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Je ne remercierai jamais assez Dave de m’avoir poussé à écouter "Stars", track de l’année selon moi et tête de gondole d’un album jouissif de bout en bout. Personne, je dis bien personne n’en a parlé (ou alors qu’il se lève maintenant ou se taise à jamais) et pourtant… Certes le duo à l’origine de ce disque n’est pas au top niveau communication, c’est même un bel euphémisme. Même ceux qui lisent ce blog depuis le début ont sans doute oublié l’interview et la chronique par Fabien de cet énigmatique danois qu’est Peter Visti. Ancien footballeur reconverti sur le tard à la musique baléarique, on sait très peu de lui. C’est encore pire pour son comparse Jakob Meyland quasi absent du web. Mais les deux amis travaillaient ensemble depuis 2003 pour jeter en pâture l’année dernière cet OVNI disco, au sens noble du terme.

The Besnard Lakes are the roaring night : fin d'un tryptique passionnant pour les Besnard Lakes, commencé en 2003 avec Volume 1, et poursuivi en 2007 avec Are the Dark Horse, tout en nocturnes rugissantes, en lieu et place de la noire toison chevaline du précédent album.
Le nouvel et 5ème effort des ex-At The Drive In est sorti cet été. Les fans de longue date d'un des groupes phare de cette mouvance metal prog tendance stoner se sont déclarés blasés de l'option prise sur le nouveau disque, qui fait la part belle aux climats plus doux, plus variés. Le néophyte devrait se montrer plus indulgent, et surtout plus objectif face aux nouvelles chansons de ce groupe qui, décidément, ne ressemble à aucun autre.
Un double album pour les Lips, ça n’était jamais arrivé. Il y avait bien eu l’expérience Zaireeka en 1997 qui peut être vue comme un quadruple disque en un, mais un double jamais. Exercice périlleux s’il en est, le format double permet généralement aux artistes de sortir du cadre habituel, de s’exprimer sur la longueur, avec le risque de diluer son talent, de perdre l’auditeur ou de placer des titres inutiles au milieu de pépites que l’on oublie. Et des risques cet Embryonic en comportait un paquet. Nombreux sont ceux qui ont été déçus par le son en plastique du récent At war with the mystics. Son côté pop, la naïveté de titres comme "The Yeah yeah yeah song", le manque d’homogénéité. Mais la BO Christmas on mars sortie en 2008 avait esquissé la somme de travail réalisée pour Embryonic à savoir un véritable tournant musical en forme de challenge. Réinventer les Lips. Retourner aux fondamentaux. Retourner coûte que coûte au bizarre, quitte à perdre l’auditeur le plus flemmard au passage. Disons le tout de suite, Embryonic est un disque très difficile d’accès. Un disque sombre, long et flippant. Leur plus audacieux depuis Zaireeka.

On avait laissé Colin Meloy et sa bande en 2006 sur le moyen The Craned Wife, on l’avait par contre beaucoup apprécié sur Picaresque, et on savait qu’il ne reviendrait pas en 2009 là où on l’attendait. Ce serait trop facile. Les Decemberists ont choisi pour leur retour un disque radical, que l’on suit avec passion ou que l’on rejette avec force. Un opéra rock en 2009, vraiment ? Risqué, prétentieux, anachronique, le choix du songwritteur est en tout cas remarquable. A une heure où l’aléatoire et le zapping sont légion, The Hazards Of Love ne peut s’écouter que comme un film, du début à la fin, de préférence avec chaîne hi-fi poussée dans ses derniers retranchements. Avec le goût qu’on lui connait pour la narration ("The mariner’s revenge song") Meloy construit une épopée intense et sans coupure, entre ballade folk doucereuses et déchaînements électriques monstrueux. Soit un génie, soit un Tommy.

A la différence du très électronique Where You Go I Go Too de son pote Lindstrøm, les dernières productions de Prins Thomas montraient une attirance grandissante pour un son “live”, plus instrumental, qui, tout en restant foncièrement disco, montrait le désir du Norvégien d’élargir son champ d’activité. Lindstrøm lui-même, lors de récentes interviews, affirmait aussi son envie de “sonner comme un groupe” et de s’engouffrer dans cette brèche électro-acoustique. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que le deuxième album commun des barbus cosmiques (sorti fin mai) sonne davantage comme un hybride kraut-funk que comme une nouvelle épopée space-disco. Rien d’étonnant non plus à voir fleurir les critiques peu enthousiastes un peu partout sur la toile, évoquant ici “la musique d’ascenseur”, là le côté “longuet” de ces plages de 7 à 13 minutes. Et pourtant...

La famille new-yorkaise nous avait laissé en 2007 avec un bijou hédoniste de folk expérimental, le très grand Love Is Simple, et elle nous revient cette année amputée d’un membre puisque le quatuor n’est plus que trio, Ryan Vanderhoof ayant préféré se consacrer aux taches familiales, c’est son choix. Set’ Em Wild… est donc l’album du changement, puisqu’en plus de ce départ, c’est le label Dead Oceans qui reprend le flambeau à Young God. La musique des Américains, puisque c’est ce qui nous intéresse ici, s’est-elle transformée pour autant ?
