05 mars 2019

Unloved - Heartbreak (2019)

Ils ne sont certes pas les premiers à donner dans la bande-son atmosphérique, vaporeuse, d'ambiance. Le fait est que Unloved était prédisposé à cet exercice du fait de son line-up : David Holmes, émérite DJ compositeur de B/O, Keefus Ciancia, producteur et également compositeur pour HBO, les frères Coen, ce genre de choses, Jade Vincent, instigatrice avec ce dernier, qui est également son partenaire dans la vie, du Jade Vincent Expérience.


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02 novembre 2015

Eyedress - Astral Travelling Man (2015)

La publication samedi dernier sur Bandcamp (en version digitale uniquement) du nouvel album d'Eyedress, Shapeshifter, me donne l'occasion de revenir sur l'incroyable année de Idris Vicuña, et notamment sur le bouleversant Astral Travelling Man « sorti » en avril dernier. En quelques mois, Eyedress aura ainsi publié, en plus des morceaux qu'il poste quasi quotidiennement sur ses comptes Soundcloud, pas moins de trois albums, dont une vraie fausse mixtape intitulée Winner's circle, hallucinant marathon hip-hop nocturne, mélancolique et orgiaque de plus de quarante titres, en réalité véritable album de son second avatar Babe Slayer (nom donné à son « label ») enregistré avec plusieurs vocalistes vraisemblablement issus de la scène de Manille aux Philippines où Vicuña est basé. Probablement faute d'argent et de structure, ces trois albums n'ont jamais été pressés sur disque. Ils ont simplement été rendus disponibles par son auteur sur différents réseaux sociaux (le garçon est présent – parfois même en double – sur Facebook, Soundcloud, YouTube, Twitter, Instagram, Tumblr et désormais Bandcamp). N'ayant qu'une existence virtuelle, nébuleuse (Winner's circle se compose entre autres de quelques extraits réorganisés d'Astral Travelling Man ainsi que de morceaux enregistrés à diverses époques) et éphémère (ils ont été retirés de ses comptes quelques semaines après leur parution), ces albums sont comme des fantasmes d'albums, des collections rêvées de chansons publiées sur un label tout aussi imaginaire et fantasmatique.


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02 avril 2014

Real Estate - Atlas (2014)


3ème disque long format des américains, Atlas souffle en nos oreilles le vent de la sérénité. Paisible et relâché comme à son habitude, la bande du New Jersey met son flegme au service d'une pop pacifique et libérée de toute idée noire. C'est bien connu, la musique adoucit les moeurs. Celle-ci peut être plus que les autres...


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18 mars 2014

Damien Jurado - Brothers And Sisters Of The Eternal Son (2014)

Troisième volet refermant le triptyque débuté avec St Barlett et Maracopa, Brothers And Sisters Of The Eternal Son, le 11ème disque de l'américain Damien Jurado transcende les grands espaces de l'état de Washington via une folk en lévitation, à la frontière du rêve et de la réalité.


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18 février 2014

Les Marquises - Pensée Magique (2014)

Portées par le fantasme auditif du lyonnais Jean Sebastien Nouveau, Les Marquises affirment leur goût pour l’évasion dans un second disque intense, fécondé dans l’élan d’un geste artistique qui sublime le réel par la pensée.

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23 septembre 2013

Cemeteries - The Wilderness (2012)

Cemeteries délègue aux vivants une pop spectrale, témoignage d'un artiste qui semble n'avoir jamais pu prendre prise sur ce bas monde. Résultante de ce conflit phénoménologique, l'espérance d'un ailleurs, utopie propice à la plus belle lumière, et ce disque, The Wilderness.

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25 juillet 2013

Melody's Echo Chamber - Melody's Echo Chamber (2012)

Projet musical né d'une heureuse rencontre avec Kevin Parker de Tame Impala, Melody's Echo Chamber définit le premier projet solo de la jeune parisienne Melody Prochet. Cette dernière délivre un album propice à l'évasion, dont les courbes sonores ne cessent de faire écho à leur père australien, producteur évanescent et magnanime. Pas forcément un mal.


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23 mai 2013

Orval Carlos Sibelius - Super Forma (2013)

Deux ans après le plutôt agité Recovery Tapes, le parisien Axel Monneau, allias Orval Carlos Sibelius, signe une petite perle de pop psychédélique aux qualités mélodiques enchanteresses.

Il arrive parfois que certains objets réussissent par leur seul état à définir telle ou telle mouvance esthétique tant leur forme en est la plus pure expression. Super Forma fait partie de cette catégorie d'objet. Une première piste qui définit d'emblée la nature du voyage auditif proposé, en un mot, cosmique. 


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23 février 2013

My Bloody Valentine - mbv (2013)

Comment pouvait-on être déçu par un disque dont on n'attendait rien ? Car c'est peu de dire qu'en 2013 on les avait oubliés nos chers My Bloody Valentine - définitivement le nom de groupe le plus cool qui soit.
Durant son hiatus il y avait bien ici où là un fan aux aguets lorsqu'un Kevin Shields sorti de sa torpeur pondait soit un remix pour Primal Scream, soit un morceau pour un soundtrack de Sofia Coppola, voire accompagnait sur scène telle sommité indé.


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02 février 2012

Porcelain Raft - Strange Weekend (2012)

Décidément le label Secretly Canadian n’en finit pas de ravir mes oreilles. Je lui voue déjà une sérieuse admiration pour avoir enrichi mon florilège personnel de groupes tels que Suuns, The War On Drugs et Little Scream. Toujours sous le signe de la qualité, son catalogue s’enrichit d’une nouvelle recrue : Mauro Remiddi aka Porcelain Raft. Italien de naissance, musicien multi-activiste, insatiable collaborateur multipliant les projets à droite et à gauche, on aura pu l’apercevoir à Londres, New York, Berlin, en Corée du Nord ou bien croiser son nom sur une pochette de disque et parmi les crédits d’une B.O. de film. Anciennement aux commandes de Sunny Days Sets Fire jusqu’en 2009, c’est en solitaire qu’il a commencé à sortir quelques maxis diffusés par Acéphale dont une reprise de Yuck ("Despite everything"). Mais c’est en duo qu’il devrait jouer sur scène avec l’ex-batteur de Women et en première partie de… M83. De quoi propulser sa carrière.

Au cas où vous n’auriez pas totalement succombé au charme de sa pochette incarnate – initialement une photocopie de sa main, trafiquée par la suite – le titre d’ouverture a tôt fait d’exercer une étrange fascination. Batterie et synthé grondent au loin avant de surgir par un habile fade in. Dix secondes se sont écoulées et déjà cet album ne laisse pas indifférent. La mélodie, portée par un tempo bien lourd et la voix androgyne de Remiddi, est suffisamment entraînante sans être aguicheuse. Une guitare gorgée de fuzz et de delay surgit à la fin pour un solo épique. La tendance au shoegaze fait son apparition avec le second titre, "Shapeless and gone" (fausse pop song), et n’en finira pas de hanter l’album jusqu’à sa fin. Ce mélange de dream pop teintée de shoegaze évoque parfois les trames sonores de The War On Drugs mais avec plus de retenu.

Porcelain Raft excelle surtout lorsque la rythmique domine le morceau comme sur "Unless you speak from your heart". C’est elle qui impulse une énergie du début à la fin. Elle atteint littéralement des sommets à la fin de l’excellent "Put me to sleep", si dantesque qu’on la croirait taillée pour les stades. Son caractère obsessionnel permet alors à la voix androgyne de Remiddi de se hisser, de prendre de la hauteur. Sur "The end of silence", elle est au bord de la rupture mais parvient à se maintenir sur le fil.

Seul à la composition, Remiddi a toujours privilégié le Do It Yourself, s'agitant sur tous les fronts, de la composition à la production. Pourtant c’est à Chris Coady (Tv On The Radio, Foals, Yeah Yeah Yeahs) qu’il a confié le mixage de son premier album. Et si un sous-sol de New York a remplacé sa chambre londonienne, son disque n’en conserve pas moins un côté intimiste, sans toutefois être trop introverti. Une fougue constante semble vouloir transcender chacun des morceaux pour les faire décoller vers des strates lointaines. Et quand bien même le disque s’achève, on en redemande encore.

En bref : un mariage brillant entre dream pop et shoegaze, prémices d'une signature sonore inédite.




"Unless you speak from your heart" :



"Put me in to sleep":



Une chouette interview

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27 janvier 2011

Braids - Native Speaker (2011)

On ne présente plus la scène rock montréalaise et son déluge de groupes tous plus inspirés les uns que les autres. Braids ne déroge pas à la règle et confirme l’inépuisable créativité d’une scène génératrice de talents. Après un premier EP sous le nom de The Neighbourhood council, le quartet montréalais signe chez Kanine Records (Grizzly Bear, Surfer Blood, Blind Man’s Color entre autres) et sort son premier disque estampillé Braids. Si l’histoire du groupe s’avère plutôt ordinaire – quatre amis du lycée ont l’idée de former un groupe et commencent par répéter dans un garage – la suite est plus surprenante lorsqu’ils assurent la première partie de Deerhunter et que le public les gratifie d’une standing ovation en fin de set (le chanteur de Deerhunter, Bradford Cox, les rappellera même à la fin).

La formation est typique d’un groupe indie-rock – guitare, basse, clavier, batterie –, mais on ne saurait étiqueter la musique de Braids tant les genres s’entremêlent dans un melting-pot coloré (l’artwork est d’ailleurs annonciateur). Les sept titres, privilégiant la longueur (de quatre à plus de huit minutes), oscillent entre dream pop, post-rock, ambient et experimental. Chaque musicien semble vouloir repousser les limites de son instrument, le faire sonner différemment, ce qui donne lieu à d’étranges sonorités.

Le premier titre, "Lemonade", s’ouvre sur une sorte de bouillonnement aquatique avant d’introduire le premier loop de guitare soutenu par une rythmique basse/batterie syncopée. Et si Raphaelle Standell-Preston commence par murmurer, sa voix prend rapidement son envol pour se nuancer sur tout le disque. Il faut l’admettre : les talents de la chanteuse sont bluffant. Les preuves ne font que s’accumuler avec le titre suivant, "Plath head", qui pourrait facilement être un tube tant on peut l’écouter en boucle sans se lasser. La voix s’épanouit pleinement, virevolte, se fait tantôt douce, tantôt accrocheuse, enchaînant avec aisance les murmures après un détour par le parlé-chanté. Vers le milieu du morceau (à 2’23 précisément) la voix et les instruments se confondent pour un délire épique (un des sommets de l’album). S’ensuit "Glass Deers", construit par l’assemblage progressif de boucles, sur lesquelles la voix, après une série de vocalises et un chant tout en douceur, prend des hauteurs vertigineuses.

À mi-parcours, "Native speaker", seul morceau sans batterie, flirte avec l’ambient. Les boucles se superposent en arrière plan et permettent l’épanouissement de polyphonies instrumentales et vocales psychédéliques. Juste après, "Lammicken" fait basculer le disque dans un registre inquiétant. Sur fond de drone, et de chœurs tournés en boucle, la voix flotte sur la noirceur ambiante pour finalement s’élever et se faire violence. « I can’t stop it » répète désespérément Standell-Preston. "Same Mum" marque le retour d’une pop plus légère mais également plus mystique (« We’re all from the same mum ») avant d’amorcer l’introduction de l’instrumental "Little Hand". Et si ce morceau débute par un drone inquiétant, la fin rehausse le ton avec un ultime assemblage de boucles dont les contours finissent par se brouiller comme la fin d’un rêve.

En bref : un premier disque dream pop dont les subtilités se dévoilent un peu plus à chaque écoute ; l’œuvre d’un jeune groupe à la maturité déconcertante. À suivre !





Le myspace et le site du label Kanine

"Plath Heart" :



"Lammicken" :


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