Les lecteurs réguliers de DODB se souviennent peut-être de cette chronique faite en 2014 de Dead, premier album des Young Fathers. On y détectait alors un son hybride et hautement explosif, soufflant sur les braises du trip hop période Mezzanine et autres premiers efforts des regrettés TV On The Radio... La déflagration entrainée par les écossais continue depuis de se répandre, Mercury Prize 2014, un 2ème disque signé dans la foulée White Men Are Black Men Too et à présent cette collaboration d'une logique implacable avec Massive Attack, porteuse du titre"Voodoo In My Blood" sur lequel Alloysious Massaquoi, pierre angulaire du trio d'Edinburgh, pousse la chansonnette. On a recueilli quelques mots de ce dernier, sagesse d'âme et noblesse de coeur, pour une discussion à la résurgence politique certaine...
A
l'occasion de son passage dans nos vertes contrées (durant un mois de mars encore hivernal), on avait tenté de briser la glace chez l'énigmatique américaine Jessica Pratt. Chose
peu évidente pour une jeune femme tout juste libérée de son passé, et dont
l'apparente timidité noie en surface les brumes d'un regard autrement moins chétif. Entretient avec la fine fleur de la folk contemporaine.
Les New Electric Ride sacrifiant au rituel du tea-time
De gauche à droite : Craig Oxberry (batterie), Paul Nelson (claviers, chant), Adam Cole (chant /basse ) et Jack Briggs (guitare, chant)
Dans le cadre d'un séjour dans la riante cité de Sunderland dont ils sont originaires, nous avons rencontré les New Electric Ride dont le EP chroniqué ici avait remporté un fier succès. C'est entre deux contests de pétanque (!) et de badminton dont nos anglais sont friands -lorsqu'ils ne s'adonnent pas aux joies du binaire et autres BBQ parties- que notre émissaire Gaël BOUQUET pour la radio RAJE à Avignon, a recueilli les confidences du noyau dur du groupe : Jack (guitares), Paul (claviers) et Adam (basse). Nous vous livrons en exclusivité cet interview accordé par les musiciens à Gaël :
C'est dans une fin de
journée hivernale que j'ai rencontré le groupe Orties dans un café
parisien. Projets de deux étudiantes des beaux-arts, ce groupe est pour elles l'occasion de mêler leurs obsessions artistiques ( musique, vidéo, performance) et féministes. Journée promotion oblige, le duo Kincy et Antha accumule
les interviews. Mais peu importe. Les Orties n'ont de cesse de parler
de leur album Sextape (qui
sort le 20 février chez Nuun Rec), cette « colonne
vertébrale » agitée par le sexe, les corps, la vie.
Après avoir été pendant quatorze ans la moitié de Swayzak, le Londonien James Taylor sort un deuxième album solo sous le nom Lugano Fell, intitulé Arcxicon (label Mental Groove). Un opus à l'univers ambient radicalement opposé à la techno minimale de Swayzak. Rencontre à Montpellier, sa ville d'adoption depuis dix ans.
Le songwritter lillois Jullian Angel a sorti récemment son troisième album Kamikaze Planning Holidays et n'a cessé depuis d'envahir les scènes hexagonales. Sa folk intimiste est mise en valeur par une voix grave qui envoute l'auditeur sur un album largement autobiographique, sensation qui prend évidemment toute son ampleur en concert. Puisqu'il est maintenant possible de prendre du recul par rapport à cet album charnière, Jullian Angel s'est prêté au jeu de l'interview afin que nous puissions découvrir un peu plus cet aventurier musical français.
Berlinois originaire de Bordeaux et âgé de 20 ans, Strip Steve sort en juillet son premier album Micro Mega sur le label Boys Noize Records. C'est d'ailleurs Boys Noize lui-même qui a repéré le Myspace de Strip Steve. Son album, alimenté de collaborations avec Das Glow, Puro Instinct et Robert Owens, explore les mutiples facettes de l'univers électro. Une diversité créatrice qui correspond selon lui à sa façon d'écouter la musique, et plus généralement au fait que le concept même d'album n'est plus adapté à la nouvelle culture musicale. La sortie de son album est donc l'occasion de rencontrer cette nouvelle tête montante de la scène électro.
Nos amis de chez Boum! Bang! ont récemment mis en ligne grâce au réalisateur TomaDutter un très intéressant interview du musicien, producteur et label manager
Franck Rabeyrolles alias Franklin. On y découvre un personnage inhabituel dans
le paysage sonore français, avec une démarche artistique pour le moins
originale et pertinente. A voir et faire tourner sans modération !
On vous avait présenté ce trio allemand à ses débuts, il y a deux ans, impressionnés par la qualité de sa mixture électro-acoustique et du clip très kraftwerkien de "Bop". Entre temps, Daniel Brandt, Jan Brauer et Paul Frick ont sorti plusieurs EPs et deux albums, You Make Me Real puis Mr. Machine, où ils poussaient encore plus loin leur concept en supprimant quasiment tous les effets électroniques. Ils ont surtout trouvé leur public grâce à des performances live grandioses, dont celles avec leur Ensemble de 10 musiciens. Avec Aufgang, c’est certainement le projet le plus intéressant de ces dernières années en matière de mélange entre techno et musique classique.
Du coup, lorsque l’ami Nicolas Ducrot, journaliste-caméraman pour France 2, nous a proposé de filmer une interview des trois acolytes dans leur studio berlinois pour Dodb, on a tout de suite jugé que c’était une bonne idée. Voici le résultat.
Le meilleur album pop psyché de l’année est pour l’instant l’œuvre du duo américain Seventeeen Evergreen. Sans faire de vagues, ces hippies écolos humanistes et amateurs de science-fiction travaillent dans leur coin à l’abri des regards pour notre plus grand plaisir. Immanquablement, on a voulu en savoir plus et poser quelques questions à Caleb Pate, l’une des deux têtes pensantes du groupe.
Qu’avez-vous fait pendant 5 ans depuis votre dernier album ?
On a construit un studio dans la grande chambre d’une maison en briques qui était abandonnée dans les collines de San Francisco. La crise a eu de bons côtés pour nous. On y a écrit et enregistré le nouvel album. On l’a fini il y a bientôt deux ans et il ne sort que maintenant.
Qui a réalisé la pochette de l’album et que représente t-elle ?
La pochette vient d’une de mes idées et Antoine Boilevin l’a superbement illustrée tout en maintenant le lien avec celle de l’Ep et de ce que nous aimons. L’idée de départ vient d’une installation de type "Arche de Noé" qui se trouve en Norvège. C’est une sorte de cave qui répertorie toutes sortes de graines et dont le but est de sauvegarder la biodiversité des cultures. C’est aussi l’idée que l’humanité se détruit elle-même et qu’avec un peu de prévoyance on peut éviter cela ou au moins essayer de maintenir la vie sur cette planète. Antoine a utilisé les instruments de musique comme métaphore pour cette noble, dérisoire mais importante tentative de survie.
Steady On… est un album beaucoup plus dansant que Life Embarrasses Me... Etait-ce un choix délibéré ?
Non pas vraiment, l’album est juste un instantané de ce que nous avions envie d’écrire à un moment T. Notre musique a différents tempos, humeurs et aspects. Le côté dansant est juste l’un d’entre eux. On a été inspirés par certains morceaux dansants qu’on a joué en public et on a pensé que ça serait cool de les jouer en mode album et de les étirer pour que le côté hypnotique et cérébral s’allie à des expériences plus corporelles.
Est-ce que Steady On.. est un concept album ?
Pas vraiment, même si c’est vrai qu’une continuité de thèmes traverse la plupart des morceaux et de l’artwork. L’idée qu’en 2012, tout le monde se sent plus fort grâce à la science et les technologies, pour le meilleur comme pour le pire, et que nous sommes à un moment où les mondes de la pseudo science-fiction et de la pataphysique se rejoignent pour de vrai. Sommes-nous tous des scientifiques ? En tous cas nous avons beaucoup de travail à faire encore.
Pourquoi n’y a-t-il que huit morceaux sur cet album ?
Le disque fait quasiment 40 minutes. Il y a de très nombreux exemples de grands classiques qui sont en dessous des 40 minutes, même en dessous de 30 parfois. Nous avons enregistré d’autres titres qui sont disponibles sur l’Ep Psyentist qui est sorti en novembre, mais nous avons pensé que l’album était mieux comme ça avec ce tracklisting là.
Steady On.. est à la fois facile d’accès et expérimental. Comment avez-vous fait ça ?
Déjà merci pour la remarque ! On adore la musique pop tout comme expérimenter en studio. On reconnait que notre musique pop préférée est basée sur les expérimentations.
Comptez-vous tourner en France et en Europe prochainement ?
Oui, à la fin de l’été ou en automne. D’ailleurs on cherche des dates !
Est-ce que Seventeen Evergreen peut jouer acoustique ?
Oui, on l’a déjà fait et on le refera.
Est-ce que c’est important pour vous d’avoir le contrôle total sur la production de l’album ?
Jusqu’à présent oui. On pourrait travailler avec un producteur extérieur si l’entente était bonne et s’il pouvait nous aider à rendre notre musique et nos envies meilleures que si on les faisait nous-mêmes. Ou alors pour essayer quelque chose de complètement nouveau.
Qu’est-ce que vous allez faire maintenant ?
Là tout de suite, une moitié de Seventeen Evergreen va aller faire une petite ballade à vélo avant qu’il ne pleuve et plus tard je retrouverai l’autre moitié pour une session de studio où nous expérimenterons des sons étranges pour une radio du coin, puis nous ferons une mixtape et enfin on va se pencher sur la dernière version de notre nouveau clip qui sortira d’ici quelques semaines.
On ne présente plus Dylan Carlson, l’un des pionniers du Drone et du Doom notamment, dernier rempart de la formation Earth, fameuse dans les années 1990 du côté de Seattle pour ses guitares gavées de réverbs et de distos. Aujourd’hui le groupe sort le deuxième volet d’un dytique entamé l’année dernière et continue de s’enfoncer les yeux fermés vers de nouveaux horizons. Toujours aussi aérienne, la musique de Earth est encore plus ténébreuse et exigeante qu’avant, de quoi largement prolonger pour quelques temps le culte que l’on porte à ce groupe. Et donc l’occasion de poser quelques questions à son leader.
Pourquoi as-tu coupé Angels Of Darkness en deux parties ?
Parce que cela aurait été extrêmement cher de produire le vinyle, et probablement trop cher pour que les gens l’achètent. A l’origine ils devaient sortir la même année mais les choses ne se sont pas passées comme cela aurait du à cause du label. Nous pensons toujours à la confection du vinyle, en réfléchissant en terme de faces et au fait que tu ne peux pas mettre plus de 22 minutes par face sans que le son commence à se dégrader.
Parles-nous du magnifique artwork ?
L’artiste s’appelle Stacey Rozich et c’est également lui qui s’est occupé de la première partie. J’aime le côté obsessionnel de son travail (et de ses êtres qu’il appelle des démons) tout comme les éléments folkloriques de son art. J’y vois une iconographie médiévale mixée avec des motifs orientaux et une certaine résonance occulte.
Que penses-tu de l’ancienne scène Britannique acid folk ?
J’adore son côté magique, le fait que cela résonne en moi comme un héritage génétique. Les musiciens donnent tout et j’aime la façon dont ils s’emparent de la tradition en la renouvelant. C’est mieux que d’aller au musée. C’est de la musique folk dans son côté populaire plutôt que dans son prétendu côté culture de masse. C’est encore vivant et les possibilités sont encore là.
Où trouves-tu ton inspiration ? Dans la solitude ou dans la relation aux autres ?
J’aime les paysages et la solitude, mais j’apprécie aussi de voyager avec des gens et en rencontrer d’autres, donc je pense que c’est un équilibre entre les deux.
Est-ce que tu continues à progresser en guitare ?
J’espère bien. Je suis constamment en train de m’entraîner et d’ouvrir les portes du possible.
Est-ce que tu vis de ta musique ?
Je n’ai pas eu à faire de job alimentaire ces quatre dernières années donc je dirais oui.
As-tu senti la crise ?
La crise économique ne m’a pas affecté tant que ça parce que je n’ai jamais été au top. Du coup ça n’a rien changé pour moi, je n’ai pas de maison à perdre, pas de crainte de licenciement. J’ai été très chanceux à cet égard.
Quel est ton meilleur souvenir de scène ?
Wow, elle est dure celle-là. En général les meilleurs concerts, je les commence, et la seule chose dont je me souvienne c’est quand ça s’arrête. Roadburn l’année dernière était excellent, je pense qu’on y a fait notre tout meilleur concert londonien. Newcastle était bien cool aussi. Helsinki était incroyable. Oslo l’année dernière aussi. Le public à Innsbruck était tellement dedans! Bilbao. San Fracisco. Les deux concerts que nous y avons fait au Slim étaient complets.
Te sens-tu mieux sur scène ou en studio ?
En général je préfère la scène au studio.
Est-ce que tu lis les blogs musicaux ?
Non pas régulièrement, je suis un peu un ancien et je continue à acheter des magazines. Du coup je ne me tiens pas trop au courant de la musique actuelle. Je tire généralement mes recommandations de mes amis. J’achète plus de livres qu’autre chose en fait.
Vieux de la vieille de la scène indie pop montréalaise, Jon Cohen a entre autres participé à l’émergence de groupes comme The Dears ou The Social Register. Il était temps pour lui d’émerger en solo (en live) comme en trio (sur disques) et d’exprimer pleinement tout ce qu’il a à dire (et il en a). Son dernier album, Behold, est en ce sens un petit chef d’œuvre de pop orchestrée et bricolée, un véritable travail d’orfèvre aux arrangements sans fin. Jon est de passage en France, et jouera notamment à deux reprises cette semaine à Bordeaux, une fois à El Chicho mercredi, et jeudi pour un concert secret en appartement. Rencontre.
Quels souvenirs gardes-tu de la période The Dears ?
J’ai joué avec le groupe de 1999 à 2003 : ce fut une période très intéressante, une très belle expérience au cours de laquelle j’ai beaucoup appris. Ces 4 années m’ont fait gagner de la confiance en moi, j’ai appris à croire en mes capacités à composer et à être mon propre artiste. Je me souviens d’une grande tournée, avec beaucoup de villes sur notre route, et surtout des fortes amitiés nées de ces moments.
Qu’est-ce qui t’as poussé à passer de guitariste à chanteur ?
Ce fut une progression naturelle : j’écrivais énormément de chansons pour la guitare, les mots venaient de plus en plus facilement. J’ai un jour décidé d’enregistrer mon premier album. C’est à la fois un mauvais sort qui fait que je dois tout gérer moi-même et une bénédiction pour moi, parce que je peux dire que je produis quelque chose qui vient vraiment de moi.
Qu’aurais-tu fais si tu n’avais pas été musicien ?
Peut-être comptable. Je suis une personne très organisée. Je casse le stéréotype des musiciens. Plus sérieusement, j’adore voyager, j’aurais peut-être accompli quelque chose dans ce domaine.
Pour toi le psychédélisme c’est quoi ?
C’est la recherche de quelque chose d’inconnu, c’est le premier pas dans le noir. C’est une vraie aventure spirituelle : avec la musique, il est facile de franchir cette porte, c’est un medium complètement flexible et organique. Parfois je me considère comme le Capitaine Kirk qui fonce dans l’inconnu. Le psychédélisme, pour moi, c’est le nouveau.
Que cherches-tu dans la musique ?
Je me cherche moi-même. Je cherche mon identité, ce qui me rend unique. Chacun est unique, a quelque chose d’unique en soi que personne n’a. C’est ce que je veux trouver, et partager.
Comment décrirais-tu la scène montréalaise d’aujourd’hui ?
Elle ne se résume pas à Céline Dion. C’est une scène vivante, excitante, je suis heureux de faire partie de cette scène qui donne de la valeur à tout ce qui est nouveau.
Ta musique a un côté très aérien. Es-tu plus à l’aise à la nature ou en ville ?
Je vis dans un vaisseau spatial. Je suis un astronaute avec une vue sur tout mais avec aucun contact réel avec le monde. En vrai, comme tous les urbains, je suis collé à la ville, accroché à elle. J’ai besoin de son énergie, j’ai besoin de culture comme nourriture créative, de l’espace urbain pour me motiver. L’érotisme de l’esprit et non du corps : c’est ce qui m’inspire et qui apporte de la légèreté, un côté spirituel et aérien à ma musique.
Comment as-tu vécu l’explosion de la relation internet/musique ?
Je suis le produit de cette explosion : Internet est mon amplificateur, c’est un outil indispensable pour moi. Je ne cherche pas à vendre ma musique, mais à vendre mon message.
Quelle est ton ambition aujourd’hui ?
Mon ambition, c’est d’accomplir les 3 buts que je me suis donnés pour cette tournée : devenir totalement à l’aise avec ma voix et mon spectacle pour établir un vrai contact émotionnel avec le public, apporter un message positif qui peut-être aidera quelqu’un, et enfin voir le plus d’Europe possible et d’y rencontrer beaucoup de monde.
Quelque chose à dire en particulier ?
J’espère rencontrer le plus de monde possible lors de mes concerts à Bordeaux : je vous promets une expérience incomparable.
Lors de l’un de ces derniers concerts de la saison, le St Ex de Bordeaux accueillait le duo de San Diego Crocodiles. Ce fut l’occasion pour nous de les rencontrer et d’échanger à l’issu d’un show caniculaire que l’on n’est pas prêts d’oublier. Une discussion un peu biaisée par la chaleur et les substances, sans queue ni tête, mais qui aura peut-être au moins le mérite de vous pousser à (ré)écouter leurs excellents deux premiers albums.
On vous a vu jouer lors d’un concert caniculaire au St Ex de Bordeaux. Avez-vous apprécié ce show ?
Charles : en effet ce concert était particulièrement chaud! J’avais l’impression d’être un Beatles jouant à la Caverne. Le public était particulièrement proche, ça nous a bien mis dans l’esprit et du coup on a fini à poil.
Brandon : bien-sûr! L’espace d’un instant j’ai eu l’impression d’être plus important que Jésus. Mais j’ai aussi eu l’impression de mourir de chaud.
Avez-vous réussi à échanger du merchandising contre un peu d’herbe comme c’était marqué sur votre pancarte ?
Charles : on a toujours réussi à en échanger quel que soit l’endroit. Les graines se multiplient toujours.
Lequel de vos deux albums préférez-vous ?
Charles : je ne saurais choisir. Ils représentent différentes époques et différents lieux. Summer Of Hate me rappelle lorsque je traversais les Etats-Unis sur la route avec Brandon, soufflant des ronds de fumée et jouant de la musique dans des caves avec personne pour nous voir jouer si ce n’est nos copines. Sleep Forever a été enregistré à Joshua Tree et j’en garde des souvenirs de gigantesques rochers que l’on escaladait habillés en tenue de pluie.
Brandon : je préfère le prochain.
Qui est dans la tombe sur la pochette de Sleep Forever ?
Brandon : notre innocence.
Etes-vous des bad boys ?
Brandon : non nous sommes très gentils.
Etes-vous heureux de vivre à San Diego ?
Brandon : J’habite à New York à présent. Mais San Diego est une super ville, bien que petite. Mais je commençais à m’y ennuyer.
Quels autres groupes de San Diego devons-nous à tout prix écouter avant de mourir ?
Charles : Heavy Hawaii, Plateaus, Raw Moans, Trashy Dudes, Hector Plus One, Zig Zag Wanderers (un groupe de reprises de Captain Beefheart).
Brandon : tous ceux-là plus The Robust Chinchillas, Armpit Stallion, Buzzard Justice and 10 Million Tentacles.
Quelles sont vos frustrations ?
Charles : aujourd’hui, la pluie.
Brandon : je ne vois pas assez souvent les gens que j’aime.
Rencontre et discussion (fleuve) avec Guillaume De Chirac, leadeur du groupe français Landscape (nouvel album en février) et créateur du label Square Dogs (Carp, Simple As Pop, Landscape) à Paris. Il nous parle dans le désordre de son parcours, de la création du label, de son groupe Landscape, de ses collaborations avec Sébastien Schuller et enfin de la difficulté de percer en France pour un groupe français. Action.
Depuis quand produis-tu des disques ? Raconte-nous un peu ton parcours ?
Le premier disque date de 2002, ça fait donc 9 ans. C’était un CD 7 titres autoproduit réalisé avec mon groupe de l’époque The Misadventures Of… . On a enchainé avec un album en 2003 puis le groupe s’est séparé, le chanteur (Steffen Charron) montant son projet solo Simple as pop et moi Landscape. Le premier album de Landscape (2004) est d’abord sorti en autoproduit. Comme pour The Misadventures Of…, je démarchais toutes les Fnac de France une par une et de fil en aiguille, on en a vendu 700 exemplaires. Nous sommes donc devenus "producteurs" un peu par hasard, sans vraiment le vouloir, mais nous sommes avant tout des musiciens souhaitant faire la musique qui nous plaît sans avoir à rendre des comptes à un directeur artistique ou autre…
Parles-nous de la naissance de Square Dogs en 2005 ?
Le premier album de Simple as pop allait également voir le jour et c’est à ce moment là qu’on s’est dit qu’il était temps de structurer un peu tout ça ! On a donc monté notre label Square Dogs à Paris avec Steffen, son frère Alan (graphiste et réalisateur des pochettes des albums) et leur père, François, qui heureusement s’est occupé de la partie administrative que nous avions bien du mal à gérer !
Quel est l’esprit Square Dogs ? Le label est-il amené à se diversifier ou à grossir ?
Nous avons monté Square Dogs par nécessité, parce qu’il nous fallait une structure un peu plus sérieuse pour avancer. Mais aussi par souci de liberté, afin de pouvoir produire des disques comme nous le voulions, en ayant le dernier mot sur toutes les étapes de création. Nous aimons beaucoup le travail d’un label comme Constellation au Canada par exemple, ils ont réussi à crée un excellent label, hôte de nombreux projets extrêmement talentueux. Nous avons toujours essayé d’avoir le même souci de qualité dans nos choix, sans bien sur avoir la prétention d’y arriver, d’autant plus que musicalement, nous sommes moins post rock qu’eux, plus pop ou plus folk parfois… Nous avons donc très vite décidé d’aider d’autres groupes dont nous aimions la musique à sortir leur disque, c’est ainsi que nous avons signé le groupe Carp en 2006. Malheureusement, faute de moyens, nous n’avons pas pu signer d’autres groupes pour le moment et nous nous sommes donc concentré sur ces trois projets : Landscape, Simple as pop et Carp.
Parle-nous de Landscape ?
Landscape, c’est un projet solo mais finalement aussi un collectif : je compose tout à la maison, je fais des maquettes et une fois que je suis content des titres, j’appelle des musiciens pour m’aider à finaliser les morceaux et enregistrer le disque. C’est comme ça que plus de 20 musiciens ont participé à l’aventure depuis le début, que ce soit sur les 3 albums studio ou sur scène, le groupe change beaucoup. Il y a notamment eu 4 guitaristes, 2 batteurs, 5 violonistes, 3 cuivres et 5 chanteurs !
Tu as fait le conservatoire pendant 7 ans. En quoi cela aide-t-il pour composer de la pop ?
Je ne sais pas si ça aide… Par définition, la pop est une musique populaire, donc souvent autodidacte. Beaucoup de personnes me disent que ma musique est contemplative et adaptée pour le cinéma, je pense que le fait d’avoir étudié la musique classique y est pour beaucoup. Mais j’ai également été dans une école de jazz pendant 3 ans et pourtant ça ne se ressent pas dans ma musique je crois. Finalement, tout est une question d’envie, de ce qu’on veut faire partager à travers sa musique, peu importe la façon dont on a appris à le faire !
Que penses-tu du fait de bosser en home studio ?
Pour moi, ce n’est pas un choix, mais une nécessité. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour superposer plein de couches d’arrangements sans avoir à réunir 15 musiciens dans la même pièce ! Ceci dit, rien ne remplacera un bon musicien qui connaît son instrument, c’est donc important de toujours conserver en tête la future phase d’enregistrement en studio, même si parfois, pour des questions de budget, c’est nécessaire de garder quelques parties réalisées en home studio…
Parles-nous de ta rencontre avec Sébastien Schuller ?
J’ai rencontré Sébastien grâce à son bassiste Richard Cousin, qui se trouve être également le bassiste d’Overhead à qui j’avais proposé de venir enregistrer le premier album de Landscape (oui, Richard est partout!). Sébastien cherchait un clavier pour la tournée de son premier album Happiness. Je suis allé chez lui, j’ai joué quelques parties de son album, on a parlé musique et ça s’est très bien passé. On a fait deux tournées ensemble ces 5 dernières années, dont 2 Cigales à Paris, le festival de Jazz de Montreux, la Route du rock etc. J’ai également joué sur son 2ème album Evenfall. C’est devenu un très bon ami, on a vécu pas mal de choses sur la route que je n’oublierai jamais, des moments forts ! Et j’ai surtout beaucoup d’estime pour lui en tant que musicien et compositeur, il est très doué, je crois que je lui envierais toute ma vie d’avoir composé le titre "Weeping Willow" avant moi !!
Trouves-tu que la scène française soit de moins en moins soutenue par ses journalistes musicaux ? Pour quelles raisons à ton avis ?
Je respecte bien-sûr la liberté d’expression et de choix des journalistes, certains n’aiment pas nos disques et c’est normal. Après, c’est plus un constat global : il y a de moins en moins de places dans les médias pour la musique. Il suffit de voir l’espace disponible dans la nouvelle formule des Inrockuptibles, on y parle de moins en moins de musique… Il y aussi de plus en plus d’offre, tout le monde fait des disques avec le home studio, avec beaucoup de bons groupes pour très peu de chroniques possibles, il y a donc nécessité de faire des choix. Et souvent, j’ai l’impression que les artistes Anglos saxons ou Belges et Islandais sont privilégiés. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. Ils sont peut être tout simplement meilleurs, mais je pense qu’il y a également parfois un problème de dénigrement des groupes français de la part des médias musicaux en France, parce que nous n’avons pas inventé la pop et le rock, donc nous n’aurions pas le droit de le faire bien, ça ne peut être que de la copie… Mais combien de groupes ont réellement inventé quelque chose ? Radiohead n’a-t-il d’ailleurs pas allégrement puisé son inspiration chez les Beatles, Kraktwerk ou autres… ? Enfin, il y a tout simplement le fait de faire de la musique en France, dans un pays qui veut depuis toujours imposer la langue française comme nécessaire dans la musique. Mais tout ceux qui aiment la musique que nous défendons savent bien que la langue anglaise fonctionne mieux pour faire de la pop et du rock, c’est une évidence à l’exception de quelques-uns, Bashung, Arman Méliès, Domique A ou Noir Désir. C’est très dur d’écrire en Français. On en arrive à des aberrations comme les quotas en radio, qui détruisent le développement de jeunes groupes français très doués ou à la glorification de chanteurs comme Johnny Hallyday, c’est…triste…
As-tu beaucoup voyagé pour aller voir comment ça se passait ailleurs musicalement ?
Pas tant que ça, j’ai joué en Belgique, en Suisse et en Espagne. Steffen, du label, a eu l’occasion de jouer en Angleterre, en Allemagne, au Canada et au Japon. Et nous avons eu l’occasion de discuter avec pas mal de musiciens étrangers rencontrés sur Paris, comme les groupe Here we go magic ou Silver Mount Zion. Paradoxalement avec ce que je viens de dire par rapport au soutien des médias envers les groupes français, je ne suis pas mécontent de faire de la musique en France ! Nous sommes énormément aidés et subventionnés, notamment à travers le système des intermittents du spectacle. A chaque fois que tu en parles avec un musicien étranger, il hallucine ! Les américains d’Here we go magic m’expliquaient qu’ils changeaient d’appartement et de petit boulot entre chaque tournée, constamment. C’est plus compliqué pour eux, mais ça présente deux avantages : ils sont très motivés, ils jouent tout le temps, dès qu’ils peuvent et sont donc plus créatifs je pense, car ils vivent plus dans l’urgence, et surtout, ils jouent dans le monde entier, ils sont accueillis partout à bras ouverts, alors que pour tourner à l’étranger pour un français, c’est très difficile. Enfin, c’est encore un vaste débat !
Franck Rabeyrolles aime tricoter du bon son. Le patron du label montpelliérain Wool Recordings sort la première compilation de la maison : Wooly Jumpers ,un petit bijou de dix-huit titres. On y retrouve des perles inédites, d’autres difficiles à trouver car sorties en édition limitée en vinyles. Il y a là des invités et des artistes du label. Un précieux sésame pour découvrir l’univers subtil de ce label à sensibilité post-folk, entre musique psychédélique, influences seventies et sonorités électroniques. Rencontre avec Franck Rabeyrolles, activiste de la scène montpelliéraine et d’ailleurs.
Quand as-tu créé le label, peux-tu nous dresser son portrait, sa couleur, le nombre d'artistes passés par là ? Pourquoi une compile maintenant ? Tu es basé à Montpellier mais tu as beaucoup de contact avec l’Angleterre ?
La création du label ce doit être 2004. Au départ, c'était pour le premier album de Double U. Il y a eu le premier Ep de Collage et quelques maxis... Puis il y a eu une période de silence de 2005 à 2008. Ça fait deux ans que je m’y suis vraiment consacré à nouveau. Notre catalogue est encore très petit, mais ça s’étoffe doucement : Collage, Sarabeth Tucek, Luther Russell, Laetitia Sadier, Franklin, Double U, Suddenly Sunshine…
Pour ce qui est de la couleur on va dire que c'est une maison d'artistes qui abrite des projets d'artistes. Notre spécificité c'est d'être assez vinyle et pressage limité... La couleur est plutôt pop mais au sens moderne crossover divergent. On peut passer d'un projet folk à quelque chose de beaucoup plus électronique sans souci... Je sors des disques au coup de cœur. La compile c'est justement pour permettre aux gens de mieux voir ce que nous avons envie de faire. On comprend mieux notre philosophie générale à travers ce disque, ce côté un peu transversal. Il est vrai que notre distributeur principal est Anglais alors c'est un peu notre point d'ancrage. La France a du mal à reconnaitre la qualité de ses artistes, de ses labels, des acteurs de la scène indé en général, ce qui explique l’envie "d'ailleurs". Et puis tout est tellement "codé" ici…
On voit des noms peu connu comme le néo-zélandais Connan Mockasin et son univers fantastique, Peter Broderick qui invite au voyage mais aussi le New-yorkais Luther Russel ou Lesser Gonzalez, américain d’origine cubaine, signé sur Carpark. C’est finalement une compile éclectique. Comment as-tu procédé pour inviter tout ce monde sur la compile ?
L'éclectisme est un mot parfois un peu fourre-tout. O n’a pas cherché ce côté patchwork vraiment. Ça s'est fait sur des rencontres, des coups de cœur. Il est vrai qu'il y a un côté assez worldwide. Mais c'est plus le côté "global" "internet" de notre société qui est comme ça. Tu as parlé de voyage… ce mot me parle. Moi j'aime le nomadisme par dessus tout en musique. Pour avoir ces artistes sur la compile je ne cache pas que ça a été un peu long et un peu usant des fois. Il y a quand même 18 morceaux, ça fait pas mal d'artistes et de labels à contacter et à rassurer...
La compile commence par un morceau qui date de 1969, curieux pour présenter ce que fait le label ? En quoi "Drug song" a-t-il son importance ici ?
Un ami m'a fait découvrir la musique de Dave Bixby et j'ai eu le coup de foudre pour ce folk complètement hanté, religieusement beau. J'ai pris contact avec lui et ça s'est fait le plus simplement du monde... "Drug song" c'est aussi pour le côté "Song writing". Je crois que c'est une valeur très importante pour le label. Le côté écrire de belles chansons, peu importe comment, avec qui, avec quoi, c’est l'écriture…
Ce n’est pas la première fois qu’on voit le nom de Laetitia Sadier (ex-chanteuse du groupe anglais Stereolab) associé à Wool Recordings. Quelles ont-été vos collaborations passées ? Statues est un morceau nouveau ?
On a rencontré Laetitia à Londres pour un concert de Franklin [l’un des pseudos de Franck], puis on a pris contact par email. Elle a participé à un morceau du dernier Double U, "Interludic". Elle nous a donné une version très minimale et épurée de Statues qui est aussi sur son album mais pas dans la même version. On a un autre projet de disque avec Laetitia pour 2011.
Quels sont les morceaux inédits, et ceux qui existaient déjà ?
Les morceaux de Montag, Lesser Gonzales, Sarabeth Tucek, Double U, Castanets, Luther Russell... sont complètement inédits. Les autres sont déja sortis mais la sélection est pointue. Certains artistes ne sont pas distribués en France. Au final ça fait pas mal d'inédits tout de même…
Sunddenly Shunshine, groupe montpelliérain, vient tout juste de sortir un premier Ep chez toi, tout comme les Italiens de A Classic Education (label Lefse Records), c’est une belle promo. Tu peux nous en parler ?
Pour les Suddenly Sunshine c'est une histoire d'amitié et de musique... J'ai tout de suite accroché à l'idée d'enrichir leur folk avec des arrangements de cuivres et cordes. On va travailler sur un album. Je me suis pas mal investi sur ce disque au niveau de la prod, j'ai joué aussi dessus, j'aimerais bien que ca marche pour eux. Stéphane des Suddenly est un mélomane fou et on se connait depuis très longtemps. C'est important d'être bien avec les artistes pour un label. La relation juste financière ou administrative est très déprimante si on en reste là avec les artistes qu'on signe.
C'est le premier projet vraiment français que je sors. Je suis très heureux avec ce disque, on est allé au bout des choses avec la pochette, le remix de Isan… Pour Classic Education, des choses sont prévues mais dans le futur. On devait sortir leur 8 titres en Europe, ça ne s'est finalement pas fait. Ils sont sur la compile, on adore leur musique ici et on espère bien faire quelque chose d'ici peu.
Tes coups de cœur parmi les 18 tracks.
Je n'ai pas de préférences, vraiment. C'est vrai que Connan Mockasin c'est très séduisant, très "Catchy". Wolf people aussi, le côté stoner / garage ne me déplaît pas non plus…
Des artistes que tu souhaites particulièrement présenter ?
On a deux projets important début 2011. Deux 45 tours : un de Franklin avec un remix de Com Truise, le remix est assez fou, Com Truise a un son unique, il a déjà remixé Neon Indian, Twin Shadow, ça buzz déjà beaucoup pour lui. Il y a aussi ce single avec War on drugs mais je ne peux pas en dire plus… Et aussi, plus tard, ce disque avec Laetitia Sadier et l'album de Franklin. De quoi bien s'amuser.
Dans la compile, on retrouve tes tracks avec tes différents projets, Double U et Franklin, en quoi différencies-tu leurs univers ? Ce sont des morceaux inédits ? D'autres projets perso sont prévus pour 2011 ?
Oui les morceaux sont inédits. Double U c'est le côté mélo plus introspectif et Franklin le côté plus "psyché", moins "chanson"… C'est de la douce schizophrénie, rien de grave. À part l'album de Franklin, pas de nouveau pseudo en perspective. C'est vrai que faire un album Franck Rabeyrolles ça me tente bien… Mais ca va finir en total ego trip tout ça !
C'est justement pour échapper à ça que j'ai eu envie de reprendre le label de façon très sérieuse depuis deux ans. C'est un fabuleux moyen d'expression que j'ai envie de partager avec pleins de gens. Je pense que ce n'est que le début de l'aventure même si le contexte est plutôt difficile.
On peut espérer un concert pour 2011 qui réunisse un maximum de ces artistes ?
Pas vraiment de soirée Wool prévue pour le moment. Mais faire un plateau en réunissant quelques artistes disponibles dans une belle salle ça me dirait bien.
Un volume 2 est-il prévu ?
Trop tôt pour le dire. Je n'ai pas envie de faire de cette compile un truc routinier. On verra, il faut d'abord que les gens l'écoutent, l'aiment et l'achètent. Car tout part de là.
Leur prestation scénique en ouverture d’Hocus Pocus nous avait littéralement laissé sur le cul, alors on a voulu en savoir plus. Tha Trickaz est un duo de dj d’origine vietnamienne installés à Paris qui s’amuse à dynamiter les codes du milieu hip hop à base de scratch, de sampling et de boîte à rythme. Après un album explosif en 2000 (déjà), et récemment The Cloud Ep, ils reviennent cette année avec le vinyle 2 titres Megaphone, de quoi encore une fois vous retourner le cerveau. Entretien.
Vous emblez faire de la musique ensembles depuis un bon bout de temps. Qu’est-ce qui a changé autour de vous depuis vos débuts ?
Déjà, à nos débuts, il n’y avait pas encore internet, ni d’euros, ni de serato (logiciel de dj)! Disons qu’on a commencé peu avant l’apparition du web et tous les soft crakés. On a donc vu et vécu une énorme évolution aussi bien dans notre manière de travailler que dans l’industrie musicale de manière générale. Au début, on avait chacun notre boulot à côté de la musique, c’était boulot alimentaire la journée et session de beatmaking la nuit. Très fatiguant à vrai dire d’enchaîner les deux. Résultat : on a appris à dormir au taf. Puis au fur et à mesure des années nous avons réussi à devenir intermittents du spectacle grâce à nos concerts un peu partout en Europe et en Asie.
Vous proposez de nombreux featurings. Quel serait votre featuring de rêve et pourquoi ?
Forcément il y a plusieurs feat dont on rêve. D’abord niveau MC, on aimerait faire un track avec Method Man & Redman, parce que voilà, c’est eux les stars du rap ! Et qu’on adore ca ! Niveau beatmaker/producteur, il y a bien-sûr Dj Shadow, Bonobo ou même Amon Tobin…
Vous semblez être très inspirés des mangas et de la culture orientale. Quelles sont vos références ultimes en la matière et qu’ont-ils que les dessins animés ou Bd plus occidentales n’ont pas ?
On est bien-sûr à fond de Dragon Ball, Nicky Larson, Ken, Chevaliers du Zodiaque etc depuis qu’on est gamins… La génération Dorothée quoi… Mais récemment les mangas de la nouvelle génération nous ont offert de très belles surprises, surtout avec Naruto et One piece, la ou les Manga de "bastons" ont pris une autre ampleur comparés à leurs prédécesseurs tels que Dragon Ball Z. L’univers japonais est vraiment très différent et n’a rien à voir avec la Bd traditionnelle occidentale. Mais Dorothée nous a bien éduqués, elle nous a donné goût a tous ces mangas, et on la remercie pour ça!
Votre show à la différence de nombreux autres artistes électroniques semble vraiment joué en direct. Qu’est-ce qui fait cette différence ?
Et bien oui nous jouons presque tout grâce à nos dix doigts, munis de mpc, platines, effets, synthés analogiques. Nous nous forçons à reproduire nos morceaux en jouant le maximum de choses possibles. Nous ne sommes pas très friands de Dj Set, on s’y ennuie très vite, on a besoin d’un minimum de risques, de jouer vraiment notre musique, c’est ce qui la rend plus vivante et organique.
Etes-vous en rapport avec Wax Taylor ?
Nous avons gagné son remix contest l’année dernière, et avons eu l’honneur de faire sa première partie lors de sa tournée française. Alors pourquoi pas un nouveau remix ?!
Pour vous qu’est-ce qui est le plus important ? L’image ou le son ?
Les deux bien-sûr! Mais pour l’instant on fait le son. La vidéo va venir, promis ! Nous avons toujours accordé une grande importance à la vidéo par rapport à la musique. Nous sommes en ce moment même en train de développer notre live vidéo, mais c’est un boulot monstrueux de post prod et de scénographie.
Quelque chose à dire en particulier ?
Cassius - The sound of violence (Tha Trickaz remix) sortira a la fin de cette année sur Cassius Records ! Otodayo !
Il en aura surpris plus d’un cet album. C’est sûr. Bien plus qu’un énième "collectif" folk périssable, la famille californienne de l’année a su se trouver un créneau musical qui lui va bien et qui nous nous enchante. Alors forcément on a voulu en savoir un peu plus. Chef de tribu sans l’être, Sebastian Keefe a bien voulu répondre aux questions de Nickx et ainsi nous dévoiler quelques scoops.
Question classique mais immanquable, quelles sont vos influences ?
Nous écoutons beaucoup de classiques : Bodb Dylan, George Harrison, Tom Petty, Joni Mitchell, mais aussi beaucoup de nouveaux trucs comme Kesha, Phoenix, Givers, Warpaint, Grizzly Bear, Hooray For Earth. C’est intéressant d’avoir une idée d’où se situe notre musique aujourd’hui.
Avez-vous du succès aux Etats-Unis ?
Et bien nous sommes assez fortunés pour avoir fait le tour du pays avec d’autres supers groupes, et à l’heure où nous parlons nous commençons à travailler sur un nouvel album. Jusqu’à présent nous avons été très bien reçus, et tous les encouragements de fans nous font nous sentir très chanceux. Donc oui, je trouve que nous avons du succès.
Votre groupe était-il un groupe de "campus" à la base ?
Non. Quelques uns d’entre nous se sont rencontrés à l’université, mais nous en avions déjà assez de la vie de campus lorsque nous avons créé le groupe.
Pourquoi votre album sort avec un packaging si différent en Europe ?
La version européenne de notre album comporte des chansons différentes de la version américaine donc nous avons pensé que ce serait une bonne idée de faire un artwork différent également. Tout simplement.
Quel est votre album de folk préféré de ces dix dernières années ?
Where The Humans Eat par Willy Mason, ainsi que son album suivant If The Ocean Gets Rough. C’est un ami proche, mais plus que tout c’est un excellent songwriter qui a beaucoup de sagesse à partager.
Etes-vous préparés à un succès massif ?
Nous l’espérons.
Avez-vous d’autres hobbies que la musique ?
James adore cuisiner. Joe aime jouer au foot. Christina aime faire du vélo. Et moi j’aime pêcher.
Etes-vous intéressés par la culture européenne, plus spécifiquement par la littérature ou le cinéma ?
L’histoire de l’Europe est très intéressante. Surtout celle des Romains et l’époque du moyen-âge. Joe aime aussi beaucoup la musique classique. Mais plus que tout nous sommes impatients de découvrir toutes ces villes historiques en tournée.
Que pensez-vous de la scène folk anglaise et mixte des années 70’s (Pentangle, Fairport Convention, Steeleye Span) ?
Honnêtement ces dernières années nous avons essentiellement écouté les grands classiques folk californiens. Joe et moi-même sommes de Wales et notre père ne nous a fait écouter de la folk anglaise que lorsque nous étions enfants.
Etes-vous électriques par choix, ou est-ce quelqu’un qui influence cette direction dans le groupe ?
Rien n’est vraiment fait exprès. Nous ne voulons pas paraître prétentieux, mais chez nous la musique sort naturellement sans effort de réflexion préalable. Des fois c’est affreux et des fois c’est très bon.
C’est désormais une affaire qui roule. La quatrième édition des compilations montées par le très bon webzine musical et ami Goûte Mes Disques (anciennement Liability) vient de voir le jour et devrait logiquement remporter un succès encore supérieur à celui de ses prédécesseurs. L’objectif est simple : faire découvrir bonnes surprises et groupes sous-médiatisés en proposant un titre gratuitement. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce quatrième opus est sans fausse note aucune taillé pour l’été.
Ca commence d’ailleurs très fort avec une première brochette de titres tubesques. Le duo danois Quadron y présente son "Slippin", le parisien Nick & The Mirrors continue sur la lancée avec un très bon "Once upon a child" et Quadricolor enfonce le clou avec un "Euphony" débridé. Le ton se durcit un peu en avançant dans le disque, notamment avec We Are Enfant Terrible qui commence à tendre vers le dance floor, tout comme Axel & The Farmers un peu plus loin. Entre les deux vous trouverez également du très bon rock (la chanteuse d’Atlanta Bosco, mais aussi les bruxellois de Busty Duck).
C’est donc une programmation très éclectique et internationale que nous propose GMD, et à vrai dire il n’y a pas grand-chose à jeter. Tout juste les belges &lz et les anglais Hook & The Twin remportent un peu moins mon adhésion, mais ça n’est qu’une histoire de goût. Sans surprise, "One on one" des excellents Clara Clara est mon petit chouchou de cette compilation qui on l’espère chez Dodb connaîtra de nombreuses suites.
En attendant nous vous proposons d’en savoir un peu plus sur le projet avec l’interview de Jeff Lemaire rédac chef de GMD et principal coupable de cet objet.
"One on One" par Clara Clara :
Bonjour Jeff, peux-tu nous dire rapidement qui tu es ?
Jeff Lemaire, interprète de conférence le jour, rédacteur en chef de Goûte Mes Disques le reste du temps!
Comment est née l’idée de ces compilations Jeunes Pousses ? Quel en est l’objectif ?
Il faut savoir que les webzines sont très régulièrement contactés par des groupes débutants à la recherche d'oreilles critiques prêtes à juger leur première démo ou leur EP/album fraîchement débarqué. Et très souvent, lorsque ceux-ci valent le détour, le papier qu'on leur consacre se retrouve parachuté entre une chronique de MGMT et une autre de Hot Chip. Nous nous sommes dit que ces "jeunes pousses" méritaient mieux que ça. Et surtout, plutôt que de demander au lecteur d'aller chercher du son, on préférait lui en donner. On le sait : il y a une certaine frilosité chez une bonne partie du lectorat, qui préfère écouter les quinze mêmes groupes plutôt que d’aller à la découverte de groupes inconnus. Bref, avec une initiative comme Jeunes Pousses, on prémache la tâche pour les plus paresseux ou frileux de nos lecteurs.
Qui se charge de la programmation de ces compilations ?
C'est un effort purement collectif, même si le rédacteur en chef a toujours le dernier mot. Enfin, pour le moment, je n'ai pas été confronté à d'énormes levées de bouclier! Bref, pendant plusieurs semaines, les rédacteurs proposent leurs candidats. On en a généralement une quarantaine, mais ils ne sont plus qu'une bonne quinzaine après l'écrémage sur base des préférences de chacun.
"Slippin" par Quadron :
Y a-t-il une volonté de coller à la ligne éditoriale de Goûte Mes Disques ?
Oui, bien sûr. Enfin, on essaie. On est un peu tributaires de nos déambulations sur le Net et des groupes qui nous contactent histoire de voir si l'on n'a pas envie de parler d'eux. Mais globalement parlant, je pense que les premiers volumes collaient à notre ligne éditoriale pop / rock / electro / hip hop, et on compte bien continuer dans cette voie.
Techniquement, comment cela se passe t-il ? Contactes-tu tous les groupes afin d’avoir leur accord ?
Toujours. Un mail poli fait généralement l'affaire.
Comment est perçu ce genre de démarche par les artistes eux-mêmes ?
Très bien je pense. Forcément, pour un groupe débutant et/ou complètement inconnu par chez nous, se dire que la page va être consultée par environ 1.500 personnes en quelques jours, c'est forcément une bonne nouvelle, quitte à y laisser un MP3 dans la bataille! Lorsque nous avons élaboré le dernier volume, j'ai vraiment pris conscience de la popularité de l'initiative : en quelques jours à peine, tous les groupes avaient répondu positivement à nos requêtes. Forcément, ça fait plaisir.
A terme, que vont devenir les compilations Jeunes Pousses ? Des évolutions en vue ?
Franchement, pour une équipe comme celle de Goûte Mes Disques, composée exclusivement de bénévoles, il va être difficile de pousser encore un peu plus le produit ou de le faire évoluer. Pour une structure qui fonctionne à 95% grâce au travail d'une poignée de motivés, se dire qu'on a pu sortir quatre volumes de Jeunes Pousses en aussi peu de temps, c'est déjà un accomplissement énorme. D'autant plus que pour ce qui est du versant électro du site, nous avons nos "Goûte Mes Mix", qui nécessitent également pas mal de boulot. Sans parler du fonctionnement du site au quotidien! Aujourd'hui, la concurrence avec les blogs et les sites professionnels et vraiment acharnée, et ce n'est pas facile tous les jours de faire tourner le site. Mais franchement, quand je réécoute les quatre compilations Jeunes Pousses qu'on a produites, je me dis que le jeu en vaut clairement la chandelle!
Le lien pour télécharger gratuitement la compilation et le site de Goûte Mes Disques
Rappelez-vous il y a quelques semaines nous vous parlions de Mount McKinley l’un des plus excitants duos du New Jersey, et bien c’en était trop, il fallait leur poser quelques questions. Le chanteur / guitariste Dylan White et le batteur Joe Bland on gentiment accepté d’y répondre, et avec l’innocence de la jeunesse qui les caractérise, ils n’hésitent pas à citer Mickaël Jackson ou Radiohead en influences alors que leurs premiers morceaux nous rappellent davantage My Bloody Valentine et tout le récent revival shoegaze américain.
Bonjour, pensez-vous que "Rainsand" soit votre meilleur morceau ?
Dylan: C’est difficile pour moi de dire ça, parce que j’aime tellement jouer chaque morceau pour une raison différente. Mais j’aime "Rainsand" pour ses variations de dynamique plus que les autres c’est sûr.
Joe: Je dirais que c’est en tout cas notre meilleur enregistrement. On est arrivés à faire "Rainsand" après avoir traversé une période d’écriture assez longue. Nous l’avions mise de côté avec les chansons "à finir". Quand nous y sommes finalement retournés, nous l’avons aimée et préparée pour l’enregistrement.
"In the dark" au casque et un parfait "mur du son". Ca me fait penser à Neutral Milk Hotel qui habillait ses mélodies pop parfaites de sons beaucoup plus lo-fi. Vous les connaissez? Vous avez d’autres références dans le genre "mur du son"?
Dylan: Je me souviens avoir découvert Neutral Milk Hotel au collège. C’était une révélation. Je suis un grand fan de cet effet "mur du son". Nous sonnons aussi comme ça parce que, vu que l’on n’est que deux, nous avons besoin de certains effets pour compenser l’absence de bassiste et remplir l’espace sonore. Mon "mur du son" préféré ce sont les dernières minutes du "Bros" de Panda Bear.
Vous êtes de la même ville que Real Estate (Summit, New Jersey), êtes-vous des amis proches?
Dylan: Nous habitons en fait à 40 minutes les uns des autres. Je les ai vus jouer dans un jardin l’été dernier et ils étaient géniaux. Je ne leur ai pas parlé longtemps, mais ils avaient l’air cools. J’aime leur musique.
Avez-vous conscience de ce courant appelé "chillwave" ou "blog rock"? Comment auriez-vous fait pour vous faire connaître sans blogs ?
Joe: Je ne pense pas que nous soyons très conscients de cela en fait. Nous ne sommes mêmes toujours pas sûrs de ce qu’est ce courant mais les blogs sont en tous cas devenus incontournables pour promouvoir les nouveaux groupes. Je ne sais pas ce que nous aurions fait sans eux. On se serait certainement plus impliqués dans notre Myspace.
Découvrez-vous beaucoup de musique via Internet ?
Dylan: Toute la musique que je découvre passé par Internet, mais rarement par les blogs. Et en fait, je n’ai pas autant d’appétit pour la nouveauté que d’autres fans de musique. Ca me suffit presque d’écouter Michael Jackson et Radiohead en boucle. Mais peut-être qu’il est temps que je m’y mette.
Comment composez-vous vos morceaux ? J’ai entendu parler de jam sessions ?
Dylan : On écrit tout ensemble. Quand on joue quelque chose vite fait et que ça nous plait, on s’arrête et on passe le reste du temps à développer l’idée. Quoi qu’il en soit c’est toujours un travail d’équipe.
Que pensez-vous de l’industrie de la musique? Est-ce que vous cherchez un label ?
Joe: On ne connait pas grand chose là-dessus, et c’est encore assez récent donc on n’a pas des tonnes de proposition non plus. Mais c’est sûr que ce serait bien d’avoir un label.
Allez-vous sortir des disques physiques?
Joe : On n’en est pas encore là. On est déjà assez contents comme ça pour le moment de pouvoir faire du digital.
Comptez-vous tourner en Europe? France?
Dylan: Complètement! J’espère qu’un jour on aura assez de budget pour tourner en Europe en tant que groupe. Rien que cette idée m’excite !
Quelles sont vos influences passées et présentes?
Dylan: Il y en a tant. Ce qui me vient à l’esprit en ce moment : Michael Jackson, Deerhunter, Radiohead, Slowdive, Animal Collective, Yo La Tengo… je pourrais continuer longtemps.
Joe: Je me suis récemment rattrapé en écoutant de nouveaux trucs comme Bibio, Belong ou Hella.
Quel est le dernier groupe qui vous a complètement surpris (Je veux dire qui vous a vraiment fait exploser la tête)?
Dylan: Hmm… Et bien je ne sais pas si ça m’a surpris mais ma tête a récemment explosé quand j’ai finalement écouté “Invention” de Daedelus.
Joe: J’ai entendu “You Fail Me” de Converge il n’y a pas longtemps et pour la première fois ça m’a ravagé.
Il est l’une des nouvelles célébrités musicales de ce début d’année grâce à son incroyable disque remixant le Wu-Tang et les Beatles et il a accepté de répondre à nos questions. Tom Caruana, producteur, rappeur et multi-instrumentaliste Anglais s’étonne ainsi du succès de cet étrange medley, et nous parle de ses projets à venir, dans la plus grande simplicité. Entretien.
Bonjour Tom. T’attendais-tu à un tel succès avec Enter The Magical Mystery Chambers ou est-ce que tu l’as juste réalisé pour le fun ?
Au début pour moi c’était juste pour le plaisir, chercher de vieux samples des Beatles, des acapellas du Wu-Tang, et les mettre ensembles. J’adore ces deux groupes donc c’était une chance d’explorer profondément leur musique. Je ne m’attendais vraiment pas à un tel succès, mais j’espérais quand même une plus grande popularité que mes précédents projets. J’avais surtout envie de créer, et au début je comptais simplement remixer du Wu-Tang avant de penser y rajouter du Beatles.
Combien de temps cela t’as pris pour réaliser Enter The Magical Mystery Chambers ?
Au tout pour tout cela m’a pris 2 mois et demi. J’ai passé les deux premiers mois à chercher les samples, les acapellas et à faire le mix, et les deux dernières semaines à terminer le mixage, à placer les titres en séquence et à ajouter le spoken word.
Est-ce que le Wu-Tang et les ayants droits des Bealtes étaient au courant du projet ? N’y a-t-il pas des problèmes légaux à utiliser ce matériel ?
Non ils n’étaient pas au courant. Je n’avais jamais imaginé combien ce projet récolterait de communication, je pensais simplement le faire pour les amis de ma mailing-list habituelle (quelques centaines de personnes). Je ne sais pas s’ils me contacteront pour que je l’enlève de la toile, mais vu que c’est un projet gratuit j’espère que cela ne les dérangera pas.
Est-ce que Enter The Magical Mystery Chambers sortira en support physique un jour ? En vinyle ?
J’aimerais bien. J’adorerais le voir en vinyle ! Mais à priori cela n’arrivera pas puisque ce serait étrange de toucher de l’argent pour des musiques dont je n’ai pas les droits. Ce serait difficile d’obtenir les droits de tous ces samples, même si beaucoup d’entre eux sont des reprises.
Comment as-tu construit les morceaux ? Les Beatles en premier ? Le Wu-Tang en premier ?
Je suis toujours parti des acapellas du Wu-Tang, afin d’avoir le bon tempo, d’ajouter quelques percussions, et ensuite essayer avec différents samples. Ensuite une fois que je trouve le bon sample, les percussions évoluent pour coller avec.
Qu’est-ce que tu préfères, remixer, chanter, jouer d’un instrument ?
J’ai toujours aimé faire plein de choses différentes en musique. Je m’ennuie à faire trop longtemps la même chose. Mais je dois dire que remixer est très plaisant et peut être instantanément satisfaisant, mais que cela finit par être assez limité car il faut toujours que cela colle avec les chants.
Ta nouvelle célébrité a certainement du amener quelques gens à écouter tes anciennes réalisations comme Welcome Aboard. Que peux-tu dire à ce sujet ?
Mes anciennes réalisations solo sont assez différentes de mes projets de remix. Pour être honnête, je ne m’attends pas à ce que tout le monde apprécie. J’aime également construire des chansons entièrement par moi-même, parce que parfois collaborer peut être très difficile. J’ai fait un album avec Grand Agent (ndlr : MC de Philadelphie) récemment, je lui ai envoyé quelques beats, il m’a envoyé quelques paroles chantées, et ensuite j’ai mixé le beat autour de ses paroles. C’était une manière très agréable de travailler vu que je pouvais travailler en restant chez moi, sans avoir quelqu’un du studio pour me dire de changer ceci ou cela.
Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?
Je vais réaliser une poignée d’autres remix, j’en ai un de J-Live (ndlr : un MC New-Yorkais) que j’ai commencé avant que Mystery Chambers ne sorte. J’ai aussi d’autres projets qui sont en cours depuis un moment et que j’aimerais finir. Cela inclut notamment Bombadeal, un album concept autour d’une forêt mystique, The Eclectic Maybe Band qui est une de mes productions avec différents chanteurs, et enfin Klondike Kids qui est un projet instrumental avec Dutch Courage (ndlr : un folkeux du Wisconsin).
Question difficile, préfères-tu le hip-hop ou la pop ?
J’écoute beaucoup plus de musique non hip-hop que de hip-hop. Il y a plein de hip-hop que j’apprécie, mais les années 60 et 70 me conviennent mieux.
Sans aucune objectivité, quels sont tes 5 albums préférés de tous les temps ?
C’est toujours une question difficile, j’ai au moins une centaine d’albums préférés, mais essayons :
Songs Of Innocence - David Axelrod Songs In The Key Of Life - Stevie Wonder The White Album - The Beatles There's A Riot Going On - Sly and the Family Stone Mother Natures Son - Ramsey Lewis