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25 avril 2023
My Bloody Valentine - Loveless (1991)
Au commencement était My Bloody Valentine, énième avatar noisy de la scène britannique ayant eu son petit succès d'estime en tournant dans les pays anglo-saxons. Une fois débarrassé de son premier chanteur et après avoir recruté la belle Bilinda Butcher (voix, guitare) à sa suite, le monomaniaque irlando-new yorkais Kevin Shields lance les grandes manoeuvres.
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23 décembre 2021
FACS - Present Tense (2021)
C'est entendu. Le math-rock, c'est chiant comme la pluie. Déjà cette terminologie... pompeuse, lénifiante. Qui sous-entend un préambule scientifique puisque ternaire et louvoyant vers le jazz. Un peu du reste comme cette baleine dite rock progressif... qui n'a souvent de progressif que son intitulé.
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05 septembre 2016
Ukandanz - Awo (2016)
La musique éthiopienne est un virus redoutable, surtout dans ses hybridations rockn'roll, qui savent toucher les petits blancs que nous sommes (The Ex avait déjà réussi à débaucher le grand Getatchew Mekuria,voir dans ces colonnes, "king of the ethiopian saxophone"). Car Ukandanz n'est pas un groupe natif d'Addis Abeba : c'est à la base des gars qui font du noise/math rock, de la musique un peu barrée et inventive, qui exige d'un guitariste qu'il connaisse un peu plus que sa pentatonique mineure et ses plans blues piqués à Keith Richards ou Clapton.
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Publié par M.Ceccaldi 2 commentaires
Catégories : Afrobeat, Chroniques, Jazz, Math Rock, Noise, Punk, Rock
28 novembre 2015
Girl Band - Holding Hands With Jamie (2015)
On ne pouvait passer sous silence plus longtemps ce premier long effort des irlandais de Girl Band, témoignage musical primal d'un être au déséquilibre latent. C'est bien connu, la folie des uns commence là où s'arrête celle des autres, un relativisme de mise et nécessaire avant de plonger dans cette descente aux enfers, dont on ne peut ressortir sans stigmates. Âmes sensibles s'abstenir.
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26 octobre 2012
Mensch + Body/Head - Concert au 106 de Rouen le 20/09/12
Depuis la séparation l'année dernière des deux membres fondateurs de Sonic Youth, Kim Gordon et Thurston Moore, les rumeurs ne cessent d'affirmer la fin de ce groupe mythique. Il est inutile de citer ici tous les groupes influencés par le rock expérimental et noise du groupe. C'est aussi sans compter sur l'énergie inépuisable de ses membres qui n'ont jamais cessé de participer à de nouveaux projets, les inscrivant de plein pied dans le rock d'aujourd'hui. C'est évidemment le cas de la chanteuse Kim Gordon qui est venu au 106 présenter son projet Body/Head fondé en collaboration avec Bill Nace.
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14 octobre 2012
Violence Conjugale + The Men - Concert au 106 (13/09/12)
Avec Violence Conjugale et The Men, Le 106 lance sa saison 2012-2013 sous le signe de la cold-wave et du punk. Un mélange cohérent qui annonce un début de saison prometteur. Ainsi, le groupe Violence Conjugale commence le concert dans une atmosphère directement issue des années 80 avant de laisser la place aux américains de The Men et à leur déchaînement sonore.
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15 février 2012
Cloud Nothings - Attack On Memory (2012)
Il y a des groupes que l’on n’attend pas au tournant. Je n’aurais jamais parié un kopeck sur Dylan Baldi à l’écoute polie de ses deux premiers albums. Je l’avais même vu en parking concert au printemps dernier à Austin et n’en avait pas gardé un souvenir mémorable. Que s’est-il donc passé pour qu’un groupe plus que mineur livre tout à coup un album qui sera sans doute majeur cette année, toutes proportions gardées ? La présence d’Albini aux manettes ? Peut-être. La naissance d’un groupe aux dépends d’une individualité ? Certainement. En attendant de connaître la réponse Attack On Memory va faire des vagues.
Tout est dit sur les deux premiers morceaux qui totalisent à eux deux presque quatorze minutes sur un album qui en compte 34. Ces morceaux on les a découverts cette année et on a tous été immédiatement subjugués. Le nihiliste jusque dans le titre "No Future / No Past " annonce la couleur avec le morceau pourtant le moins représentatif de l’album. Une intro lente et torturée qui tourne vite en un déluge électrique de rock n’roll. Steve Albini pourtant décrié par Baldi (buzz ?) semble avoir gonflé comme il faut les batteries, brutes de décoffrage. Et Baldi de hurler son grunge entre Billy Corgan et Kurt Cobain.
"Wasted Days" ne laisse aucun répit derrière. Ca galope comme Fugazi et The Thermals réunis et à mi-chemin on fait vraiment connaissance avec le groupe avec une partie instrumentale ébouriffante, clairement enregistrée live. Entre le post-hardcore et le noise rock, on ne reconnait plus le jeune Baldi et ses 20 piges. Le garage rock lo-fi de ses débuts (Turning puis Cloud Nothings) a muté en bête punk et urgente.
Après il y a les morceaux de rock indé adolescents 90’s, "Fall In", "Stay Useless". Des tubes sans hésiter, mais moins puissants. Ou encore trois minutes instrumentales ("Separation") qui remettent dans le bain. Pour "No Sentiment" je ne peux m’empêcher de penser aux Smashing Pumpkins quand ils sont énervés. Puis quelques autres morceaux pour finir le disque.
En bref : sans crier gare, Cloud Nothings a muté en un groupe grunge des années 90’s et envoie du bois, c’est le moins que l’on puisse dire. Le disque ne restera pas dans l'histoire mais remplit bien son rôle.

Le site officiel
Acheter Attack On Memory chez l'International Records
"No Future / No Past " et "Wasted Days" :
Tout est dit sur les deux premiers morceaux qui totalisent à eux deux presque quatorze minutes sur un album qui en compte 34. Ces morceaux on les a découverts cette année et on a tous été immédiatement subjugués. Le nihiliste jusque dans le titre "No Future / No Past " annonce la couleur avec le morceau pourtant le moins représentatif de l’album. Une intro lente et torturée qui tourne vite en un déluge électrique de rock n’roll. Steve Albini pourtant décrié par Baldi (buzz ?) semble avoir gonflé comme il faut les batteries, brutes de décoffrage. Et Baldi de hurler son grunge entre Billy Corgan et Kurt Cobain.
"Wasted Days" ne laisse aucun répit derrière. Ca galope comme Fugazi et The Thermals réunis et à mi-chemin on fait vraiment connaissance avec le groupe avec une partie instrumentale ébouriffante, clairement enregistrée live. Entre le post-hardcore et le noise rock, on ne reconnait plus le jeune Baldi et ses 20 piges. Le garage rock lo-fi de ses débuts (Turning puis Cloud Nothings) a muté en bête punk et urgente.
Après il y a les morceaux de rock indé adolescents 90’s, "Fall In", "Stay Useless". Des tubes sans hésiter, mais moins puissants. Ou encore trois minutes instrumentales ("Separation") qui remettent dans le bain. Pour "No Sentiment" je ne peux m’empêcher de penser aux Smashing Pumpkins quand ils sont énervés. Puis quelques autres morceaux pour finir le disque.En bref : sans crier gare, Cloud Nothings a muté en un groupe grunge des années 90’s et envoie du bois, c’est le moins que l’on puisse dire. Le disque ne restera pas dans l'histoire mais remplit bien son rôle.

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"No Future / No Past " et "Wasted Days" :
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12 février 2012
Hawks - Rub (2011)
Voilà le genre de disque que vous auriez pu passer à Noël, au moment du foie gras. Simplement pour faire votre beatnik, ou pour dépasser la frustration d'une écoute de salon, et entraîner les gens normaux dans cette folie. Quatuor d'Atlanta, Hawks fait du noise rock, dans la grande tradition américaine des nineties, et à l'ombre vénérée, et un peu envahissante, de The Jesus Lizard. Amateurs de bruit et de fureur, de voix hardcore empilées les unes sur les autres, de sons bizarres et flippants, ils écoutent Art Blakey et Coltrane. Ils avaient évidemment un peu foiré le mix de leur premier album, ce qui arrive souvent dans ce genre où noise rime avec bouillie sonore. Ce deuxième jet passe l'épreuve du mix, et impressionne à plusieurs titres.D'abord cette voix, opaque et sourde, trempée dans la boue, qui rappelle, dans un premier temps, les bidouillages à la Butthole Surfers ou à la Melvins, mais finit par sonner terriblement vraie. C'est la recherche d'intensité qui prédomine, avec des attaques à couper le souffle, dans un style typiquement hardcore. Et tout le répertoire de la folie chantée est parfaitement maîtrisée, et c'est à maître Yow qu'on pense inévitablement. Il y a aussi une concision punk, qui s'exprime dans des intros brèves, le refus des soli, le jeu de guitare rudimentaire, et qui donne à l'ensemble un côté encore plus percutant. Sauf que Hawks se donne la liberté de varier les tempi, comme dans ce "Future reaping", avec son riff de basse inquiétant et vicieux. Le batteur sait même groover, comme le montre le refrain de "Hung", ce qui là encore nous empêche de faire de Hawks un groupe strictement punk.
Enfin, du texte, beaucoup de texte, d'une qualité d'écriture nettement au dessus de la moyenne. Du sexe, déviant comme il se doit, comme dans "Royalty", où une duchesse se la joue "Venus in fur". L'aliénation et l'enfance sous tutelle, comme dans "Holy day" et "Late bloomer". L'American way of life, quoi... Une adéquation parfaite donc entre une forme outrée mais maîtrisée et un discours faisant fond sur des refoulés civilisationnels, parce que faire tout ce boucan pour dire que la société est moche et qu'on est malheureux, évidemment, ça lasserait vite...
Ce qui rend l'écoute de salon possible, c'est non seulement cette richesse des textes, cette variété des ambiances, mais aussi ces interludes qui rompent la furie noisy et vous plonge dans le versant catatonique de la folie, avec piano désaccordé au son métallique et autres bizarreries étonnantes pour l'oreille. Mais bon, on est pas contre les voir sur scène, si ces ptits gars daignent un jour venir hurler chez nous.
En bref : Hawks nous prouve qu'il y a une vie après The Jesus lizard. Un disque de swamp punk qui rejoint les sommets d'intensité qu'ont atteint les grands de la scène noise rock américaine des années 90. Une intensité qui rime souvent avec émotion.

Le site du groupe
Pour commander le beau vinyl
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28 août 2011
Ponytail - Do Whatever You Want All The Time (2011)
Les écoutes se multiplient depuis un mois et ce troisième album du quatuor américain Ponytail continue à ravir mes oreilles. Car, à l’image de sa pochette foutraque et colorée, Do Whatever You Want All The Time regorge d’inventivité. Insaisissable, la musique de Ponytail est surtout surprenante quand elle nous trimballe de la dream pop sautillante aux confins du noise, en passant par des solos heavy, des accords funky et des entrelacs de guitare style math-rock… Et que dire de la section rythmique assurée par l’excellent Jeremy Hyman (membre intermittent des Boredoms) aussi habile pour se balader d’un fut à un autre à toute berzingue que pour ses rythmiques syncopées d’inspiration afro et ska. Le tout mené par le chant unique et résolument punk de Molly Siegel - plutôt un amalgame de cris et gémissements - souvent incompréhensible mais dont l’énergie y est pour beaucoup.
Il faut dire que l’ouverture de ce troisième LP est parfaite, là où chaque instrument fait son entrée. Les tressaillements de cymbales et les jappements de Molly Siegel introduisent progressivement les guitares de Ken Seeno et Dustin Wong – sorte de Mark McGuire japonais, également auteur d’un remarquable album solo – sans cesse en interaction mais toujours complémentaires. Les deux guitaristes s’en donnent à cœur joie pour façonner une toile sonore aussi colorée que l’artwork de sa pochette. Et c’est ainsi que l’un se charge des rythmiques bien lourdes et des solos heavy tandis que l’autre s’amuse à développer des mélodies sautillantes et colorées. Le tempo commence alors à se stabiliser, galopant en arrière plan, avant d’entamer, du début à la fin du disque, un perpétuel va-et-vient. Comme si les quatre de Ponytail avaient mis un point d’honneur à s’affranchir d’un rythme constant pour faire sonner la fin d’un morceau à l’extrême opposé de son début.
Du début à la fin, c’est donc un déluge d’énergie qui se déchaîne, sans temps morts ni mauvaises inspirations, où chacun se plaira à y découvrir les quelques pépites que sont "Honey Touches" (surtout dans ses moments funky), "Tush" et "Music Tunes" qui clôture l’album sur un ultime climax de déchaînement. Le groupe prend même le temps de ralentir le tempo en milieu d'album pour un morceau expérimental qui nous remémore le délicieux album des montréalais de Braids.
Do whatever you want all the time ! Voilà en fait ce que transmet ce disque, autant dans son titre que dans son contenu car qui peut se targuer de manier tout les styles avec brio sans tomber dans le pot-pourri indigeste et inaudible ?
En bref : un album assez inventif pour dévoiler de nouvelles surprises à chaque écoute, assez cérébral pour vous triturer les méninges à coups de déstructurations rythmiques et assez marquant pour se pencher sur l’avenir de ce groupe (très) prometteur.
Myspace, site du label
"Easy peasy":
"Honey touches" :
A lire aussi, la chronique du groupe Lillois, Shiko Shiko, dans le même registre hybride et énergique.
Il faut dire que l’ouverture de ce troisième LP est parfaite, là où chaque instrument fait son entrée. Les tressaillements de cymbales et les jappements de Molly Siegel introduisent progressivement les guitares de Ken Seeno et Dustin Wong – sorte de Mark McGuire japonais, également auteur d’un remarquable album solo – sans cesse en interaction mais toujours complémentaires. Les deux guitaristes s’en donnent à cœur joie pour façonner une toile sonore aussi colorée que l’artwork de sa pochette. Et c’est ainsi que l’un se charge des rythmiques bien lourdes et des solos heavy tandis que l’autre s’amuse à développer des mélodies sautillantes et colorées. Le tempo commence alors à se stabiliser, galopant en arrière plan, avant d’entamer, du début à la fin du disque, un perpétuel va-et-vient. Comme si les quatre de Ponytail avaient mis un point d’honneur à s’affranchir d’un rythme constant pour faire sonner la fin d’un morceau à l’extrême opposé de son début.
Du début à la fin, c’est donc un déluge d’énergie qui se déchaîne, sans temps morts ni mauvaises inspirations, où chacun se plaira à y découvrir les quelques pépites que sont "Honey Touches" (surtout dans ses moments funky), "Tush" et "Music Tunes" qui clôture l’album sur un ultime climax de déchaînement. Le groupe prend même le temps de ralentir le tempo en milieu d'album pour un morceau expérimental qui nous remémore le délicieux album des montréalais de Braids.
Do whatever you want all the time ! Voilà en fait ce que transmet ce disque, autant dans son titre que dans son contenu car qui peut se targuer de manier tout les styles avec brio sans tomber dans le pot-pourri indigeste et inaudible ?
En bref : un album assez inventif pour dévoiler de nouvelles surprises à chaque écoute, assez cérébral pour vous triturer les méninges à coups de déstructurations rythmiques et assez marquant pour se pencher sur l’avenir de ce groupe (très) prometteur.
Myspace, site du label
"Easy peasy":
"Honey touches" :
A lire aussi, la chronique du groupe Lillois, Shiko Shiko, dans le même registre hybride et énergique.
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17 juillet 2011
Shiko Shiko - Ohayô EP (2011)
Précieux groupe Lillois, Shiko Shiko sort avec Ohayô son troisième EP sur lequel il poursuit son exploration sonore, tel Vampire Weekend ou Foals affolés sous le joug de coups de boutoirs noisy ("Kedagoru", excellente ouverture sur laquelle des chants à l'unisson laissent ensuite place à une cadence débridée et des grattes furibardes).
L'électro a aussi sa place dans cet entrelac de sons formidablement cohérent (l'intro de "Xylophono"). Et l'inventivité du quatuor, dont il faut souligner le fait qu'il a déjà partagé la scène avec des pointures (Dandy Warhols, Midnight Juggernauts, Vampire Weekend, Bellrays, Boogers, We have band), fait le reste. Son univers, s'il évoque certaines influences, n'a pas de réel équivalent, et la douce folie du chant s'associe à un rythme changeant mais appuyé et des guitares fracassantes ("Zaa Zaa") pour livrer à l'arrivée un troisième titre lui aussi imparable.
Scéniquement, Shiko Shiko vaut aussi le détour et des élans tribaux récurrents donnent du cachet à l'EP qui prend fin sur un "Shito shito" qui gagne progressivement en intensité pour s'achever dans un tonnerre noisy auquel succède des tonalités électro une fois encore bien senties, bardées de guitares pas moins inspirées.
Troisième sortie et troisième grosse réussite donc, peut-être même la plus accomplie, pour un groupe que l'on attend désormais sur la durée d'un album.
En bref : un superbe amalgame de genres et de sons, énergique et jamais inconsistant, qui génère la naissance d'un style personnel et d'un valeureux groupe de plus sur le territoire lillois.

Le site officiel
"Xylophono":
L'électro a aussi sa place dans cet entrelac de sons formidablement cohérent (l'intro de "Xylophono"). Et l'inventivité du quatuor, dont il faut souligner le fait qu'il a déjà partagé la scène avec des pointures (Dandy Warhols, Midnight Juggernauts, Vampire Weekend, Bellrays, Boogers, We have band), fait le reste. Son univers, s'il évoque certaines influences, n'a pas de réel équivalent, et la douce folie du chant s'associe à un rythme changeant mais appuyé et des guitares fracassantes ("Zaa Zaa") pour livrer à l'arrivée un troisième titre lui aussi imparable.
Scéniquement, Shiko Shiko vaut aussi le détour et des élans tribaux récurrents donnent du cachet à l'EP qui prend fin sur un "Shito shito" qui gagne progressivement en intensité pour s'achever dans un tonnerre noisy auquel succède des tonalités électro une fois encore bien senties, bardées de guitares pas moins inspirées.
Troisième sortie et troisième grosse réussite donc, peut-être même la plus accomplie, pour un groupe que l'on attend désormais sur la durée d'un album.
En bref : un superbe amalgame de genres et de sons, énergique et jamais inconsistant, qui génère la naissance d'un style personnel et d'un valeureux groupe de plus sur le territoire lillois.

Le site officiel
"Xylophono":
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29 décembre 2010
Sleigh Bells - Treats (2010)
Après quelques écoutes de Treats premier album de Sleigh Bells (les "grelots" en français), on a du mal à croire la biographie du groupe : un duo peut-il vraiment produire un son si nerveux et abouti ? Nouveau venus du noise-rock, Derek Miller et Alexis Krauss livrent bataille sur onze titres subtils d'un lo-fi adouci par la voix, féminine à l'extrême, d'Alexis.Pas facile de se faire une place dans le monde de la noise-pop quand il n'est assimilé qu'à du bruit. Seulement les Sleigh Bells dégainent tous leurs atouts pour sortir du lot. S'ils se démarquent c'est parce qu'ils créent un univers d’associations étonnantes. Le chant d’Alexis Krauss évoque le cliché du campus américain chouchou de la télévision avec ses intonations de cheerleader. L'instrumental puissant et le voile que représente ce son lo-fi apparaissent, à première vue, en totale contradiction avec le monde suggéré par la voix d'Alexis. Mais le duo sait marier les deux univers et nous donne l’impression que l’on peut avoir des cheerleaders rock’n’roll, que le premier match de football américain de la saison peut être ouvert avec le tube "Tell ‘em" et que tout le monde apprécierait ses "Infinity guitars".
C'est justement sur "Infinity guitars" que l'on ressent le plus la parfaite conciliation entre ces deux mondes : un arrière-plan définitivement rock’n’roll surplombé par la voix féminine d’Alexis, sur un rythme haché qui n’en finit pas de nous rappeler les slogans de ces fameuses pom-pom girls. C'est cette association incongrue mais parfaitement balancée qui les empêche de tomber dans le cliché d’un côté comme de l’autre.
Une impression intéressante après quelques écoutes de l'album est qu'il fait appel à nos souvenirs et à nos sens. Sur "Straight a’s" par exemple, le son rappelle la recherche de la bonne fréquence sur un poste radio, le crépitement sonore est accordé à l’excitation d’enfin capter le son net d’un titre radio-friendly, elle-même renforcée par les cris suraigus qui rappellent un peu Kap Bambino.
Si l'on juge l'album Treats trop vite, il est facile de lui reprocher sa répétition qui agace aux premières écoutes. Mais en allant plus loin, on ne peut qu'admettre l'originalité d'un tel disque ! Le thème des cheerleaders évoqué par l'artwork est loin d'être omniprésent et le duo nous emmène bien loin si l'on veut bien prêter une attention subtile à ces titres. La sensualité est elle aussi au rendez-vous sur "Run the heart" dont le rythme transpirant met d'autant plus en valeur la voix voluptueuse d'Alexis. Sur ce disque se cache même une presque-ballade à l'aura apaisante : "Rill rill", glissée là judicieusement et qui marque une pause avant la terrible "Crown on the ground" au lo-fi acide que l'on apprécie à faible dose.
Un autre point fort de cet album est son aspect compact : des rythmes hachés et réguliers et la voix d'Alexis Krauss permettent de mieux avaler cette noise-pop dont on ne se lasse finalement plus.
En bref : un album que l'on pourrait vite abandonner mais qui mérite une écoute en profondeur pour révéler son caractère original et sa fraîcheur enfouie.

Le Myspace
"Infinity guitars" :
"Treats" :
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14 décembre 2010
Concert - A Place To Bury Strangers + Young Prisms au BT59 de Bordeaux le 09/12/10,
Le moins que l’on puisse dire c’est que les new-yorkais ont su se forger une sacrée réputation scénique depuis quelques années. Anciennement rois de l’underground, et à en juger par le monde présent ce soir presque tombés dans le domaine public, le groupe au nom à prendre avec des pincettes connait sa recette sur le bout des doigts : commencer l’air de rien à jouer un shoegaze d’origine new-wave, puis pousser petit à petit (environ tous les trois morceaux) le potard d’un cran ou deux jusque dans ses derniers retranchements (jusqu’à 11 pour les fans de Spinal Tap). Et donc forcément, c’est prendre le risque d’être comparé à My Bloody Valentine (qui ont failli me rendre sourd il y a deux ans à Barcelone) ou encore Sun O))) (également !). Qu’en est-il réellement ?
Avant ça et pour l’anecdote, nous avons eu droit à une première partie gag esprit Spinal Tap encore une fois, avec Young Prisms, d’autres new-yorkais qui apparemment ont eu des problèmes de vol de van, et surtout un guitariste qui les a quittés la veille. Mais pas de regret puisque le peu qu’on en a entendu ressemblait à une bouillie sans nom, désolé pour les fans. Peu importe puisque c’est bel et bien le guitariste fou Olivier Ackerman et son non moins inquiétant bassiste Jono Mofo qui comptent. En préambule je citerais l’intéressé principal : "Nous essayons de créer un univers alternatif où l’on perd le sens de ce qui se passe dans notre vie et dans nos sentiments". Au moins c’est clair.

Effectivement, le show froid des new-yorkais est une expérience physique autant que sonore. La faute en premier lieu à un light-show stroboscopique de fin du monde qui ne laisse aucun répit. Me contraignant à fermer les yeux durant de longues minutes, cette technique a pour effet de me faire voyager très loin, jusqu’à avoir l’impression de ne plus être là, en tous cas d’être seul et en suspension. Un véritable viol visuel. Niveau sonore, j’avoue avoir eu du mal à me raccrocher à de véritables compositions, mais c’est aussi un peu ça le but du trio. Leurs morceaux plus encore sur disque que sur scène sont de véritables tunnels interminables où l’on ne peut rien faire d’autre que tomber.
Inaugurant pour la première fois de ma vie les fameuses boules "Qui est-ce ?", je n’en prends pas moins plein la gueule sur les morceaux du bien nommé Exploding Head, véritables rouleaux compresseurs hypnotiques qui laissent sur le cul, les jambes cassées et les oreilles en bouillie. Le final sera quant à lui dantesque, avec deux fois dix minutes de magma noisy et frontal évoquant "You made me realize". Pas forcément agréable à vivre sur la longueur, un concert de A Place To Bury Strangers est quoi qu’il en soit une gifle sonique qu’il faut avoir pris au moins une fois dans sa vie, tout comme celle de My Bloody Valentine.
Les Myspace de Young Prisms et A Place To Bury Strangers
Les sites du BT59 et Allez les filles
"The falling sun" :
>
Avant ça et pour l’anecdote, nous avons eu droit à une première partie gag esprit Spinal Tap encore une fois, avec Young Prisms, d’autres new-yorkais qui apparemment ont eu des problèmes de vol de van, et surtout un guitariste qui les a quittés la veille. Mais pas de regret puisque le peu qu’on en a entendu ressemblait à une bouillie sans nom, désolé pour les fans. Peu importe puisque c’est bel et bien le guitariste fou Olivier Ackerman et son non moins inquiétant bassiste Jono Mofo qui comptent. En préambule je citerais l’intéressé principal : "Nous essayons de créer un univers alternatif où l’on perd le sens de ce qui se passe dans notre vie et dans nos sentiments". Au moins c’est clair.

Effectivement, le show froid des new-yorkais est une expérience physique autant que sonore. La faute en premier lieu à un light-show stroboscopique de fin du monde qui ne laisse aucun répit. Me contraignant à fermer les yeux durant de longues minutes, cette technique a pour effet de me faire voyager très loin, jusqu’à avoir l’impression de ne plus être là, en tous cas d’être seul et en suspension. Un véritable viol visuel. Niveau sonore, j’avoue avoir eu du mal à me raccrocher à de véritables compositions, mais c’est aussi un peu ça le but du trio. Leurs morceaux plus encore sur disque que sur scène sont de véritables tunnels interminables où l’on ne peut rien faire d’autre que tomber.
Inaugurant pour la première fois de ma vie les fameuses boules "Qui est-ce ?", je n’en prends pas moins plein la gueule sur les morceaux du bien nommé Exploding Head, véritables rouleaux compresseurs hypnotiques qui laissent sur le cul, les jambes cassées et les oreilles en bouillie. Le final sera quant à lui dantesque, avec deux fois dix minutes de magma noisy et frontal évoquant "You made me realize". Pas forcément agréable à vivre sur la longueur, un concert de A Place To Bury Strangers est quoi qu’il en soit une gifle sonique qu’il faut avoir pris au moins une fois dans sa vie, tout comme celle de My Bloody Valentine.
Les Myspace de Young Prisms et A Place To Bury Strangers
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29 octobre 2010
Lift To Experience - The Texas Jerusalem Crossroads (2001)
Il y a toujours des groupes que l’on regrette d’avoir découvert sur le tard. Moi-même il y a quelques années je me souviens avoir reproché à mon grand frère de ne pas m’avoir fait écouter Elliott Smith plus tôt. Des artistes dont on sait immédiatement qu’ils auraient pu nous accompagner et nous aider à concevoir la bande originale de notre vie. Comme il n’est jamais trop tard, c’est en tombant par hasard sur une rare interview de John T. Pearson chez Pinkushion (un grand merci à eux) que j’ai basculé dans l’univers des Texans Lift To Experience. Un personnage à la Jeff Mangum, qui après avoir composé cette unique œuvre long format, mit fin à jamais à son groupe pour disparaître du grand public si jamais il y était déjà rentré. On croise aujourd’hui ce barbu énigmatique entre Austin et Paris où il aime jouer acoustique et solo. Et cette œuvre en question rentre complètement dans cette catégorie d’album insurpassé, comme Pet Sounds, Loveless ou In The Aeroplane Over The Sea. Un album qui c’est évident ne peut que remporter ses cinq étoiles à la fin, désolé pour le spoiler.Le contexte : John T. Person est un fils de Pasteur, né dans un Etat dont on connait tous les travers politiques. Ami de Trail Of Dead…, il s’entoure sobrement d’Andy Young à la batterie et de Josh Browning à la basse. John, lui, s’arme d’une seule et unique Fender Jazzmaster pour tout l’album, la guitare de Jay Mascis de Dinosaur Jr par exemple, mais aussi celle de Loveless justement des Bloody Valentines. Dans son esprit à lui, le Texas est au centre du monde, et c’est l’heure de l’apocalypse. Nait alors un concept album effrayant, où chaque parole est biblique ou mystique, jusqu’à cet enchaînement génial de titres liés à la suite sur la tracklist, jugez du peu : "Just as was told, Down came the angels," "Falling from cloud 9", "With crippled wings", "Waiting to hit", "The grounds so soft". Ca n’est que le premier cd, oui parce que l’on parle bien de double album Monsieur ! Quant au format : 2 disques, 11 titres entre 5 et 9 minutes pour au final plus d’une heure et quart de morceaux qui semblent n’en faire qu’un.

Evidemment la grande force de ce disque, c’est la voix de John. Lyrique, pénétrante, sobre, poétique et souvent rapprochée de Jeff Buckley. C’est indéniable, il y a un élément commun entre ces deux là, mais attention on ne se retrouve pas face à une pâle copie de l’auteur de Grace. Ici il n’y a que des "Grace" puissance mille pour vous dire. Et il se tient donc là, avec ses psaumes incantatoires, tel un évangéliste convaincu (pléonasme), et il nous fait voyager dans des terres arides que Mogwaï n’aurait pas reniées. C’est en fait un mal contagieux imparable. Pas forcément gai (euphémisme), John porte en lui un vague à l’âme qu’il exorcise à chaque instant, en spoken words ou en gueulant. Un western musical éprouvant. "Just as was told" est la première pierre de l’édifice, l’ambiance est posée, ça secoue. Des montées, des descentes, des breaks, une guitare qui en vaut douze, un texte biblique prêché par quelqu’un qui semble pousser son dernier souffle à chaque instant.
"Down came the angels". Minimaliste. Seul au fond de sa grotte, John parle à sa guitare et devient inquiétant. C’est d’autant plus la claque quand commence "Falling from cloud 9", premier morceau immense de cette œuvre. A trois ils organisent ce mur du son à la fois rock et noisy, et donnent de la flamboyance à leurs morceaux. Sans emphase, des classiques instantanés. Inutile de tous les nommer non plus. Même si on trouve grâce et beauté sur "With crippled wings", tension permanente sur "Waiting to hit", trémolos de guitare, explosion puis A Capella miraculeux sur le grandiose "The ground soft". Un dernier pour la route et non des moindres, "These are the days", titre ultime de ce disque, qui part d’arpèges célestes pour accoucher d’un délire noisy dantesque. Est-il besoin d’en rajouter ?
En bref : le seul et unique testament d’un groupe étoile filante. Sombre, hypnotique, bouleversant, inoubliable, cet objet est destiné à devenir culte. Ceux qui n’y adhèrent pas seront maudits lors du jugement dernier.

Le Myspace
A lire aussi : Neutral Milk Hotel - In The Aeroplane Over The Sea (1998)
"These are the days" :
"Falling from cloud 9" :
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13 octobre 2010
Sam Nolin - Postcard From Earth Ep (2010)
Artiste lillois officiant dans une veine qu'il qualifie d'oriental lo-fi -il est d'ailleurs plutôt "dans le vrai" en se définissant ainsi-, Sam Nolin s'entoure de musiciens accomplis, Postcard From Earth et ses six titres chatoyants -mais jamais conventionnels- constitue une convaincante représentation.Cette orientation s'impose d'emblée sur l'intro de "Naked unborn child" aux airs orchestraux que suit un folk dépaysant, joué à l'aide d'instruments fabriqués de toutes pièces, lesquels permettent des sonorités inédites et attrayantes. La voix, grave et chaude, incantatoire, venant s'ajouter à cette trame insoumise qui annonce un contenu sans failles.
"Last train to Vatican" confirme ensuite non seulement la valeur des morceaux du disque, mais aussi l'ouverture du quatuor, qui signe avec ce second morceau une plage folk superbement jouée, à l'acoustique avenante... qu'une électricité retenue, inspirée mais acidulée vient seconder. L'intérêt des morceaux est optimal, le climat allie instants de clarté et obscurité bridée, jamais excessive, et on peut ensuite profiter d'un "Akilam (Postcard From Earth) "qui nous régale de ses élans lo-fi évoqués par Sam sur son Myspace, sur un titre lancinant oscillant entre élégance et souillures noisy en arrière-plan, les deux cohabitant pour un résultat ici encore irréprochable. La fin de ce titre offrant même un chaos noisy-folk somptueux qui s'éclaircit en sa fin et entérine définitivement l'individualité de Sam Nolin.
"Catacombs", la chanson suivante, creuse le sillon de ce folk qui sort des sentiers battus, avec sa trame à la fois de plus en plus vive et brouillée, à l'effet presque psyché, l'organe de Sam étant de toute évidence d'un grand apport et en parfaite symbiose avec une instrumentation imaginative d'où émerge l'iranian setar de Nil Nosma.
"Circus song" et ses prétentions plus "normales" vient alors compléter le tableau musical des intervenants, par le biais d'un climat dans un premier temps strictement folk, qui s'accélère sur la fin mais sans réellement "dévier", ce qui a pour effet de mettre en valeur le "petit monde" de Sam Nolin en y apportant aussi un côté "normé". Avec cerise sur la gâteau le sharmanka d'Alexandre Legarez qui accroît la particularité de son enrobage sonore.

C'est alors qu'arrive la pièce majeure de Postcard From Earth sous la forme de "Manhattan", long de plus de dix minutes et enjolivé par les guitares de (entre autres) Jullian Angel et Sammy Decoster. Aussi soigné que zébré de stridences noisy délectables, légèrement surf sur son amorce à l'occasion de laquelle on pense aux excellents French Cowboy, cet ultime morceau s'avère être l'un des longs formats les plus épatants qu'il nous ait été donné d'entendre ces derniers temps, et se scinde avec le plus grand naturel en deux parties distinctes et complémentaires, mettant fin dans la superbe à un Ep plus que probant, qui donne l'irrépressible envie de se plonger dans les différentes productions discographiques du groupe décrit en ces lignes.
En bref : six titres de caractère, hors-normes et aboutis, de la part d'un groupe hautement talentueux et n'ayant de cesse de se forger une identité déjà affirmée.

Le Myspace de Sam Nolin
"Manhattan" :
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05 septembre 2010
Liars - Sisterworld (2010)
Sous une magnifique pochette en relief, embossed comme ils disent, voici le 5ème Liars, trio inclassable et avant-gardiste s'il en est. Le sens de l'expérimentation qui avait culminé avec le chef d'oeuvre conceptuel Drum's Not Dead (2006) est un tantinet remis au goût du jour ici, après une parenthèse presque académique et plus traditionnellement indie (Liars en 2007) - enfin, bien dérangeante, quand même.
Dès les premières notes de violoncelle les gémissements plaintifs, la voix mourante d'Angus Andrew dont le timbre évoque un Nick Cave endeuillé, (curieuse analogie qui éventuellement se prolonge sur le physique, sont-ce les gênes australiens qu'ils partagent ?) nous mettent sur la voix d'une nouvelle oeuvre "difficile", à tout le moins où la notion de mélodie primesautière ne prédominera pas forcément.
C'est effectivement ce qui se passe à l'aune de ce "Scissor" et de ses lyrics sinistres ("I found her with my scissor..." gruesome !). En comparaison, "No Barrier Fun" qui lui succède, elle aussi nappée de cordes, ferait presque office de single potentiel ; on y trouve ainsi au détour de la mélodie du couplet un célesta, tant qu'à faire utilisé à contre-emploi.
Les sonorités menaçantes et tordues sont donc à l'honneur tout au long de cet opus, avec cette obsession du mantra qui caractérise bien l'univers de Liars, cette affaire tribale où l'on jurerait ici entendre un digeridoo de circonstance ("Drip"), références aborigènes obligent.
La reverb claque sur le délicieusement psychopathe "Scarecrows on a Killer Slant", titre que n'aurait pas désavoué le mythique créateur de Calvin & Hobbes ! Ailleurs, dissonances toujours ("Here Comes All The People", "Drop Dead" - au moins, c'est dit !). Dans ce maelström sonore, Liars est toujours capable de fulgurances mélodiques ; il sait en tout cas soigner ses gimmicks, ses intros y compris lors de ses morceaux les moins indulgents pour l'oreille ("I Still Can See An Ouside World", "The Overachievers", "Goodbye Everything").
Assez naturellement, et comme il l'avait déjà proposé sur Drum's Not Dead, le trio termine son périple sonore par deux titres en demi-teinte, l'obsédant riff de "Goodbye Everything" relevé dans son final de cuivres au ralenti, et ce "Too Much Too Much" aux faux airs mélancoliques.
Plus que jamais, Liars semble incarner la version moderne d'un Sonic Youth, qui prendrait lui le parti de se renouveler dans la continuité. Liars trace mine de rien une oeuvre étonnante, à nulle autre pareille, dont l'impact rythmique et osons... mélodique, prenons-en les paris, en assureront la pérennité discographique.
En bref : une nouvelle pierre à l'édifice anguleux et atypique de Liars. On aime ou on déteste, mais on ne saura en nier ni la radicalité ni l'intégrité. De l'expérimental envers et contre tous, définitivement libre et affranchi de toute contrainte, euh... radiophonique.

Le site officiel et le Myspace
"Scissor" :
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08 juin 2010
Secret Cities - Pink Graffiti (2010)
Il y a des histoires que les biographes prennent plaisir à raconter, qu’elles soient véridiques en tout point ou légèrement romancées. Celle de Secret Cities fait partie de celles-là. Un garçon, une fille, une rencontre en colonie de vacances à l’âge de 15 ans, une connexion mutuelle et une passion commune pour la musique gentiment psychédélique. MJ Parker et Charlie Gokey s’engagent alors dans une correspondance à distance, faite d’envois de petits bouts de sons que chacun reçoit, modifie et retourne à l’autre. Tout ça à travers le Dakota. De cette union nait en 2005 sous le nom The White Foliage, Zurich un Ep de dream pop calme à se procurer d’urgence. Quand la paire se réunit enfin et s’octroie les services du percussionniste Alex Abnos, The White Foliage devient Secret Cities et s’attaque à un quasi concept album en hommage à Brian Wilson et au dieu soleil.Premier morceau de choix, et première claque de romantisme Spectorien, ce "Boyfriends" d’anthologie, tube évident et irrésistible de pop à la Shins. Il fait très chaud sous cette instrumentation dense où le tambourin ressemble à s’y méprendre à des cigales. Il résume à lui seul le style Secret Cities : des vocaux camouflés, des harmonies mixtes, un collage de couches instrumentales et électroniques, et surtout ce côté noisy très à la mode à l’heure actuelle. Le final est un petit sommet de composition. Tant que l’on y est, autant enchaîner avec l’autre chef-d’œuvre du disque : "Pink graffiti Part1". Quand le beat se lance, et que le clavier entame son gimmick, le temps est littéralement suspendu. On y croise une montée en puissance des instruments qui arrivent de tous côtés, un cœur de morceau vraiment foutraque, puis ce break piano/violon que l’on n’attend pas et qui change une fois de plus la donne. D’ultra optimiste le morceau devient mélancolique, pour finalement repartir en branle-bas de combat. Un monument.

Entre les deux tout est bon. De la délicatesse du piano de "Slacker" qui jongle habilement avec voix féminine et violons sur une rythmique hachée, jusqu’à l’énergie sans faille de "Color" qui contient un refrain dévastateur. Qui dit "Part1" pour Pink Graffiti dit aussi "Part2", bien que placé plus tôt dans le disque. Un autre morceau monumental, très chargé en instruments et au refrain évocateur : "I know, I know she still loves me / I know, I know she still needs me". Avec plus 4 minutes en moyenne par morceau, le groupe prend le temps de délivrer son message en le teintant de psychédélisme léger. Une fois de plus à écouter au casque sur la plage, ou en ville en s’y imaginant. Et ça sort aujourd’hui.
En bref : de la psyché pop orchestrée mais terriblement intime avec des refrains ravageurs et des parties instrumentales sous forme de montagnes russes. Papa Wilson surveille tout ça de loin et ne peut qu’acquiescer.

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A lire aussi : Lonely Galaxy - Ep 1 (2010) + Interview
"Pink graffiti Part1" et "Boyfriends", tous deux indispensables :
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23 octobre 2009
Fuck Buttons - Tarot Sport (2009)
Ouch, c’est quoi ce truc ? Alors que j’avais gardé un souvenir moribond du premier effort Street horsing des anglais Benjamin John Power et Andrew Hungs -trop vite classé foutoir pour moi-, des critiques élogieuses se sont chargé de me rappeler que Fuck Bucttons est un duo plein d’avenir. Téléchargeant (bouh c’est mal !) sans grand peine le second album en question afin de me faire une idée, je restais sur mes gardes, la pochette ultra criarde n’augurant pas le meilleur non plus. Le lecteur Window Media se lance, un morceau nommé "Surf solar" commence, et là c’est la claque ! Non mais vraiment, c’est quoi ce truc ? 10 minutes dantesques en version longue (le morceau était déjà sorti allégé de 7 minutes), une superposition de couches synthétiques, des voix venues de l’espace (et qui du coup n’en sont plus), une synchronisation de l’ensemble, et de ce fait un morceau pharaonique, hypnotique et renversant. Ca part bien.Ok, il va donc falloir se renseigner un peu plus. Ils viennent de Bristol, ok. John Cummings a remplacé Andrew Weatherall à la production, pourquoi pas. Mais encore ? Pas grand-chose si ce n’est que le duo semble être assez respecté depuis son premier opus, que je suis du coup obligé de réécouter. Et effectivement, Fuck Buttons s’est remis en question. Ca n’a même plus rien à voir. Résolument épiques et rythmés, les 7 (oui seulement, pour 1 heure de musique) fresques de fausse électro psyché s’enchaînent et ne se ressemblent… enfin si, se ressemblent un peu. Tarot Sport est en effet une œuvre continue, sans entracte ni interlude, véritable enchaînement sans temps-mort de morceaux de bravoure salement futuristes.

Un disque linéaire qui aligne 7 pièces d’une dizaine de minutes chacune, avec une vraie complémentarité et une même instrumentalité tout le long. Il y a bien des pics et des montés, mais la tension omniprésente est belle et bien linéaire. A noter également, la facilité d’immersion dans cette odyssée aérienne pourtant très expérimentale. Et quand vient l’heure du name dropping, après un court moment où l’on se dit que cela ne ressemble à rien d’autre, on finit par penser à tout et son contraire. Sun O))), Vangelis, Battles, Koudlam, M83, et ce n’est qu’à la fin qu’on pense à The Field ou encore Nathan Fake, et que l’on arrive à coller la difficile étiquette de drone un peu noise, un peu électro, et pourtant non bruitiste. Unique.
Et à part l’impressionnant "Surf solar" dont on a du mal à se remettre, que trouve-t-on dans cet album ? Je citerais volontiers le monumental "Olympians", on ne peut plus épique (et répétitif, je vous l’accorde) et inclassable. Une flûte de paon semble sortir de nulle par, annonçant un flux de distorsion d’un autre monde également. On pourrait appeler ça de l’électronica mélodique. On touche en tous cas le royaume des cieux. "Phantom Limb" et "Space mountain" (sic) me touchent moins par contre. Quant à "Flight of the feathered serpent", il est à la fois puissant et dansant et sa pulsation régulière est porteuse de foi et de force, d’espoir à la Dan Deacon même.
En bref : une heure ininterrompue de pop futuriste, d’électronica de science fiction et de tout ce qui serait trop long à décrire dans un En bref. Un ovni épique venu d’ailleurs, à écouter fort et au casque, forcément.

Le Myspace
A lire aussi : Zombi - Spirit Animal (2009)
Le clip hallucinant de "Surf solar" (version courte) :
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19 octobre 2009
Dälek - Gutter Tactics (2009)
5ème album pour ce duo composé de Dälek, le Master of Ceremony, et de The Oktopus aux platines. La pochette, tribale entre toutes, illustre le contenu de la chose, celui d'un rap sombre, paranoïaque, malaisé.
Ce disque se propose de relater le versant peu flatteur des émeutes et représailles communautaires de la deuxième moitié du 20ème siècle aux Etats-Unis. Et d'apporter un regard de mémoire salvateur envers une pelletée de martyres qui seraient pèle-mèle Martin Luther King, Medgar Evers -l'une des chansons est à sa gloire, Malcolm X, ou Emmett Till. Certains portraits figurent d'ailleurs sur les étiquettes des deux galettes de l'album.
Le propos, on s'en doute pour un album de rap et vu la teneur du disque, est radical, sans concession. Les titres, provocants, interpellent ("Blessed Are They Who Bash Your Children's Heads Against A Rock") et sont plus longs que ceux des Liars et des Smiths réunis. Ailleurs, sur "Los Macheteros / Spear Of A Nation", une longue litanie de noms de révolutionnaires portoricains est froidement récitée. Ce disque a le mérite de rappeler, avec un manque de nuance et un parti-pris affirmé - car on ne saurait faire l'amalgame - et un reportage récent sur les chaînes hertziennes illustrait ce propos, que bien que minoritaire, l'immonde White Power et ses dérivés sévissent toujours aux Etats-Unis, et qu'une frange certes pas négligeable de hicks WASP's sudistes, continue à revendiquer haine et fierté mal placée quant à une hégémonie blanche. Et a ainsi beaucoup eu de mal à accepter la couleur de peau du 44ème président de la première puissance mondiale. Tous les gens cités ici ont en général deux point communs : ils sont noirs et ont été assassinés, c'est le cas de Medgar Evers, sacrifié sur l'autel du fanatisme du Ku Klux Klan. Véritables militants, dépositaires d'une tension à fleur de peau, le duo décrit le quotidien minoritaire, sans fard ("they treat us like animals").
Et la musique dans tout ça ? Particulièrement obsédante, hypnotique, évoquant parfois Suicide, "No Question" . Et ce qui tranche par rapport au son rap urbain lambda, ce sont ces boucles de guitares noisy façon My Bloody Valentine qui parsèment le disque, cette lancinante saturation qui restitue la violence urbaine, l'esprit communautaire - l'incroyable morceau-titre ! On n'est pas loin de l'indus parfois. Ah, et un dessin de lynchage orne le verso de la pochette, au visuel menaçant. Les gens de Dälek ne plaisantent pas, et leur flow envoie. Suffisamment pour fédérer les allergiques à leur courant musical.
Ce disque se propose de relater le versant peu flatteur des émeutes et représailles communautaires de la deuxième moitié du 20ème siècle aux Etats-Unis. Et d'apporter un regard de mémoire salvateur envers une pelletée de martyres qui seraient pèle-mèle Martin Luther King, Medgar Evers -l'une des chansons est à sa gloire, Malcolm X, ou Emmett Till. Certains portraits figurent d'ailleurs sur les étiquettes des deux galettes de l'album.
Le propos, on s'en doute pour un album de rap et vu la teneur du disque, est radical, sans concession. Les titres, provocants, interpellent ("Blessed Are They Who Bash Your Children's Heads Against A Rock") et sont plus longs que ceux des Liars et des Smiths réunis. Ailleurs, sur "Los Macheteros / Spear Of A Nation", une longue litanie de noms de révolutionnaires portoricains est froidement récitée. Ce disque a le mérite de rappeler, avec un manque de nuance et un parti-pris affirmé - car on ne saurait faire l'amalgame - et un reportage récent sur les chaînes hertziennes illustrait ce propos, que bien que minoritaire, l'immonde White Power et ses dérivés sévissent toujours aux Etats-Unis, et qu'une frange certes pas négligeable de hicks WASP's sudistes, continue à revendiquer haine et fierté mal placée quant à une hégémonie blanche. Et a ainsi beaucoup eu de mal à accepter la couleur de peau du 44ème président de la première puissance mondiale. Tous les gens cités ici ont en général deux point communs : ils sont noirs et ont été assassinés, c'est le cas de Medgar Evers, sacrifié sur l'autel du fanatisme du Ku Klux Klan. Véritables militants, dépositaires d'une tension à fleur de peau, le duo décrit le quotidien minoritaire, sans fard ("they treat us like animals").
Et la musique dans tout ça ? Particulièrement obsédante, hypnotique, évoquant parfois Suicide, "No Question" . Et ce qui tranche par rapport au son rap urbain lambda, ce sont ces boucles de guitares noisy façon My Bloody Valentine qui parsèment le disque, cette lancinante saturation qui restitue la violence urbaine, l'esprit communautaire - l'incroyable morceau-titre ! On n'est pas loin de l'indus parfois. Ah, et un dessin de lynchage orne le verso de la pochette, au visuel menaçant. Les gens de Dälek ne plaisantent pas, et leur flow envoie. Suffisamment pour fédérer les allergiques à leur courant musical.
Une confirmation.
En bref : une terrifiante photographie de l'héritage socio-cuturel américain. Avec une noirceur assumée, et le concours de guitares abrasives, Dälek sert un rap urbain, sans concession. On n'avait pas vu pareille diatribe depuis les Dead Kennedys. Eprouvant mais salutaire.

le site, le Myspace
The Dead Kennedys - Frankenchrist (chronique)
"No question"
En bref : une terrifiante photographie de l'héritage socio-cuturel américain. Avec une noirceur assumée, et le concours de guitares abrasives, Dälek sert un rap urbain, sans concession. On n'avait pas vu pareille diatribe depuis les Dead Kennedys. Eprouvant mais salutaire.

le site, le Myspace
The Dead Kennedys - Frankenchrist (chronique)
"No question"
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05 juillet 2009
Sonic Youth - The Eternal (2009)

Sonic Youth le groupe, serait donc plus important que ses disques. A bien y réfléchir, ce pourrait être la formule idoine pour résumer la carrière atypique et parfois controversée du quatuor new-yorkais. Car finalement, y a-t-il dans la discographie foisonnante du combo bruitiste un disque, une période qui se détachent véritablement ? à tout le moins, l'album qui mettrait tout le monde d'accord ?
Les connoisseurs ont tendance à citer Daydream Nation (1988), album inécoutable s'il en est ; et pourquoi pas Sister, d'ailleurs, issu de la même époque (1987) ! Il y a aussi les adeptes de la période plus produite, plus léchée, qui inclut Goo (1990) et Dirty (1992), choix pertinent évidemment... pour ma part, j'avouerai une préférence pour Washing Machine (1995) et A Thousand Leaves (1998) ; on le voit, on n'en sort pas.
Alors pourquoi nous faire croire que cet album, le 16ème en studio, pourra être celui qui mettra tout le monde d'accord, au moment où Sonic Youth délaisse, après un long partenariat, la maison Geffen fourre-tout pour la plus indie-rock Matador de leurs camarades de jeu, les brillants Yo La Tengo ?
Parce qu'on en revient à un son plus carré, moins bêtement lo-fi, façon Goo ? Hmmm....pas suffisant ! Car si ce nouveau disque n'est pas moins bon (ou plus mauvais) que Murray Street (2002), Sonic Nurse (2004) et Rather Ripped (2006), les trois derniers albums avec Jim O'Rourke (qui a quitté le navire depuis), il n'a pas de quoi leur en remontrer non plus.
Car franchement, que nous apprend The Eternal ? Que Steve Shelley est un excellent batteur, c'est même le musicien le plus convaincant de la bande ; mais ça, on le savait déjà ! Il a le mérite de le prouver une fois encore sur "Sacred Trickster" et "Anti-Orgasm" qui ouvrent tous deux l'album sur les chapeaux de roue. Mais dès "Leaky Lifeboat", c'est la cata : on a droit à des "la-la-la" du couple Thurston/Kim qui, on s'en doute, feront moins date que ceux de Ira et Georgia (Yo La Tengo), comprendre qu'on les fredonnera moins volontiers sous la douche.
Alors, bien sûr, il y a la rythmique qui bastonne, les guitares qui cisaillent et s'entrecroisent sur des "Antenna" ou "No Way" qui doivent beaucoup aux chevauchées électriques du Crazy Horse du Loner ; mais enfin, il faut quand même s'envoyer un nombre de morceaux parfaitement anodins, quand ils ne sont pas pénibles ("Massage The History", soi-disant le sommet du disque, faudra qu'on m'explique !?) avant de tomber ENFIN sur une chanson mémorable, façon "Kool Thing", "The Diamond Sea", ou un "Karen Coltrane" d'antan, et c'est ce formidable "Walkin Blue" et son épatante mélodie binaire, que Lee Ranaldo (pas fou) s'octroie
Et là Sonic Youth de rappeler, qu'au-delà du groupe arty prise de choux qu'il peut être aux yeux de ses détracteurs - voir à ce sujet l'article manquant de finesse du pourtant excellent Ungemuth dans le R&F # 503- il sait incarner aussi ce band humble qui, en oubliant de désaccorder ses guitares, compose des chansons pop parfaites. Fait d'armes devenu rare chez SY, et qui tend au syndrome slow hand : les anglophones onanistes comprendront.

le site, le Myspace
La video de "Sacred Trickster" :
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13 février 2009
Parts & Labor - Concert au St Ex, Bordeaux le 11/02/09

Quand Let’s Panic Later organise un concert au St Ex, vous pouvez être sûrs que vous en aurez pour votre argent. Souvenez-vous, Mahjongg nous avait déjà scotchés au plafond dans cette cave qui n’est pourtant pas bien haute, et ce soir, c’est l’anciennement trio de Brooklyn Parts & Labor qui nous fait descendre au fond du terrier d’Alice, dans l’antre de l’underground bordelais où slims et autres fluo kids se bannissent d’eux-mêmes. Pour les autres, une programmation du label Jagjaguwar (Black Mountain, Okkervil River, Bon Iver, Women…) -on ne peut plus gage de qualité à mes yeux- est immanquable. Et même si le quatuor semble avoir mis de l’eau dans son vin sur son quatrième album Receivers sorti l’année dernière, il reste pour le moins indéniablement défricheur. Passant d’un son presque hardcore des débuts à un son plus complexe, s’essayant à un schéma plus classique sans oublier le chaos, Parts & Labor est définitivement l’une des formations les plus intéressantes du moment dans le noise rock expérimental. Des premières parties de TV On The Radio, Battles ou Oxbow vous éclaireront peut-être un peu plus sur leur terrain de jeu.
Dan Friel, jeune échevelé en goguette est aux sampleurs, claviers, et autres bizarreries électroniques, en tête de gondole sur la mini scène du St Ex. C’est également lui qui pousse la chansonnette le plus fort, j’y reviens. B.J. Warshaw quant à lui joue basse et saxo, et chante même, barbe appuyée sur la voûte. Restent la belle Sarah Lipstate à la gratte, sur qui tous les yeux masculins se portent, et Joe Wrong batteur imperturbable aux yeux bridés. Et là ça commence. Et bim ! Première claque, Parts & Labor est finalement un groupe de stade, compressé dans une salle de trente mètres carrés. Et moi à un mètre du groupe, et donc des enceintes, de me recevoir en pleine tête les giclées de voix héroïques du petit frisé, et de ses attaques de synthés. J’avais entendu parler de mur du son au sujet de la bande, c’est parfois vrai. "Satellites" donne très vite le ton en effet. Guitares saturées, électronique distordue, batterie frénétique. Ca ne vous rappelle rien ? Il parait que le groupe apprécie bien Wire, le Pink Floyd, Brian Eno et Sonic Youth, on s’en serait doutés.
Atypique en tout cas Parts & Labor l’est assurément. Capable de simplicité puissante et entêtante sur "Nowhere nigh" et "Solemn show world" comme de recherche effrontée du différent sur l’épique "Wedding in a wasteland", le groupe ne perd pourtant jamais ni son âme, si son groove, et nous embarque avec lui dans un grand feu d’artifice noisy pop que je n’attendais pas forcément. De quoi se replonger de vitesse dans une discographie déjà bien fournie aux pochettes soignées qui plus est. Jusqu’au prochain mur du son.
Les Myspaces de Parts & Labor, Let’s Panic Later et le St Ex
A lire aussi : Hawney Troof - Concert au Son’Art, Bordeaux le 20/11/08
"Nowhere nigh" en écoute :
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