04 octobre 2024

Split Enz - Mental Notes (1975)

En voilà de drôles de zozos. Septuor inclassable originaire de Nouvelle-Zélande du côté d'Auckland et mené lors de sa meilleure période par son duo de têtes pensantes Tim Finn / Phil Judd tous deux chanteurs compositeurs attirés et exclusifs, Split Enz s'est surtout fait connaître comme un groupe new-wave à succès jusqu'au milieu des années 80.

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07 juillet 2023

Tanger - s/t (1997)

Album et groupe pour le moins atypiques dans  la France de 1997 qui ne jure alors que par la French touch et le chill de Chemical Brothers et Prodigy, Tanger est cet OVNI parisien issu du cerveau de Philippe Pigeard, poète, écrivain et dandy normand. Il assemble dès 1995 un aréopage de musiciens dont les fidèles Christophe Van Huffel (guitare) et Didier Perrin (basse).


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17 juin 2019

Novalis - Banished Bridge (1973)

Cousins d'écurie de Neu!, Amon Düül, Jane, Cluster, Klaus Schulze ou autre Guru Guru au sein du remarquable label Brain, le groupe de Hambourg est généralement le laissé pour compte du krautrock.


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02 mai 2018

Magma - Köntarkösz (1974)

Christan Vander, ce leader messianique que tout un chacun aime détester. Ce chef de clan un peu cintré, qui n'a pas seulement créé un groupe, mais un langage (le kobaïen), une esthétique, des références cabalistiques incantatoires, un uniforme évoquant tant l'imagerie nazie que les robes des Cigares du Pharaon. Bref l'allumé total, le mégalo fini etc...


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28 janvier 2016

Aut' Chose - Une Nuit Comme Une Autre (1975)

A part les québécois, personne ne doit vraiment connaître Aut' Chose. Pourtant, le groupe montréalais des années 70 emmené par le charismatique Lucien Francoeur (textes et voix) et son acolyte Pierre André Gauthier (guitare et synthés) a depuis longtemps acquis le statut de formation culte chez nos frères d'Amérique. Avec cinq albums au compteur, Aut' Chose a largement contribué à changer le paysage musical à Montréal. Mais ce sont surtout les deux premiers albums qui sont intéressants. Un peu plus tôt la même année, sortait Prends Une Chance Avec Moé, un disque déjà très éclectique. Mais Une Nuit Comme Une Autre sorti un peu plus tard la même année est pour moi le plus malade, à la fois glauque, moderne et électrique.


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01 octobre 2015

Yatha Sidra - A Meditation Mass (1974)

1974, Freiburg en Allemagne, les Fichter Brothers (anciennement Brontosaurus) aidés de deux amis créent le groupe Yatha Sidra et réalisent un album concept unique qui ne verra pas de successeur. Le thème ? On s'en doute grâce à la pochette et au nom du band, un voyage musical cosmique et extatique aux frontières du progressif et du new-age. Quatre tracks sobrement intitulées "Part 1", "Part 2", "Part 3" et (accrochez-vous) "Part 4", instrumentales à 90% du temps, comme une longue suite en deux thèmes, chacun divisés en deux parties. Si la musique de Popol Vuh, Jethro Tull ou Pink Floyd vous dit quelque chose, la suite devrait vous intéresser.


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04 février 2015

Harmonium - Si On Avait Besoin D'une Cinquième Saison (1975)

Je ne me suis pas trompé en choisissant ce premier disque Canadien. Et si c'est la merveilleuse pochette psychédélique qui m'a attiré dans un premier temps, c'est bien la musique qui m'a scotché par ailleurs. Deuxième long jeu de l'un des groupes Québécois les plus marquants de son époque, Cinquième Saison est en plus un concept album passionnant comme il était de coutume d'en réaliser au début des années 70. Au programme on ne retrouve que cinq pièces, une par saison (printemps, été, automne, hiver) plus cette fameuse cinquième saison fantasmée.

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27 octobre 2014

Curved Air - Airconditioning (1970)

Le bel objet que voilà :  LE premier picture disc de l'histoire de la pop music - pas de l'histoire du microsillon hein, puisque dès les années 40, on pouvait découvrir des compiles qui étaient affublées de vinyle coloré. Bien, parlons musique à présent.
 

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05 juillet 2012

Pyranha - S/t (1972)

Il est des découvertes bien étranges. Celle de ce groupe en fait partie. C’est une formation (franco) suisse un peu oubliée il faut dire, peut-être pour la simple raison que ce disque reste le seul testament d’un talent éphémère. Mais quel album ! Rien que pour le titre introductif "Clepsydre" la messe est dite. Dès les premières secondes même. Une sorte de musique instrumentale psychédélique et jazzy qui aurait fait un hit chez Triangle, le Floyd ou même le Gratefull Dead. 


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27 février 2012

Caravan - In The Land Of Grey And Pink (1971)

Ah, la divine école de Canterbury...celle qui a engendré Soft Machine - et donc les oeuvres de Robert Wyatt et Kevin Ayers - puis celles de Gong et donc celles de Caravan. Groupe estimé mais très souvent "oublié" des anthologies (en dehors de cet album phare), Caravan qui officie encore de nos jours s'était fait connaître par la grâce d'un rock prog mâtiné de jazz (comme la Machine Molle). Avec des titres d'albums alambiqués et à rallonge (voir leur second) qui n'auraient pas déparé les oeuvres futures d'un Liars par exemple.

Composé de virtuoses ne se la racontant pas, et emmené par les cousins Sinclair, David à l'orgue et Richard à la basse, ces hommes là aux cheveux longs, se complaisaient dans un prog rêveur et pastoral, et ne dédaignaient pas les longues suites façon les compatriotes de Procol Harum, groupe auquel Caravan fait de toute évidence le plus penser - écouter à cet égard les 22 minutes tour à tour enchanteresses, lounge puis explosives de "Nine Feet Underground".
Il n'est d"ailleurs pas interdit de penser que son premier thème "Nigel Blows a Tune" n'a pas dû manquer d'influencer tout ce que l'Angleterre compta de défricheur easy listening des 90's, de Stereolab à High Llamas en passant par Saint Etienne.

Concernant le rapprochement avec Procol Harum, il est à noter que les créateurs du divin "Winter Wine" usaient davantage d'épure, d'esprit bucolique là où leurs très estimables contemporains latinistes versaient volontiers dans l'emphase à grand renfort d'orgues baveux et d'arrangements baroques.
Point d'outrance chez nos hommes caravaniers, puisque de l'unisson des voix fragiles et étonnamment dépourvues de testostérone (pour des groupes velus de l'époque) de Richard Sinclair et Pye Hastings, se dégageait une plénitude toute bucolique, alanguie et psychédélique. Nulle démonstration instrumentale bavarde telles qu'il s'en trouvait trop souvent chez Pink Floyd et les groupes atteints du syndrome art school.

Richard Sinclair véritable chanteur oublié au même titre que le magnifique Jay Ferguson de Spirit, possédait un timbre clair assez voisin de LD Beghtol - pour les connaisseurs, le chanteur d'appoint le plus effacé des Magnetic Fields d'aujourd'hui.
Durant une bonne dizaine d'albums, Caravan dispensa son prog étonnamment poppy, dont les points d'orgue se situent bien évidemment dans le premier brelan de leur discographie - l'on poussera vers le très plaisant Waterloo Lily (1974), premier disque enregistré sans Richard Sinclair.
Mais c'est bien évidemment vers ce fascinant In The Land Of Grey And Pink et sa pochette village de hobbits qu'il conviendra et pour l'éternité de se repaitre.

Convenir qu'il existait autre chose dans le prog -terminologie si galvaudée, raillée etc...et devenue trendy avec les années - des divines 70's, que ces horreurs sans nom qu'étaient les boursouflés onanistes et gras du bide des toqués de la guitare à deux manches, c'est déjà s'ouvrir de manière conséquente à la décennie dorée et élargir son horizon musical.
Une version digipack définitive, car enrichie de titres rares (chouette !) a célébré les 40 de ce disque intemporel.


En bref : l'école de Canterbury à son meilleur. Un disque d'une rare finesse d'exécution et d'écriture que l'étiquette tant éculée et encombrante de progressive ne saurait minimiser. Un fleuron du prog-rock, un classique des seventies.





Le site

"Winter Wine" :



"Golf Girl" :


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04 décembre 2011

True Widow - A.H.A.T.H.H.A.F.T.C.T.T.C.O.T.E. (2011)

Je sais, je tiens là le titre le plus long et le plus idiot de l'année 2011, voire au delà ! Décodage immédiat : "As High As The Highest Heavens and From The Center To The Circumferance Of The Earth". On pourra y reconnaître l'ambition tellurico-stratosphérique typique d'une certaine tendance shoegaze, à la recherche d'un son à la fois massif et ample. Mais là encore, il ne suffit pas d'appuyer sur une pédale d'effet pour avoir du talent, et n'est pas Besnard lakes qui veut. Trio originaire de New York, True Widow, se la joue puissant, sombre et minimal, et, sans être follement original, trouve un style et un son, qui ont tout pour plaire.

On ne peut pas dire que la presse spécialisée ait buzzé d'une manière ou d'une autre sur cette formation (aucune recension à ma connaissance) ; c'est donc grâce à un disquaire (et oui ça existe encore, les ptits jeunes) que j'ai découvert ce disque.

Le son accroche tout de suite l'écoute : cette batterie downtempo qui ouvre le premier morceau "Jackyll", mixée très en avant, sonne au plus près de l'oreille, et semble dire merde au Loveless de My Bloody Valentine. Puis un lent tremblement de terre, quelque chose qui vous saisit doucement, vous impacte physiquement, une basse qui semble vouloir célébrer les noces du sludge et du shoegaze. Et enfin, une guitare claire amorce un motif entêtant qui sera repris par la voix.

Tout l'album repose sur ce minimalisme instrumental basse/batterie/guitare, très loin du prog savant des Besnard Lakes. Sur des tempos généralement lents, chaque instrument a droit à son intro, son attaque. Une sorte de stoner rock shoegaze, avec des voix claires, tantôt masculine tantôt féminine, direction le plus haut des cieux, mais qui viennent habilement élargir le spectre sonore, et évitent à l'ensemble de sombrer définitivement dans la crypte.

Du coup, les compos sont d'une grande simplicité, et les paroles aussi. Les motifs mélodiques ne sont jamais très développés, esthétique stoner oblige, et la guitare assure ce qui pourrait parfois ressembler à des ponts. Tout est tellement étiré que les refrains arrivent comme des codas, en délivrant l'oreille des boucles répétitives. Bon, les amateurs de chanson seront peut-être un peu perplexes, mais " Skull eyes" prouve qu'ils savent en écrire, et qu'ils ont la possibilité pour leur prochain album de ne pas se répéter, en se contentant de leurs trouvailles sonores.

En Bref : du stoner rock pour âmes en peine, sombres héros de la crypte, exilés pour veuvage à plein temps, les yeux rivés sur les chaussures. Les voix et les bribes de mélodies apportent ce qu'il faut de délicatesse.




Le site officiel



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06 août 2011

...And You Will Know Us By The Trail Of Dead - Tao Of The Dead (2011)

Le nouveau Trail Of Dead ? Arrivé dans les bacs assez tôt dans l'année comme à son habitude, le disque n'a guère défrayé la chronique. Faut-il y voir une lassitude de la part d'un public pourtant peu submergé d'oeuvres marquantes ces temps-ci ? Ou bien l'essoufflement d'un groupe qui semble avoir trouvé sa formule et peine à se renouveler ?
Sans doute un peu des deux.

7ème long format des texans, ce Tao Of The Dead qui trahit toujours plus les origines thaïlandaises de l'insaisissable Conrad Keely, est aussi l'oeuvre la moins aboutie, la plus prévisible des gars d'Austin.
Notamment à la réévaluation de The Century of Self (2009), certes pas le meilleur LP du groupe, mais qui offrait au moins l'avantage d'un plaisir d'écoute plus évident sur la durée.

Alors, depuis l'ambitieux quoique décrié So Divided (2006), sa dernière livraison d'importance, on a du mal à cerner l'orientation toujours plus esthétique de AYWKUBTTOD, qui plus que jamais semble être la chose, le projet de son leader Conrad Keely, même si son compère Jason Reece intervient de temps en autre en lead ("Ebb Away").
La pochette -même si un peu trop chargée- est une nouvelle fois parfaite ; et son contenu, véritable livret narratif fait une nouvelle fois la part belle au talent de graphiste de Keely. Dont on peut même repérer le trait de crayon spécifique à chacune des livraisons - il a récemment illustré la couverture d'un groupe ami, où l'on retrouve cette palette monochrome de Bic bleu, omniprésente sur le précédent opus.

On le voit, on parle davantage esthétique que de musique, ce qui n'est pas forcément bon signe. Trail of Dead, tel le groupe prog-rock qu'il est devenu depuis le virage Worlds Apart (2005), usine dans les intros symphoniques parfois étirées, et ne dédaigne pas les coups d'éclat ("Summer of All Dead Souls", "Weight of The Sun"), même si ici ou là, la propension à sonner métal tendrait presque à faire des texans un avatar de Green Day, avec des refrains taillés pour les stades un peu complaisants.
Une tendance à conceptualiser l'ensemble un peu paresseuse les conduit aussi à s'auto-citer (le très bon "Pure Radio Cosplay"), freinant l'impression et les envies de nouveauté que l'on est en droit d'attendre.

On gardera émus les souvenirs des fondamentaux Madonna (1999), Source tags And Codes (2002) -à l'époque où Trail Of Dead assumait davantage son héritage indie hardcore, ainsi que de l'excellent So Divided- sans doute la meilleure déclinaison de ses nouvelles orientations musicales.
Par ailleurs, l'on restera à l'affût de leurs très rares dates françaises, le live restant le terrain privilégié de ce groupe atypique, en attendant que possibilité nous soit donnée de les jauger comme l'a fait le Boss cette année "à domicile", c'est-à-dire sur l'une des multiples scènes du désormais incontournable SXSW festival.

En bref : un disque en demi-teinte qui pèche sur la durée et n'évite pas certains écueils mainstream. On retiendra quand même le potentiel lyrique intact et l'influence esthétique orientale de Conrad Keely toujours plus affirmée.





Le Myspace, la chronique de The Century of Self, la chronique de So Divided

La video de "Summer of All Dead Souls" :



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23 février 2011

Umberto - Prophecy Of The Black Widow (2010)

Quelle pochette ! Je dois dire que c’est ce visuel détonant qui m’a amené à écouter ce disque, ainsi qu’une ou deux chroniques ici ou là. Ce nom aussi, Umberto, que l’on croirait sorti tout droit d’un porno italien (pardon à tous les Umberto qui nous lisent). Enfin, ce titre, La prophétie de la veuve noire. Tout un programme avant même d’avoir écouté la moindre note. Et puis aussi ce vinyle, limité à 485 copies, qui met en valeur l’image et la construction du disque en deux faces. La musique alors ? Une bande originale imaginaire d’une série z italienne, alliée à la puissance du rythme krautrock, façon électro. Oui Monsieur !

Umberto puisque c’est de lui qu’il s’agit, est en fait le projet solo de l’Américain Matt Hill, ancien activiste du psychédélisme au sein du groupe Expo 70. On sait très peu de lui, à part que c’est ici son deuxième album sous ce nom, suivant le bien nommé From The Grave. Cette fois-ci on trouve huit titres d’italo disco sortis chez Not Not Fun (sic), et dont l’originalité malgré les références lourdes impose le respect. On pense forcément à Steve Moore (Zombi), Carpenter, Goblin, mais aussi à Kraftwerk ou le le Pink Floyd ou encore plus récemment Zombie Zombie ou Emeralds. Tout un programme encore une fois.


Là où Umberto fait fort, c’est dans la construction progressive de ses morceaux, toujours très puissants (l’écoute au casque s’impose d’elle même), aux basses profondes et à son pychédélisme connoté. La track de ce disque, parce qu’il en faut toujours une, c’est "Temple room". Un voyage cosmique de 7’08’’ qui commence par un drone inquiétant puis ajoute des tonnes de couches de sons et de synthés pour finalement exploser à 3’50’’ en un truc hybride et électronique qui ferait de l’ombre à la Justice. L’autre c’est "Night stalking", spirale infernale de synthés qui dévastent tout sur leur passage. 6’40’’ une fois de plus, un break monumental, un final travaillé et une ambiance gothique, que demander de plus ? Les autres sans être aussi tubesques sont de vrais morceaux, et en fin de compte le disque s’écoute très bien d’une traite. L’une des dernières pépites de 2010.

En bref : un film d’horreur italien, psychédélique et groovy à souhait, où les synthés 80’s et les beats bien modernes apportent un véritable caractère. Excellent !





Le Myspace

A lire aussi : Zombi - Spirit Animal (2009)

"Temple room" et "Night stalking", s’il vous plait :





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19 janvier 2011

Visti & Meyland - s/t (2010)

Je ne remercierai jamais assez Dave de m’avoir poussé à écouter "Stars", track de l’année selon moi et tête de gondole d’un album jouissif de bout en bout. Personne, je dis bien personne n’en a parlé (ou alors qu’il se lève maintenant ou se taise à jamais) et pourtant… Certes le duo à l’origine de ce disque n’est pas au top niveau communication, c’est même un bel euphémisme. Même ceux qui lisent ce blog depuis le début ont sans doute oublié l’interview et la chronique par Fabien de cet énigmatique danois qu’est Peter Visti. Ancien footballeur reconverti sur le tard à la musique baléarique, on sait très peu de lui. C’est encore pire pour son comparse Jakob Meyland quasi absent du web. Mais les deux amis travaillaient ensemble depuis 2003 pour jeter en pâture l’année dernière cet OVNI disco, au sens noble du terme.


Commençons donc par "Stars". La basse disco qui entame, les guitares qui s’installent, puis la rythmique qui les rejoint tranquillement. Quelques notes de piano puis des nappes de synthé bien troussées. Un bébé qui pleure. Le piano qui se fait sa place, les synthés qui s’accrochent. Le morceau prend son temps puis des voix incantatoires qui annoncent l’explosion à 3’50", l’une des plus belles de 2010. Le son qui se fait plus fort et ce piano qui continue de nous entraîner. Le synthé qui se fait dramatique, mais pas trop. Et enfin cette voix sourde et pleine de relief qui en enchaîne une autre plus agressive. C’est parti pour un délicieux couplet / refrain "Just follow me / I’ll show you the way to the stars". Simple mais efficace. Les voix se muent en chœurs de l’armée rouge et le morceau qui continue encore de monter. Le duo vient d’inventer la prog disco funk en 8’18". On en reste sans voix.


Et des morceaux comme ça il y en a d’autres. Comme "Yes Maam" le premier morceau qui les a fait connaître ensembles. C’est un morceau d’électro disco minimal, avec guitare classique, et psaumes de "negro spiritual" comme ils disent. Le credo "All night long" est récité en boucle et le tout est dansant à souhait, sans aucune vulgarité. Il y a aussi les huit autres minutes de "Leave your worries". Encore cette voix venue de l’espace, qui annonce les instruments au fur et à mesure qu’ils se rajoutent : "Here come the bass". Qui prend son temps. "Here come the drum". Puis "Here we’re introducing the piano". Au milieu, c’est un break déchirant de voix / piano qui annonce encore à 3’50" (coïncidence ?) la deuxième énorme explosion de ce disque, et donc de l’année : "One word only / It’s love". Je vous laisse découvrir par vous-mêmes.

Tous les titres ne sont pas comme ça non plus. Mais le niveau ne baisse jamais franchement. "The Chair" est aussi un rock cosmique de haute volée mené tambour battant sur un rythme pulsatoire qui fait son effet. A l’image du reste du disque, ce tracks est à la fois taillé pour le dance floor ET pour le canapé. Etrange comme situation. Il y a même une reprise : "Nightclubbing" de Grace Jones. Pas mal. Vous reprendrez bien un petit dub oriental ? Mais bien-sûr puisque "Slowly" est là pour faire tampon avant le funky "I’m scared" et son refrain que je ne comprends sur le cannabis. Un génial texte scaté et obsédant plus tard ("Diggy dang" ?!?), "Something in the way" clôt le trip avec beaucoup trop de miel pour moi, c’est dire. La seule fausse note à mon goût. Ah oui, il y a quand même un long jam de onze minutes à la fin. Pour le fun.

En bref : aussi bien destiné aux néophytes qu’aux initiés, Visti & Meyland selon le nom de ses créateurs est un disque universel de prog disco susceptible à la fois de vous faire squatter le salon et de vous faire décoller sur dance floor. Salutaire et tout bonnement génial. Une bonne claque dans la gueule.




Seules infos disponibles, sur le site du label Bear Funk

A lire aussi : Peter Visti, interview et chronique

"Stars" :



"Yes Maam" avec un flow hip hop :



"The Chair" :


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08 mai 2010

The Besnard Lakes - Are The Roaring Night (2010)

The Besnard Lakes are the roaring night : fin d'un tryptique passionnant pour les Besnard Lakes, commencé en 2003 avec Volume 1, et poursuivi en 2007 avec Are the Dark Horse, tout en nocturnes rugissantes, en lieu et place de la noire toison chevaline du précédent album.

Les trois albums, en effet, conçus comme des récits d'espionnage, modulent les mêmes thèmes de façon obsessionnelle - agent secret, réception radio par ondes courtes, cryptographie - et creusent le sillon d'un post-rock trés avancé, entre parties vocales éthérées et shoegaze progressif.

Et toujours cette ambition poétique dans les textes, cette cohérence dans l'élaboration des albums, chez un groupe structuré autour du couple Jace Lasek/Olga Goreas, duo vocal en studio, amoureux transis à la ville. Alors que les compositions de Are the dark horse fonctionnaient sur la logique du crescendo, et la mise en branle progressive de chaque instrument, Are the roaring night marie le clair et l'obscur, et joue des contrastes. Car rien n'est trés évident dans cette nuit sonore, où les amants s'espionnent et butent sur d'indéchiffrables regards :"what's in your empty eyes?".

"Like the ocean, like the innocent" : la voix de tête de Lasek, dès le début du premier morceau, nous propulse vers des hauteurs stratosphériques, tandis que, sans prévenir, batterie et guitare nous font revenir brutalement sur terre. La voix, elle aussi, atterrit, dévale l'octave et gagne en puissance ; même si les aigus de Lasek ne sont pas trés cristallins, sa voix est portée par un souffle certain dès qu'elle se fait plus grave. C'est, d'ailleurs, particulièrement beau sur "Light up the night", morceau dépouillé à l'ambiance liturgique, où la voix fait montre d'une "sacrée" puissance.

Sublime "Chicago train", avec bleu à l'âme (ville oblige, "sweet home Chicago", si on veut) pour séparation amoureuse déchirante sur quai de gare. Une longue introduction suspend magiquement le temps, avec ces cordes et cette voix qui étirent délicatement les durées. Mais le riff de guitare contracte soudainement la douleur et nous assombrit l'âme.

"Albatros", vieille compo ressucitée pour l'occasion, rappelle immanquablement les Beach boys, en déroulant ses harmonies vocales à deux, aux aigus survoltés, jusqu'au déluge shoegaze, massif, joué regard au sol, et qu'on n'attend pas. Tellurique et stratosphérique à la fois.

La face B s'ouvre sur le magnifique "Land of living skies", après intro bruitiste hantée. Mise en musique de la morsure du remord ("this fire that follows me"), le texte est superbe, servi par un crescendo qui renoue avec le style du cheval noir.

"I'll be sitting on that beach

Thinking "was it ever too late?"

What once was great all falls into place

We make our mistakes and take them to our graves
".

Changement de tempo sur l'entêtant et ironique "And this what we call progress", adresse à "l'indien sans âge" génocidé, porté par une section rythmique qui approfondit les basses, et prend nettement ici le dessus. Puis, après passage ébourriffant par l'église ("Light up the night") et défoulement vocal, l'album se termine sur la poésie naïve et apaisée de "The lonely moan" ("we caught the sun, it was so simple, so simple"). Trip psyché pour la route, on décroche le soleil à deux, et on congédie la batterie pour flotter doucement entre les eaux de l'omnichord et celles de l'orgue Hammond.

Hypothèse de lecture au final : l'espionnage n'intéressait les Besnard Lakes que comme métaphore de la relation amoureuse, et, plus encore comme mise en récit distanciée d'une histoire d'amour fondatrice, celle du couple nodal.

En bref : un troisième album à la hauteur du second, et un cycle qui s'achève sur la beauté d'un clair obscur. Les Besnard Lakes tiennent le cap d'un rock délicat et puissant, déchiré entre le ciel et la terre, et qui n' a de cesse de travailler l' harmonie.






Le site officiel et le Myspace

"Chicago Train" :



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16 novembre 2009

The Mars Volta - Octahedron (2009)

Le nouvel et 5ème effort des ex-At The Drive In est sorti cet été. Les fans de longue date d'un des groupes phare de cette mouvance metal prog tendance stoner se sont déclarés blasés de l'option prise sur le nouveau disque, qui fait la part belle aux climats plus doux, plus variés. Le néophyte devrait se montrer plus indulgent, et surtout plus objectif face aux nouvelles chansons de ce groupe qui, décidément, ne ressemble à aucun autre.

The Mars Volta, c'est toujours la chose de Omar Rodriguez-Lopez aux guitares et à la composition et de son acolyte Cedric Bixler-Zavala au chant et aux textes. On note aussi, dans ce line-up à géométrie variable articulé autour des deux hommes, la présence de l'ex-guitariste des assommants Red Hot Chilli Peppers. Tout pourrait ainsi concourir à de prétentieuses digressions solistes, mais il faut au contraire attendre la dernière piste et le ravageur "Luciforms", pour trouver trace d'un chorus de guitare flamboyant.

Contrairement aux apparences donc, que pourraient en outre suggérer ces titres d'inspiration ésotérique et astrologique ("Copernicus", "Luciforms") et cet univers d'heroic fantasy rêvé un peu pompeux, on ne s'embarasse donc pas d'effets de manche chez The Mars Volta, préférant l'expérimentation à la démonstration, les compos pas si étirées que ça finalement, en dépit d'une durée conséquente, aux divagations concept pourtant chères au groupe.

Tout collectif metal qui se respecte a aussi droit à sa ballade, celle qui divise. Déjà sortie en single, "Since We've Been Wrong", est en ce qui me concerne parfaite ; la voix de Bixler a d'autres atouts à faire valoir que sa seule tessiture haut perchée ; lui ne souffre pas du syndrome hurleur "me la suis coincée dans le zip": tour à tour plaintive, enfantine, agressive, son organe sert la chanson et l'habite.

Beaucoup d'ambiances doivent sans doute leur tribut à Led Zeppelin, en particulier sur les déflagrations "Teflon" et "Cotopaxi", mais il serait réducteur de ne mentionner que cette influence, tant le groupe sait brasser large. Entre leurs origines portoricaines, ces références cabalistiques teintées d'occulte - on pense aussi aux riches heures de Jane's Addicton, au lyrisme echevelé de ...Trail Of Dead - les deux hommes forts de The Mars Volta savent aussi créer des climats - ce trait d'union planant entre les chansons -, envoûter leurs auditeurs.

Cet album est sans doute plus varié que les précédents ; d'aucuns lui reprocheront des morceaux plus prévisibles. Octahedron offre cependant de belles réussites : sachant réhausser via un refrain coup de poing un morceau d'apparence convenu ("Desperate Graves"), ou faisant voler en éclats une intro sourde et menaçante par le biais d'effets tremolo, rappelant aussi le Black Sabbath seminal -"Luciforms" encore et toujours.


En bref : une nouvelle étape dans la discographie foisonnante et passionnante de The Mars Volta. De la technique sans esbroufe, de la durée sans longueurs. Du lyrisme sans pathos. Well done.




Le site The Mars Volta, le Myspace

A lire aussi : Jane's Addiction - Ritual De Lo Habitual (1990)

"Cotopaxi" live à Werchter :


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19 octobre 2009

The Flaming Lips - Embryonic (2009)

Un double album pour les Lips, ça n’était jamais arrivé. Il y avait bien eu l’expérience Zaireeka en 1997 qui peut être vue comme un quadruple disque en un, mais un double jamais. Exercice périlleux s’il en est, le format double permet généralement aux artistes de sortir du cadre habituel, de s’exprimer sur la longueur, avec le risque de diluer son talent, de perdre l’auditeur ou de placer des titres inutiles au milieu de pépites que l’on oublie. Et des risques cet Embryonic en comportait un paquet. Nombreux sont ceux qui ont été déçus par le son en plastique du récent At war with the mystics. Son côté pop, la naïveté de titres comme "The Yeah yeah yeah song", le manque d’homogénéité. Mais la BO Christmas on mars sortie en 2008 avait esquissé la somme de travail réalisée pour Embryonic à savoir un véritable tournant musical en forme de challenge. Réinventer les Lips. Retourner aux fondamentaux. Retourner coûte que coûte au bizarre, quitte à perdre l’auditeur le plus flemmard au passage. Disons le tout de suite, Embryonic est un disque très difficile d’accès. Un disque sombre, long et flippant. Leur plus audacieux depuis Zaireeka.

Forcément conceptuel, -cette pochette folle- Wayne Coyne n’hésite plus et cite volontiers le mathématicien allemand Thorsten Wörmann. Selon lui, l’univers n’a pas de sens. D’où un sentiment de chaos ("Aquarius sabotage"), de douleur, de résignation. Lui et sa bande s’en sont allés et se sont remis aux jams krautrock des tous débuts. Finie la power pop, au placard les mélodies, rentrez-chez vous les ballades. Tout juste "Evil" rappelle un peu les flottements cinématographiques de "Do you realize", tel un interlude de douceur, de courte durée.

Faisant preuve d’une richesse musicale incontestable, le groupe d’ Oklahoma est à la fois génial et frustrant. Ecoutez le break tout en orgue à mi-parcours sur l’ultra torturée "Sea the leaves" et prenez-en de la graine. Et ce ne sont pas les apparitions surmédiatisées, inutiles et surtout indétectables de Karen O et MGMT qui y changent quelque chose, mais plutôt un retour à la grosse basse saturée ("Worm mountains"), aux guitares incisives, aux synthés abrasifs et surtout à une utilisation parcimonieuse des vocals. Il y en a en effet très peu sur ce qui s’apparente désormais à du space rock progressif. Prenez par exemple le revirement aérien de "Gemini Syringes" et ne me dîtes pas que vous n’y entendez pas le Pink Floyd. Et c’est assez rare pour le souligner tant le disque manque d’influences (un atout ?), même si l’on parle du Miles Davis Group ici ou là. Certains se sont laissés aller à évoquer la comparaison de "Chemical Brothers sous anti dépresseurs", pourquoi pas. La faute sans doute à un tempo qui traîne ("Your bats") et à une sensation d’étouffement, de claustrophobie.


Au milieu de tout ça, perdu entre ces 18 titres de freak’s vibe, se trouve le morceau le plus long de l’album, "Powerless", longue montée sinistre et éprouvante rappelant les premiers tics lipsiens. Wayne Coyne y maltraite sa guitare pour mieux vous laisser sur le carreau. "Convinced of the ex", titre inaugural de creepy kraut rock à la basse hypnotique est déjà loin derrière, tout comme "The sparrow looks up at the machine" qui lui emboîte le pas. Et on en revient à l’éternel problème des doubles albums : il y a tant à dire. En effet, quatre voir cinq des plus gros morceaux sont encore à venir. A commencer par le dépouillé "I can be a frog". Magistral pour certain, inutiles pour d’autres. Je vous parlais des Pink Floyd, et c’est bien d’eux dont il est encore question sur l’anthologique "Sagittarius silver announcement". Les harmonies vocales du Piper at the gates of down sont évidentes. Le Floyd dont Wayne Coyne envisage d’ailleurs de réenregistrer très prochainement le Dark side of the moon dans son intégralité.

Je vous épargne les descriptions détaillées de "Silver trembling hands", seul et unique possible single (Ahahaha, pardon, c’est nerveux) de l’album ainsi que celle du monumental et intransigeant morceau final, "Watching the planet". A ce stade-là -celui du douzième album studio-, l’on peut définitivement affirmer qu’il ne s’agit plus d’esbrouffe. Les Flaming Lips sont un véritable groupe, qui prend des risques (Embryonic impossible à jouer sur scène?) et qui mérite amplement son 9.0 sur Pitchfork au passage. Est-ce que ce disque se vendra pour autant ? Certainement pas. Pourtant dans un monde parfait, tout le monde devrait écouter ça au casque au moins une fois.

En bref : Le disque le plus étrange, bizarre et organique des Lips à ce jour, c’est dire. Un double monument qui ne se laisse pas apprivoiser facilement, témoin de l’avancée d’un groupe majeur à un tournant important de sa carrière. Indispensable cette année, pour chaque fan et chaque détracteur.





Le site officiel

L’album en streaming

A lire aussi : The Flaming Lips - Zaireeka (1997)

"See the heaves", à écouter au moins jusqu’au revirement à 2’25", le plus léger et anecdotique "I can be a frog" et le "single" "Silver trembling hands" :






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27 juillet 2009

The Decemberists - The Hazards Of Love (2009)

On avait laissé Colin Meloy et sa bande en 2006 sur le moyen The Craned Wife, on l’avait par contre beaucoup apprécié sur Picaresque, et on savait qu’il ne reviendrait pas en 2009 là où on l’attendait. Ce serait trop facile. Les Decemberists ont choisi pour leur retour un disque radical, que l’on suit avec passion ou que l’on rejette avec force. Un opéra rock en 2009, vraiment ? Risqué, prétentieux, anachronique, le choix du songwritteur est en tout cas remarquable. A une heure où l’aléatoire et le zapping sont légion, The Hazards Of Love ne peut s’écouter que comme un film, du début à la fin, de préférence avec chaîne hi-fi poussée dans ses derniers retranchements. Avec le goût qu’on lui connait pour la narration ("The mariner’s revenge song") Meloy construit une épopée intense et sans coupure, entre ballade folk doucereuses et déchaînements électriques monstrueux. Soit un génie, soit un Tommy.

L’histoire, un amour impossible entre Margaret, jeune villageoise interprétée par Becky Stark, et William, créature mystérieuse des bois, forcément jouée par Colin. D’autres personnages peuvent intervenir dans cette odyssée, comme la reine de la forêt alias Shara Worden de My Brightest Diamond. L’équipe au complet et aidée par quelques membre de My Morning Jacket, le concept album à l’ancienne peut commencer.

Un thème, "The hazards of love", que l’on retrouve plus de quatre fois dans le disque, reliés les uns aux autres par des enchaînements travaillés qui prennent leur temps (une heure pour 17 titres). Eh ça commence sec avec la sinistre monté d’orgue introductive. Lumineuse et tragique à la fois, elle plante le cadre de ce conte musical en mode crescendo jusqu’à la fin. "A brower scene", première salve de guitares électriques évoque d’emblée les papas Led Zeppelin et Fairport Convention. Des influences anglaises pour un groupe de Portland, où va le monde se dit-on.


Aussi à l’aise dans la douceur du picking acoustique ("Isn’t a lovely night ?") touché par la grâce (et un final en pedal steel) que dans le déchaînement de fureur "The wanting comes in waves / repaid" pièce maîtresse et centrale, véritable morceau de bravoure progressif de plus de six minutes, avec cordes orchestrales et chœurs d’enfants. Le riff de guitare à 1’45" donne froid dans le dos si vous avez des watts chez vous. De même, les interventions féminines y sont toujours de bon aloi. Les amateurs de White Stripes et autres Black Mountain devraient également apprécier.

Sans cesse proches de l’excès, ou en plein dedans selon l’humeur, les Decemberists étalent en tous cas l’étendue de leur talent sur un paquet de titres passionnants, qu’on aime ou qu’on déteste. Personnellement il m’a fallu de très nombreuses écoutes (depuis mars) pour y rentrer. Mais rien que pour la section rythmique de "The rake’s song", "The Queen’s rebuke/The crossing" ou "The abduction of Margaret", ça vaut le coup.

En bref : amateurs de romantisme démesuré sur fond de heavy folk britannique joué par des américains : sortez du rang. Les autres : rompez.





A lire aussi : Wild Beasts - Limbo, Panto (2008)

Le site officiel, le Myspace et l’album en streaming

"The wanting comes in waves / repaid" :



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09 juillet 2009

Lindstrom & Prins Thomas - II (2009)

A la différence du très électronique Where You Go I Go Too de son pote Lindstrøm, les dernières productions de Prins Thomas montraient une attirance grandissante pour un son “live”, plus instrumental, qui, tout en restant foncièrement disco, montrait le désir du Norvégien d’élargir son champ d’activité. Lindstrøm lui-même, lors de récentes interviews, affirmait aussi son envie de “sonner comme un groupe” et de s’engouffrer dans cette brèche électro-acoustique. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que le deuxième album commun des barbus cosmiques (sorti fin mai) sonne davantage comme un hybride kraut-funk que comme une nouvelle épopée space-disco. Rien d’étonnant non plus à voir fleurir les critiques peu enthousiastes un peu partout sur la toile, évoquant ici “la musique d’ascenseur”, là le côté “longuet” de ces plages de 7 à 13 minutes. Et pourtant...

Ces critiques me semblent un rien facile et inappropriées. C’est vrai, II n’est pas le genre de disque qui prend aux tripes. Plutôt un disque d’ambiance, de ceux qui accompagnent une rêverie, un voyage, un égarement solitaire. Aucun de ses titres ne s’adresse aux pistes de danse. N’en doutons pas, si les Scandinaves avaient voulu nous pondre une série d’hymnes mécaniques et de brûlots moroderiens, ils l’auraient fait sans aucun problème. La nature apaisée de cet opus relève donc d’un choix, certes discutable, mais qui a le mérite de présenter une nouvelle facette d’un binôme fasciné par les seventies et particulièrement par le krautrock et le rock progressif. Les références à Harmonia, Can, Brainticket et même aux Pink Floyd semblent cette fois avoir été privilégiées, les compères laissant de côté leur passion pour l’italo-disco.


Bien sûr, les synthés sont omniprésents. Mais leur utilisation relève moins de l’escalade euphorique que de l’installation d’un climat d’une douceur qui n’a pas grand chose de norvégien. Rien n’est ici conçu pour frapper l’auditeur en pleine face. Pour peu que l’on s’arme d’un peu de patience, c’est au fil d’écoutes répétées que se révèlent la finesse des harmonies et des arrangements et, finalement, le charme et la grâce de ce nouveau périple. Tous sur le même modèle, les morceaux se développent et s’enrichissent lentement autour d’un thème simple, qu’il soit imposé par le piano (“For Ett Slikk Og Ingering”), la basse (“Cisco”) ou la guitare acoustique (“Gudene Vett + Snutt”). Viennent ensuite les avalanches de bongos, les tourbillons analogiques et le nappage synthétique. La seule constante, c’est cette batterie qui doit un peu au kraut, et beaucoup au soft-rock californien à la Fleetwood Mac.

Je comprends que certains fans se sentent trahis en découvrant que leurs fournisseurs préférés de bombes disco donnent dans une telle fusion aux atours tiédasses. J’espère seulement qu’ils sauront surmonter leur déception et explorer les recoins de ce disque riche qui réserve quelques belles surprises, comme les choeurs et la guitare folk de la fin de “Flue Paa Veggen” (quelle belle langue que le Norvégien !), le final grandiloquent de “Cisco” ou celui, apocalyptique et noyé dans le phaser, de “Rett Pa”.

En bref : Lindstrøm & Prins Thomas délaissent le dancefloor le temps d’une jam marathon, convoquant kraut, funk et rock progressif pour un festin opiacé ancré dans les années 70. A réserver toutefois aux adeptes de longs voyages contemplatifs.



Lindstrøm & Prins Thomas - Cisco.mp3

A lire aussi : Lindstrøm & Prins Thomas - Tirsdsagsjam EP (2009) et Lindstrøm - Where You Go I Go Too (2008)

Les Myspace de Lindstrøm et de Prins Thomas
Le site du label belge Eskimo Recordings

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20 mai 2009

Akron / Family - Set’ Em Wild, Set’ Em Free (2009)

La famille new-yorkaise nous avait laissé en 2007 avec un bijou hédoniste de folk expérimental, le très grand Love Is Simple, et elle nous revient cette année amputée d’un membre puisque le quatuor n’est plus que trio, Ryan Vanderhoof ayant préféré se consacrer aux taches familiales, c’est son choix. Set’ Em Wild… est donc l’album du changement, puisqu’en plus de ce départ, c’est le label Dead Oceans qui reprend le flambeau à Young God. La musique des Américains, puisque c’est ce qui nous intéresse ici, s’est-elle transformée pour autant ?

Oui et non. Oui parce qu’une fois de plus, et pardonnez-moi d’insister encore une fois, leurs voisins Animal Collective sont passés par là, et le groupe à qui on les comparait déjà en 2007 est encore plus présent sur ce nouvel album. Toujours ce folk qui n’en n’est pas et qui lorgne impoliment sur la pop, le tribal et l’électronique, avec une forte propension à l’empilage sonore barré. C’est flagrant sur "Creatures", où le nombre de couches donne le tournis, et où la voix de Seth Olinsky est enivrante. Le danger à ce point là, on s’en doute, est de ne pas tomber dans le sous Animal Collective, et de garder son identité.

Garder son identité dans l’explosion, un crédo habilement imagé par la pochette faussement traditionaliste, le drapeau américain certes, mais un drapeau américain dont les Etats, les frontières, ont été flouées. Pochette qui représente aussi le paradoxe du groupe, qui jongle à tout moment entre raison pure (le patriotisme, les morceaux convenus) et l’instinct sauvage (le pastiche, les morceaux fous). Touffu et versatile, le quatrième album d’Akron / Family est en tous cas le plus immédiat, au sein d’une carrière variée et imprévisible.



Vous l’aurez compris, il y a à boire et à manger dans cette étrange tambouille. Des sommets, comme l’inaugural "Everyone is guilty" à la rythmique funky, au multi-chant tribal et à la structure décharnée, mais aussi des collines comme ce bruyant "MBF" dont on se serait passé. Le band peut partir en vrille à chaque instant et ça se sent. D’autres sont de très bons morceaux de freak folk, je pense à "Many ghosts" ou "River", dont la luxuriante orchestration légèrement afro funk n’est pas sans évoquer Vampire Weekend, en moins sage, forcément.

Transe world jazz bordélique ("Sun will shine", "Gravelly mountains of the moon") ou délicats arpèges de guitares acoustiques ("The Alp & their orange evergreen", "Set’ em free") qui font dire à certains que le milieu d’album est chiant, les newyorkais me font à présent penser à Tortoise. J’ai même lu quelque part que c’était du Radiohead folk. Peut-être. Ca n’est déjà pas si mal, mais on attendait mieux.

Groupe schizophrénique dont l’énergie et la créativité ne sont plus à démontrer, Akron / Family termine son disque sur le magnifique mais trop court "Last year" aux accents gospel.

En bref : Set’ Em Wild… n’est pas le meilleur disque du groupe, mais Akron / Family reste un fabuleux trio capable de surprendre, bercer et bousculer son auditoire. N’est-ce pas tout ce que l’on demande ?



Le site officiel et le Myspace

A lire aussi : Akron / Family - Love Is Simple (2007)

Les huit minutes de folie (progressive) de ce grand morceau qu’est tout de même "Everyone is guilty" en live




La très belle session de "They will appear" dans la forêt. Quoi, j’ai oublié de vous dire que ce sont des hippies ?





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