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07 mars 2025
The 13th Floor Elevators - The Psychedelic Sounds Of The 13th Floor Elevators (1966)
L'album qui encapsule les années psychédéliques du garage US ne contient pas l'ombre d'un effet psychédélique. Bon il y a bien une cruche électrifiée à l'arrière-plan mais pourquoi pinailler !
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22 juin 2023
The Electric Prunes - I Had Too Much To Dream (Last Night) (1967)
C'est l'histoire d'un garage band comme il y en eut des milliers aux USA. Eux venaient de LA et tout en créant principalement les chansons des autres, sont rentrés dans l'histoire. Explication.
En 1967, quatre jeunes angelenos jouent depuis déjà quelques mois une surf music mâtinée de rhythm and blues et au quatuor initial initialement nommé The Sanctions puis Jim and The Lords, s'adjoint rapidement un nouveau membre prêt à en découdre.
Le noyau dur composé de Jim Lowe (leader beau gosse et chanteur) et Mark Tulin (basse et orgue), principaux pourvoyeurs de chansons, a déjà enregistré une paire de singles pour Warner/Reprise, du rhythm and blues avec Bo Diddley beat de rigueur, mais hélas ces titres ("Ain't it hard", "Little Olive") n'ont obtenu qu'un succès modeste.
C'est là que le producteur omnipotent du groupe Dave Hassinger, décide de faire appel à des songwriters pour pourvoir en chansons ses protégés qui entre temps ont eu la bonne idée de se frotter au psychédélisme. Si on connaît les grands duos d'hommes (Leiber and Stoller, Pomus et Schuman) voire les trios (Holland/Dozier/Holland) ou bien les binômes mixtes (le mythique couple Goffin/King), on connaît moins les duos féminins. Or Annette Tucker et Nancy Mantz seront les auteures/compositrices des futurs succès des Electric Prunes ; la première a déjà fourbi ses armes en écrivant pour Frank Sinatra, et écrira pour Tom Jones ou... les Jackson 5, excusez du peu.
Et ça démarre fort : la chanson-titre du premier Lp des garçons est un hit et accessoirement un morceau monstrueux que tous les apprentis garagistes de la planète ont repris : l'un des 5 plus grands singles de la fertile scène US. Ce titre seul est dépositaire du son infernal, principale signature des Electric Prunes, au-delà même des chansons fabuleuses de leur répertoire. Tout le monde connaît ce tremolo de guitare en ré qui déchire l'intro de "I had too much to dream (last night)".
S'ensuit "Bangles", fabuleuse composition extérieure (de Joe Walsh) créée par le groupe introduite soit par un Moog soit par une guitare trafiquée... en tout cas cela sonne comme un basson ! Puis la délicate ballade "Onie", romantique et belle comme du Everly Brothers.
"Are you lovin' more (but enjoying less ?)" - quel intitulé - est un autre des moments forts du Lp, guitares qui claquent, chambre d'écho affolante, petit Farfisa aigrelet ; tout concourt à faire de ce morceau un titre parfait. Composé par Jim Lowe et ses hommes, la dreamy "Train for tomorrow" évolue en tournerie jazzy, dans une outro de haute volée.
Puis "Sold to the highest bidder" est une endiablée danse aux accents kazakh emmenée par une irrésistible ligne de mandoline.
"Get me to the world on time" enfonce le clou de "I had too much"... en face B, tandis que Luvin', autre composition de Jim Lowe est un blues lardé d'écho. Irrésistible hymne macho (et pourtant écrit par un duo féminin), "Try me on for size" qui trouve le chanteur à son plus guttural est un peu le "Under my thumb" des Prunes….et accessoirement la version embryonnaire du « Si tu veux m’essayer » de Florent Pagny à paraître des années plus tard..
N'était un brelan de morceaux plus anodins et parfois décriés en face B - et encore - "The king is in the counting house" et son clavecin baroque ferait une mignardise Kinksienne du plus bel effet, on est frappé de la force de persuasion des Electric Prunes et de leur feedback à nulle autre pareil.
Aucun groupe n'a jamais sonné comme ça, à part peut-être les très culte The Balloon Farm qui à la même période pondaient un "Question of temperature" (repris notamment par les Lords of The New Church), seule chanson des Electric Prunes que les Electric prunes ont oublié d'écrire. Bill Inglot ingénieur du son et spécialiste des remasterisations de classiques, confessait n'avoir jamais pu percer le secret des enregistrements quatre pistes du groupe, préférant ainsi laisser intacte la matrice dans son travail de réédition.
En 1967, paraîtront également "Underground" deuxième album fabuleux et chant du cygne composé quasi intégralement par le groupe avec un mix douteux de Hassinger qui renforce d'autant son étrangeté. Puis une messe psychédélique sur laquelle ne subsistent que trois membres du groupe.
Avant que Hassinger ne phagocyte totalement l'entité Electric Prunes en utilisant le nom (fait commun à l'époque, voir The Strawberry Alarm Clock entre autres) substituant au merveilleux quintette originel un aréopage de tacherons qui enregistrerait deux derniers albums terriblement vains et sans la moindre filiation sonore ni généalogique.
En bref : les chansons et le son : une alchimie unique qui fait des Electric Prunes un groupe définitivement à part et essentiel du fertile âge d'or des garage-bands US.

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08 novembre 2017
Dream Machine - The Illusion (2017)
Matthew et Doris Melton ont fait le buzz bien malgré eux, lors d'une interview où ils fustigeaient la politique migratoire sur le sol nord-américain. De pro-Trumpistes à réacs notoires, la volée de bois vert ne s'est pas fait attendre. Ils s'en sont depuis expliqué (et non justifié), mais ont retenu la leçon : mieux vaut ne pas sortir des sentiers battus ni exprimer une opinion politiquement incorrecte - Morrissey en sait également quelque chose.
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28 mai 2014
Thee Oh Sees - Drop (2014)
Alors que certains annonçaient leur séparation il y a peu, Thee Oh Sees refait surface avec un album sorti à peine un an après le génial Floating Coffin. Entre électrisme psychédélique et rock sulfureux, les californiens livrent avec Drop un album abrasif, nouvel avorton en série qui succède à pas moins de 9 galettes régurgitées en 7 ans...
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11 mars 2014
Jay Reatard, Better Than Something (2012)
Depuis son décès prématuré et inattendu il y a quatre ans déjà, Jay Reatard continue de faire parler de lui. Tout récemment le label lyonnais créé pour l'occasion (Teenage Hate Records, en référence au premier album de Jay) a édité un très beau disque en son honneur avec des reprises de ses "classiques" par la fine fleur des groupes garage français actuels (JC Satan, Cheveu, The Rebels Of Tijuana...) intitulé Jay Reatard, A French Tribute. Son rock nerveux mais mélodique n'a cessé d'inspirer une horde de groupes qui lui doivent tout, pas de Ty Segall ni de Thee Oh Sees sans Jay selon moi. Mais ce qui nous intéresse ici c'est ce documentaire vidéo réalisé en 2012 par Alex Hammond et Ian Markiewicz, sorti en DVD en 2013 et accompagné d'une compilation vinyle qu'il est aujourd'hui difficile de se procurer. C'est à ma connaissance le seul documentaire digne de ce nom qu'il m'ait été donné de voir à son sujet. Sans être révolutionnaire sur la forme, ce film d'1h30 explique bien des choses sur ce personnage unique en son genre, véritable étoile filante de l'alternative US, parti bien trop tôt mais à jamais au panthéon des artistes maudits.
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26 juillet 2013
Young Rival - Stay Young (2013)
La scène canadienne a de
beaux jours devant elle. Dans le sillage du grand frère
Arcade Fire, le rock et la pop de ces grands espaces ne cessent de
s'enrichir. Et c'est dans cette perspective qu'il faut approcher le
trio Young Rival. Ni copie de Arcade Fire ou de leurs amis les Born
Ruffians, les Young Rival sortent un second album, Stay Young,
à la fois très sixties et proche des Arctic Monkeys (les
voix des chanteurs des deux groupes ont parfois une proximité
troublante) et des Strokes.
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23 mai 2012
Magnetix - Drogue électrique (2012)
Supplément d'âme à l'indispensable dernier album, ce petit 45 tours ravira les fans de Magnetix, meilleur groupe garage de Bordeaux du monde, selon la formule consacrée à Dodb. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, Magnetix c'est un trash garage qui met au jour des capacités d'abrasion insoupçonnées chez une guitare ou une voix humaine, en lorgnant de temps en temps du côté des Cramps et de Morricone. Et en plus, ils savent écrire des chansons. Au menu de notre en-cas, une pochette marrante, où nos deux musicos frisent visiblement l'overdose de substance électrique, et trois titres à écouter sans réserve.
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04 mai 2012
The Black keys - El camino (2011)
Dernier album des maintenant très (trop) populaires The Black Keys, El Camino s'institue comme une usine à tubes. De la terre sale et graveleuse du blues rock au bitume policé de la musique pop-rock taillée pour les ondes FM, les deux compères semblent s'être endormis sur l'aire de l'autoroute qui mène au succès... Explications.
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02 février 2011
Joseph Patel & Aaron Brown - New Garage Explosion, In Love With These Times (2010)
Jay Reatard, Girls, Thee Oh Sees, Black Lips, Vivian Girls, Magic Kids, Ty Segall, The Barbaras, Wavves, The Oblivians, Davilla 666… Si ces noms ne vous évoquent rien et que vous n’êtes pas curieux, passez votre chemin. Si en revanche ça vous dit quelque chose et que vous avez envie d’en savoir plus, ou que vous êtes carrément fan, ce documentaire est fait pour vous. Conçu par deux réalisateurs de clips et le journaliste Mike McGoniga, le film se penche durant 1h15 (quand même) sur le renouveau du style "garage rock" que l’on vit depuis quelques années outre-Atlantique, notamment du côté de Memphis et Detroit. A priori non-édité en physique, New Garage Explosion est par contre disponible en streaming intégral (non sous-titré mais bon ça va), alors pourquoi se priver ?
Comme toujours on commence par nous présenter les racines : The Sonics, MC5, Black Flag pour n’en citer que quelques un. On en apprend un peu plus sur comment le punk est devenu garage. Pourquoi et comment ces gamins qui ont vu l’indie rock devenir trop complexe et prétentieux ont préféré rester simples. Et puis le film est dédicacé à trois personnalités décédées récemment : Alex Chilton (Big Star), Lux Interior (The Cramps) et Jay Reatard. Ce sont les apparitions de ce dernier (les images ont été tournées seulement trois mois avant sa mort) qui sont les plus emblématiques de ce mouvement. Rien n’y fait, il irradie de sa présence chaque scène où il apparaît, fidèle au possible à cet esprit d’auto destruction qui parcourt le genre. On le voit tour à tour génial, irascible, aimable, provocateur, merdeux, mais finalement sympathique. Une étoile filante respectée par tous ses pairs qui meurt à 29 ans alors qu’on lui en donnerait 15. Rien que pour ces scènes il faut voir ce film.
Mais tous les autres groupes ont aussi leurs petites anecdotes à eux, et toutes sont savoureuses. Autant de moments et de looks improbables, illustrant à merveille le rêve américain. Là-bas les jeunes s’emmerdent, alors ils font de la musique. Et comme ils n’ont pas un rond, ça donne des conditions très lo-fi. Et surtout tout le monde se connait. Et se respecte. Quoi qu’il en soit je vous conseille de prendre le temps et de mater ce film, pour au moins vous faire une image différente du milieu.
New Garage Explosion :
Comme toujours on commence par nous présenter les racines : The Sonics, MC5, Black Flag pour n’en citer que quelques un. On en apprend un peu plus sur comment le punk est devenu garage. Pourquoi et comment ces gamins qui ont vu l’indie rock devenir trop complexe et prétentieux ont préféré rester simples. Et puis le film est dédicacé à trois personnalités décédées récemment : Alex Chilton (Big Star), Lux Interior (The Cramps) et Jay Reatard. Ce sont les apparitions de ce dernier (les images ont été tournées seulement trois mois avant sa mort) qui sont les plus emblématiques de ce mouvement. Rien n’y fait, il irradie de sa présence chaque scène où il apparaît, fidèle au possible à cet esprit d’auto destruction qui parcourt le genre. On le voit tour à tour génial, irascible, aimable, provocateur, merdeux, mais finalement sympathique. Une étoile filante respectée par tous ses pairs qui meurt à 29 ans alors qu’on lui en donnerait 15. Rien que pour ces scènes il faut voir ce film.
Mais tous les autres groupes ont aussi leurs petites anecdotes à eux, et toutes sont savoureuses. Autant de moments et de looks improbables, illustrant à merveille le rêve américain. Là-bas les jeunes s’emmerdent, alors ils font de la musique. Et comme ils n’ont pas un rond, ça donne des conditions très lo-fi. Et surtout tout le monde se connait. Et se respecte. Quoi qu’il en soit je vous conseille de prendre le temps et de mater ce film, pour au moins vous faire une image différente du milieu.
New Garage Explosion :
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07 décembre 2010
Wombs - Unitopians (2010)
L'un des grands plaisirs de la vie, c’est celui de tomber par hasard -ou plutôt par chance- sur des perles musicales, des pièces authentiques qui sortent du commun, qui font vibrer oreilles, cœur et âme de par leur originalité, leur créativité, leur folie, leur "petit truc en plus". Bref, si vous êtes ici ,vous savez sûrement de quoi je parle. Cet immense plaisir, je l’ai eu en écoutant ce deuxième disque d'un groupe au nom quelque peu étrange : Wombs, qui a d'ailleurs posté toutes les chansons de ce chef-d'oeuvre en téléchargement gratuit ici, et dont j'ai trouvé la pochette à la fois amusante et intrigante. J’allais découvrir que l’album ne l’était pas moins.
L’entrée en matière est directement envoûtante avec "Topiary Living", morceau qui fait l’effet d’un envol en douceur, ou d’un voile qui se pose légèrement autour de vous, comme un cocon près à vous entourer d’un univers qu’on pressent déjà comme atypique, voir mystique. Cette chanson aérienne et mélodieuse, un peu déchirante, attise déjà notre sensibilité de même que notre curiosité.
C’est sur le morceau suivant que nous rencontrons la voix haut-perchée, parfois fluette, carrément étrange, du chanteur John Ryan Manning. Atypique, elle surprend et peut au début déranger : puis on s’habitue à ses différentes facettes et ses intenses nuances qui s’accordent extrêmement bien avec les autres instrumentations. "God is my copilot" commence par des sons calmes, minimalistes, feutrés. Puis, sans prévenir, elle part dans une montée fulgurante grâce à un cri déchirant sur une toile de fond qui paraît doucement s’énerver, avant que le calme ne revienne : c’est sur ce principe qu’est basée la plus grande partie de l’album, oscillant entre douceur et puissance, accélération et volupté.
Les mélodies sont fabuleusement bien construites, ordonnées et maîtrisées de façon pourtant simple, même dans ce qui ressemble à première écoute à des mouvements de foule désordonnés. Les instruments s’emboîtent pour créer un monde étrange et fantasque. Ils se déroulent en cascade, nous surprennent, paraissent s’amuser, généralement rejoints par des chœurs. Les rythmes s’enchevêtrent, se mêlent et se démêlent, dans un ensemble énigmatique, envoûtant, aux sonorités baroques.
Mais attention, il ne s’agit ni d’une musique prétentieuse, ni d'un groupe qui se prendrait trop au sérieux ; au contraire, on devine à travers cet album le bonheur de créer, de jouer et de se jouer de nous. Ecouter Unitopians c’est comme entrer sur une île pour rejoindre une grande et heureuse famille accompagnée d’êtres étranges, pourquoi pas mythologiques. Dans cette joyeuse bande on retrouve Jayon Gerycz, le batteur d'un non moins excellent groupe, Cloud Nothing.
"Cone bearing Trees" interpelle et se distingue des autres morceaux ; son intensité est telle qu’il mérite qu’on s’y attarde. Cette montée en puissance instrumentale est basée sur un violon énervé, durement conduit par Ana Vasquez, ininterrompu dans une course folle, accompagné d'une batterie dont le dynamisme n'a de cesse de s'accélérer. L’ensemble est enveloppé de mélodies aériennes qui donnent de la hauteur à la vitesse.
On finit par s’attacher à cet univers unique bien que court : l’album ne dure certes que 40 minutes, mais ce sont 40 minutes exposant un panel de diversité, un caractère atypique et de multiples facettes que l’on redécouvre à chaque écoute.
En bref : une joyeuse créativité pop dans un album ingénieux, l'une des perles de l’année -pourtant orpheline de label-, qui atterrit telle une boule de neige en or pour nous accompagner dans cette grise période hivernale.

Le Myspace
"Topiary Living", clip un peu étrange, par John Ryan Manning lui-même:
L’entrée en matière est directement envoûtante avec "Topiary Living", morceau qui fait l’effet d’un envol en douceur, ou d’un voile qui se pose légèrement autour de vous, comme un cocon près à vous entourer d’un univers qu’on pressent déjà comme atypique, voir mystique. Cette chanson aérienne et mélodieuse, un peu déchirante, attise déjà notre sensibilité de même que notre curiosité.
C’est sur le morceau suivant que nous rencontrons la voix haut-perchée, parfois fluette, carrément étrange, du chanteur John Ryan Manning. Atypique, elle surprend et peut au début déranger : puis on s’habitue à ses différentes facettes et ses intenses nuances qui s’accordent extrêmement bien avec les autres instrumentations. "God is my copilot" commence par des sons calmes, minimalistes, feutrés. Puis, sans prévenir, elle part dans une montée fulgurante grâce à un cri déchirant sur une toile de fond qui paraît doucement s’énerver, avant que le calme ne revienne : c’est sur ce principe qu’est basée la plus grande partie de l’album, oscillant entre douceur et puissance, accélération et volupté.
Les mélodies sont fabuleusement bien construites, ordonnées et maîtrisées de façon pourtant simple, même dans ce qui ressemble à première écoute à des mouvements de foule désordonnés. Les instruments s’emboîtent pour créer un monde étrange et fantasque. Ils se déroulent en cascade, nous surprennent, paraissent s’amuser, généralement rejoints par des chœurs. Les rythmes s’enchevêtrent, se mêlent et se démêlent, dans un ensemble énigmatique, envoûtant, aux sonorités baroques.
Mais attention, il ne s’agit ni d’une musique prétentieuse, ni d'un groupe qui se prendrait trop au sérieux ; au contraire, on devine à travers cet album le bonheur de créer, de jouer et de se jouer de nous. Ecouter Unitopians c’est comme entrer sur une île pour rejoindre une grande et heureuse famille accompagnée d’êtres étranges, pourquoi pas mythologiques. Dans cette joyeuse bande on retrouve Jayon Gerycz, le batteur d'un non moins excellent groupe, Cloud Nothing.
"Cone bearing Trees" interpelle et se distingue des autres morceaux ; son intensité est telle qu’il mérite qu’on s’y attarde. Cette montée en puissance instrumentale est basée sur un violon énervé, durement conduit par Ana Vasquez, ininterrompu dans une course folle, accompagné d'une batterie dont le dynamisme n'a de cesse de s'accélérer. L’ensemble est enveloppé de mélodies aériennes qui donnent de la hauteur à la vitesse.
On finit par s’attacher à cet univers unique bien que court : l’album ne dure certes que 40 minutes, mais ce sont 40 minutes exposant un panel de diversité, un caractère atypique et de multiples facettes que l’on redécouvre à chaque écoute.
En bref : une joyeuse créativité pop dans un album ingénieux, l'une des perles de l’année -pourtant orpheline de label-, qui atterrit telle une boule de neige en or pour nous accompagner dans cette grise période hivernale.

Le Myspace
"Topiary Living", clip un peu étrange, par John Ryan Manning lui-même:
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24 novembre 2010
The Rebels Of Tijuana - Where Did This Trip Go Wrong ? (2010)
Il s'agit là d'un album tout en paradoxes ! Difficile de savoir au bout de quelques écoutes si cet album est teinté d'originalité ou inspiré d'un bout à l'autre. Original, il l'est par sa position dans la carrière du groupe. Et oui, le côté yéyé et très frenchy de leur premier Ep est réduit à l'état de cendres ici. Des textes en anglais sont posés sur des mélodies rock'n'roll : ce qui pourrait paraître d'une banalité presque affligeante fait ici office de surprise, plutôt alléchante d'ailleurs. De plus, il ne s'agit que d'un interlude anglicisant avant un nouvel Ep en français. Neuf titres, plutôt long pour un interlude, non ?Mais il faut dire que le temps passe vite avec les Rebels of Tijuana : un concentré d'énergie sur un rythme tapageur et l'on ne sent pas s'écouler ces neuf titres que déjà on relance l'album pour une nouvelle écoute. Autre phénomène intéressant, la facilité avec laquelle les paroles nous rentrent en tête. Ainsi, quelques écoutes suffisent pour chantonner "Johnny The Rat" toute la journée.
Et si l'on s'habitue si vite à la musique que produisent les Rebels of Tijuana, c'est que l'influence s'y fait sentir d'un bout à l'autre. Pour peu que l'on ne soit pas trop blasé, il est aisé de trouver ça délicieux et de se laisser porter par ces effluves de Brian Jonestown Massacre, The Coral ou Paul Weller. Ces influences ne sont pas moindres, et adaptées avec brio ; le tout surplombé par un timbre rauque duquel se dégage un accent bien de chez nous qui rappelle ce que nous sommes en train d'écouter : des Français qui contribuent à l'effervescence d'un rock made in France.
Alors au fil de cet album, on se laisse porter par des titres au potentiel rock flagrant ("Sweet Black Angie "- au milieu de laquelle est introduite un rythme façon The Doors - , "Hacienda" - qui fait office de coup de cœur sur ces neufs titres - ), parfois un peu trop connus de nos oreilles bercées par les classiques ("City Night Light" qui nous rappelle les Stooges) mais souvent rattrapés par des titres au potentiel affectif certain ("Blowing Away").
En bref : ce que les Rebels Of Tijuana font, d'un genre à l'autre, ils le font avec conviction et c'est surtout cela qui fait que l'on s'attache si vite à cet album influencé mais très bien mené.

Le Myspace
"Fire Till The Break of Dawn" :
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20 août 2010
Best Coast - Crazy For You (2010)
Si l’on ne devait garder que deux disques typiquement estivaux cette année, King Of The Beach (Wavves) et Crazy For You seraient les deux lauréats. Hormis leurs pochettes quasi similaires –hideuses ou géniales selon l’humeur- les deux disques jouent dans un même registre, celui du plaisir immédiat. Ce disque n’a rien d’exceptionnel, vraiment rien, mais il sonne pourtant comme un nouveau classique d’indie pop, dans la lignée des Smiths, Shangri-Las et autres Dum Dum Girls.Et puis une frontwoman ça n’est pas si courant. A 23 ans Bethany Cosentino a réussi l’exploit de composer 13 petits tubes sans prétention (et un bon paquet d’autres non présent sur ce disque), qui s’enchaînent comme autant de maillons en une toute petite demi heure. A compter du premier single en puissance "Boyfriend" jusqu’au petit sommet "When I’m with you" (morceau par lequel j’ai découvert ce groupe) tout est péchu (ou lazy selon les cas), léger et lo-fi. Bobb Bruno (multi instrumentaliste) et Ali Koehler (batterie, ancienne des Vivian Girls) se chargent de compléter le trio californien (Los Angeles).

Alors forcément avec des chansons si basiques, des paroles si gnangnan (à base de I love you, do you love me, I want to love you) et une uniformité de sonorités un brin fuzzy un brin surf, la redondance pointe le bout de son nez, mais globalement on n’a pas le temps de s’ennuyer. "I want to" est d’ailleurs de loin le meilleur morceau. La voix de Bethany est par ailleurs très souvent travaillée, souvent non verbale, et mise en écho avec elle-même. "Honey" me fait même penser à du Hole. J’aime bien ce morceau. Sans mériter le 8.4 adjugé par Pitchfork, Crazy For You est un très agréable disque de pop estivale, suffisamment garage pour nous intéresser.
En bref : de la surf pop simpliste mais agréable. Ne restera pas dans les annales mais peut vous faire passer 30 très bonnes minutes et plus si affinités.

A noter que Best Coast sera en concert à la Maroquinerie le 23 avril prochain
Le Myspace
A lire aussi : Cheap Time - s/t (2008)
Le clip de "When I’m with you" :
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18 mai 2010
Nice Face - Exterminator/F.U.B.A.R. Over You (2008)
Un brin provocatrice je vous l’accorde, la pochette de ce maxi rarissime (500 petits exemplaires) n’est qu’un moyen salace pour moi de vous introduire à ce jeune artiste américain qu’est Ian Magee, domicilié à Brooklyn mais bel et bien signé à Chicago chez Hozac Records. J’aurais aussi bien pu vous parler de Immer Etwas son dernier album imparable et impressionnant de maîtrise, mais je ne pouvais rater une telle provocation visuelle et sonore. Que ce soit dans la forme (son garage dégueulasse) ou dans le fond (Staline en thème récurrent, à voir d’ailleurs l’artwork alternatif avec Hitler en train de f*** Staline) Nice Face ne fait pas dans la dentelle, mais le fait bien."Exterminator" donc. 2’45" au compteur. Tout est dit. Cela pourrait être le côté Mister Hyde de Dick Dale. Un son galopant et réverbéré, qui à aucun moment ne prend soin de regarder en arrière. Entre synthés froids (Devo) et guitares pour le coup bien abrasives, mieux vaut sortir couvert. Pour "F.U.B.A.R. Over You" c’est la même. Mais toujours ce côté pop reconnaissable. Dans le genre on n’avait pas fait mieux depuis le regretté Jay Reatard (pas une semaine passe sans que Blood Visions ne passe à la maison). Derrière le bruit on entendrait presque Donovan et son "Sunshine superman", mais alors bien passé à la moulinette.
En bref : du primal en mode pop, de la guitare qui crisse et une énergie en mode "vers l’infini et au-delà", que demande le peuple ?

Le Myspace
A lire aussi : Titus Andronicus - The Airing Of Grievances (2009)
A défaut d’un des deux titres du maxi, découvrez "A minor altercation", l’une des autres bombes Nice Face :
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02 avril 2010
Jimi Was Gain - Ik Heet Jimi ? Ep (2010)
Jimi Was Gain, c'est un duo lensois, si je ne m'abuse, comprenant deux membres dont un, si je ne m'abuse toujours pas, ex Meatles, excellente formation nous ayant gratifiés d'un excellent Hillbillies are human too il y a quelques temps.Sur ce six titres, Aurélien Victor Lagache (guitare/voix) et Romain Barrez (percus) aidés par Guillaume Dobbels à la basse font étalage de qualités au moins égales à celles des Meatles, en imposant un rock garage pétaradant, mélodique mais "souillé" comme il faut, sous la houlette, de surcroît, de Nova Express Records que l'expérimenté Lucas Trouble gère de main de maître.
Ces mélodies passées à la moulinette garage font feu de tout bois dès "When I was young" et ses "la-la-la" irrésistibles, court et efficace comme le sont les cinq plages suivantes. Des guitares volubiles, alliées à un chant surprenant et accrocheur "font le boulot" comme on dit, avec brio, et Jimi Was Gain donne à son univers garage des atours variés, dont le trait commun est l'énergie et une inspiration régulière. "Frustrated boy", speed et muni d'un harmonica décisif, se différencie ainsi du titre inaugural, tout en affichant la même valeur, puis l'éphémère et fonceur "Dirty Sanchez" envoie un punk-rock à la fois braillard et mélodique du plus bel effet. Les sieurs Barrez, Lagache et Dobbels font preuve de maturité dans la composition tout en restant fun dans l'esprit. Et leurs mélopées presque pop, soignées et bien senties, s'acoquinent parfaitement avec leur instrumentation vive. C'est le cas sur "We suffer together", puis les comparses usent ensuite d'un punk-rock rapide sur "The dole" qu'ils tempèrent adroitement sur un break dont on sent qu'il est voué à relancer la machine de plus belle, et qui donne lieu à un passage aux voix plus posées. Le dosage est habile, la construction cohérente, et la fin à l'harmonica bienvenue.
Enfin, "My mind is satisfied", superbe exercice... garage, à la fois à l'emporte-pièce et maitrisé, confirme définitivement les aptitudes des Artésiens. On ne doute guère qu'à l'avenir ils nous régaleront de sorties aussi abouties, instinctives et réfléchies dans le même temps, sur un format plus long. Avec, en plus de cela, une expérience grandissante de la scène, gageons qu'ils seront au rendez-vous et combleront les plus exigeants d'entre nous.
En bref : une jolie "carte de visite" donc, pour un groupe aux compositions sans faille, jamais trop produites, et qui augurent de bien bonnes choses à venir.

Le Myspace
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16 juillet 2009
Concours - Polar Strong, vinyles à gagner

"Un mur du son infranchissable", "Du garage soft speedé", "Habile mélange de flux électrique et de filtres déformant", " Incendiaire !", les mots n’ont pas manqué pour accueillir Young Virgin Ep le premier 45 tours du combo bordelais Polar Strong. Surtout quand l’objet est mis en boîte par le plus indépendant des labels hollandais, A Fistful Of Record, poussant l’intégrité jusqu’à ne sortir qu’en vinyle (éditions limités numérotés à la main) des premiers 45 tours d’artistes garage émergeants, pour les laisser filer ensuite (Jeff Novak notamment).

En partenariat avec Babylone Promotion, Dodb a décidé de vous faire gagner 5 exemplaires de ces vinyles rarissimes. Pour cela il suffit de répondre à cette question :
Jeff Novak est le leader d’un groupe chroniqué sur Dodb, lequel ?
et d’envoyer votre réponse et vos coordonnées à contact@desoreillesdansbabylone.com avant le 15 août, avec l’intitulé "Concours Polar Strong" dans l’intitulé du message. Bonne chance à tous.
Le Myspace de Polar Strong et celui de A Fistful Of Records
En écoute, "Stinky arm", un inédit :
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11 mai 2009
Magnetix - Positively Negative (2009)
J'estime trop le genre pour vous infliger les clichés habituels sur le rock garage qui sent la bière et la sueur, interprété par des faux débiles qui prennent un malin plaisir à mal jouer et mal chanter. Le garage sixties, c'est comme le psychédélisme : il s'agit de capter quelque chose qui échappait au rock fifties de papa. Capter des forces souterraines, primaires, des affects, des sensations, en deçà du langage. Ce que l'on peut dire, pourquoi le mettre en musique ?Bon, tout ça c'est trés beau mais ça ne fait pas un groupe. Il faut beaucoup de talent pour se permettre de sonner comme dans un garage, et Magnetix n'en manque pas. Magnetix c'est Looch vibrato, et sa Fender Jazzmaster 66', et Aggy Sonora, et sa batterie Maya d'époque. Un groupe bicéphale issu de la scène garage bordelaise, qui tourne depuis 10 ans, a signé avec Born bad, et réalise, avec Positively négative, son deuxième LP.
Indéniablement garage, Magnetix a su, au demeurant, définir un style original, qui le distingue fortement au sein du revival garage contemporain. Le son Magnetix joue sur des effets d'hypersaturation, sans jamais verser dans l'esthétique hard rock. Historiquement la saturation est un objet de fascination pour le garage d'avant la pédale fuzz. Les Sonics se débrouillent comme ils peuvent pour saturer tous leurs sons, y compris leur saxophone. C'est dans cet esprit que les Magnetix conçoivent leur musique, davantage que dans un esprit lo-fi. On dirait que les cordes vocales de Looch Vibrato sont branchées sur une pédale fuzz, et on est impressionné par sa capacité à moduler l'effet. La guitare, bien entendu, déploie toute une gamme de nuances saturées, et ce jusqu'à l'extrême, où l'on a l'impression, parfois, qu'il y a plus de saturation que de guitare. On flirte, de temps à autre, avec quelquechose comme la noise music. La batterie est basique, souvent lourde au possible, sans être métallique ni trés explosive.
Bref, amateurs de voix riches en harmoniques, d'arpèges délicats, et d'expérimentations rythmiques, passez votre chemin... Ce qui ne signifie pas, pour autant, que notre couple magnétique poursuit cet idéal de musique simple et direct à la Ramones, et tel que les Black lips l'ont réactualisé.
Ça démarre trés fort avec ce qui constitue probablement LE morçeau de l'album : "Living in a box". Un riff lancinant et poisseux en ouverture , repris par les voix, puis soutenu par une guitare heavy et une batterie lente et éléphantesque, structure les couplets. De multiples breaks, servis tantôt par un fuzz extrême tantôt par une guitare claire et légérement reverbérée, introduisent le refrain, et nous font basculer dans un rythme plus rapide et syncopé, typiquemment sixties. Bel exercice de style, et qu'on ne se lasse pas de réécouter, entraîné par ses accélérations et décélérations. Qui a dit que le garage c'était bourrin ?
Après un intermède bien graveleux et assez marrant, où Looch Vibrato, de sa voix de pervers polymorphe bien crade nous raconte l'histoire d'une «UFO invasion in the fornication » ("Stranger in a dark"), puis un hommage récréatif au garage des anciens ("Stop to think"), nouveau morceau de bravoure nihiliste : "Mort clinique". Une guitare hypersaturée nous balance un riff minimal, relayé par... une guitare sèche, et ça fonctionne. La chanson est en français, et on se croirait, tout à coup, dans le futur volume III de la compil Wizz. Le second degré est de mise : «Je n'ai pas envie d'être en vie, quand les portes claquent de la nuit». Cette excellente face A se termine sur le trés dançant "Positively negative", où les larsen criards se mêlent à un clavier vintage particulièrement entraînant.
La face B ne nous caresse pas dans le sens du poil, avec "Head off" et "Trop tard", tous deux caractérisés par une voix blanche accordée au plus bas, et la vrille "Third eye", son rythme tachycardique et sa guitare hyperabrasive. Le continuum saturé de "Real Man" rappelle l'atmosphère brumeuse du crépitant "Ghost rider" des Suicide. Retour à des lignes mélodiques plus élaborées pour les potentiellement tubesques "HTA-TNT" et surtout "Hand's Lines". Les amateurs de mélodies trouveront, au final, aussi leur compte. L'humour conclut cette face B, avec un "Nonsense" instrumental qui vibre au son d'un orgue funéraire.
En bref : Un rock garage, à la fois élaboré et primitif, méchant et drôle, varié dans ses registres, qui expérimente les limites du musical, et touche directement le système nerveux. Une voix inimitable, qui serait celle d'un cerveau reptilien, s'il pouvait parler.

"Living in a box" :
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09 avril 2009
Cheap Time - Concert au St Ex de Bordeaux le 08/04/09

Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps je vous parlais de l’album garage rock de l’année 2008, celui du trio Nashvillien Cheap Time qui recyclait des thèmes que l’on croyait défunts avec un merveilleux sens de l’écriture et l’énergie brute de la jeunesse. Eh bien grâce à Let’s Panic Later ils étaient hier au St Ex pour assoir leur réputation au pays des mangeurs de grenouille. Le constat est sans appel, la foule est au rendez-vous, Cheap Time étant selon les rumeurs la deuxième meilleure vente des tous les temps chez le disquaire Total Heaven, tout juste après Jay Reatard leur collègue de chez In The Red. Un sacré coup de frais donc pour un genre que l’on croyait en manque d’inspiration, renforcé par les deux premières parties bordelaises très enlevées : le duo d’énervés Hello Sunshine (à eux deux je pense qu’ils auront fait plus de bruit que les deux groupes qui vont suivre réunis) et le punk rock d’ Heartbeeps avec Mr Baboosh à la batterie. Martial Jesus Selector se charge des interludes, tout le monde est content, c’est parti pour le sport.
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Si le batteur ne semble pas être celui de la pochette (à priori Jon remplacé par Ryan le temps du tour), Stephen est toujours à la basse et le songwritter du garage rock Mister Jeff Novak est bel et bien là. Eh comme toujours ça va très vite, les morceaux s’enchaînent et se déchaînent, sans break, faisant monter une fièvre palpable dans le public. Déjà sur disque il ne fallait pas arriver en retard, 14 titres pour 28 minutes, ça dépote. C’est là que se trouve la force du combo : arriver à dégager de cette énergie primaire des refrains presque pop. Les nouveaux titres, tels que "Woodlandrive" confirment cette orientation. Tout comme les Redd Kross, les Runaways ou plus récemment les Strokes période Is this it ? , le rock garage prouve qu’il peut brailler, aller vite, et surtout composer des vraies chansons. "People talk", "Back to school" ou "Glitter & gold" ressortent admirablement bien à ce petit jeu. Jeunes, accrocheurs et talentueux, les Cheap Time sont définitivement à surveiller de près.
Les Myspace de Hello Sunshine, Heartbeeps, Cheap Time, Let’s Panic Later et St Ex
"Trip to the zoo" (mess around) en live :
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31 mars 2009
Jeremy Jay - Slow Dance (2009)
Moins d'un an après la sortie de son premier album A Place Where We Could Go, qui avait suivi de moins d'un an la sortie de son premier EP pour K Records Airwalker, voici Slow Dance, le nouvel album de l'hyperatif Jeremy Jay. C'est à se demander quand le grand romantique puise son inspiration, qui semble toujours intacte. Un coup d'oeil au tracklisting et je suis ravi : on y trouve "Slow Dance" et "Breaking The Ice", deux des « tubes » qui m'ont passionné cette dernière année sur le Myspace du garçon. Alors que j'attendais ces titres, empreints de funk froid, de pop garage et de synthés new wave (qui rappellent le vide laissé par l'absence du petit génie Tom Vek), sur A Place Where We Could Go, Jeremy Jay nous avait joué des tours en sortant un album de folk-pop glam, dépourvu de tout son de synthé. La toute première note du tout premier morceau, "We Were There" (titre déjà sorti sur EP il y a un an et demi), est bien une note de clavier ! Slow Dance s'annonce donc bien comme l'album que j'espérais ! Néanmoins, malgré ces nappes glacées à souhait, la chanson lorgne plus, dans sa structure, du côté de la pop garage sixties. Et la tendance se vérifie par la suite : "In This Lonely Town", "Canter Canter" réussissent un choc sans casse entre sons eighties et sixties. Ha ! Jeremy Jay joue toujours à cache-cache ! En effet l'artiste fait encore son timide et préfère sortir une collection de chansons garage pop plutôt que de verser franchement dans ces grooves tordus qui fascinent tant. Parce que certes, les compositions sont encore une fois excellentes (le parfait "Gallop" dénote un savoir-faire absolument indéniable), mais c'est tout de même bien, aux côtés de "Breaking The Ice", cette fameuse "Slow Dance" qui est la plus troublante. Le reste glisse sur les corps et charme très facilement.
Même si Jeremy Jay se défend de toute intention autre que d'enregistrer un album hivernal, Slow Dance montre, comme A Place Where We Could Go, une ligne directrice esthétique très forte. Il s'agit cette fois-ci d'entrechoquer les anachronismes et les températures, et de continuer à crooner avec détachement au-dessus. Et paradoxalement, c'est en jouant avec des styles depuis longtemps vulgarisés que Jeremy Jay affirme sa personnalité artistique. Il affirme sur Slow Dance son goût pour la relecture : relecture des styles, relecture du slow, mais aussi relecture de ses propres mots, de ses propres mélodies. "We Were There" revisite le "We Stay Here" du EP Airwalker, comme "Where Could We Go Tonight" revisite "A Place Where We Could Go". Et juste avant, il y a "Slow Dance 2"... Le bonheur n'est certes pas toujours absolu : ses mots manquent de façettes pour être ainsi dépliés et retournés. Et il est à vrai dire presque dommage que les ballades de fin d'album délaissent les claviers qui glacent le sang pour rejoindre l'esprit du premier album, d'autant plus que Slow Dance se révèle moins cinématographique, et donc moins inspirant que ce dernier. C'est un peu comme si Jeremy Jay avait peur de développer le son créé sur ses inédits, et ainsi de se lancer dans l'inconnu. Cependant Slow Dance continue de prouver que Jeremy Jay reste un très bon relecteur dont les histoires savent faire rêver.
En bref : Jeremy Jay ne nous livre toujours pas le petit bijou dont il est capable. Mais cette nouvelle collection, faite de guitares sixties et de synthés eighties, est une nouvelle affirmation d'une personnalité artistique très forte, dont on aimerait déjà entendre le prochain LP.

Encore une fois, je vous en prie de consulter régulièrement son Myspace, où Jeremy Jay poste d'incroyables inédits.
Aussi, Dream Diary, son blog.
A lire aussi : Jeremy Jay - A Place Where We Could Go (2008)
(Aucune vidéo n'a été mise en ligne pour ce nouvel album ; dès que ce sera fait, elle sera postée ici même.)
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08 janvier 2009
The Weakends - s/t (2008)
Ca fait plaisir, je veux dire vraiment plaisir, de voir que tout le monde ne tourne pas à l’électro rock en 2009. Oh non, ce n’est pas que je n’aime pas ça l’électro rock, mais de temps en temps il est bon de se rappeler d’où vient la musique, et en ce qui concerne les Weakends, elle vient définitivement du garage, et peut-être même de la cave qu’il y a en dessous de votre garage. Trio bordelais dont le nom se propage comme une traînée de poudre à tous ceux qui acceptent de perdre quelques litres de sueur en une heure, The Weakends sort à présent son premier Lp (exclusivement en vinyl svp) chez Rob’s House Records, label d’Atlanta déjà en charge des Black Lips, avec qui les bordelais sont amis. Encadrés pour l’occasion par des membres d’Adam Kesher et de Cheveu mais surtout mastérisés par le grand Lo’ Spider de Toulouse, Arnaud, David et Simon (qui se sont rencontrés aux beaux-arts) touchent avec une facilité déconcertante au rock et au punk sixties à la Yardbirds / Sonics. Comme déjà remarqué quelque part, chacun des douze titres de cet album paraîtrait inaperçu sur une compilation Nuggets de l’époque. Ne se limitant pas à ressembler aux deux formations déjà citées, The Weakends pioche aussi dans le blues punk ("Dawn of the dead"), voire le garage country ("One pill to survive") avec une classe à toute épreuve.
Complètement dégénérée et sauvage, mais non exempt de mélodies ni de swing, la production no-fi de ce power trio ne m’évoque que des louanges, notamment sur la deuxième face qui ouvre sur un "Desperate love blues" magistral. N’oublions pas non plus les deux titres inauguraux, "Long dead gone" et "Devil by my side", exemplaires. The Weakends est un disque qui passe à deux mille à l’heure et qu’on ne peut s’empêcher de remettre sur la platine, à défaut de pouvoir les suivre dans leur grande tournée américaine de Mars 2009. Menphis, Dallas, Austin, New Orleans et j’en passe, la classe pour un groupe qui vient de la cave en dessous votre garage.
En bref : Mélodies garages énergiques et imparables au programme d’un premier album qui met la barre très haut. Une bouffée d’air.

Le Myspace
A lire aussi : Cheap Time - s/t (2008)
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Les Weakends en house party, il y a deux ans déjà :
the Weakends alive
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30 novembre 2008
Cheap Time - s/t (2008)
Juste quelques mois après Jay Reatard, In the red l’excellent label des Sparks et des Black Lips ressort les couverts du garage rock pour un festin de haute volée. Alors que l’on pensait le genre en manque d’inspiration, condamné au brelan batterie binaire, son crade, voix qui beugle, de nombreux et très jeunes artistes se creusent un peu le ciboulot et arrivent à pondre des albums variés dans un registre où tout semblait avoir été fait. Tout comme Jay, Jeff Novak puisque c’est de lui qu’il s’agit fait presque figure de songwriter dans le milieu. Ancien des The Rat Traps, ses influences sont plus à chercher du côté des Redd Kross et des Runaways que des récents Strokes et autres Hives. Encore que sur certains morceaux on se demande ("Ginger snap")… Bref, entouré à présent de Jon Sewell à la batterie et de Stephen Braren à la basse, le trio américain du Tennessee pour être précis livre ici son premier album. Et comme tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un premier album garage, Cheap Time est jeune, succin, accrocheur et fort. _
Il faut dire qu’on les avait déjà remarqué en début d’année avec "Handy man", premier single énorme d’une minute et quarante quatre secondes, tout était dit. A présent on a droit à quatorze autres titres du même acabit, pour vingt huit minutes au compteur, autant dire que je risque fort d’aller retourner le disque avant d’avoir fini ma chronique. Mais ce qui empêche ce premier jet de sortir du lot tragique du garage punk à savoir "Toutes les chansons sont les mêmes" c’est cette diversité presque pop je dirais. "Trip to the zoo" se paie le luxe d’aligner au moins deux mélodies en une, et d’être le titre le plus long de l’album avec trois minutes de son. "People talk" est un exemple de glam new-yorkais alors que "Falling down" nous ramène au rock des 70’s. Que dire encore de "Glitter & gold", simplissime mais tubulaire. Dans un genre critiqué, où les solos de guitares se font à deux notes maximum et où la production semble identique de fond en comble, Cheap Time tire son épingle du jeu en ne confondant pas énergie et adrénaline, et une fois de plus cher Nickx, en privilégiant les chansons.
Il faut dire qu’on les avait déjà remarqué en début d’année avec "Handy man", premier single énorme d’une minute et quarante quatre secondes, tout était dit. A présent on a droit à quatorze autres titres du même acabit, pour vingt huit minutes au compteur, autant dire que je risque fort d’aller retourner le disque avant d’avoir fini ma chronique. Mais ce qui empêche ce premier jet de sortir du lot tragique du garage punk à savoir "Toutes les chansons sont les mêmes" c’est cette diversité presque pop je dirais. "Trip to the zoo" se paie le luxe d’aligner au moins deux mélodies en une, et d’être le titre le plus long de l’album avec trois minutes de son. "People talk" est un exemple de glam new-yorkais alors que "Falling down" nous ramène au rock des 70’s. Que dire encore de "Glitter & gold", simplissime mais tubulaire. Dans un genre critiqué, où les solos de guitares se font à deux notes maximum et où la production semble identique de fond en comble, Cheap Time tire son épingle du jeu en ne confondant pas énergie et adrénaline, et une fois de plus cher Nickx, en privilégiant les chansons.
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En bref : Complément indispensable de l’album de Jay Reatard cette année, Cheap Time va vous faire redécouvrir le garage rock, juste pour le meilleur.
En bref : Complément indispensable de l’album de Jay Reatard cette année, Cheap Time va vous faire redécouvrir le garage rock, juste pour le meilleur.

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Le Myspace
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A lire aussi : Jay Reatard - Matador singles 08’s (2008)
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"Glitter & gold" :
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