aussi les beats old school de "Beware", le girls’s powa de "Clapping song", le (trop) sucré "Prince of cool".
Et ça continue, pendant 45 minutes impeccables qui pourraient passer dans n’importe quelle soirée. Quasiment que des titres forts, même si j’aime moins ceux chantés par les filles. Il faudrait tous les lister, mettre tous les clips en ligne, mais il suffit aussi d’écouter ce disque pour s’en faire une idée. Et d’y revenir. Même 2011 passé.En bref : 14 titres samplés et rappés par un beatmaker australien qui réconcilie flows hip-hop et ambiance soulful de la blaxploitation. Un honnête must-have.

Le site officiel
Lire la suite
25 novembre 2011
Curren$y - Verde Terrace (2011)
Un peu de hip-hop ne fait pas de mal. Surtout quand c’est pour mettre à l’honneur l’un des plus discrets (et pourtant prolifique) rappeurs US. Le MC de New Orleans a battu tous les records en 2011 avec deux albums (dont un avec The Alchemist) et deux mixtapes officielles. Verde Terrace est la dernière de ces dernières, produite par Dj Drama, et peut à juste titre être considérée comme un véritable album de quinze titres. Comme toujours avec Spitta (un autre de ses pseudos) le résultat est quasi impeccable.
Avec lui j’ai découvert le terme weed-rap, et plus particulièrement weed-talk. Spitta est un gros fumeur de marijuana et ne s’en cache pas, aussi bien dans le flow nonchalant que dans les textes explicites à base de jeux de mots fumeux. Verde Terrace ne change pas la donne et aligne des chill-beats en mode laid-back. On ne s’y presse pas, on est cool. "Hennessy beach" le démontre avec force d’instruments jazzy, saxophone et claviers old-school en tête.
Mais il peut aussi s’aventurer non sans risques dans un registre plus "banger", c’est-à-dire tape à l’œil. "Car talk" est en cela un gros morceau west-coast à la limite du vulgos, mais une sacré bombe si l’on se laisse aller. Mais c’est une exception. L’ensemble reste plutôt groovy et de très bonne facture pour qui aime chiller justement. Entre autres, Young Roddy vient lui prêter main forte sur l’excellent "Crack BC". Lil Wayne également sur le bien nommé "Smoke sumthin" qui reprend l’instru du "Elevators" d’Outkast. Les reste est excellent, et malgré quelques titres en-dessous, l’album s’écoute d’une traite avec grand plaisir.
En bref : un très bon disque (gratuit) pour découvrir le hip-hop laid-back de Curren$y. Imparable de manière générale.

Le site officiel
Télécharger la mixtape gratuitement
"Music to ride to" :
Avec lui j’ai découvert le terme weed-rap, et plus particulièrement weed-talk. Spitta est un gros fumeur de marijuana et ne s’en cache pas, aussi bien dans le flow nonchalant que dans les textes explicites à base de jeux de mots fumeux. Verde Terrace ne change pas la donne et aligne des chill-beats en mode laid-back. On ne s’y presse pas, on est cool. "Hennessy beach" le démontre avec force d’instruments jazzy, saxophone et claviers old-school en tête.
Mais il peut aussi s’aventurer non sans risques dans un registre plus "banger", c’est-à-dire tape à l’œil. "Car talk" est en cela un gros morceau west-coast à la limite du vulgos, mais une sacré bombe si l’on se laisse aller. Mais c’est une exception. L’ensemble reste plutôt groovy et de très bonne facture pour qui aime chiller justement. Entre autres, Young Roddy vient lui prêter main forte sur l’excellent "Crack BC". Lil Wayne également sur le bien nommé "Smoke sumthin" qui reprend l’instru du "Elevators" d’Outkast. Les reste est excellent, et malgré quelques titres en-dessous, l’album s’écoute d’une traite avec grand plaisir.
En bref : un très bon disque (gratuit) pour découvrir le hip-hop laid-back de Curren$y. Imparable de manière générale.

Le site officiel
Télécharger la mixtape gratuitement
"Music to ride to" :
Lire la suite
06 juillet 2011
Apollo Brown - Clouds (2011)
Voilà un très joli disque de hip hop instrumental que j’écoute en boucle depuis quelques mois déjà. Les connaisseurs ont sans doute déjà entendu parler de ce beatmaker de Chicago ayant comme c’est de coutume dans le milieu déjà officié sous différents pseudos. On lui doit notamment la production de l’un des albums hip hop phare de l’année dernière, le fameux Gas mask de The Left’s. Faisant suite au non moins excellent The reset, Clouds est un enchaînement de 27 titres (trop) courts à base de samples plus ou moins célèbres, de cuivres, de cordes et de beats, le tout baigné d’une pure ambiance soulfull comme seule la ville de Detroit sait nous procurer.
Point de voix donc, si ce n’est sur "Shoot the head" où un Mc inconnu pose son flow. Sinon, tout n’est qu’ambiance old school sur fond de message de paix. A la fois nostalgique et accrocheur, le rap instrumental d’Appolo Brown fait penser à Dilla, et n’oublie pas de rendre hommage aux plus grands en reprenant habilement et au choix Dj Shadow sur "Human experience", Moroder sur "Shadow of grief" ou encore le mythique "Passin’ me by" de The Pharcyde.
Le genre de disque tellement classe et varié qu’il ne peut que plaire à tout le monde, même (et surtout) aux allergiques du genre. A la fois émouvant ("Choices"), rythmé ("One chance"), peace ("Blue ruby") ou énorme ("Drinking life"), tout dans ce Clouds renvoie à un sentiment hypnotique et vaporeux des plus agréables. Même s’il s’agit plus d’un album complet sans temps mort que d’une suite de chansons, je décerne la médaille d’or à "Heirloom" grâce à ses accords de guitare, ses claps et son beat.
En bref : un petit joyau de hip hop instrumental gorgé de groove qu’il est impensable de ne pas aimer.

A lire aussi : The Pharcyde - Bizarre Ride II The Pharcyde
Son Myspace
"Never in a million years" et "The 11th hour" :
Point de voix donc, si ce n’est sur "Shoot the head" où un Mc inconnu pose son flow. Sinon, tout n’est qu’ambiance old school sur fond de message de paix. A la fois nostalgique et accrocheur, le rap instrumental d’Appolo Brown fait penser à Dilla, et n’oublie pas de rendre hommage aux plus grands en reprenant habilement et au choix Dj Shadow sur "Human experience", Moroder sur "Shadow of grief" ou encore le mythique "Passin’ me by" de The Pharcyde.
Le genre de disque tellement classe et varié qu’il ne peut que plaire à tout le monde, même (et surtout) aux allergiques du genre. A la fois émouvant ("Choices"), rythmé ("One chance"), peace ("Blue ruby") ou énorme ("Drinking life"), tout dans ce Clouds renvoie à un sentiment hypnotique et vaporeux des plus agréables. Même s’il s’agit plus d’un album complet sans temps mort que d’une suite de chansons, je décerne la médaille d’or à "Heirloom" grâce à ses accords de guitare, ses claps et son beat.En bref : un petit joyau de hip hop instrumental gorgé de groove qu’il est impensable de ne pas aimer.

A lire aussi : The Pharcyde - Bizarre Ride II The Pharcyde
Son Myspace
"Never in a million years" et "The 11th hour" :
Lire la suite
10 mai 2011
Big K.R.I.T. - Return Of 4Eva (2011)
Voilà un disque que j’avais toutes les chances de ne jamais écouter, étant allergique au hip-hop sudiste, à quelques rares exceptions près. Je ne suis même pas loin de penser que c’est en partie à cause de ce mouvement "Dirty South" que le hip-hop s’est tant détérioré dans les années 2000, par un effet d’entraînement, avec ses instrumentaux saccadés minimalistes, ses pochettes vulgaires pleines de diamants et ses MCs aux rimes pauvres. Il y a sûrement un peu de vrai et beaucoup d’ignorance dans ce jugement, mais c’est comme ça. Si je me suis laissé tenté par cette mixtape, c’est essentiellement parce que sa pochette m’a tout de suite rappelé OutKast, pour qui j’ai toujours eu un gros faible. Grand bien m’en a pris puisque l’analogie avec le duo d’Atlanta ne s’arrête pas aux Cadillac de l'artwork. C’est même ce que j’ai entendu de plus proche d’Aquemini ou ATLiens depuis… Aquemini et ATLiens !Il y a vraiment deux catégories de morceaux sur Return Of 4Eva. D’abord ceux sur lesquels Justin Scott AKA Big K.R.I.T., en pur produit du Mississipi, rend hommage à ses pairs et livre exactement le type d’instrus sudistes dont j’ai horreur : "My Sub", "Sookie Now", "Shake It", ou encore le remix de "Country Shit" avec Ludacris et la légende locale Bun B (UGK)… Il y a ensuite ceux, incomparablement plus intéressants (et heureusement majoritaires), qui penchent du côté d’OutKast, avec leur ambiance laid back, imprégnée de soul et de blues. Et là, on trouve matière à espérer pour l’avenir du rap, quelque chose qui sort un peu de la nouvelle norme de pop vocodée. Surtout que K.R.I.T. ne se contente pas de rapper, il réalise l’ensemble de ses beats !
Pour une mixtape proposée en téléchargement gratuit, la quantité de bijoux alignés est même assez étonnante. En enlevant quelques bouche-trous, il y avait de quoi faire un album solide. Des titres comme "Rise And Shine", "Dreamin" ou "American Rapstar", s’ils sont bien de leur époque, ont paradoxalement un petit grain old-school, une élégance inhabituelle dans la scène actuelle. Certes, la palette n’est pas aussi large que celle de Big Boi et Andre 3000, mais notre homme est encore bien jeune, et l’on trouve déjà une belle diversité de sons et d’atmosphères dans ses productions, entre l'aquatique (et fabuleux) "Lions And Lambs", la guitare sensuelle et le sample d’Erykah Badu sur "King’s Blues", et un "High & Lows" qui tire vers le R&B, reprenant un thème de Bootsy Collins. Le flow de K.R.I.T. (King Remembered In Time) n’est pas spécialement spectaculaire, mais il a du charisme et beaucoup de soul dans la voix.

La dernière partie du disque est la plus impressionnante, avec notamment l’enchaînement "Free My Soul" / "The Vent". Dans le premier, Big K.R.I.T. entonne, sur le ton de la confession, le couplet classique du type qui a réussi matériellement mais ressent un vide spirituel. Le beat est en retrait, le piano papillonne avec légèreté, c’est splendide. "The Vent" est un peu dans le même registre, avec en prime de jolis synthés mélancoliques. Mais le plus mémorable sur ce Return Of 4Ever, c’est indéniablement "Another Naive Individual Glorifying Greed and Encouraging Racism" (ou Another N.I.G.G.E.R.). Une bombe, toute en simplicité, portée par une trompette et un piano ultra-soulful, et dont les lyrics puissants sont introduits par un extrait de Bamboozled de Spike Lee (sorti en France sous le titre The Very Black Show) : « (…) I’m sick and tired of being a nigger ! ».
Neuvième mixtape de son auteur, Return Of 4Eva est un peu sa lettre d’adieu à l’underground, puisqu’il est désormais signé chez Def Jam, qui avait flairé le gros magot l’an dernier, à la sortie de K.R.I.T. Wuz here. Espérons juste que le tentaculaire label New Yorkais saura tirer le meilleur de cet artiste extrêmement prometteur pour son premier album officiel, qui ne devrait plus trop tarder.
En bref : du rap sudiste de haut standing, dans la lignée d’Outkast. Téléchargeable gratuitement, cette mixtape a tout d’un album et confirme Big K.R.I.T. dans son statut d’étoile montante, avant ses débuts officiels chez Def Jam.

Télécharger la mixtape
Lire la suite
06 mai 2011
DJ Quik - The Book Of David (2011)
Alors que Dre a tellement repoussé la sortie de Detox que je n’ai presque plus envie de l’écouter, c’est d’un autre vétéran, certes moins renommé mais aussi important dans l’histoire du gangsta rap, qu’émane l’un des albums West Coast les plus aboutis depuis bien longtemps. Comme le docteur, David Blake vient de Compton, l’épicentre du hip-hop californien. Impossible de raconter ici par le menu ses 25 ans de carrière, ses 8 albums solo et ses centaines de productions pour Snoop, 2Pac, Kurupt... Résumons: DJ Quik est une légende. Il fait partie de ceux qui ont inventé la G-Funk, ce son alliant synthés 80s, basses rebondies et pillage massif des catalogues de Roger Troutman et George Clinton, entre autres. Un son dont l’essence est intimement liée au soleil de Los Angeles, à ses palmiers, ses house parties et ses lowriders. Pour ce premier solo depuis 6 ans, après un passage en prison et quelques sombres histoires qu’il serait vain de détailler, Quik revient à ses basiques et livre justement un concentré de Californie, c’est-à-dire de sexe, de groove et de chaleur.Initiée par The Chronic (1992), l’euphorie G-funk n’a pas duré très longtemps, et on peut même considérer que ses plus belles pages avaient déjà été écrites en 1996. A 41 ans, Quik fait partie des quelques irréductibles du genre, et le prouve sur une bonne moitié des 17 plages de ce très touffu Book Of David. Avant l’enregistrement, il avait d’ailleurs affirmé lors d’une interview qu’il ressortirait ses boîtes à rythmes et synthés analogiques. Il n’a pas menti, on le sent dès le deuxième morceau, "Do Today", une déclaration d’amour passionnée à L.A., avec les images d’Epinal qui vont avec. Des claps, des nappes à la Dâm-Funk, un refrain R&B : le niveau d’old-schoolitude est manifestement très élevé. On peut en dire autant de "Killer Dope" et ses simili-cuivres, "Flow For Sale" (ft. Kurupt), ou encore "Nobody", une terrible décharge de boogie-funk à guitares sur laquelle Quik scelle sa réconciliation avec son vieux homie Suga Free.
Du côté des featurings, on ne tape pas dans les jeunes premiers, puisqu’en plus de ceux déjà cités, on retrouve Ice Cube pour l’excellent "Boogie Till You Conk Out", sur fond de wah-wah spatiale. Bizzy Bone (de Bone Thugs-n-Harmony) fait aussi plusieurs apparitions, de même que BlaKKazz K.K., ancien membre de 2nd To None, groupe qui fut signé sur Profile Records en même temps que DJ Quik en… 1987. Sur "The End", il invite carrément Garry Shider, le mythique guitariste de Parliament-Funkadelic, décédé depuis – l’album est prêt depuis plus d’un an mais sa sortie a été retardée pour des questions juridiques à propos des samples.
Ce neuvième effort n’est peut-être pas aussi bon que le grand classique Rythm-al-isthm, mais il se range parmi ses tous meilleurs travaux. Surtout, il est presque inespéré d’entendre des œuvres comme celle-ci de nos jours. J’écoutais beaucoup de West Coast dans les 90s, mais depuis je fais juste tourner de temps en temps les bonnes vieilles galettes, le premier Dogg Pound, The Chronic, quelques antiquités d’E40, Too $hort, etc… The Book Of David est un cadeau pour les réacs du hip-hop comme moi, une occasion de se plonger dans ses souvenirs tout en se donnant l’illusion que l’âge d’or tant regretté n’est pas tout à fait révolu.Il serait injuste, pourtant, de se cantonner à une vision nostalgique. Les années 2000 ont vu Quik s’adapter aux standards actuels. Par petites touches, mais avec une certaine ambition, il modernise sa G-Funk, en déstructurant le beat comme sur le jazzy "Fire And Brimstone", ou en s’offrant des détours plus électroniques ("Babylon"), comme il l’avait déjà fait sur son projet de 2009 avec Kurupt, BlacQKout. Il y a en fait peu de moments faibles sur ce disque. Même les passages strictement R&B, dont je ne suis pas très client, sont plutôt réussis, servis par les prestations impeccables de Jon B et Dwele. Seules "Across The Map", taillée pour les radios US, et "Ghetto Rendez-Vous", charge violente à l’encontre de sa propre sœur, me rebutent totalement. Le reste n’est que plaisir, jusqu’à la piste cachée, 9ème épisode de sa série d’instrumentaux, les Quik’s Grooves.
C’est l’œuvre d’un musicien serein, en marge des contingences du rap game et de son business. Sûr de son fait et de sa technique, il continue à se bonifier avec le temps, y compris au niveau de son flow, beaucoup plus fluide et versatile, bien qu'il reste un producteur avant d'être un emcee. Je ne sais pas ce que donnera Detox, j'ai même de grosses inquiétudes, mais The Book Of David fait mieux que remplir le contrat, il alimente la légende.
En bref : cette leçon de hip-hop West Coast sonne comme une fessée sur les derrières joufflus des faux rappeurs de tous poils. Le vétéran DJ Quik revient à l’essence du son californien, et c’est tout simplement un régal.

L'album en streaming
DJ Quik sur Myspace
Lire la suite
06 avril 2011
Colonna - L’Armata Di L’Ombra (2010)
Vous êtes sans doute passés à côté de ce disque. Moi je le possède sans trop savoir qu’en faire depuis septembre dernier, mais mois après mois c’est une évidence, c’est excellent. Plantons tout de suite le décor, Colonna comme son nom l’indique est un rappeur corse, dont on ne sait quasiment rien, et L’Armata Di L’Ombra est son premier album (du moins sous ce nom et sous cette forme). Du hip hop donc, uniquement instrumental, à base de beats, de samples et d’extraits audio, le tout dans un esprit résolument sombre et 90’s. Et la recette est impeccable.
C’est à priori un Olivier ancien guitariste métalleux, fan de RZA (Wu-Tang Clan) et de tout ce que New York a fait de mieux en rap il y a 20 ans qui est l’auteur de cette bande originale inclassable. Même le format rappelle à un score de film de gangsters des années soixante : 35 minutes pour 21 titres. Autant dire qu’il s’agit d’avantage d’une collection et d’un enchaînement de samples que de réels morceaux avec un début et une fin. Le disque s’écoute bien évidemment d’une traite, et c’est sans doute pour cela qu’il est revenu si souvent sur ma platine.
Colonna est donc un beatmarker corse qui s’inspire de l’actualité politico judiciaire. La pochette, sensée représenter le combat des peuples et la résistance contre l’oppression, est d’ailleurs la même que celle de l’album Gas Mask par The Left. Coïncidence il me semble. L’Armata Di L’Ombra lui est un festival de samples analogiques type sp1200 entrelacés sur des beats gras et torturés, aussi lugubres que martiaux. On pense parfois à Chinese Man ou Dj Shadow, bien que l’ensemble reste plutôt downtempo. Mention spéciale aussi à la dernière plage et à son véritable chant corse, "U populu vincera". En tous cas quelque chose que je ne connaissais pas.
En bref : des instrumentaux hip hop qui se suffisent à eux-mêmes par un activiste du beatmark corse. Pour les curieux.

Le site officiel et quelques titres en streaming
A lire aussi : Kabal - Etats d'âmes (1998)
"A concolta" et le teaser de l’album :
C’est à priori un Olivier ancien guitariste métalleux, fan de RZA (Wu-Tang Clan) et de tout ce que New York a fait de mieux en rap il y a 20 ans qui est l’auteur de cette bande originale inclassable. Même le format rappelle à un score de film de gangsters des années soixante : 35 minutes pour 21 titres. Autant dire qu’il s’agit d’avantage d’une collection et d’un enchaînement de samples que de réels morceaux avec un début et une fin. Le disque s’écoute bien évidemment d’une traite, et c’est sans doute pour cela qu’il est revenu si souvent sur ma platine.
Colonna est donc un beatmarker corse qui s’inspire de l’actualité politico judiciaire. La pochette, sensée représenter le combat des peuples et la résistance contre l’oppression, est d’ailleurs la même que celle de l’album Gas Mask par The Left. Coïncidence il me semble. L’Armata Di L’Ombra lui est un festival de samples analogiques type sp1200 entrelacés sur des beats gras et torturés, aussi lugubres que martiaux. On pense parfois à Chinese Man ou Dj Shadow, bien que l’ensemble reste plutôt downtempo. Mention spéciale aussi à la dernière plage et à son véritable chant corse, "U populu vincera". En tous cas quelque chose que je ne connaissais pas.
En bref : des instrumentaux hip hop qui se suffisent à eux-mêmes par un activiste du beatmark corse. Pour les curieux.

Le site officiel et quelques titres en streaming
A lire aussi : Kabal - Etats d'âmes (1998)
"A concolta" et le teaser de l’album :
Lire la suite
Subscribe to:
Articles (Atom)



































































