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10 avril 2019
The Young Gods - Data Mirage Tangram (2019)
Sans égaler leurs grands disques d'antan et notamment l'insurpassable Only Heaven, voilà néanmoins un come back qui fait plaisir. Celui des Young Gods dans leur quasi formation originelle qui plus est avec Cesare Pizzi de retour aux machines et samplers en lieu et place d'Al Comet qui lui avait succédé dès après L'Eau Rouge (1989) qui fit son succès
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09 mai 2015
Turzi - C (2015)
Turzi dont on n'avait plus de nouvelles depuis B (2009), c'est-à-dire une éternité si l'on considère qu'il lui reste 23 albums à pondre - enfin on objectera que Sufjan Stevens a encore 48 états à mettre en musique alors l'un dans l'autre... - s'en revient avec un troisième long format en mode groupe.
Après A (2007) d'inspiration très libre, et donc son sophomore qui rendait hommage aux villes, voici donc le manifeste ornithologique de Turzi, sous chouette (ah!ah!) pochette foil qui las, ne se rit pas des traces de doigt.
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18 juin 2014
Gigi Masin - Talk To The Sea (2014)
Je n’avais jamais entendu parler de Gigi Masin il y a encore six mois. C’est au jeune label Music From Memory que je dois cette découverte, grâce à sa salutaire initiative de compiler, pour sa deuxième sortie, le meilleur du compositeur italien sur deux vinyles. Les morceaux réunis ici couvrent une période de 25 ans, entre 1985 et 2010. La moitié d’entre eux sont inédits, les autres sont sortis sur divers albums, compilations et B.O. de films. Relativement méconnu, Gigi Masin évoluait dans le microscopique underground vénitien dans les années 80 et produisait des œuvres au croisement de l’ambient, du new age et de la musique contemporaine. Ignorés pendant longtemps, ses albums, en particulier Wind, ont été redécouverts ces dernières années, samplés par des dizaines d’artistes, de Björk à To Rococo Rot en passant par le beatmaker japonais Nujabes.
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Publié par Dave 0 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Compilation, Electronica, Experimental
18 février 2014
Les Marquises - Pensée Magique (2014)
Portées par le fantasme auditif du lyonnais Jean Sebastien Nouveau, Les Marquises affirment leur goût pour l’évasion dans un second disque intense, fécondé dans l’élan d’un geste artistique qui sublime le réel par la pensée.
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Publié par Bouddhanight 0 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Dream Pop, Experimental, Indie, Instrumental
13 janvier 2014
Son Lux - Lanterns (2013)
Disque emblématique de cette fin d’année 2013, Lanterns troisième opus du new-yorkais Ryan Lott, risque bien d'ébranler le futur de la pop musique. Le genre de création capable de fixer dans l’esthétique musicale, un nouveau geste, une nouvelle pensée.
D'une maîtrise sonore sans pareil, si bien dans le traitement du son que dans sa composition, Lanterns parvient à combiner des styles musicaux aux reliefs différents mais qui s'épousent les uns les autres dans un spectre sonore d'une parfaite harmonie. En témoigne la place faite à la mélodie, modus operandi cher à Sufjan Stevens (accolyte de Ryan Lott au sein de S/S/S), et qui égraine le disque de la première à la dernière mesure musicale.
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19 novembre 2013
Tropic Of Cancer - Restless Idylls (2013)
Le tropique du Cancer est une latitude sous laquelle il est possible d'observer directement, lors du solstice d'été, le soleil à son zénith. N'en déplaise à la californienne Camella Lobo, initiatrice de ce Restless Idylls, qui semble engloutir toute la lumière du monde dans une faille terrestre abyssale.
Signé sur le label répondant au titre assez significatif "Blackest Ever Black", Restless Idylls revêt une texture synthétique et glaciale. Le son initié par ce duo féminin éloigne l'auditeur un peu plus de l'astre solaire à mesure qu'il engloutit l'espace, aidé par un synthétiseur crachant des nappes électroniques massives et crépusculaires.
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Publié par Bouddhanight 0 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Cold, Experimental, Post-punk, Shoegaze
02 juillet 2013
Dunkelziffer - Retrospection Obi Set (2013)
Projet parallèle de plusieurs membres de Can, du futur Phantom Band et d'autres formations de Cologne, Dunkelziffer méritait bien une rétrospective. D'abord parce que la plupart de leurs disques sont aujourd'hui difficiles à se procurer. Ensuite parce que le super-groupe a commis, de 1982 à 1989, certains des plus beaux grooves de l'histoire du krautrock, en le tintant de dub, de jazz, de new wave ou de funk. C'est Emotional Rescue, un jeune label britannique, habituellement versé dans le disco déviant, qui a eu la bonne idée de regrouper ses meilleurs titres en 3 EP formant une luxueuse compilation.
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Publié par Dave 0 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Compilation, Dub, Experimental, Funk, Kraut, Post-punk
20 juin 2013
VA - Masse (2013)
Il est assez rare de se prendre une véritable claque musicale pour ne pas en parler. Surtout quand il s'agit d'une compilation. L'objet nous vient tout droit d'Allemagne, de Berlin plus précisément. Et c'est au label Ostgut Ton, le label du club phare de la capitale, le Berghain, que l'on doit cette petite prouesse. Masse impressionne d'abord par son poids et son architecture. Trois parties distinctes et indépendantes qui nous donnent un petit aperçu de quoi sont capables nos voisins d'outre-Rhin. On retrouve avec surprise un grand nom de l'électronique, Henrik Schwarz. Plus la peine de présenter le bonhomme. Ses albums, divers maxis et innombrables autres remixes ont déjà fait plusieurs fois le tour du monde et fait danser plusieurs milliers de personnes sur la planète. C'est ensuite au tour de Marcel Dettmann et du plus discret Frank Wiedemann - la moitié de Âme - qui composent ensemble pour l'occasion. Plus discrets, mais non moins importants, ces deux noms-là ne sont pas inconnu pour tout bon amateur de minimale et de techno allemande. Le dernier, DIN, collaboration de Phillip Sollemann et Marcel Fengler qui ont créé un nouvel alias pour la compilation. On n'ira pas reprocher à la maison Berghain de faire tourner ses effectifs. On la remerciera plutôt de nous livrer et de diffuser encore une électronique d'excellente facture.
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Publié par Antoine 1 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Compilation, Electro, House, Techno
13 mai 2013
College - Héritage (2013)
College, porté par le nantais David Grellier, délivre un album d'électronique pure et sans vocalises, hommage aux premiers échos de la disco italienne, dont la résonance vintage, piquera au vif les mélomanes nostalgiques de mélodies synthétisées.
Pour la petite histoire, College s'est popularisé par un titre, "A Real Hero", repris trois ans après sa sortie sur la B.O du film Drive, achevant de faire connaitre le français aux oreilles du monde entier. Une reconnaissance tardive pour un artiste pris dans un paradoxe temporel. Une explication somme toute logique à l'écoute de cet Héritage, anachronisme musical et hommage rendu à une période, dont le legs continue d'investir la musique électronique contemporaine.
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04 mars 2013
Nosaj Thing - Home (2013)
Avec Home, Jason Chung, le producteur californien de musique électronique et initiateur du projet Nosaj Thing, signe son deuxième album, quatre années après la parution de Drift. Un second essai qui tente de cristalliser moultes aspirations toujours aussi alambiquées, portant la bulle d'un artiste à la surface de cet océan sans fond, que représente la musique électronique expérimentale. Habitué aux collaborations prestigieuses et aux remix tout azimut (Flying Lotus, Daedelus, Radiohead) le californien daigne donc se lancer dans la construction d'un album. Un exercice qui stipule généralement des règles strictes pour que l'élaboration de fragments musicaux perdus çà et là, puissent se joindre et faire sens. Une opération pas si évidente, pour un esprit fertile et pourtant rompu à ladite production musicale.
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17 décembre 2012
Interview - Lugano Fell (2012)
© Charlie Bonallack
Après avoir été pendant quatorze ans la moitié de Swayzak, le Londonien James Taylor sort un deuxième album solo sous le nom Lugano Fell, intitulé Arcxicon (label Mental Groove). Un opus à l'univers ambient radicalement opposé à la techno minimale de Swayzak. Rencontre à Montpellier, sa ville d'adoption depuis dix ans.
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02 août 2012
I Need You Close - Sun Airway Mixtape #3 (2012)
Concoctée par Jon Barthmus de Sun Airway, cette (troisième) mixtape a de quoi satisfaire en ces temps ensoleillés. Sur près de 25 min, une vingtaine de morceaux enchâssés engendrent des hybridations surprenantes où se croisent The XX, Modeselektor, Boards of Canada, Here We Go Magic, Spiritualized, avec quelques moins contemporains en guest (Mozart et Bartok). D'accélérations de tempos, en superpositions alambiquées, Jon Barthmus triture originaux et remixes en y intercalant quelques samples de voix tirés de Sun Airway.
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18 juin 2012
Le K - Freewheel (2012)
Bien qu’il sorte juste avant l’été, Freewheel n’a rien de balnéaire ni d’ensoleillé. Le réconfort qu’il procure se rapproche davantage de celui de l’homme retrouvant l’âtre de son foyer après avoir bravé une tempête de neige. Il y a quelque chose de métaphysique dans le balancement permanent de cet album entre l’introspection profonde et la confrontation aux éléments naturels et à leur majesté parfois effrayante. Le K s’intéresse à la fois à l’immense et à l’infiniment petit. L’immense, ce sont ces nappes synthétiques denses comme le blizzard, ces mélodies mélancoliques, parfois déchirantes, qui semblent devoir tout ensevelir. L’infiniment petit, ce sont ces nuées de sons d’ambiance, de carillons, de cymbales frottées, ces détails qui n’en sont pas car ils constituent l’essence de ce premier album qui a de quoi envoyer tous les Gold Panda et Pantha du Prince d’Europe dans les cordes.
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18 avril 2012
EOD - Utrecht (2010)
Passé sous mon radar en 2010, cet EP épuisé depuis bien longtemps bénéficie d’un nouveau pressage et je le découvre à cette occasion, assez ébahi je dois dire par sa qualité et sa diversité. Je n’avais jamais entendu parler d’EOD. Certains ont cru pendant un temps que c’était Aphex Twin, mais en fait non... Il se trouve que c’est un dénommé Stian Gjevik, originaire de Trondheim, en Norvège. Il a sorti quelques bons maxis, notamment sous le nom de CN, et aussi une compilation digitale de 71 titres réalisés depuis 2005. Amoureux des synthétiseurs analogiques et des boîtes à rythmes antédiluviennes, EOD risque fort de sortir de l’anonymat en 2012 avec un planning de sorties très chargé et une performance prévue à l’occasion du 21e anniversaire du label Rephlex.Entre house et électro 90’s, "Utrecht" plonge l’auditeur dans une sorte de chaud-froid lysergique. Les nappes éthérées se mêlent à une basse ronde, c’est à la fois assez brut de décoffrage et extrêmement doux, caressant. C’est du son d’after, pénétrant et contemplatif. Le seul défaut de ce morceau est de ne durer qu’un peu plus de 4 minutes, alors que son côté épique aurait pu être encore plus développé sur une durée plus longue. On ne commence à comprendre les comparaisons avec AFX qu’à partir du second titre, "Phontron (030303 Mix)", beaucoup plus représentatif de l’EP, qui fait la part belle aux vrilles acides, aux saccades rythmiques et aux synthés à la Boards of Canada.
Sur "Flab" comme sur "On Herald Go", EOD s'inspire clairement de la braindance qui sortait sur Rephlex ou Warp au début des années 1990, à l’époque où ces labels britanniques régnaient sur les sphères électroniques. Il use et abuse de la TB-303 et des vieux drum pads et joue sur le contraste entre des beats lourds et heurtés et des mélodies légères et nuancées. Sa palette va de l’ambient la plus limpide ("Came Went") au son de rave le plus euphorique ("la fin de Flab"). Au-delà des sonorités vintage, c’est surtout la liberté créatrice d’EOD qui ravive la nostalgie pour cet âge d’or de l’électro UK où l’on se fichait bien des formats et des idées préconçues. Rien que pour ça, j’inscris le Norvégien sur la liste des artistes à surveiller de près.
A noter : l'artwork est signé Merijn Hos
En bref : cet EP, aussi somptueux que sa pochette, revisite la techno cérébrale du début des années 90, avec douceur et acidité.

Télécharger Son mix pour le blog mnml ssgs
EOD sur son site, FB, Twitter, Bandcamp
A lire aussi : Akufen - Battlestar Galacticlown (2012)
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Publié par Dave 3 commentaires
Catégories : Acid Techno, Ambient, Chroniques, Electro, Electronica, House, Maxi/EP, Techno
05 mars 2012
Röyksopp - Senior (2010)
Comme souvent, dans toute composition gémellaire, il y a le bon et le mauvais jumeau. Si Junior avait précipité en son temps le duo norvégien dans une dance kitsch d’un goût douteux, les premières écoutes de Senior nous démontrent que Röyksopp a retrouvé la lumière. Album de la maturité, ce dernier envisage tout ce que le groupe a pu expérimenter musicalement depuis son premier disque, l'inoubliable Melody A.M. Senior s'assimile ainsi à un pot-pourris aux odeurs sensiblement différentes, mais qui au final délivre une senteur fortement enivrante. Retour sur cette composition musicale bigarrée dont le parfum risque de faire tournoyer bien des sens.Attention, pénétrer dans l'univers de ce Senior risque de laisser quelques esprits prisonniers de cieux trop élevés tant l'univers envisagé sur ce disque semble s'être délesté du poids de la gravité. En bonne et due forme, ce voyage céleste débute par le très atmosphérique "And The Forest Began To Sing", une introduction vers un décollage imminent.
En effet dès le second titre"Tricky Two", l'identité électronique du binôme norvégien se révèle au gré d'un beat au diapason terriblement efficace, ornée de nappes sonores oniriques, soutenant parfaitement le tempo d'une électro de plus en plus agressive. Transi par ce voyage à la vitesse de la lumière, on reprend difficilement ses esprits... La suite "The Alcoholic" relâche heureusement la pression tel un "pchit" de canette de boisson gazeuse. Tout en progression, ce titre propulse l'auditeur dans une apesanteur qui ne le lâchera plus jusqu'à la fin du disque. Entre basses profondes et distorsions sonores, Röyksopp renoue sur cette piste avec son goût pour une mélodie pop bien sucrée, et sempiternelle dans la ritournelle qu'elle impose.
En avançant dans ce voyage auditif on admire les prises de risque du groupe, ce dernier n'hésitant pas à se remettre en cause et à s'ouvrir vers de nouveaux univers musicaux, comme sur "Senior Living" et sa guitare solennelle, qui n'est pas sans nous rappeler les westerns spaghettis chers à Ennio Morricone.
Aux ambiances cinématographiques se juxtaposent d'autres titres révélant les affects constitutifs de l’identité "Ambiant-Electro" du groupe. Tel que le très entraînant "The Drug", hymne à l'électro minimale, jouant du contre rythme pour mieux relancer son inlassable beat... Dance floor quand tu nous tiens !
A la différence de son aîné Junior, Senior délaisse le chant pour se concentrer uniquement sur le son. Un parti pris artistique qui fait toute la force de cet album, et qui démontre que le duo norvégien s’est enfin réconcilié avec son amour pour l’expérimentation musicale. Comme en témoigne le transcendantal "Forsaken Cowboy", dont l’envolée lyrique soutenue par un chœur enchanteur n’est pas loin d’aboutir à l’orgasme auditif.
Ravis par toute cette bonne volonté, on se dit que Röyksopp est de retour, mais pas seulement... Senior fait partie de ces albums sur lesquels chaque piste participe à l’harmonie artistique de l’objet, révélateur au final d’une identité reconnaissable entre mille. Un disque qui doit s’écouter dans son intégralité pour être pleinement apprécié, en même temps qu’il peut s’envisager vers une écoute plus fragmentée, orientée par des joyaux ("The Alcoholic", "Forsaken Cowboy"…) dont l’éclat n’est pas près de s’affaiblir.
En bref : Senior démontre que Röyksopp renoue avec un son plus expérimental, délaissant les structures "dance" calibrées pour le dance floor, avec lesquelles son prédécesseur Junior composait. Sans oublier ce qui a fait son succès, à savoir des mélodies accrocheuses et diablement enivrantes, Röyksopp signe avec ce Senior un grand disque de musique d’ambiance, dans lequel l’électronique épouse à merveille l’instrumental.

Le site officiel
Le clip de "Forsaken Cowboy" :
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28 décembre 2011
Death In Vegas - Trans-Love Energies (2011)
Sept ans que Richard Sanspeur ne nous avait rendu visite. Pour son nouveau forfait, après un LP en forme d'hommage et de citation des maîtres Kraftwerk ("Satan's Circus"), Fearless et son avatar Death In Vegas jouent à nouveau la carte de l'épure. S'il n'est pas entièrement instrumental comme son prédécesseur, Trans-Love Energies a au moins le bon goût de ne plus convoquer chanteurs brit à tout va, ce qui rendait parfois illisible sa démarche à l'image de ce que pouvait donner son vilain pendant de Chemical Brothers, ou à un degré moindre les "groupes" à géométrie variable que sont les Archive ou Massive Attack.
Séparé de son alter ego Tim Holmes, Fearless conduit en solo et pour la première fois de manière ostentatoire ce nouveau disque, assumant lui même l'intégralité des quelques parties chantées.
L'ambiance générale n'est pas sans rappeler l'ambient d'un Aphex Twin circa 93/95 - sa meilleure période, on ne s'en plaindra pas - ainsi va l'inaugurale et sombre "Silver Time Machine", étirée et obsédante. "Black Hole" qui lui succède dans un fade in savant ne déparerait pas au sein des lugubres délices du Closer de Joy Division.
Parmi les autres réussites, les ambiances cafardeuses du répétitif "Lightning Bolt", la transe syncopée de "Coum" sont les pistes les plus réussies de ce Trans-Love Energies, assez caractéristiquement d'ailleurs celles où la voix blanche et monocorde de Fearless est omniprésente. En revanche, les remix ou versions différentes proposées en bonus sur le double vinyle sont assez pesantes voire gonflantes, et c'est finalement dans la concision que monsieur Death In Vegas convainc le mieux, dans ce qui reste son disque le moins sexy (comprendre racoleur), mais sans doute le plus cohérent à ce jour.
En bref : sans peur et sans binôme, Richard Fearless revient à un son plus dark, avec un disque qui gagne en cohérence dans les climats et la conception, débarrassé qu'il est du casting par trop envahissant de ses prédécesseurs.

le site, le Myspace
"Black Hole" :
"Lightning Bolt" :
Séparé de son alter ego Tim Holmes, Fearless conduit en solo et pour la première fois de manière ostentatoire ce nouveau disque, assumant lui même l'intégralité des quelques parties chantées.
L'ambiance générale n'est pas sans rappeler l'ambient d'un Aphex Twin circa 93/95 - sa meilleure période, on ne s'en plaindra pas - ainsi va l'inaugurale et sombre "Silver Time Machine", étirée et obsédante. "Black Hole" qui lui succède dans un fade in savant ne déparerait pas au sein des lugubres délices du Closer de Joy Division.
Parmi les autres réussites, les ambiances cafardeuses du répétitif "Lightning Bolt", la transe syncopée de "Coum" sont les pistes les plus réussies de ce Trans-Love Energies, assez caractéristiquement d'ailleurs celles où la voix blanche et monocorde de Fearless est omniprésente. En revanche, les remix ou versions différentes proposées en bonus sur le double vinyle sont assez pesantes voire gonflantes, et c'est finalement dans la concision que monsieur Death In Vegas convainc le mieux, dans ce qui reste son disque le moins sexy (comprendre racoleur), mais sans doute le plus cohérent à ce jour.
En bref : sans peur et sans binôme, Richard Fearless revient à un son plus dark, avec un disque qui gagne en cohérence dans les climats et la conception, débarrassé qu'il est du casting par trop envahissant de ses prédécesseurs.

le site, le Myspace
"Black Hole" :
"Lightning Bolt" :
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08 décembre 2011
Steve Hauschildt - Tragedy & Geometry (2011)
Habituellement ultra-prolifiques, les Emeralds n’ont rien sorti cette année, du moins en trio, sûrement accaparés par le succès de leur grande œuvre de 2010, Does It Look Like I’m Here ?, et la tournée qui a suivi. Le showman et soliste du groupe, le rouquin Mark McGuire, a quand même trouvé le moyen de sortir deux albums, l’un seul (Get Lost) et l’autre avec le duo Trouble Books, ainsi qu’une double compile. Mais la surprise vient du plus discret des droneux de Cleveland, Steve Hauschildt, dont Tragedy & Geometry est le premier véritable effort solo, après une poignée de cassettes et de Cdr. En charge de la programmation des synthétiseurs, Hauschildt a sans doute énormément contribué à l’évolution des Emeralds vers un son plus électronique et hypnotisant, moins bruitiste que sur leurs livraisons passées. Ses arpèges euphoriques et ses accords flottants fournissaient un cadre parfait pour les divagations guitaristiques de son acolyte.Il y avait une telle complémentarité entre les deux musiciens (et même les trois, n’oublions pas John Elliott) sur DILLIMH ? que je me suis naturellement demandé, en lançant la galette, si Hauschildt supporterait le poids de la solitude. Et la réponse est : oui et non. Oui parce que des titres comme "Overnight Venusian" et "Batteries May Drain" sont des petites perles psychédéliques ; le premier semblable à un océan ténébreux de nappes, le second, pour moi le meilleur du LP, dans une veine clairement krautrock à la Neu!, avec un beat mid-tempo presque dansant et un riff bien accrocheur. Et non, parce que Steve a beau se démener comme un diable sur ses claviers, ce qui fonctionne sur quelques morceaux tombe un peu à plat sur d’autres.
"Music for a Moire Pattern", la pièce centrale de l’album, présente par exemple une progression un peu trop molle du genou pour maintenir l’attention éveillée durant ses 11 minutes. Quant aux plages ambient courtes qui font office d’interlude ("Arche", "Cupid’s Dart"), elles ne présentent pas un grand intérêt. Tragedy & Geometry souffre surtout d’une trop grande uniformité de textures, et l’on se prend à imaginer à quel point certains titres pourraient être sublimés par la guitare de McGuire. "Already Replaced" apparaît ainsi comme une version squelettique, loin d’être désagréable mais incomplète, du grandiose "Candy Shoppe".
Si l’ensemble manque parfois de relief et de tension, c’est parce que Hauschildt a fait des choix esthétiques forts, en s’orientant vers des sons chauds et accueillants, et en structurant ses morceaux comme de vraies chansons pop. Tout en restant bien sûr très cosmique ("Blue Marlin", "Peroxide"…), Tragedy & Geometry ne vise pas le même type de transe que les Emeralds, reste plus en retenue, moins expansif, ce qui en fait, de loin, le disque le plus accessible de toute la galaxie Emeralds, et une formidable porte d’entrée vers l’œuvre foisonnante du groupe.
En bref : escapade solo plutôt réussie pour le plus discret des Emeralds. Moins viscéral et plus pop que les disques du trio, Tragedy & Geometry est accessible, planant, et contient quelques fulgurances, comme le fabuleux "Batteries May Drain", mais aussi quelques longueurs.

Le site de Kranky
A lire aussi : Emeralds - Does It Look Like I'm Here ? et Mark McGuire - Living With Yourself (2010)
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Publié par Dave 0 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Electro, Electronica, Experimental, Kraut, Psyché
01 décembre 2011
Floating Points - Shadows EP (2011)
Nous avions découvert ce producteur avec son énorme Vacuum EP, en 2009. Déçus par son premier live parisien quelques mois plus tard, nous avions mis cette piètre performance sur le compte de sa jeunesse. Ceci dit, le potentiel de Sam Shepherd apparaissait déjà avec évidence, ainsi que son ouverture d’esprit et sa vision élégante du groove. Depuis, le Britannique a mûri et lâché quelques beaux 12'', dans des styles très variés, de ses travaux orientés bass music sur Planet Mu ou house sur son propre label Eglo, à ses aventures plus jazzy et instrumentales sur Ninja Tune, dans un style proche du Cinematic Orchestra. Mais il n’avait pas encore sorti le disque qu’on attendait de lui, celui qui accomplirait la synthèse entre toutes ces orientations. Eh bien le voici, ce fameux disque. Shadows est l’œuvre d’un musicien au top de sa forme, sûr de son style. Très long EP qui a tout d’un album (37 minutes pour 5 titres), il confirme Floating Points comme l’un des artistes les plus intéressants à avoir émergé de Londres ces dernières années.Il n’est finalement que très peu question de house sur cet EP, bien qu’il s’articule autour d’un véritable chef-d’œuvre du genre, "ARP3", sorte de prolongement mélancolique de "Vacuum Boogie". Même lorsqu’un pied house vient délicatement se poser sur le piano de "Realise", c’est pour mieux être perverti, saccadé, et finir plus près de Burial que de Theo Parrish. Les rythmiques garage et 2-step, la basse synthétique et les nappes surpuissantes rappellent que Floating Points fait partie de la même génération que Julio Bashmore ou Joy Orbison. Mais les ressemblances s’arrêtent là, car le son de Floating Points n’est pas aussi exubérant et direct, taillé pour les clubs. Il est au contraire très intériorisé, concentré sur les détails et l’émotion. Autant au niveau de ses motifs mélodiques que de son ambiance et de sa structure, Shadows peut d’ailleurs être considéré comme un disque de jazz.
"Myrtle Avenue" et "Sais" sont clairement influencés par le son de Weather Report, du Miles Davis de Bitches Brew et par le côté organique des pianos électriques de Bob James et Herbie Hancock. La manière qu’a Shepherd d’imbriquer ses morceaux et de tenir une même couleur musicale sur l’ensemble du disque est également très jazzy (ou cinématographique si vous préférez) - c’est flagrant sur le diptyque "Realise" / "Obfuse". Tout n’est ici que délicatesse et sobriété, c’est pourquoi une écoute superficielle de Shadows peut laisser une fausse impression de platitude. Il faut faire l’effort de tendre l’oreille pour en apprécier toutes les subtilités.
En bref : jazzy, subtil, jouant astucieusement avec les codes de la house et de la bass music, Shadows est à ce jour le disque le plus abouti de Floating Points.

Floating Points sur Soundcloud et Twitter
Le site d’Eglo Records
A lire aussi : Floating Points – Vacuum EP (2009)
Floating Points - Sais from Will Hurt on Vimeo.
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Publié par Dave 2 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Dubstep, Electro, Electronica, House, Maxi/EP
24 novembre 2011
Oneohtrix Point Never - Replica (2011)
Replica est le 6ème album de Daniel Lopatin sous cet imprononçable pseudo, et c’est aussi le meilleur. Si tout ce que touche le petit gars de Brooklyn ne se transforme pas forcément en or, à l’image du désagréable LP de Ford & Lopatin sorti en début d’année, il est difficile de nier que ses productions en tant qu’Oneohtrix Point Never méritent toutes les louanges qu’elles ont pu recevoir sur le net et ailleurs. Son style, qui s’affine un peu plus à chaque sortie, est on ne peut plus compliqué à définir. Les influences de Steve Reich, du drone et de la Kosmische Musik sont les plus détectables, mais cette musique hautement stupéfiante ne peut se résumer à ça. Car on y trouve également de larges traces d’ambient et d’électronica 90s, ainsi que des résidus de jazz, de house, de musiques classique et contemporaine... Dans l’unique but de nous faire triper, OPN use de tous les pouvoirs qui sont en sa possession, sans aucune considération de genre, et c’est l’un des aspects les plus appréciables de l’album.Pas tout à fait aussi morbide que le suggère sa pochette, Replica est plus méditatif qu’apocalyptique. Le type de disque qui vous fait entrer bien profondément en vous-même, jusqu’à n’être plus qu’une sorte de conscience décharnée, un squelette métaphysique. Cela tient surtout à son caractère totalement immersif, dû pour l’essentiel à l’accumulation de boucles entêtantes de piano, de cordes intenses, de nappes et de sonorités aquatiques – cf. la bien nommée "Submersible". C’est d’ailleurs de cette capacité à envelopper que l’album tient sa cohérence, malgré un fourmillement d’idées et des morceaux aux structures souvent complexes et évolutives.
Entre l’ambiance presque grégorienne de "Remember", l’incroyable "Sleep Dealer" derrière laquelle se dressent les spectres de The Field et Moodymann, l’électronica à la Boards Of Canada, et la récréation 8 bit de "Child Soldier", Oneohtrix Point Never offre un voyage cosmique all inclusive, tâte de toutes les textures les plus opiacées, jusqu’à massacrer, par moments, ses harmonies sous le bruit blanc ou les parasites. Pour autant, l’ensemble est beaucoup moins noisy et expérimental, plus rythmique et carré que ses productions précédentes.

C’est qu’OPN a changé de méthode pour ce disque, s’appliquant à travailler quasi uniquement à partir de samples de vieilles publicités. Un concept intéressant, qui revient en gros à transformer la merde en or, tout en faisant appel à la mémoire de chacun de manière subliminale. Mais cet aspect théorique reste secondaire car les sources sont impossibles à identifier, et surtout parce que la beauté immédiate de cette musique efface toute velléité de réflexion approfondie au profit d’un état d’introspection plus passif.
Déclenchées par les sons concrets et l’hypnose des boucles, des images surgissent, toujours légèrement embuées, comme atténuées par un trajet de plusieurs années-lumière. Ce sont des visions cosmiques, des bribes d'au-delà qui glacent souvent le sang mais s'avèrent aussi étrangement réconfortantes. Une expérience de cinéma mental assez hallucinante, à réserver tout de même aux oreilles téméraires.
En bref : un exercice pointu de sampling au service d’un psychédélisme électronique à la fois éthéré et très prenant. Le port d’un scaphandre ou d’une combi d’astronaute est vivement conseillé pour s’immerger dans le cosmos d’OPN. L’un des gros trips de 2011.

Le site d’OPN
Les sites de Mexican Summer et Software Records
A lire aussi : Tim Hecker – Ravedeath, 1972 (2011) et Emeralds - Does It Look Like I’m Here ? (2011)
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Publié par Dave 3 commentaires
Catégories : Ambient, Chroniques, Drone, Electro, Electronica, Experimental, Psyché
26 juillet 2011
John Beltran - Ambient Selections 1995 - 2011 (2011)
Je cherchais depuis longtemps un prétexte pour vous parler de cet artiste plutôt méconnu du grand public. La sortie de cette compilation vient de m'en donner la raison. Les amateurs de techno-ambient connaissent certainement le patronyme de ce producteur multi-facettes. Pour les autres, l'occasion n'est que trop belle pour se familiariser avec l'auteur discret des tracks d'ambient les plus soignés, à mon sens, jamais produits. Si l'on associe généralement son travail à celui de Carl Craig pour son touché techno et à celui de Derrick May pour ses mélodies fragiles et l'utilisation de textures au synthétiseur, John Beltran se démarque pourtant de ce dernier avec un goût plus prononcé pour la world-music, mais également le jazz.Ambient Selections regroupe principalement ses réalisations des années 1990', en grande majorité piochées parmi ses deux premiers albums, Earth & Nightfall et le magistral Ten Days Of Blue. Exit, donc, les productions plus récentes, sucrées et ensoleillées, telles "Bota Foga" empreint de sonorités latines, présent sur l'album Sun Gypsy, ou encore le suave "Hebe" uniquement sorti sur le deux-titres éponyme. John Beltran fait cependant partie de ceux qui ont l'art de combiner les lignes déliées, les fondus et les nuances harmonieuses à la perfection. Il serait alors totalement vain de reprocher au label néerlandais Delsin, sur lequel sort la compilation - et qui héberge entre autres Redshape ou Delta Funktionen - d'avoir opéré une sélection des titres les plus "techno" du producteur.
On dispose peu d'informations sur le personnage. Inutile, donc, de s'y attarder d'avantage. Le reste n'est que suppositions, un "Collage Of Dreams", comme le suggère le premier titre de la compilation. Le rêve, qui apparait d'ailleurs comme l'une des principales thématiques du producteur. Ses morceaux semblent entourés d'une brume épaisse, ouatée et passagère, de celles que l'on aperçoit tôt le matin et qui disparaissent avec la chaleur du soleil. C'est d'ailleurs le titre d'un autre morceau, "Morning At The Window". Dans ses compositions, Beltran semble se faire le témoin d'une contemplation romantique de la nature. De l'eau, surtout, sous ses formes liquides ou gazeuses, comme l'évoquent à de nombreuses reprises les titres de la compilation. Des images fragiles et éphémères, que l'on retrouve aussi et surtout dans l'utilisation de sonorités limpides et cristallines, liées entre-elles par les larges nappes de synthétiseurs.
En bref : Une rétrospective qui donne un aperçu des premières réalisations ambient de ce producteur génial.

"Soft Summer" :
"Sweet Soul" :
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