20 décembre 2021

Gabriels - Bloodline EP ( 2021)


Si on ne glorifiera pas l'anglais parlé fantaisiste et limite Druckerien des animateurs de Nova, on ne les remerciera en revanche jamais assez pour leur rôle de passeurs et défricheurs du son. Ainsi pour ce combo improbable né en 2020 et dont l'officine créée par le grand Bizot se fit bien entendu l'écho.

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14 septembre 2019

Blood, Sweet & Tears - Child Is Father to the Man (1968)

Blood, Sweat And Tears est de ces groupes que l'on respecte et auxquels on ne peut guère reprocher le manque de musicalité ou de savoir-faire. Pourtant on les cite rarement, oublieux de leur virtuosité, de leur art de la reprise.


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05 juin 2019

Luc Cousineau - S/t (1976)

Le répertoire québécois a cela de bien qu'il ne cesse de nous surprendre, pour qui sait par où le prendre. D'aucun auraient passé leur tour devant cet artiste, plutôt confidentiel dans nos contrées, mais véritable star chez nos cousin d'outre Atlantique. Comme avec Rêve Et Amour de Johnny ou L' Interrogation de Dick Rivers, on se trouve ici en présence d'un album à part dans la carrière d'un chansonnier finalement assez classique. Un disque presque inconnu aussi là bas, que s'arrachent (un seul pressage vinyle ever, pas de cd) quelques initiés férus d'albums d'albums transgenres, à la frontière de la library music, d'une liberté créatrice débridée.


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12 avril 2018

Labi Siffre - Remember My Name (1975)

A la manière d'autres grands artistes noirs dont tout le monde connaît les musiques mais que personne ne cite, l'anglais d'origine nigériane Labi Siffre se stuerait dans un Panthéon  où pourraient se côtoyer des Lee Dorsey, Syl Johnson, Gil Scott-Heron ou bien encore Terry Callier, tellement plus trendy il est vrai.


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17 janvier 2018

Curtis Harding - Face Your Fear (2017)

C'est lui le nouveau petit prince de la pop-soul mâtinée chatoyante d'Atlanta. Curtis Harding - bien pour le prénom, même si un peu encombrant - s'était fait connaître en 2014 avec son debut Soul Power. Qui étrangement n'avait de soul que le nom et sonnait davantage pop. Sympa mais pas bouleversant non plus.


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07 mars 2016

Mick Abrahams Band - At Last (1972)

Au départ, l'affaire paraît mal engagée. Il y a bien sûr cette pochette magnifique, ronde comme le premier Curved Air, dépliable comme le Odgen's Nut Gone Flake des Small Faces dont le visuel est assez proche. Et on imagine déjà se perdre dans son contenu un peu comme on le ferait dans un vieux Hawkwind des familles.

Que nenni, ici le contenu est diamétralement différent, et très basiquement éloigné de tout idée de concept-album ou de planerie éventuelle. Même si ces genres ne sont évidemment pas une fin en soi, aurait-on a ici affaire à une énième déclinaison rock de bûcherons 70's, aux visages massifs et aux moustaches qui ne dépareraient pas les albums Panini de nos tendres années ? Une pop maousse bêtement bluesy sur quelques titres, et pop épique sur les autres ? Non, car cet objet est de fait le premier et unique album de ce qui n'est pas tout à fait un supergroupe tel que pouvaient les engendrer la décennie chérie.


Car en fait de gros poisson, il n'y a que Mick Abrahams, bretteur et co-fondateur de Jethro Tull avec Ian Anderson, qui lassé des aspirations artistiques du farfadet unijambiste, et sans doute désireux d'apparaître un peu plus dans la mire, décide de quitter le groupe après There Was (68), d'obédience plus bluesy que ses successeurs, pour voler de ses propres ailes. Sur la pochette d'icelle il est le bûcheron effrayant au centre.

L'homme crée tout d'abord toutes voiles boogie-blues déployées Blodwyn Pig, qui enregistre deux albums. Puis avec quasi le même personnel, s'arroge la légitimité d'enregistrer sous son seul nom et sort un album éponyme (71) dont au moins un titre ("Awake") est grandiose. Sans doute l'ego insuffisamment rassasié, son quartette devient quintette, non sans que Abrahams ait consenti à lui accoler le nom "Band" ; on voit ainsi mieux qui est le boss.

C'est donc un vrai faux premier album qui  nous occupe ici, si l'on tient compte du line-up ; mais aussi que sur les deux déclinaisons, ils sont deux à se partager le chant et la composition, Abrahams, majoritairement et son compère guitariste et organiste Bob Sargeant. Qu'est-ce qui fait donc que ce combo oublié mériterait d'être exhumé dans la rubrique rock lourd seventies, chère à l'excellent Jonathan Witt (R&F) ?

Eh bien pour une fois, les morceaux sont à la hauteur : il y a la ballade soul très rythmée ("Absent Friends"), ses cuivres majestueux, sa progression ambitieuse, sans que jamais l'esbroufe tant redoutée ne s'en mêle. L'incroyable "Maybe Because" qui préfigure vaguement "Ziggy Stardust" le temps d'un brelan d'accords après l'inévitable intro à la tierce, est une chanson d'anthologie où le chant puissant et testéroné d'Abrahams donne toute sa mesure ! 8' d'un pur régal de jam lors d'un pont affolant, qui le dispute en esprit funky avec un Lafayette Afro Rock Band, c'est dire le niveau de la chose.

At Last ose le gimmick tant risqué mais payant lorsque maîtrisé, de l'album qui monte en puissance. Après les feux d'artifice des deux pièces citées, chacune présente sur une face, une autre ode au rêve hippie disparu qui  ne paye pas de mine au prime abord : "The Good Old Days" évoque le meilleur de Procol Harum. C'est d'ailleurs au niveau du chant qui parfois donne dans la soul aux yeux bleus ("Absent Friends" mais aussi ""Whole Wide World" et "You'll Never Get It From Me") que ce disque impressionne. L'instrumentation monstrueuse notamment ce son de basse à décoiffer un vulgaire mp3, est à l'avenant.

Enfin, nous lancerons avec ce disque une réhabilitation plus générale des grands chanteurs que personne ne connaît, qui tous ont oeuvré dans un registre soul, blues, pop dans des combos marquants : qui peut se targuer de citer en soirée les noms de Jay Ferguson (Spirit), John Drake (The Amboy Dukes), Mickael Kamen (The New York Rock Ensemble), John Kay (Steppenwolf), et même de rendre ses lettres de noblesse à Jack Bruce (Cream) bien sûr le plus connu de tous  ? Liste non exhaustive à laquelle on peut rajouter sans remords Mick Abrahams.


En bref : un tour de force vocal et instrumental qui jamais ne tombe dans la tant redoutée démonstration. Virtuoses mais pas bavards. La fin du rêve hippie encapsulé par de grands oubliés moustachus qui soulent, rockent, rythment et bluesent leur monde. Remarquable.



"Absent Friends"


"Maybe Because"


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11 novembre 2015

Allen Toussaint - Southern Nights (1975)

                      1938-2015

Les grands noms de la soul et du R&B sont certes moins âgés que les (rares) légendes du blues ou du jazz qui subsistent ; mais hélas ils ne sont guère plus nombreux en 2015.

Depuis le 10 novembre 2015, Allen Toussaint a rejoint les Marvin, Curtis, James, Isaac, Gil, Solomon ou autres Bobby passés de l'autre côté. Le jour de sa mort, il venait de donner un concert à Madrid.


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18 juillet 2015

Algiers - s/t (2015)


On pense bien sûr tout de suite aux séminaux TV on the Radio des deux premiers albums : mêmes textures sonores, même esprit tribal, le chant black (celui de Franklin James Fischer, figure de proue du trio), mêmes accointances new yorkaises. Et quand bien même le chanteur viendrait-il de Géorgie (Atlanta), ça n'en serait pas un problème. Tout ici suinte l'expérimentation, l'avant-garde telle qu'elle a pu être chérie et pratiquée par des combos aussi essentiels que celui précité, Animal Collective, Fiery Furnaces, ou bien Liars. Que ce drôle de combo formé il y a déjà cinq ans de cela....... à Londres, a dû forcément écouter.

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26 mai 2015

Witch - Movin' On (2014)

Revenons sur cette magnifique réédition d'un disque dont le pressage original (à priori sorti l'année 1980) est aujourd'hui impossible à trouver. Un disque obscur et inécoutable pendant de longues années, qui marque le tournant d'un groupe somme toute assez connu par les amateurs de zam-rock, pour qui les guitares fuzzées de Lazy Bones en 1975 constituent le meilleur de leur carrière. Movin' On arrive au début des années 80 donc, et souligne un autre côté de Witch, un pic créatif et un virage disco qui aurait pu être un véritable désastre, mais qui sonne comme rien d'autre et parait complètement en avance.


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31 mars 2015

Eddy Mitchell - Zig-Zag (1972)

Cette pochette déjà, impossible de la manquer ! Donc bien avant la loi Evin, Eddy Mitchell osait cet incroyable look de moujik goguenard, qui rendait hommage à du papier cigarette. Alors en plein creux de la vague, et ironiquement à quelques encablures de là toucher à nouveau avec ses succès boogie et country, monsieur Eddy jouait son va-tout, ou plus exactement n'en faisait qu'à sa tête.


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18 février 2015

The Baby Huey Story - The Living Legend (1971)

Classique de son époque mais injustement oublié du le grand public, le seul et unique album de The Baby Huey Story alias James Ramey et son groupe est pourtant un disque majeur. Archi samplé par le milieu hip-hop, il n'est rien de moins qu'un sommet de la soul des 70's, à ranger aux côtés des meilleurs disques de Marvin Gaye, Al Green, Syl Johnson ou encore Curtis Mayfield. Ce dernier qui comme on va le voir n'étant pas pour rien dans la réalisation de cet exploit. 


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07 mai 2014

Timber Timbre - Hot Dreams (2014)

Le trio originaire d'Ontario, Timber Timbre, refait parler de lui avec son 5ème essai, Hot Dreams, prolongement d'un songe aux couleurs monochromatiques d'où émerge une musique aux forts accents américains, d'Elvis Presley à Jay Hawkins en passant par Chuck Berry. Récit de cette odyssée dans la nuit noire américaine.


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21 octobre 2013

Thundercat - Apocalypse (2013)

Thundercat alias Stephen Bruner, main de fer dans un gant de velours et génial bassiste de Flying Lotus, livre un nouveau disque deux ans après la sortie de The Golden Age of Apocalypse. Ce second opus, baptisé non sans lumière Apocalypse, arpente le même chemin que son aîné, déployant une musique résolument chill, dans laquelle se disputent des élans si bien funk que soul, lorgnants à certains égards sur le jazz fusion.


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26 mars 2013

Rhye - Woman (2013)

Dans le creux d'une hanche la musique de Rhye semble s'écouler, glissante sur la peau, Woman ne se lasse pas d'exhiber une sensualité à fleur de peau,  promesse de caresses auditives pour le moins troublantes. Ou quand la musique parvient à se dénuder de la sorte, il devient difficile de résister à ses charmes.


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29 novembre 2012

Nuyorican Soul - Nuyorican Soul (1996)

Mot-valise composé des termes "New-York" et "Porto-Ricain", Nuyorican Soul est un projet élaboré par Kenny "Dope" Gonzales et "Little" Louis Vega. Si les deux producteurs  forment un duo incontournable et prolifique de la scène new-yorkaise pour leur house tintée d'une forte influence latine et soul, ils se donnent, avec cet album, l'opportunité d'adopter une ligne à forte consonance jazzy, de celle de la vieille école. Edité sur Talkin' Loud, l'un des labels du très influent Gilles Peterson, DJ français émigré à Londres, réputé pour son éclectisme et son goût pour les musiques du monde, l'album crée un impact important sur les radios et les clubs anglais à sa sortie durant les années 96-97. Il faut dire que son contenu s'inscrit dans la mouvance acid-jazz, très appréciée à cette époque de l'autre côté de la Manche.


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30 octobre 2012

The Dynamites Feat. Charles Walker - Love Is Only Everything (2012)

N'enterrons pas trop vite les vétérans. Avec Charles Walker, on est loin des reformations douteuses où le talent s'est effrité et la motivation semble plus financière que musicale. Originaire de Nashville, dans le Tennessee, ce papy de la soul a commencé sa carrière en 1957 et connu le succès dès le début des années 1960 : premières parties de James  Brown, Otis Redding, Etta Jones, enregistrements sur les mythiques labels du genre que sont la Motown, Chess Records et Decca… Ça commençait plutôt bien mais Walker n'a jamais fait partie des grands.

Depuis 2007, la carrière de cette grande voix connaît un nouveau souffle. À l'image de Sharon Jones avec The Excitments, Charles Bradley et The Menahan Street Band, ou Slim Moore et The Mar-Kays, Charles Walker est sorti de l'ombre grâce à d'autres artistes : il a été redécouvert par un de ses compatriotes, Bill Elder, aka Leo Black, le leader de The Dynamites, un groupe de funk de la même ville, avec qui il tourne désormais.


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08 juin 2012

Ben & The Platano Group - Paris Soul (1971)

La légende relatée par les sites et blogs de collectionneurs prétend que le pianiste et compositeur du Platano Group, un certain Evaristo Nata, aurait été interné en hôpital psychiatrique, peu de temps après la sortie de ce disque, pour ne plus jamais refaire surface. C’est délicieusement romanesque, mais il suffit de quelques minutes de recherche pour apprendre qu’Evaristo Nata s’appelle en réalité Roger Lecussant, et qu’il donnait encore de petits concerts de jazz, au début des années 2000, dans le sud-ouest de la France. Je me demande toujours comment naissent de telles fables. Peu importe. Ce qui est sûr, c’est que Roger Lecussant et son acolyte percussionniste et chef d’orchestre Ben étaient des figures bien connues des nuits parisiennes des années 60 à 70, puisqu’ils jouaient ensemble sur la scène du Lido, sur les Champs-Elysées.


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25 mai 2012

VA - Personal Space : Electronic Soul 1974-1984 (2012)

L’émergence des synthétiseurs et des boîtes à rythmes bon marché, qui a si profondément chamboulé le punk et la musique britannique en général en installant la culture du Do It Yourself,  n’a pas épargné la soul et le funk. On sait comment Sly Stone, Shuggie Otis et bien d’autres ont intégré avec succès ces nouveaux outils à leurs productions, au début des 70s. On connaît moins ceux qui, dans leur sillage, enregistraient sur des 4 pistes dans le secret de leurs chambres à coucher, de leurs caves ou de leurs cuisines, un peu partout sur le sol américain. Sorti par Chocolate Industries et Numero Group, Personal Space : Electronic Soul présente le travail de certains de ces illuminés plus ou moins anonymes qui tentaient, avec un matos des plus rudimentaires, de reproduire les orchestrations des grands noms de l’époque ou traçaient, qu’ils en soient conscients ou non, de nouvelles voies pour la musique électronique. Une partie du plaisir que procure cette compilation provient d’ailleurs de l’écart entre ce qu’ils voulaient probablement produire et le résultat final.


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10 mai 2012

Dr John - Locked Down (2012)

Pas plus docteur que vous et moi, Malcolm John Mac Rebennack de son vrai nom fait pourtant partie de la légende. Celle de la Nouvelle Orléans plus exactement, mais aussi celle du bayou, du vaudou et du blues rock. On lui doit entre dizaines d’autres le fameux album Gris Gris de 1968 et sa pochette déjà bien estampillée. Rappelé au micro et au piano (Farfisa) par le désormais incontournable Dan Auerbach, le serpent des marécages parait plus en forme que jamais, servi par des musiciens triés sur le volet.


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03 mai 2012

Alice Russell & Quantic & His Combo Barbaro - Concert à Palmer le 28/04/12


J’ai tellement été épaté par le double best-of que nous a servi le Monsieur il y a peu que je ne pouvais décemment pas manquer son passage à Bordeaux, même si avant mon arrivée je ne connais pas particulièrement Alice Russell pourtant placée en première sur l’affiche. Dire que je n’ai pas été déçu serait un pléonasme. Peut-être encore plus que sur disque, Quantic orchestre ses troupes et apporte dans un grand élan organique tout le soleil qui nous manque ces temps-ci.


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