14 décembre 2010

Concert - A Place To Bury Strangers + Young Prisms au BT59 de Bordeaux le 09/12/10,


Le moins que l’on puisse dire c’est que les new-yorkais ont su se forger une sacrée réputation scénique depuis quelques années. Anciennement rois de l’underground, et à en juger par le monde présent ce soir presque tombés dans le domaine public, le groupe au nom à prendre avec des pincettes connait sa recette sur le bout des doigts : commencer l’air de rien à jouer un shoegaze d’origine new-wave, puis pousser petit à petit (environ tous les trois morceaux) le potard d’un cran ou deux jusque dans ses derniers retranchements (jusqu’à 11 pour les fans de Spinal Tap). Et donc forcément, c’est prendre le risque d’être comparé à My Bloody Valentine (qui ont failli me rendre sourd il y a deux ans à Barcelone) ou encore Sun O))) (également !). Qu’en est-il réellement ?

Avant ça et pour l’anecdote, nous avons eu droit à une première partie gag esprit Spinal Tap encore une fois, avec Young Prisms, d’autres new-yorkais qui apparemment ont eu des problèmes de vol de van, et surtout un guitariste qui les a quittés la veille. Mais pas de regret puisque le peu qu’on en a entendu ressemblait à une bouillie sans nom, désolé pour les fans. Peu importe puisque c’est bel et bien le guitariste fou Olivier Ackerman et son non moins inquiétant bassiste Jono Mofo qui comptent. En préambule je citerais l’intéressé principal : "Nous essayons de créer un univers alternatif où l’on perd le sens de ce qui se passe dans notre vie et dans nos sentiments". Au moins c’est clair.


Effectivement, le show froid des new-yorkais est une expérience physique autant que sonore. La faute en premier lieu à un light-show stroboscopique de fin du monde qui ne laisse aucun répit. Me contraignant à fermer les yeux durant de longues minutes, cette technique a pour effet de me faire voyager très loin, jusqu’à avoir l’impression de ne plus être là, en tous cas d’être seul et en suspension. Un véritable viol visuel. Niveau sonore, j’avoue avoir eu du mal à me raccrocher à de véritables compositions, mais c’est aussi un peu ça le but du trio. Leurs morceaux plus encore sur disque que sur scène sont de véritables tunnels interminables où l’on ne peut rien faire d’autre que tomber.

Inaugurant pour la première fois de ma vie les fameuses boules "Qui est-ce ?", je n’en prends pas moins plein la gueule sur les morceaux du bien nommé Exploding Head, véritables rouleaux compresseurs hypnotiques qui laissent sur le cul, les jambes cassées et les oreilles en bouillie. Le final sera quant à lui dantesque, avec deux fois dix minutes de magma noisy et frontal évoquant "You made me realize". Pas forcément agréable à vivre sur la longueur, un concert de A Place To Bury Strangers est quoi qu’il en soit une gifle sonique qu’il faut avoir pris au moins une fois dans sa vie, tout comme celle de My Bloody Valentine.

Les Myspace de Young Prisms et A Place To Bury Strangers

Les sites du BT59 et Allez les filles

"The falling sun" :

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