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15 mars 2014
Lee Hazlewood - A House Safe For Tigers (1975)
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07 janvier 2014
Kevin Morby - Harlem River (2013)
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09 novembre 2013
Daughn Gibson - Me Moan (2013)
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Publié par Bouddhanight 0 commentaires
Catégories : Chroniques, Country, Electronica, New wave, Pop, Rockabilly
01 février 2013
Various Artists – Anthology Of American Folk Music (1952)
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Publié par Antoine 0 commentaires
Catégories : Blues, Chroniques, Compilation, Country, Folk, Gospel
12 mars 2010
Sparklehorse - Vivadixiesubmarinetransmissionplot (1995)
Ceux qui ont suivi les premiers pas européens de Sparklehorse sur scène en 1997 en première partie de Radiohead n'en avaient pas forcément conservé un souvenir inoubliable. Car à l'image de sa psyché très perturbée, les concerts de Mark Linkhous sous la bannière qu'il s'était créée pouvaient être très décousus.Une chose est sûre aujourd'hui : il n'y aura plus de tournées de Sparklehorse, tout comme il est certain que la découverte de cet album au titre imprononçable, mariant les obsessions et l'héritage sudiste de Linkhous - Dixieland est le surnom de la Nouvelle Orléans - Johnny Cash et consorts, aura traumatisé de façon durable ceux qui ont eu la chance de vivre l'événement à l'instant présent.
Dès la première écoute de ce disque à la superbe photo de clown, l'on peut tomber facilement amoureux de ces chansons folk tristes, mal produites, de cette voix chétive, de cette instrumentation famélique : de la 6 cordes essentiellement, quelques notes de banjo, et diverses saturations ici ou là, sur les orientations électriques.
On pense bien sûr énormément au grand modèle Neil Young sur les chevrotants "Homecoming Queen" d'ouverture, et la longue ballade "Cow" qui évoquait autant l'insouciance que l'univers hick que l'on subodorait chez Linkhous. Facile d'imaginer en effet, à la manière d'un Will Oldham cette figure peu diserte du renouveau folk US, grattant son manche sur le perron de son ranch, un Stetson vissé sur le crâne et la long rifle posée non loin de lui, pour repousser l'éventuel importun.
Alors, la relecture, la réécoute aujourd'hui des ultra sensibles et mélancoliques "Saturday" et "Spirit Ditch" - deux chansons qui valent à elles seules la possession de ce disque - n'en auront une résonance que plus douloureuse, mais finalement, quel plus beau testament que ce 1er album composé au plus près de l'os, ces magnifiques épures que constituent "Heart of Darkness" et son tapis de pedal-steel (il en existe aussi une extraordinaire version toute pleine de feedback onirique sur l'EP concomitant Chords I've Known), ou bien "Gasoline Alley".
Une impression d'irréel, d'étrangeté était prégnante sur ces chansons enregistrées dans un souffle, celui des cordes vocales, et de la touche magnéto ; à ce titre, il est possible d'entendre un bruit quasi non identifié de fête foraine fantôme, présent en fond de mix entre chaque titre : un truc qui fout bien les jetons, à la la manière des "bruits" spectraux que l'on découvrirait chez un autre brillant émule de notre homme, Conor Oberst alias Bright Eyes.
Et soudain, au détour d'un brelan de chansons pastorales, tristes, désenchantées et/ou alanguies, survenaient les inévitables brûlots, tels cet irrésistible "Rainmaker", single pétaradant ou bien l'ultra violent, au son pourrave "Someday I Will Treat You Good", qui, tels des uppercuts, surgissaient saturés pour nous faire reprendre vie.
Ah, entre autres influences et innénarrables disciples, l'homme comptait Vic Chestnut, avec qui il partagea un temps les affres de la chaise roulante et Daniel Johnston. Dis moi qui tu côtoies, je te dirai...
Mais Mark Linkhous, ce n'était pas uniquement ce bouseux auto-proclamé, fer de lance de la folk et de la country, c'était aussi l'initiateur de projets tels que Dark Night of the Soul, ou bien encore cet esprit ouvert aux musiques électroniques, à qui nous devons encore d'avoir jeté une oreille plus qu'intéressée aux exceptionnels et feus Add N To (X), l'un de ses groupes préférés.
So long, et merci d'avoir existé.
En bref : nonobstant les hommages complaisants et post-mortem, l'une des pierres angulaires de la riche scène folk US des 90's. Un titre aussi fleuve que riche au niveau de son contenu. Incontournable legs.

"Saturday" :
"Spirit Ditch" :
"Someday I Will Treat You Good" :
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01 mars 2010
Violent Femmes - The Blind Leading The Naked (1986)
En bref : un album à l'image de cette chronique, à savoir une belle poilade. Mais qui réussit le tour de force de faire prendre au sérieux le talent de ses auteurs. Et à invariablement pousser le bras semi-automatique à s'abaisser à nouveau sur la galette. Probablement l'une des clés de voûte du rock indé US des 80's.

Le site officiel , le Myspace
A lire aussi : 22 Pistepirkko - Rumble City La La Land (1994)
"No Killing" :
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08 janvier 2009
The Weakends - s/t (2008)
Ca fait plaisir, je veux dire vraiment plaisir, de voir que tout le monde ne tourne pas à l’électro rock en 2009. Oh non, ce n’est pas que je n’aime pas ça l’électro rock, mais de temps en temps il est bon de se rappeler d’où vient la musique, et en ce qui concerne les Weakends, elle vient définitivement du garage, et peut-être même de la cave qu’il y a en dessous de votre garage. Trio bordelais dont le nom se propage comme une traînée de poudre à tous ceux qui acceptent de perdre quelques litres de sueur en une heure, The Weakends sort à présent son premier Lp (exclusivement en vinyl svp) chez Rob’s House Records, label d’Atlanta déjà en charge des Black Lips, avec qui les bordelais sont amis. Encadrés pour l’occasion par des membres d’Adam Kesher et de Cheveu mais surtout mastérisés par le grand Lo’ Spider de Toulouse, Arnaud, David et Simon (qui se sont rencontrés aux beaux-arts) touchent avec une facilité déconcertante au rock et au punk sixties à la Yardbirds / Sonics. Comme déjà remarqué quelque part, chacun des douze titres de cet album paraîtrait inaperçu sur une compilation Nuggets de l’époque. Ne se limitant pas à ressembler aux deux formations déjà citées, The Weakends pioche aussi dans le blues punk ("Dawn of the dead"), voire le garage country ("One pill to survive") avec une classe à toute épreuve.
Complètement dégénérée et sauvage, mais non exempt de mélodies ni de swing, la production no-fi de ce power trio ne m’évoque que des louanges, notamment sur la deuxième face qui ouvre sur un "Desperate love blues" magistral. N’oublions pas non plus les deux titres inauguraux, "Long dead gone" et "Devil by my side", exemplaires. The Weakends est un disque qui passe à deux mille à l’heure et qu’on ne peut s’empêcher de remettre sur la platine, à défaut de pouvoir les suivre dans leur grande tournée américaine de Mars 2009. Menphis, Dallas, Austin, New Orleans et j’en passe, la classe pour un groupe qui vient de la cave en dessous votre garage.
En bref : Mélodies garages énergiques et imparables au programme d’un premier album qui met la barre très haut. Une bouffée d’air.

Le Myspace
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Les Weakends en house party, il y a deux ans déjà :
the Weakends alive
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19 octobre 2008
Conor Oberst au Nouveau Casino de Paris - Septembre 2008
Je ne jeterai pas la pierre à Dave. Et pour cause, vais-je vous parler d'un concert qui remonte à plusieurs semaines, que dis-je, un mois aujourd'hui. Quoiqu'il en soit, et même privé d'Internet, impossible pour moi de taire l'intense performance de Conor Oberst, moitié de Bright Eyes, livrée au Nouveau Casino de Paris le 13 septembre dernier. Il fallait simplement trouver les mots justes pour vous la transmettre, exercice périlleux lorsqu'il s'agit de décrire un tel phénomène. En tournée pour son premier album solo, le songwriter du Nebraska n'a pas déçu, c'est le moins que l'on puisse dire, et pendant près d'une heure et demie, littéralement captivé le public – jeune – de la salle de concert parisienne, totalement envahie par la poésie et le spleen kerouac-ien de l'Américain.
En cette prometteuse soirée, le trio anglais Sky Larkin (ci-contre) se charge de la mise en bouche et expose brutalement son rock énergique et noisy. La balance, mal ajustée, relègue la voix de la chanteuse Katie Harkin au second plan et lorsqu'elle parvient ponctuellement à s'exprimer, elle se pare de mauvais accents à la Dolores O'Rioran (feu The Cranberries) ou à la Sarah Bettens (K's Choice), les fêlures en moins. Tout ça est fort déplaisant. Heureusement, Dave Matthews, le batteur du groupe, colmate les brèches et accapare l'attention. Le nounours rouquin, par ailleurs surnommé “Duracell”, sévit sur ses percussions et ponctue chaque claquement d'une sorte de rugissement, faisant ainsi pleuvoir sa sueur sur la scène et insufflant une hargne salvatrice à sa moribonde formation. Ses baguettes brisées témoigneront de sa puissance et de son engagement.
On oublie instantanément ce mignonnet folklore lorsque les Britanniques s'éclipsent, laissant place nette à l'attendu Conor Oberst. Le public, jusqu'à présent distrait, se rassemble et, presque en tension, veille l'entrée de son shaman. Comme lors des précédentes dates de la tournée, aucun titre de Bright Eyes n'est au programme ce soir. Le chanteur d'Omaha interprètera exclusivement les morceaux de son album solo (cover ci-dessous), une mauvaise nouvelle pour les amateurs du groupe mais une bonne occasion d'éprouver la nouvelle inspiration du garçon et son fameux “génie” à la Bob Dylan.
Escorté par ses amis du Mystic Valley Band (oserait-on parler d'un “backing band” ?), Conor Oberst entre sobrement sur scène et lance sans entrefait les premiers accords country de “Sausalito”. Le démarrage est brusque mais lorsque la voix nasillarde du chanteur envahit la salle, le charme agit aussitôt. Autour de moi, on frappe du pied avec assiduité et sérieux, concentré. Les yeux rivés sur l'Américain, suspendu à ses mots. Sur des rythmes au fort parfum sudiste, très “americana” diront les spécialistes, Conor Oberst est éclatant d'éloquence et de hauteur. Depuis les premiers opus de Bright Eyes, sa renommée n'est plus à faire et les comparaisons sont fréquentes avec Dylan. Ce soir, ce parallèle, tarte à la crème des rock critics, trouve son illustration sur “Get-Well-Cards” où la voix du songwriter module avec assurance et noblesse, rappelant certaines envolées de son aîné du Minesota, notamment sur la célèbre “Ballad of the Thin Man” .
Conor Oberst prend peu à peu ses marques, mis en confiance par une assistance fascinée. Il frappe vigoureusement le sol de ses bottes de cow-boy et bondit d'un ampli l'autre la guitare en bandoulière, en communion totale avec ses débridés camarades du Mystic Valley Band. L'ambiance est à la folk song conviviale et rythmée. Son inattendue séance de playback – signe d'un trop grand confort ou d'une trop grande assurance - restera incomprise du public. Mais avec charisme, le chanteur ne perd pas les rênes de la soirée et poursuit de dévoiler les belles partitions de son album, de la sublime ode spatiale “Cape Canaveral” au folk-country entraînant “I don't want to die in hospital” (où l'on pense forcément un peu à Hank Williams).
Sans surprise, le songwriter développe ses thèmes fétiches : le voyage, la route, la fuite, comme en témoignent “NYC-Gone, gone” ou le refrain emblématique de “Moab”, “There's nothing that the road cannot heal”. Non loin du cliché, j'évoquais Kerouac, aussi bien aurais-je pu citer un autre Jack (London) et bien d'autres tant Conor Oberst prend la pose du poète (beat) et tire ardemment sur la corde sensible. Mais en évitant la caricature et l'affront, en digne fils de la respectable Amérique, l'homme impressionne et émeut, s'incrivant, non sans caractère, dans la plus pure tradition folk US. Chapeau bas l'artiste.
Le myspace de Sky Larkin et celui de Conor Oberst
Les sites web de Conor Oberst et du Nouveau Casino
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15 octobre 2008
Songs: Ohia - Magnolia Electric Co (2003)
Comment ai-je pu vivre sans ce disque? Il y a encore quelques mois, Songs : Ohia n’était pour moi qu’une série de pochettes intrigantes croisées ici ou là dans un disc shop. Et sans savoir pourquoi, un jour, je commande The Lioness et Magnolia Electric Co. Deux disques différents dans la carrière de Mr Jason Molina, et deux disques tout bonnement indispensables. Alors que le premier donne lieu à une mélancolie minimaliste et névrosée en collaboration avec ses amis d’Arab Strap, le deuxième (qui est en fait le dixième) est tout simplement le disque folk des 00’s. Huit morceaux intransigeants, élégants et envoûtants du niveau de ce que Neil Young a fait de mieux (ici période Zuma). Car même si Will Oldham et Bob Seger sont invoqués, c’est bel et bien l’ombre du Loner australien qui plane au dessus de ce disque, c’est peu dire. Entouré pour l’occasion de neuf musiciens dont trois chanteurs, Magnolia… bien que vampirisé par le génie de Molina est une œuvre collective où l’on peut entendre les douces voix de Scout Niblett et Lawrence Peters égrainer en mid tempo les textes du songwritter désormais débarrassé de son obscurité et de son pessimisme. Sa voix à lui, expressive et passionnée (les sept minutes poignantes et inspirées de "Hold on Magnolia") est d’une limpidité exemplaire. Un effet rendu possible par un enregistrement quasi live et un mixage serein de Mr Steve Albini himself. Dès les premiers slides énormes de pedal steel sur "Farewell transmission" (morceau le plus puissant jamais écrit par Molina), la machine americana est lancée, toujours fière et porteuse d’un romantisme exacerbé par des riffs de Les Paul. Magnolia Electric Co ou l’histoire d’un changement de direction qui prend aux tripes et qui tient en haleine à chaque seconde. Passionnant.
En bref : le génie Molina sort son disque le plus osé à ce jour, auréolé d’une lumière à caractère unique, l’un des cinq disques folk des dix dernières années assurément.
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"Farewell transmission", forcément :
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03 septembre 2008
Silver Jews - Lookout montain, lookout sea (2008)
Au milieu des productions estivales acidulées se dressait fièrement ce sixième album (déjà) des délectables Silver Jews. Presque anachronique cette sortie, ne croyez vous pas? Du trio d'enfer de départ, David Berman (le boss), Stephen Malkmus et Bob Nastanovich (Pavement), il ne reste plus que David, libéré de ces démons, et surtout, de Malkmus à qui on ne peut reprocher d'avoir poussé le groupe vers plus d'originalité, mais qui au jour d'aujourd'hui, n'a plus sa place dans le Silver Jews nouvelle mouture: une simplicité country folk au service d'un songwritting édifiant, donnant à tout un chacun l'agréable impression d'être totalement anglophone. Douze titres burlesques et picaresques qui renvoient à un certain Johnny Cash, notamment sur le titre inaugural "What is not but could be if", tout un programme. Berman en a vu mais semble vouloir faire table rase avec ses démons, accepter ses fautes pour se sentir mieux. Et c'est ce qui semble se passer sur cet album tout en retenue, exposant sous les projecteurs la voix du crooner du Tennessee aux dépends d'instruments en retrait. Au centre, "San Francisco B.C." remplit le disque d'un panorama sur l'histoire de la musique. Ecouter "My pillow is the threshold" sans se sentir vibrer de haut en bas signifie ne pas être humain. A ce jour, personne mieux que Silver Jews (pas même Oldam) ne sait juxtaposer malaise et jubilation, tragédie et triomphe, avec tant de facilité et d'humilité. Berman est un ancien, que l'on respecte, que l'on écoute, que l'on comprend, quand il se pose des réponses et qu'il nous donne des questions, détaillant avec une minutie tragique la rigueur de la vie américaine contemporaine, tout en sachant sur "Candy jail" par exemple, la jouer optimiste et rassurant. "You've got tennessees tendencies", "Strange victory", "Life takes time and time takes life", autant de mots qui sonnent et qui frissonnent, comme une évidence transatlantique. Composé en tournée (aurait-il pu en être autrement pour sonner si universel?), le disque est accompagné de lyrics manuscrits de Berman sur papier à en-tête de chaque hôtel fréquenté, ainsi que des seize accords utilisés pour les chansons, représentatifs des seize années d'existence du groupe, dont une fois de plus on parlera trop peu, comparé à son génie.
En bref : Assagi, le Silver Jews 2008 est un exemple de folk contemporaine underground et s'impose d'emblée comme l'une des galettes de l'année.

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Le site officiel et le Myspace
A lire aussi : Patrick Watson - Close to paradise (2006)
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Ecouter "My pillow" et "Candy jail":
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03 avril 2008
She and Him - Volume one (2008)
« Him », on aimerait ne plus avoir à le présenter, si éclatante fut la démonstration de son talent lors de ses quatre premiers albums, dont le dernier en date Post-War, sorti il y a plus d'un an. « She » c'est Zooey Deschanel, charmante actrice brunette, aperçue notamment dans le film de Cameron Crowe Almost Famous, et chanteuse à ses heures. Pour ce qui se révèle être son premier disque, baptisée par ailleurs Volume one, la néophyte s'empare du micro, son comparse prenant en charge les instru et la production. Je suis légèrement surpris par cette association mais l'envie de retrouver la patte acérée de l'Américain me taraude, son apparition dans l'album Cassadaga de Bright Eyes l'ayant rappelé intensément à mes bons souvenirs. She and him, premières écoutes.
La voix de Zooey Deschanel surgit soudainement, comme sortie de nullepart, pour le premier titre du disque, « Sentimental heart », accompagnée sur la pointe des pieds par les accords distants d'un piano. Un violon bondissant entre très rapidement en action. L'organe puissant de la chanteuse rassure, oscillant entre vibrations folk seventies et clarté pop. Cette première impression sonore, plutôt plaisante, se vérifiera tout au long de ce Volume one. L'actrice, à l'origine de tout mon scepticisme je dois l'avouer, tire son épingle du jeu. Douce, réconfortante et légèrement hippie, elle assure au chant et peut se prévaloir de la composition de la quasi-totalité des chansons, à l'exception de deux-trois reprises. De l'ensemble se dégage nettement une atmosphère folk assez rétro, généreusement baignée par le soleil de la west coast, apaisée et bienfaisante. Un parfum de Flower Power.
Quelques morceaux (« Take it back » par exemple) laissent cependant davantage filtrer le spleen de M. Ward, exposé dans ses albums solo. L'orchestration ne cesse par contre pas de nous inviter à mettre en marche la machine à remonter le temps. A base de guitare acoustique mais aussi de banjo, harmonica, thérémine ou encore tambourin. Il paraîtrait que le duo partage une vive passion pour les vieilleries country et autres hérauts de la folk song. On n'ose en douter.
La voix de Matthew Ward se faufile sur quelques titres. Discrètement pour une belle reprise de Smokey Robinson, « You really gotta hold me », puis avec splendeur pour une autre réinterprétation. Le duo s'empare de « I should have known you better » des Beatles pour en donner une étonnante version tahitienne, sublimée lors des refrains par la candeur et la classe de M. Ward. C'est délicieux. Je dois le confesser, j'aurais évidemment préféré explorer un nouvel opus du dit compositeur de talent mais je ne regretterai jamais d'avoir été présenté à Zooey.
En bref : Un bien joli disque de folk songs imprégnées des traditions ricaines à cordes, et finement produit. Un album d'un autre temps, à ne pas louper ne serait-ce que pour la reprise de « I should have known you better » des Beatles, et la présence de Matthew Ward.
A noter : l'album est sorti au mois de mars aux Etats-Unis et devrait débarquer en France courant avril.
Le myspace de She and Him.
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A lire aussi : catégorie folk.
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22 février 2007
Walk the line - Johnny Cash
Réalisé par James Mangold en 2006 avec Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon en tête d’affiche, Walk the line retrace une partie de l’histoire de "l’homme en noir", le musicien Johnny Cash. Pour moi il fait partie de ces noms que l’on connaît mais dont on ignore ce qu’ils ont vraiment fait. Le film, suivant le schéma plutôt classique du film biographique romancé (à la façon de "Ray") retrace les débuts de Johnny Cash, depuis son enfance dans le Tennesse et la perte de son frère (tout comme Ray Charles et tout comme Joaquin Phoenix), en passant par son premier job ingrat de commercial, son passage dans l’armée où il achète sa première guitare, puis enfin l’arrivée du succès avec tout ce qu’il comporte quand on parle rock’n roll : drogues, alcool, violence. Le film dévoile comment Johnny n’a pas réussi à assumer sa vie de famille monotone avec l’excitation des tournées et la passion qui l’animait pour la deuxième femme de sa vie, June Carter. Et c’est un bonheur d’assister aux multiples clins d’œil musicaux que nous donne ici le réalisateur, de la rencontre avec l’excentrique Jerry Lee Lewis jusqu’au dealer de la bande, un certain Elvis Presley, tout y est.
Il faut savoir que les acteurs ont été choisis par Johnny Cash et June Carter en personne et qu’ils ne sont absolument pas doublés durant le film, ce sont eux qui interprètent la totalité des chansons. Autres anecdotes, la mère du vrai Johnny Cash, Shelby Lynne joue son propre rôle dans le film. Ray Orbinson, compagnon de Johnny, est joué par Jonhatan Rice, chanteur anglais et frère de Damien Rice. Dommage que Roseanne Cash, fille de Johnny et elle aussi chanteuse ne fasse pas d’apparition dans le film. Le film qui a beau être complet élude pourtant les passages plus politiques de la vie de Cash lorsqu’il rencontra le président Nixon au sujet de l’état des prisons américaines. La rencontre et la collaboration avec Dylan est également absente du film. En tout cas, force est de constater que les acteurs sont excellents, notamment Reese Witherspoon (en brune) que j’avais l’habitude de voir dans des comédies légères et qui là m’a complètement bluffé.
Walk the line fut pour moi l’occasion de découvrir l’univers musical d’un artiste blanc inspiré du folk, du country et d’hymnes religieux américains chantant de la musique noire et ayant inspiré toute une génération d’artistes. Il ne me reste plus qu’à me ruer sur ses anciens enregistrements, notamment ses concerts enregistrés en prison avec Dylan. Qu’elle est belle cette époque où le rock n’était pas encore électrique…
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10 janvier 2007
Xavier Rudd - Food in the Belly
Tel un peintre, Xavier mélange des teintes héteroclites d'instruments tribaux aborigènes, malinkés et mêmes indiens. L'oeuvre dans son ensemble reflète des tons de blues & folk voire country à la Bob Dylan.
Food in the Belly est le dernier album des 6 qu'il a déjà composé depuis 2001. Les 13 chansons qui le constituent valent toutes le détour. Une petite préférence peut-être pour la première The letter, envoutante par la mélodie de la weinsenborn ponctuée par les rythmiques des tablâs et cette voix posée et chaleureuse que nous offre Xavier Rudd. Pockets of peace qui suit plus tranquille est aussi très agréable grâce à l'apport de la sitar. Je m'attarde aussi sur Energy song pour le bonheur d'écouter une chanson où le didgeridoo y apparaît comme indispensable. Food in the Belly qui a prêté son nom à l'album est aussi très appréciable. On peut profiter enfin de quelques balades à dos de cheval transcrites avec par exemple Connie's song.
Un extrait:
L'album:
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