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28 novembre 2014
Electric Würms - Musik, Die Schwer Zu Twerk (2014)
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29 novembre 2012
Nuyorican Soul - Nuyorican Soul (1996)
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14 août 2011
Exodus Quartet - Way Out There (1996)
Dans la série des albums qui sentent bon l'été et le sable chaud, Way Out There de l'Exodus Quartet mérite d'être cité. Formé par Eric Hilton - on le retrouve également derrière la Thiervy Corporation - et Farid Ali, ce projet fait référence au club mythique l'Exodus, fondé par les deux partenaires à Washington DC. De l'été 91' à l'été 93', les vendredi soirs de l'Exodus font sensation. L'endroit attire une foule diverse, séduite par une programmation peu conventionnelle, que les deux concepteurs se chargent de diffuser. Une réputation dont les Brand New Heavies, le super groupe d'acid jazz anglais des années 90', feront écho.
Surfant sur le succès de son club, Hilton décide de se consacrer à un nouveau projet. Concevoir un enregistrement qui rende hommage à l'atmosphère des nuits dudit club. Il décide alors de s'entourer de musiciens studios, enregistre et produit quatre titres qui se retrouvent sur un premier EP. Il lance par la même sa carrière de compositeur. Quelques années s'écoulent encore avant la sortie de l'album sur Instinct Records. Way Out There explore de nombreuses sonorités comme le funk, la bossa nova, les musiques latines ou encore le reggae. Hilton reste en effet marqué par l'apparition de la scène acid jazz au début des années 80' et par son éclectisme.
Way Out There ne réinvente bien évidemment pas le genre. Pourtant les 14 compositions de l'album reflètent une certaine conception du "cool", un smooth jazz sans prétention, pas aussi lisse qu'il n'y paraît. Les amoureux des orgues Hammond, piano Rhodes et autres sortes de claviers trouveront largement leur compte. Les instrumentations sont aussi nombreuses que riches. Quant à les énumérer toutes… On relèvera cependant la présence d'un certain David Yilvisaker à la co-écriture et production, qui joue au moins d'un instrument sur la quasi totalité des titres. Mais le mieux serait encore de laisser filer l'album et de savourer l'écoute de "Perfect Vibe", de "Taxi Ride", de "Tribute To Mr. Cool" ou de "Trance Jazz", les quelques morceaux choisis de cette session de jam en studio.
En bref : L'invitation au voyage revue par Eric Hilton et son Exodus Quartet. Luxe, calme et volupté.
"Taxi Ride" :
"Summer Soulstice" :
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24 mars 2011
Erik Truffaz - In Between (2010)
Dans l'oeuvre touffue du trompettiste suisse Erik Truffaz, voila un album qui fera date. Découvert à l'automne 2010, ce 13ème opus a plutôt recueilli les suffrages, bien que rarement présent dans les référendums pop de fin d'année. Est-ce du à l'obédience jazz de son auteur ? Probablement. Que les néophytes se rassurent néanmoins : point de sonorités abruptes ni dissonnantes ici. Au contraire, In Between offre un mood des plus apaisé, et nombre de mélodies flattent l'oreille. De fait, cet opus ressemble fort au crossover rêvé entre jam instrumentale et classicisme de bon aloi, comme l'aurait défendu feu maître Capello."The Secret of the Dead Sea", longue plage planante ouvre de fort belle façon le disque de façon aquatique ; et ces entrelacs de guitare brisée et de trompette bouchée sont un régal. On se surprend à songer et à regretter les douces terres prog ambiantes que nous offrait jadis le groupe Tanger. Mélancolique en diable, Truffaz a le bon goût d'inviter la chanteuse Sophie Hunger sur les deux morceaux chantés de In Between, dont le très beau "Let Me Go !", qui lui se joue d'un format plus ouvertement pop ; on pourrait songer à du Tindersticks, ou même à du PJ Harvey période To Bring You My Love.
"Mechanic Cosmetic" est une infernale tournerie truffaz de feedbacks et de larsens aux accents particulièrement cinématographiques et dans laquelle la trompette étonnamment en retrait ne sert que de fine retouche à un leitmotiv lancinant limite psyché. Placé au centre du disque, le morceau titre fait reprendre sa place de choix à l'instrument vedette et dénote un cool que Miles Davis soi-même n'aurait pas renié : musique faite de balais, de basses rondes, de Hammond voluptueux, et d'un break saturé absolument soufflant.
Ce qui fait la part d'originalité et d'inattendu de cet album tient aussi à la présence de styles différents et qui le font "respirer" . Peut-être In Between ne serait pas la réussite qu'il est sans ce score inoui que constitue le jazz-rock digne des meilleurs scores du génial Michel Colombier, j'ai nommé le chaloupé et impeccablement groové "Lost in Bogota". Impeccablement exécuté, cette piste nous ramène à l'époque rêvée où l'on ne pouvait fureter les notes de pochette de disque jazz-funk sans y trouver les noms des Claude Engel, Jannick Top ou Jean Schultheis. Après pareille déflagration, les quelques titres restants paraitront presque pâlichons en comparaison. Mais de bienvenues giclées de Fender Rhodes et un swing souple et sexy sont là, qui sans surenchère, illuminent ce très bel ouvrage.
En bref : l'album crossover qui réconciliera une forme très épurée de jazz, avec un parti pris de la mélodie pop parfaitement assumé. Ou le talent qui n'a pas besoin d'esbroufe pour s'exprimer.

le site le Myspace
"Let Me Go" :
"In Between" :
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15 avril 2009
Nightmares on Wax - Smoker's Delight (1995)
Nightmares on Wax n’intéresse plus grand monde. L’évidence, c’est que George Evelyn, DJ et patron du label Mo Wax, ne s’est plus distingué de sa formule trip-hop downtempo qu’il recyclait depuis le succès commercial de Carboot Soul en 1999. Pareilles à des plaquettes de voyagiste sur papier glacé, les répliques qui avaient suivi m’avaient si bien lassé que je ne m’étais jamais donné la peine de me pencher d’avantage au sujet de l’une des plus anciennes signatures de la maison Warp. Pourtant, ce deuxième opus, aux tonalités aussi légères et aérées que lointaines et chaleureuses, n’en demeure pas moins un petit bijou chillout des années 90’.Smoker's Delight est le produit d’une longue maturation. Pour en retrouver les prémisses, il faut remonter à l’époque où NoW formait encore un duo de house bleepée avec Kevin "Wonder Boy" Harper, rencontré dans un groupe de breakdance appelé les Soul City Rockers en même temps que Unique 3, b-boys eux aussi passés du hip-hop à la rave. Sur A World Of Sience : The Final Chapter, l’unique album né de leur collaboration, Evelyn avait placé en introduction un titre composé à partir des violons du multi-samplé "Summer In The City" de Quincy Jones (The Parcyde, Black Moon…). Initialement prévu pour ce projet encore en gestation, "Nights Interlude" annonçait l’écriture d’un nouveau chapitre qui, après le départ de Harper, ne sera dévoilé que quatre années plus tard.
Il faut dire que le titre de cette première pièce solo laisse clairement supposer les conditions qui ont bénéficié à sa réalisation. Passé le morceau d’ouverture "Nights Introlude", dans une version légèrement plus habillée de la première épreuve, le break syncopé "Dreddoverboard", qui n’est pas sans rappeler les tracks acides des débuts, installe une sorte d’apesanteur sur fond d’instrus hip-hop. "Pipes Honour" avec son gimmick de guitare funk posé sur une rythmique hip-hop enlevée, offre un long développement qui semble se répéter à l’infini. Si une grande partie des morceaux se réduit à deux ou trois motifs musicaux assez simples, ils distillent un groove épuré mais toujours présent comme sur "Stars" et ses quelques notes de claviers ou sur "Groove St." et ses samples de bâillements satisfaits.
C’est dans une sorte d’esthétique de carnet de voyage qu’Evelyn s’inspire des classiques de Motown comme sur "Bless My Soul" constitué à partir du titre "Just My Soul Responding" de Smokey Robinson ou du mythique label hip-hop Sugar Hill Records avec "Cruise (Don't Stop)" qui sample discrètement les vocaux de "We Got The Funk" de Positive Force. A des lieues encore des clichés exotiques de ses futures productions, "Mission Venice" conserve le charme d’une flânerie voluptueuse, tout comme "Rise" celui, d’un lever de soleil sur une plage abandonnée. Mais l’une des plus grande réussite de cet album reste "Gambia Via Vagator Beach" et son jam de percussion survolé d’un harmonica. Et sous les effets de l’herbe du diable, le temps se sera étiré à la manière de la petite fumée.
En bref : l’album le moins commercial du DJ britannique est aussi le plus cohérent. Destiné aux amateurs de trip-hop et de soul, il est à emporter sur une île déserte.

Nights Introlude
Gambia via Vagator Beach
Groove St.
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Publié par Antoine 2 commentaires
Catégories : Acid Jazz, Afrobeat, Chroniques, Electronica, Trip hop
01 avril 2009
The Cranberries - No Need To Argue (1994)
Je me souviens de ce bon mot de l'humoriste Lafesse concernant les Cranberries résumant bien l'incompréhension - parfois justifiée - dans laquelle ce groupe majeur de l'indé s'est vu cantonner. Ce dernier disait en substance, parlant de la pochette au titre évocateur No Need To Argue, "La gueule des mecs ! Trois mecs coincés de HEC qui veulent se faire la nana, et pas un qui y arrivera !"_
En bref : un classique du rock noisy engagé. Une chanteuse brillante, qui met son sublime engagement idéologique au service d'un étrin ( ou écron, je ne sais plus) sonore que lui délivre un groupe racé, qui sait jouer à l'économie.

Le site off iciel, le Myspace
"Zombie"
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03 janvier 2009
VA - I like it like that (2008)
La salsa n'est pas une musique que l'on écoute confortablement installé dans son salon, l'on en conviendra. Globalement réservée aux pistes de danses échauffées et moites de quelques clubs pseudo-cubains ou hispanisants de notre hexagone, elle ne fréquente que très rarement nos platines, pour ne pas dire jamais. Elle est une musique populaire mais, paradoxalement, méconnue ou ignorée.Pour nous tous, les labels Because et Mr Bongo organisent un cours de rattrapage, livré sous forme d'une double compilation à la pochette, il faut le dire, bien disgracieuse. Ce point de détail oublié, un premier disque rassemble une série de remixes des plus grands titres du label new-yorkais Fania, créé en 1964 et véritable Motown de la salsa et des musiques afro-caribéennes, accompagnés, dans une seconde galette, des versions originales. I like it like that, oeuvre d'intérêt général, fait amende honorable et redore le blason d'une musique quelque peu flétrie par le temps. Au-delà de cela, elle livre également une kyrielle de réappropriations réussies et rafraîchissantes, toujours respectueuses et parfois audacieuses, qui donne tout son attrait à cette grande réouverture de catalogue musical. Un travail de grande qualité, documentaire et créatif, qui n'est pas sans rappeler celui accompli depuis des années par les Anglais de Soul Jazz Records. Je pense en particulier aux compilations Nu Yorica Roots!, Tropicalia ou encore New Orleans Funk.
Fania a commencé son histoire au milieu des sixties comme une petite entreprise, co-fondée par le compositeur dominicain Johnny Pacheco et son avocat Jerry Masucci. Dès le second album produit par le duo, Heavy smokin' de Larry Harlow en 1965, le label trouve sa griffe. Des arrangements foisonnants et modernes associés aux sons traditionnels afro-caribéens de la salsa, du boogaloo (sorte de soul music latine) et du jazz latin. La paire de producteurs met sur orbite une rafale d'artistes à succès, particulièrement reconnus pour leurs prestations live. Celia Cruz, Ray Barretto, Ruben Blades, Willie Colon et Hector Lavoe parmi les plus fameux. Avec eux, Pacheco forme le supergroupe Fania All Stars (ci-dessous) et sévit à Greenwich Village lors de concerts endiablés devenus depuis légendaires. Leur performance au Cheetah, un club de Manhattan, en 1971, restera dans toutes les mémoires. Editée en cd la même année, elle deviendra le disque de musique latine le plus vendu de tous les temps.
Tous les plus grands hits du label new-yorkais sont présents dans I like it like that et passés au crible du remix. Pour ce faire, rien n'a été laissé au hasard et un casting de grande classe a été réuni. Pour ne citer que quelques noms, on peut évoquer le grand « Little » Louie Vega (Masters at work), Gilles Peterson, 4 Hero, Ashley Beedle (Ballistic brothers, Black science orchestra...) ou encore Andy Smith, le dj de Portishead. Bref, des pointures.
C'est le producteur et remixeur londonien Aaron Jerome, grand adepte du 2-step, qui s'y colle en premier pour une version subtile de tube planétaire de Peter Rodriguez qui a donné son nom à la compilation. Enchaînée avec le titre instrumental « Happy soul with a hook » de Dave Cortez, de solides gages de qualité nous sont d'emblée délivrés. Ce ne sont pas les Bugz in the Attic, avec leur scintillante track disco-funk, qui désavoueront leurs précédents camarades. A base de synthétiseurs et de basses montées sur ressorts, le collectif de dj's britanniques lustre le titre de Willie Colon et Ruben Blades, « Plastico », et ménage une piste de décollage royale à la voix divine de Blades. Vient ensuite Louie Vega. Le new-yorkais d'adoption, grande prêtre de la musique house des années 90, propose un travail de remix léger sur « Mi gente » d'Hector « La voz » (la voix) Lavoe. Une version respecteuse de l'original mais presque trop timorée. Peut-être faut-il rappeler ici que Louie Vega est le neveu de Lavoe et en déduire une certaine retenue de la part de l'ex-Master at work.
Aucun des 15 titres en présence sur I like it like that ne jure ou ne dépareille réellement, du reste, un sommet semble être atteint avec « Saona » de la chanteuse Nora Morales, recomposé ici par l'illustre Gilles Peterson (ci-contre), fondateurs des labels Acid Jazz et Talkin' Loud. Peterson est littéralement touché par la grâce et propose la plage la plus profonde et enivrante du disque. Sept minutes de groove hypnotique, d'accords de piano baroques et destabilisants, de voix spectrales et de transe synthétique. C'est tout simplement délicieux. God loves Gilles Peterson ! Je serais tenté de vous dire que pour ce seul titre I like it like that mérite le détour. Je ne le ferai pas, ce serait faire offense aux quatorze autres réussites qui l'accompagnent.

Plastico – Willie Colon & Ruben Blades (Bugz In The Attic).mp3
Saona – Nora Morales (Gilles Peterson).mp3
Hector Lavoe, « Mi gente » :
« Introducing » the Fania All Stars (live au Cheetah en 1971 et extrait du film Our latin thing) :
« Quitate Tu » par les Fania All Stars (live au Cheetah) :
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Publié par Fabien 0 commentaires
Catégories : Acid Jazz, Ambient, Chroniques, Compilation, Electro, Jazz, Reggae, RnB, Salsa, Soul, World
31 octobre 2008
Black Science Orchestra - Walter’s Room (1996/2008)
Nickx vous a déjà parlé avec justesse de Rude System des Ballistic Brothers, et comme à Dodb on aime énormément l’électro anglaise des 90’s, je ne me prive pas de vous faire part de la réédition (datée du 27 octobre) de cet autre bijou de l’époque signé Black Science Orchestra. Derrière ce pseudo à la Sun Ra se cache Ashley Beedle, également fiché pour ses projets X Press 2, Black Jazz Chronicles ou... Ballistic Brothers. Oui madame. Enregistré avant le premier forfait des frères d’armes (London Hooligan Soul), l'album n’est finalement paru qu’un an après, suite à des problèmes d’autorisation pour les samples.Ainsi nommé en hommage à l’un des pionniers de l’extended mix disco, Walter Gibbons, Walter's Room a fait date pour son mélange inédit de house et de rare grooves, opérant une sorte de fusion entre François K, John Coltrane et le Salsoul Orchestra. En piochant dans le hard-bop, le garage et les standards de Philadelphie, Beedle et ses comparses inventent tout bonnement ce que des critiques en mal de reconnaissance nommeront “future jazz” ou “nu house” dans les années qui suivront. Alternance de plages downtempo d’une exquise suavité et de beats à 120 bpm garnis de lignes de basses pimpantes et de cuivres, ce premier et unique opus du BSO a pavé la route à une cohorte d’orfèvres soulful dans le monde entier. La plupart des titres, semblables à des Romanée Conti, ont merveilleusement vieilli, à l’image de l’édénique “Bless The Darkness” ou de “New Jersey Deep”, un fantastique track dancefloor parsemé d’envolées de guitares à la Shuggie Otis. La finesse des orchestrations, mêlant samples et “vrais instruments”, s’apprécie d’ailleurs sous un jour nouveau en ces temps de revival disco.
A l’époque, Ashley Beedle était l’un des seuls en Europe, avec peut-être ses compatriotes de Faze Action, à posséder la formule alchimique de ce son électro chaud et dynamique que trustaient les New Yorkais et Chicagoans. Débutant sa carrière de DJ à la fin des années 1980, en pleine folie acid, notre homme s’ouvre au disco sous l’influence de Norman Jay, dont il écoute les shows sur la radio pirate Kiss FM. Originaire des Barbades, il est par ailleurs très sensible au reggae et à l’afrobeat, dont sont teintés nombre de ses travaux. En 1990, il fonde le Black Science Orchestra avec de vieux potes, Rob Mello et John Howard. Le trio se fait connaître grâce à une paire de tubes qui apportent une belle exposition à la scène house britannique, alors embryonnaire. A la sortie de Walter’s Room, le line-up a changé, Ashley étant dès lors accompagné de Marc Woolford et de la claviériste Uschi Classen.
C’est toute cette évolution que Junior Boy’s Own propose de suivre grâce à un disque bonus regroupant leurs premières productions, des inédits, et quelques remixes rares qui croupissaient depuis bien longtemps dans les “wishlists” des utilisateurs de Discogs. Citons à titre indicatif “Where were you”, remix des Trammps et première prod du BSO, plébiscitée par le “Godfather of House” Frankie Knuckles en personne. Ou le déluge de trompette et de flûte du remix d’Heller et Farley. Mais à quoi bon s’étendre davantage ? Les mp3 ci-dessous devraient achever de vous convaincre (màj: du moins s'y j'arrive à les faire fonctionner...).
En bref : Epluchez donc la discographie d’Ashley Beedle et essayez de me dénicher une merde. Impossible ! Des Ballistic Brothers au BSO, tout ce qu’a pu toucher le Britannique s’est transformé en or. Walter’s Room, ici luxueusement réédité, est encore un classique house mâtiné de jazz et de disco. Une classe folle, cet Ashley !

Bless the Darkness
New Jersey Deep
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19 septembre 2008
A Tribute to... Fila Brazillia (1991-2007)
Ça ne date pas d’hier, mais je l’ai appris par hasard il y a peu, et ça m’a fait un petit quelque chose. Fila Brazillia n’existe plus. Après 16 ans de bons et loyaux services, Steve Cobby et David McSherry ont décidé de mettre un terme à leurs aventures musicales communes. Le premier album de The Cutler, nouvelle association de Cobby avec David Brennand, disponible en import depuis quelques jours, scelle cette séparation et ouvre une nouvelle ère. Alors je voudrais rendre hommage à deux des auteurs de la B.O. de mon adolescence, dont les productions n’auront cessé de me hanter jusqu’aujourd’hui.Fila Brazillia, c’est d’abord l’une des discographies les plus touffues et les plus cohérentes de la musique électronique mondiale. Pas moins de dix albums studio, deux live, trois disques de remixes et trois compilations mixées ! Auxquels il faut ajouter des dizaines de maxis, une rétrospective et tous les side-projects de Cobby et de McSherry (Heights of Abraham, Solid Doctor, J.J. Fuchs, J.S.T.A.R.S., Mandrillus Sphynx, etc...). Les deux comparses originaires de Hull, dans le Yorkshire, débutent en 1991, au moment où la house contamine le pays. A l’époque, Dave Brennand, alias Porky, fait partie intégrante de la formation, mais il consacrera vite son temps à la gestion de Pork, le label qui hébergera Fila pour ses six premiers albums. Le nom du groupe est choisi en référence au Fila Brasileiro, une variété de pitbull qui fait des ravages dans l’Angleterre d’alors. Leur premier track, "Mermaids" nage dans l’euphorie rave britannique, tout comme Old Codes, New Chaos, leur premier long-format aux accents tech-house pourtant sorti trois ans plus tard.
Dès le second disque, le binôme évolue et adopte le son downtempo, funky et worldisant qui le caractérisera par la suite. Totalement étranger à la vague trip-hop, il aime par dessus tout brouiller les pistes, mêler échos dub et sitar, structures pop et relents acides, le tout saupoudré de samples vocaux à l’humour 100% british - ce sont des fanatiques des Monty Pythons. Ils se font également une spécialité des morceaux à tiroirs, basculant en drum and bass après de longues minutes d’ambient, imposant des trompettes martiales là où les guitares s’épanchaient en saturations. Trop vite catégorisés “Chill” et très appréciés des compilateurs des séries Café del Mar ou OM Lounge, ils sont capables d’écrire de véritables pop songs ("Spill the beans") ou de livrer des albums foutraques de collages sonores (Dicks). Leurs influences sont à chercher du côté de la new wave et de l’ambient, de Future Sound of London et surtout d’Ultramarine, dont le Every Man and Woman is a Star les marque durablement.
Remixant Black Uhuru, Radiohead ou DJ Food, ils acquièrent une certaine notoriété au milieu des 90’s et ont même le privilège d’enregistrer un live au Royal Victoria & Albert Hall Museum de Londres. On pourrait disserter sans fin sur le catalogue de FB, mais j’ai préféré vous présenter brièvement chacun de leurs albums studio en sélectionnant, à chaque fois, un titre emblématique. En espérant que ce survol vous donnera envie de plonger dans la jungle sonore de Fila Brazillia.
Old Codes, New Chaos (1994) - Assez old-school, ce premier album a des allures d’hymne à l’acide avec des morceaux deep-house comme “The Light of Jesus” ou le splendide "Mermaids".Mermaids.mp3
Maim That Tune (1995) - Compilation de singles agrémentée de quelques inédits, Maim That Tune est mon petit préféré, scotchant et éthéré de bout en bout. L’épique “A Zed and Two L’s” n’en est qu'un brillant aperçu.A Zed and Two L's.mp3
Mess (1996) - Léger et cinématique, Mess voit FB s’essayer à une folk électronique se vrillant parfois en drum n’bass. Il contient surtout le rayonnant Soft Music Under Stars, peut-être leur plus beau morceau, dix minutes de méditation ourlées de sitar.Soft Music Under Stars.mp3
Black Market Gardening (1996) - Le plus ambient de tous, confinant parfois au silence. Une berceuse de luxe.Butter My Mask.mp3
Luck Be A Weirdo Tonight (1997) - Leur premier vrai foutoir sonore. Plus rock qu’à l’accoutumée, ce quatrième album offre un son plus live et brut de décoffrage, comme sa pochette ne l'indique pas.Hells Rarebit.mp3
Powerclown (1998) - Avec ce disque commence le chahut critique de FB, taxé de sombrer dans la loungerie jazzy. En réalité, Power Clown, s’il n’est pas le plus bel effort du duo, recèle de perles acid jazz, parfois teintées de bossa, comme ce subtil “Tunstall and Californian Haddock”.Tunstall and Californian Haddock.mp3
A Touch of Cloth (2001) - Nouveau label (Tritone) pour un duo qui n’en finit plus de se chercher et tente surtout de ne pas tomber aux oubliettes. L'excellent A Touch of Cloth marque un retour au bases funky des Britanniques.The Bugz Will Bite.mp3
Jump Leads (2002) - On ne reconnaît pas FB avec cet artwork sobre et ce son qui ne l'est pas moins. Agréable mais dispensable, Jump Leads lorgne vers la folk, parfois avec succès : en témoigne la bluesy "Spill The Beans".Spill the Beans.mp3
The Life & Times of Phoebus Brumal (2004) - Moins cohérent que ses prédécesseurs, le meilleur y côtoie le pire, d’une house vocale désuète à de splendides tracks orientés funk/hip-hop, tels “The Kingdom of Sound”.The Kingdom of Sound ft. Djinji Brown.mp3
Dicks (2004) - Elaboré à partir des chutes du précédent, cet ultime album est paradoxalement bien plus intéressant. Ultra-spontané et brut, il décline en mode punk une série de bidouillages warpiens de deux ou trois minutes.The Cubist News.mp3
L'impressionnante page Discogs de FB
Le Myspace officiel et celui des fans de FB
Celui de 23 Records
Le Myspace et le site du nouveau projet, The Cutler
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Publié par Dave 3 commentaires
Catégories : Acid Jazz, Ambient, Chroniques, Dub, Electro, Electronica, House, Techno
25 juillet 2008
Ballistic Brothers - Rude System (1997)
Comme toujours avec ces collectifs métissés jamaïcains ou du nord de l'Angleterre, les Massive Attack, 4 Hero, la culture de ces exégètes que sont Ashley Beedle, Dave Hill, Rocky &Diesel, consiste plus prosaïquement en des influences new-wave couplées avec la musique de clubs telles le dub ou la techno.
Le disque s'ouvre par le bien nommé "Cubafro Con Amigos" et son rythme entraînant de samba, ponctuée d'une voix robotique, de marimbas et d'une flûte enchanteresse. Se poursuit avec le plus introverti "The Conversation" fredonné de façon lancinante sous une rythmique syncopée façon New Order. En deux titres, Rude System donne le ton de son déroulement, tantôt flamboyant, blindé de percus, véritable invite à la danse, et pour certains morceaux à la trance hyponotique ("Streets Are Real", "Rule Of The Bone" et leurs boucles démentes), tantôt plus intimiste, plus ouaté.
L'une des grandes réussites de ce disque, outre le monstrueux feeling hédoniste qui s'en dégage, tient donc à cette dualité dance/swing. Sur "Blacker(4 The Good Times"), qui revisite un ancien morceau des Brothers, c'est un riff de basse tonitruant - un sample de Herbie Hancock - qui donne le ton de ce titre, qui doit autant à la cold-wave de PiL qu'à l'acid-jazz de Corduroy.
Enfin, preuve que ces gens ont du goût, l'album s'achève par une citation du grand Coltrane, à travers la reprise très libre, puisque bordée entre autres de sitars, du liturgique "A Love Supreme".
Les Ballistic Brothers n'ont plus guère donné signe de vie depuis ce chef d'oeuvre, si ce n'est une poignée de maxis, de projets ou d'interventions diverses, d'Ashley Beedle notamment. Un remix de Rude System avait même été envisagé , mais a finalement avorté. Nous reste ce témoignage essentiel.
En bref : le disque d'acid-jazz des 90's, rien de moins.
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