24 janvier 2014

Daniel Avery - Drone Logic (2013)

Première création sous forme d'album pour le londonien Daniel Avery, Drone Logic propose une musique à la croisée des chemins de l'électronique "made in England", progressive et bondissante, expérimentale et "dronement" formatée.


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02 mai 2012

I:Cube - "M" Megamix (2012)

24 titres brillants, enchaînés sur un train d’enfer et couvrant une trentaine d’années de musique électronique : le nouvel album d’I:Cube est un monstre et il ne faudra pas compter sur moi pour briser l’unanimité qui semble entourer sa sortie. Sans même parler de la qualité intrinsèque des morceaux, le seul choix de structurer le disque comme une mixtape est un coup de génie. Et un choix fort. Alors que la version originale de "Transpiration", sortie en EP au début de l’année, dure plus de 6 minutes, cette bombe dancefloor est ici réduite à une portion congrue de 3 minutes environ. Il en va de même pour presque tous les morceaux, dont des versions longues paraîtront en 12" dans les semaines qui viennent. Du coup, M Megamix semble littéralement déborder de bon son. C’est la grotte d’Ali Baba, l’exhumation de tous les trésors qui dormaient sur les disques durs de Nicolas Chaix, ce mec discret dont la légende dit qu’il est un boulimique absolu de musique.


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18 avril 2012

EOD - Utrecht (2010)

Passé sous mon radar en 2010, cet EP épuisé depuis bien longtemps bénéficie d’un nouveau pressage et je le découvre à cette occasion, assez ébahi je dois dire par sa qualité et sa diversité. Je n’avais jamais entendu parler d’EOD. Certains ont cru pendant un temps que c’était Aphex Twin, mais en fait non... Il se trouve que c’est un dénommé Stian Gjevik, originaire de Trondheim, en Norvège. Il a sorti quelques bons maxis, notamment sous le nom de CN, et aussi une compilation digitale de 71 titres réalisés depuis 2005. Amoureux des synthétiseurs analogiques et des boîtes à rythmes antédiluviennes, EOD risque fort de sortir de l’anonymat en 2012 avec un planning de sorties très chargé et une performance prévue à l’occasion du 21e anniversaire du label Rephlex.

Entre house et électro 90’s, "Utrecht" plonge l’auditeur dans une sorte de chaud-froid lysergique. Les nappes éthérées se mêlent à une basse ronde, c’est à la fois assez brut de décoffrage et extrêmement doux, caressant. C’est du son d’after, pénétrant et contemplatif. Le seul défaut de ce morceau est de ne durer qu’un peu plus de 4 minutes, alors que son côté épique aurait pu être encore plus développé sur une durée plus longue. On ne commence à comprendre les comparaisons avec AFX qu’à partir du second titre, "Phontron (030303 Mix)", beaucoup plus représentatif de l’EP, qui fait la part belle aux vrilles acides, aux saccades rythmiques et aux synthés à la Boards of Canada.

Sur "Flab" comme sur "On Herald Go", EOD s'inspire clairement de la braindance qui sortait sur Rephlex ou Warp au début des années 1990, à l’époque où ces labels britanniques régnaient sur les sphères électroniques. Il use et abuse de la TB-303 et des vieux drum pads et joue sur le contraste entre des beats lourds et heurtés et des mélodies légères et nuancées. Sa palette va de l’ambient la plus limpide ("Came Went") au son de rave le plus euphorique ("la fin de Flab"). Au-delà des sonorités vintage, c’est surtout la liberté créatrice d’EOD qui ravive la nostalgie pour cet âge d’or de l’électro UK où l’on se fichait bien des formats et des idées préconçues. Rien que pour ça, j’inscris le Norvégien sur la liste des artistes à surveiller de près.

A noter : l'artwork est signé Merijn Hos

En bref : cet EP, aussi somptueux que sa pochette, revisite la techno cérébrale du début des années 90, avec douceur et acidité.




Télécharger Son mix pour le blog mnml ssgs 

EOD sur son site, FB, Twitter, Bandcamp

A lire aussi : Akufen - Battlestar Galacticlown (2012)



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05 octobre 2009

Etienne Jaumet - Night Music (2009)

Même si Night Music n’avait pas été mixé et arrangé par Carl Craig, il resterait le disque événement de la rentrée électronique, ne serait-ce que par ses ambitions et son format : cinq titres conçus comme autant d’étapes d’un trip spatial inspiré par les sons rétrofuturistes de Manuel Göttsching autant que par le minimalisme d’un Steve Reich. Le tout façonné par un nerd accro aux synthés vintage, sous perfusion de Telex et de Liaisons Dangereuses. Répétitive, mécanique, la musique d’Etienne Jaumet s’apparente à un flux bourdonnant, insidieux, monochrome, comme une nuée d’insectes qui vous paralyserait afin de vous bouffer méthodiquement la cervelle. Rien à voir, cependant, avec les dérives paranoïaques de ses travaux au sein de Zombie Zombie. L’espace sonore est immense, se prêtant davantage au vertige qu’à la claustrophobie.

Night Music est un album éminemment personnel, qui creuse le sillon du premier maxi solo de Jaumet, Repeat again after me, sorti en 2007. A tel point que la dantesque For Falling Asleep et ses 20 minutes de techno cosmique sonnent comme une prolongation de ce maxi : on retrouve la même rigueur rythmique, les mêmes motifs analogiques, le même saxophone distant et esseulé. Le titre s’achève dans un magma ambient mêlant les chuchotements et la harpe d’Emmanuelle Parrenin. Il y aurait beaucoup à écrire sur ce premier morceau qui allie l’hypnose d’un raga indien, quelque chose du space-jazz de Sun Ra , et une carcasse techno propre à séduire les pires tenants de l’orthodoxie Made In Detroit. De toute évidence, Jaumet ne peut être soupçonné de vendre son cul au grand capital – difficile de proposer œuvre plus froide et mathématique que celle-là.

J’ai d’ailleurs été surpris de lire quelques chroniques enthousiastes sur des blogs habituellement peu versés dans la musique électronique. Les travaux du parisien au sein de Married Monk et de Zombie Zombie y sont sans doute pour quelque chose, ainsi que sa réputation de multi-instrumentiste chevronné, lui conférant un rayonnement bien au-delà des cercles technoïdes. Quant à la participation de Carl Craig au projet, elle est comme une cerise sur ce gâteau métallique, et accessoirement un passeport idéal pour l’international. S’il est compliqué de savoir ce que l’Américain a précisément apporté à la matière brute de l’album, qui lui a été envoyée par le clairvoyant Gilb’r (le boss de Versatile), sa patte est aisément reconnaissable à divers moments de l’épopée. La production et le mixage font d’ailleurs diablement penser à son premier opus, le mythique Landcruising (1995).

Surtout, on comprend ce qui a pu décider la star de Detroit à travailler sur Night Music. Lui qui n’a jamais caché son attrait pour le krautrock et les précurseurs électroniques européens en général a du se sentir immédiatement chez lui à l’écoute du beat motorisé et des basses souterraines d’"Entropy", ou de la montée clinique de "Mental Vortex". Dans un soudain accès de chauvinisme, on peut se féliciter que des artistes français produisent encore des albums aussi exigeants, homogènes et originaux que cette première offrande suintante de sincérité et d’érudition. Et si les sons se propageaient dans l’espace, je ne serais pas surpris d’entendre le "Cocorico" vocodé de quelque coq cybernétique retentir au passage de la comète Jaumet.

En bref : Erudit, jusqu’au-boutiste et illuminé, Etienne Jaumet catapulte un premier album solo intransigeant où il laisse libre cours à ses obsessions rétrofuturistes. Monumental.





Le Myspace d'Etienne Jaumet
Celui de Carl Craig
Le site de Versatile

A lire aussi : Etienne Jaumet - Repeat Again After Me (2007) et Klaus Schulze - Moondawn (1976)

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31 mars 2007

Gui Boratto - Chromophobia (2007)

Une énorme claque. J'attendais un album électronique de cette trempe depuis le Trentemoller récemment chroniqué. Ce Chromophobia, sans lui ressembler, entraîne de semblables vertiges et nous transporte en un lieu déroutant où tech-house et électronica font bon ménage. Guilherme Boratto, comme son cousin nordique, aime de temps en temps brider son moteur technoïde et s'arrêter le long de la route pour une pause comateuse, avant de repartir en trombe au moment le plus inattendu. La comparaison s'arrête là. Boratto est bien plus acide que Trente, moins pop aussi. Et, peut-être parce qu'il vient de Sao Paulo, ses productions sont plus colorées, bien que souvent teintées d'ombres spleenétiques. C'est en tout cas ce qu'on a entendu de plus chaud en provenance du sobre (et exigeant) label allemand Kompakt, basé à Cologne.

Gui Boratto, c'est un peu le Mac Gyver de la house. Il vous fait un beat avec le frottement d'un balai et le crépitement d'un bain moussant, une mélodie avec un crissement de ferrailles et un téléphone foireux... Il récolte les sons partout où il le peut puis les écorche, les déchire et les rassemble avec une technique proche du cut-up. Ce collage psychédélique malmène sainement les oreilles, entre sueurs froides et progressions euphorisantes. Pour un premier essai, Chromophobia, sorti début février, est particulièrement abouti. Des albums d'une telle envergure dépassent le cadre restreint de la tech-house minimale et définissent un son bien actuel, un son qui va inévitablement inonder la planète. Et plus vite qu'on ne le croit.

Les treize mets que nous sert Boratto se dégustent avec une joie égale. Inutile donc de les décliner un à un, même si je me sens obligé de signaler la montée minutieuse et clinique de "Mr. Decay" et le son granuleux de "Gate 7".



En bonus, "Arquipelago", le vinyle qui l'a fait connaître :


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29 mars 2007

Aphex Twin - Windowlicker (1999)

Mais qui se cache donc derrière ce nom bizarre? Vous le savez peut-être déja, il s'agit d'un jeune irlandais né Richard D. James en 1971.
Il officie depuis une bonne et grasse dizaine d'année (ouais d'accord une quizaine) en tant que DJ et compositeur de musique électronique en marge des sons commerciaux. L'homme est complexe (il alterne les surnoms) et sa musique aussi. Il sublime la technique (il parcourt le monde pour acheter de vieux synthés, les bricole et les customize!!) allant jusqu'à travailler les sons bruts directement sur leur fréquence, comme un ébeniste ferait avec des essences de bois. Il crée toutes les jaquettes de ses releases et se plaît à modifier des photos de bimbos en remplaçant leur tête par la sienne.

Sa spécialité? Toutes: drum'n'bass, acid techno, ambient (Selected Ambient Work 85-92). Son son? Celui-ci par exemple: Windowlicker, titre éponyme du single (3 titres) qui le consacre en 1999.
Ou encore celui-la: Nannou (qu'il dédit à sa future ex-petite amie française que l'on peut entendre souffler "j'aime donner des croquettes au chien" dans Windowlicker.
Un son métallique, avec un usage exhaustif de la distorsion, la récupération de sons de jouets...Bien que Windowlicker, dans les bacs en 1999, atteigne le top 20 en UK, le son d'Aphex Twin reste difficile à écouter et apprécier. A vous de voir, comme toujours...
Pour tous ceux qui sont intéressés, il faut savoir que Windowlicker fut produit sous l'excellent label WARP auquel adhérent des artistes comme Laurent Garnier, Nightmares on Wax, Squarepushers...
Pas la peine de s'attarder sur une description finie et limitée d'une musique qui, elle, ne semble pas l'être.

Sur suggestion du maestro Dave:

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