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28 juin 2019
27 septembre 2011
Kitty, Daisy & Lewis - Smoking In Heaven (2011)
Je vous vois déjà. C’est quoi ce truc ? Ca sent la grosse production et la récupération commerciale. Même déesse Nova a choisi "I’m so sorry" et la passe en boucle depuis des mois. Il y a aussi ceux qui ressortent la même rengaine avant même d’avoir écouté : "le premier album était mieux". D’autres qui pensent que des freluquets en culotte courte et banane 50’s sur la tête ça ne sera pas leur truc. A tous je n’ai qu’une chose à dire : écoutez ce disque. Une fois. Deux fois. Trois fois. Et tous, hommes, femmes, vieux, punks, hipsters, le disquaire du coin ou votre grand-mère, seront accros à ce Smoking In Heaven, disque transgenre de l’année.Pour les retardataires, Kitty, Daisy & Lewis font partie de la fratrie Dhuram et n’ont sans doute pas soixante ans à eux trois. Ils viennent de Londres et on peut dire que c’est leur troisième album. Particulièrement présent, Papa est producteur, collectionneur et grand amateur devant l’éternel de musique. Les rejetons, bercés depuis la plus tendre enfance au rockabilly, au swing, au blues, au ska et au piano bar ont repris le flambeau et se sont créés un univers. Reprenant tous les genres sus-cités et arrosant le tout d’un groove incroyable, ils livrent un album énorme et plein jusqu’à la gueule.
Treize titres, treize bombes. "Tomorrow", où ska et cuivres s’invitent sur un son impeccable, chaud et spacieux. Lewis Dhuram, souvent au chant apporte sa voix motown. "Will I ever" et c’est un parfait blues contrebasse, instrument qui marque le rythme tout le long du disque. Avec solo de guitare vintage pour le coup. Arrive ensuite le premier monstre de l’album. "Baby don’t you know", qui démarre doucement et qui d’un coup d’un seul prend ses jambes à son cou et galope sur un duo contrebasse guitare emporté par des paroles répétitives, autre particularité de leur style. Le final à l’orgue est monumental.
Les morceaux s’étirent et laissent parler les instruments chez Kitty, Daisy & Lewis. Il y a clairement une grande maîtrise des instruments, une joie énorme de jouer ensembles, et derrière un son peaufiné aux petits ognons par Papa, qui non content d’enrober le tout, invite dans le studio quelques grand noms du genre, aux cuivres notamment. Et puis "I’m going back" ou le swing incarné. Des breaks, des soli, des parties instrumentales, cette musique est riche. Derrière on a du boogie, et pourtant le disque continue d’être on ne peut plus homogène. "Messing with my life", et un tube de plus. Et puis "What quid ?" longue plage instru qui semble reprendre le "John Lee Hooker" de Johnny Rivers. Et puis merde, il n’y a de toute façon que des tubes sur ce disque, à quoi bon vous les énumérer quand il suffit de l’écouter pour en être convaincu. Bravo !En bref : pouah, un trio londonien cultivé assume son style vintage et balaye large la palette de tous les sons qui font kiffer, avec une bonne humeur et une maîtrise sans défaut, sur des chansons déjà cultes. Note maximale.

Leur site officiel
Acheter Smoking In Heaven chez l'International Records
"Baby don’t you know" et "I’m so sorry" :
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23 juin 2011
Morning Teleportation - Expanding Anyway (2011)
Wouahou. C’est à peu près ce que je me suis dit à la première écoute de ce disque ahurissant dont je ne savais rien. Bon j’avoue, c’est l’irrésistible pochette hippie qui a attiré mon œil en premier. Comment décrire ce premier album en provenance de Portland ? C’est quasi impossible sans jouer la carte du melting pot kaléidoscopique bla bla bla. Mais en fait non, c’est un album de rock psychédélique expérimental mais accessible. Mais en fait non, c’est encore autre chose. En fait à chaque fois qu’il commence à rentrer dans une case confortable, un break inattendu vient tout chambouler et fait tout repartir à zéro.Produit par Isaac Brock (Modest Mouse), Expanding Anyway est surtout l’oeuvre de Tiger Merritt (quell nom!). A la manière d’Akron/Family, il compose des titres multiples et schizophrènes. L’introductif "Boom puma" en est le parfait premier exemple. Ou comment placer deux morceaux en un, avec un piano au groove immédiat et des cris complètement délirants. Quand débute "Snow fog Vs Motor cobra" on est en plein délire ska, et puis encore une fois à mi-chemin, le morceau déraille en un tube endiablé et bordélique avec chœurs en sus. Le sourcil se fronce et l’oreille se fait alors plus attentive. Bon Dieu où nous emmène-t-on ?
Vous l’aurez compris Morning Teleportation mélange puis déconstruit, sans jamais perdre l’auditeur. Exploit. Visiblement sous LSD, Tiger Merritt rend la frontière entre ses titres quasi impalpable. Mais que faisait la douane musicale à cet instant?! "Expanding anyway" ou "Eyes the same" sont également deux futurs classiques de ce disque tribal mais harmonieux. S’arrêtant à chaque fois à la limite de l’indigestion ou de la longueur, il calme le jeu quand il le faut avec de vrais beaux morceaux presque sages ("Crystalline", "Daydream electric storm", "Coldweather sunshine"). Le reste du temps rassuez-vous, c’est la folie imprévisible qui domine, comme sur ce très représentatif "Banjo disco", intenable morceau de carnaval emmené par un beat de tom et un banjo.En bref : débuts fracassants pour le quatuor Morning Teleportation qui sans se prendre la tête ou afficher des ambitions trop importantes signe un disque folk multicolore et débridé. Du fun, du fun, du fun.

Le Myspace
A lire aussi : Akron/Family - S/T II: The Cosmic Birth and Journey of Shinju TNT (2011)
Le clip d'"Expanding anyway" et "Snow frog Vs Motor cobra" en live :
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23 juin 2009
Madness - The Liberty Of Norton Folgate (2009)
Madness, Madness… le genre de groupe auquel on associe forcément un tube ou deux. "One step beyond" et "Our house" pour ne pas tourner autour du pot. Pour le reste, la formation du label Two Tones avec Les Specials par exemple, il faut déjà plus se creuser la tête. Accoudé à jamais à ce renouveau du ska jamaïcain en Angleterre, le septette qui a au moins le mérite de revenir en formation d’origine tente donc un ultime retour après une reformation bâclée en 1992, un Wonderfull qui ne l'était pas tant que ça en 1999 et un album de reprises en 2005 sous le nom The Dangermen Sessions Vol 1. On attend d’ailleurs toujours le volume 2. Et si à première vue tout cela ne dit rien qui vaille, ce serait sous-estimer la joyeuse bande qui revient 30 ans tout pile après l'album One step beyond. Verdict ?Eh bien il est vachement bien ce nouveau Madness ! Plus sérieusement, j’avais oublié à quel point le registre des seuls blancs de Two Tones est varié, et en fait carrément pop. Au trio traditionnel d’instruments s’ajoutent sans complexe violons, banjo, cuivres, claviers et surtout piano, qui occupe à mon sens les plus belles plages de ce disque. La production théâtrale et festive a même été confiée aux magiciens d’antan, Clive Langer et Alan Winstanley qui - sans supplément guitare - sont parvenus à recréer l’ambiance Londonienne. Parce que oui, je ne l’ai pas encore dit mais The Liberty Of Norton Folgate est une déclaration d’amour à Londres, et plus particulièrement au quartier Norton Folgate réservé aux artistes et aux connaisseurs fin 19ème.
Attention à ne pas se fier à l’intro folklorique, ni au départ du titre "We are London" qui débute sur des Nanana bien faciles, parce que pour le reste, les nombreuses compositions (15 !) de ce disque sont assez recherchées. J’en veux pour preuve le titre éponyme, placé en dernière position, soient 10 minutes de montagnes russes pop parfaitement orchestrées. Heureusement, avant d’en arriver là, d’autres très bons morceaux sortent du panier : le très sixties "Rainbows", tout en orgue, grosse caisse et chœurs, les nostalgiques "That close" et "Sugar and spice" emmenés au piano et à la voix par le caractéristique Graham "Suggs" McPherson.
Bien-sûr il y a le single "Forever young" qui tourne en boucle depuis des semaines, modèle de morceau pop romanesque. Lee Thompson au saxo s’en donne à cœur joie dans le refrain, tout comme Mark Bedford à la basse. Alors que "Dust devil" est une petite ballade reggae ska tranquille, "Clerkenwell polka" invite au folklore urbain. Roda Dakar des Specials y met même du sien sur la splendide "On the town". Et si d’autres titres sont bien plus anecdotiques, il y a suffisamment de force mélodique dans l’ensemble pour passer un excellent moment. Estival, forcément.
En bref : surprenants, les Madness reviennent 30 ans plus tard pour donner du bon temps et rendre hommage à Londres autour de titres finalement très pop, et surtout aux mélodies et arrangements intransigeants.

Le site officiel et le Myspace
A lire aussi : Dub Colossus - A town called Addis (2008)
"The Liberty Of Norton Folgate" agrémenté d’un clip amateur magnifique, fait d’images de films tournés à Londres :
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