11 mars 2014

Jay Reatard, Better Than Something (2012)

Depuis son décès prématuré et inattendu il y a quatre ans déjà, Jay Reatard continue de faire parler de lui. Tout récemment le label lyonnais créé pour l'occasion (Teenage Hate Records, en référence au premier album de Jay) a édité un très beau disque en son honneur avec des reprises de ses "classiques" par la fine fleur des groupes garage français actuels (JC Satan, Cheveu, The Rebels Of Tijuana...) intitulé Jay Reatard, A French Tribute. Son rock nerveux mais mélodique n'a cessé d'inspirer une horde de groupes qui lui doivent tout, pas de Ty Segall ni de Thee Oh Sees sans Jay selon moi. Mais ce qui nous intéresse ici c'est ce documentaire vidéo réalisé en 2012 par Alex Hammond et Ian Markiewicz, sorti en DVD en 2013 et accompagné d'une compilation vinyle qu'il est aujourd'hui difficile de se procurer. C'est à ma connaissance le seul documentaire digne de ce nom qu'il m'ait été donné de voir à son sujet. Sans être révolutionnaire sur la forme, ce film d'1h30 explique bien des choses sur ce personnage unique en son genre, véritable étoile filante de l'alternative US, parti bien trop tôt mais à jamais au panthéon des artistes maudits.



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15 avril 2011

Free Moral Agent - A Mini Documentary (2010)

Ceci n’est pas un disque. Ceci est un mini documentaire (10min à peine, en anglais), promotionnel mais pas trop, sur un groupe découvert par hasard à Austin, au bord de la piscine. Et quel groupe ! Venus de Los Angeles et encore assez confidentiels, FMA n’a sorti qu’un album, Control This en 2010. C’est Isaiah "Ikey" Owens le claviériste des Mars Volta qui en est à l’origine et l’on peut dire que leur musique est à la croisée de nombreux genres : prog, pysché, hypnotique, rock, et dans tous les cas, du groove à foison.

Ce mini documentaire fait donc un tour rapide de l’équipe. De la chanteuse au bassiste et à son impressionnante collection de disques. Du machiniste au guitariste. Sans oublier le batteur, dément. Forcément on n’allait pas nous montrer le contraire, mais tout ce petit monde semble vraiment bien s’entendre en toute simplicité. Chacun aurait apparemment la possibilité de composer ses propres morceaux pour le groupe. On leur prédit un bel avenir, avec en fil rouge ce morceau dément et forcément non représentatif "Sound at sea". Si ça ne vous donne pas envie d’en entendre plus je ne comprends plus rien.

Leur Myspace et leur site officiel

Le mini docu :



"Sound at sea" :


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02 février 2011

Joseph Patel & Aaron Brown - New Garage Explosion, In Love With These Times (2010)


Jay Reatard, Girls, Thee Oh Sees, Black Lips, Vivian Girls, Magic Kids, Ty Segall, The Barbaras, Wavves, The Oblivians, Davilla 666… Si ces noms ne vous évoquent rien et que vous n’êtes pas curieux, passez votre chemin. Si en revanche ça vous dit quelque chose et que vous avez envie d’en savoir plus, ou que vous êtes carrément fan, ce documentaire est fait pour vous. Conçu par deux réalisateurs de clips et le journaliste Mike McGoniga, le film se penche durant 1h15 (quand même) sur le renouveau du style "garage rock" que l’on vit depuis quelques années outre-Atlantique, notamment du côté de Memphis et Detroit. A priori non-édité en physique, New Garage Explosion est par contre disponible en streaming intégral (non sous-titré mais bon ça va), alors pourquoi se priver ?

Comme toujours on commence par nous présenter les racines : The Sonics, MC5, Black Flag pour n’en citer que quelques un. On en apprend un peu plus sur comment le punk est devenu garage. Pourquoi et comment ces gamins qui ont vu l’indie rock devenir trop complexe et prétentieux ont préféré rester simples. Et puis le film est dédicacé à trois personnalités décédées récemment : Alex Chilton (Big Star), Lux Interior (The Cramps) et Jay Reatard. Ce sont les apparitions de ce dernier (les images ont été tournées seulement trois mois avant sa mort) qui sont les plus emblématiques de ce mouvement. Rien n’y fait, il irradie de sa présence chaque scène où il apparaît, fidèle au possible à cet esprit d’auto destruction qui parcourt le genre. On le voit tour à tour génial, irascible, aimable, provocateur, merdeux, mais finalement sympathique. Une étoile filante respectée par tous ses pairs qui meurt à 29 ans alors qu’on lui en donnerait 15. Rien que pour ces scènes il faut voir ce film.

Mais tous les autres groupes ont aussi leurs petites anecdotes à eux, et toutes sont savoureuses. Autant de moments et de looks improbables, illustrant à merveille le rêve américain. Là-bas les jeunes s’emmerdent, alors ils font de la musique. Et comme ils n’ont pas un rond, ça donne des conditions très lo-fi. Et surtout tout le monde se connait. Et se respecte. Quoi qu’il en soit je vous conseille de prendre le temps et de mater ce film, pour au moins vous faire une image différente du milieu.

New Garage Explosion :



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26 avril 2010

Jeff Feuerzeig - The Devil And Daniel Johnston (2005)


The Devil And Daniel Johnston fait incontestablement office de référence dans la catégorie documentaire consacré au fou chantant américain. Auréolé de très nombreuses récompenses dont Sundance, c’est le deuxième long métrage de son réalisateur après Half Japanese : The Band That Would Be King. En deux heures de temps, il raconte le parcours extraordinaire du songwritter culte sans jamais le juger. La grande chance de Feuerzeig, c’est que Johnston ayant toujours été un obsessionnel de l’enregistrement, le réalisateur a pu mettre la main grâce à l’accord de la famille et de Daniel lui-même sur une quantité incroyable de cassettes audio, de films super-8, de photos et d’illustrations. Comme si toute sa vie avait été une œuvre d’art globale, destinée à rester.

Danny nait en 1961 à Sacramento dans une famille de fondamentalistes chrétiens intellectuels. Tout petit déjà il est marqué d’intérêt pour les films, et en tourne à foison avec son frère dans un style très Jacques Tati. Le dessin aussi, avec son obsession pour les globes oculaires qu’il représente à peu près partout. Mais plus fort que tout, c’est la musique qui l’interpelle. C’est décidé, Danny veut devenir John Lennon. S’il est parmi les élèves les plus forts de sa classe en primaire, les problèmes débutent au collège puis à l’université où Danny doit commencer à consulter pour des problèmes maniaco-dépressifs. Il fait alors l’école des beaux-arts et rencontre la fameuse Laurie Allen, inspiratrice de plus d’une centaine de chansons. Les plans d’époque sont incroyables de véracité, notamment ceux où Danny la filme en train de danser sur un air de "I had lost my mind". Mais la dépression tape à nouveau à la porte, et Danny est contraint d’aller habiter chez son frère, puis chez sa sœur. C’est aussi le moment où il se met vraiment au piano.


De là il fugue à Austin où il commence à se battre pour imposer sa musique, convaincu d’être le meilleur. En 1983 il parvient à faire passer son fameux Hi How Are You au Austin Chronicle qui adore instantanément. Il se met à la guitare (comme le font les vrais songwritters selon lui) mais n’en joue vraiment pas très bien. Son premier concert déboussole les gens qui ne savent quoi penser de ce guignol à la voix chevrotante. Mais il arrive tout de même à convaincre MTV (de passage à Austin) de le laisser jouer. Ce plan (ci-dessous) est incroyable d’authenticité. A partir de là il se met à gagner des prix et à prendre de la drogue (marijuana, acides…). Forcément, les crises de délire recommencent et à partir de là il devient vraiment fou, est hospitalisé et doit suivre un traitement lourd.

"I live my broken dreams" en live à Austin en 1985 :


Après l’étrange épisode new-yorkais en compagnie de Sonic Youth et Jad Fair, Danny continue sa spirale infernale, notamment en causant malgré lui la défenestration d’une dame âgée ou encore en provoquant un incroyable accident d’avion avec son père alors pilote, tout simplement en enlevant les clefs du tableau de bord et en les jetant par la fenêtre du cockpit. Tous deux ont survécu on ne sait comment. Pendant ce temps sa musique continue de faire tourner de nouvelles têtes. Kurt Cobain porte son célèbre T-Shirt, et Danny (encore à l’hôpital) fait l’objet d’une guerre de labels entre Elektra et Atlantic. Il signe finalement chez Atlantic parce que Metallica joue chez Elektra, et que Metallica c’est le groupe du diable. L’album Fun sort en 1994 mais fait un four commercial, rompant ainsi le contrat avec Atlantic.


A 49 ans, Daniel Johnston est une icône incontestée du mouvement folk lo-fi, ayant inspiré quantité d’artistes dont Yo La Tengo, Sparklehorse, Eels, Spiritualized ou encore Jeffrey Lewis (qui a la même passion que Danny pour les comics). Il vit à présent chez ses parents à Austin, vient de découvrir les Beach Boys (et d’ailleurs ses similitudes de comportement avec Brian Wilson) et connait un succès grandissant avec ses dessins. Inécoutable par le grand public, Danny a tout de même atteint un énorme succès public, même si selon lui rien ne s’est passé comme prévu. Et pourtant, "Some things last a long time".

En bref : un documentaire touchant sur une âme d’enfant dans un corps d’adulte, qui à son rythme construit une œuvre magistrale sur les thèmes de l’amour non réciproque, de la création et de la destruction. A voir pour le croire !





Son site officiel et son Myspace

A lire aussi : Daniel Johnston - Is And Always Was (2009)

Le teaser de The Devil And Daniel Johnston :


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04 novembre 2009

Dub Echoes - Bruno Natal (2009)

Pour beaucoup, le dub ne se résume qu'à une simple succession de boucles instrumentales, quelques basses bien nourries et un usage extensif des effets de réverbération et autres bricolages sonores. Mais bien plus que ça, cette musique, née d'une manipulation hasardeuse à la fin des années soixante, s'est révélée, dans son épure rythmique et stylistique, une matrice essentielle et une influence décisive pour de nombreux artistes, dans de nombreux registres, du hip hop à la musique électronique, en passant par le rock ou le punk. Qui n'a pas observé les innombrables remix "dub" qui ornent aujourd'hui fréquemment les secondes faces des vinyles lorsqu'ils ne rayonnent pas sur les premières. Rappelons-nous aussi, d'un si symbolique live des Clash à Kingtson, une certaine année 1982, et des générations d'artistes qui citèrent, ou citent encore, les pères fondateurs jamaïcains du dub et leur audacieuses expérimentations sonores.

Si le documentaire du Brésilien Bruno Natal, distribué dans nos contrées par Soul Jazz Records, a mis cinq années à être bouclé c'est justement pour recueillir l'indispensable témoignage d'un des pionniers de la musique dub, Lee "Scratch" Perry. Il est vrai que pour la parole du génial producteur et ingénieur du son, aussi brillant qu'azimuté, on peut prendre son mal en patience. Face caméra, le grand maître livrera ainsi sa synthèse illuminée : "La basse est le cerveau et la batterie est le coeur, qui donne l'impression d'être vivant". A vous de méditer.

Vous l'aurez compris, Dub Echoes est le fruit d'un travail de longue haleine dont la richesse des personnages est sans conteste la preuve la plus éclatante. Pour convaincre les profanes du caractère révolutionnaire du dub et de son immense influence sur la musique contemporaine, le réalisateur carioca a convoqué une pléiade d'artistes de tous horizons. Des inspirateurs historiques comme Perry, King Jammy, Sly Dunbar (de Sly and Robbie), Mad Professor, U Roy ou Bunny Lee aux "héritiers" tels que Roots Manuva, Bullwackie, Peter Kruder, 2 Many Djs ou encore Thievery Corporation et Asian Dub Foundation.


Tendant à l'exhaustivité, le film remonte à la culture jamaïcaine des sound-systems des années 50, véritables joutes de rue entre propriétaires d'installations sonores démesurées où l'exclusivité d'un titre et et la puissance fracassante d'un empilement d'enceintes pouvaient assurer à son possesseur succès populaire et renommée. C'est dans ce cadre, par un bel après-midi kingstonien de l'année 68, qu'un dénommé Ruddy Redwood se rendit au studio Treasure Isle de Duke Reid pour mettre en boîte un titre. L'ingénieur du son omettant d'enregistrer la voix du chanteur, la galette (dubplate), vouée aux oubliettes de l'histoire de la musique, initiera la vague dub. Dès le lendemain de son pressage, le morceau fait un ravage dans les sound-systems de l'île et rapidement des émules.

Très justement, Bruno Nadal n'oublie évidemment pas de consacrer le temps requis et mérité par les prophètes que furent ensuite King Tubby et Lee Perry, techniciens du sons et éminents bricoleurs autant que compositeurs géniaux. Il n'omet aucun détail mais c'est véritablement par la confrontation des témoignages entre anciens et modernes que le documentaire prend toute son ampleur. La foi inextinguible et la passion affichées par des musiciens loin d'être nécessairement catalogués "dub music" est saisissante. A Howie B, producteur entre autres de Björk, U2 et Tricky, d'en faire état : " Les gens continueront de découvrir le dub dans 20 ans, quand la drum'n bass aura disparu, quand le hip hop aura disparu, et peut-être quand le rock aura disparu". La pratique du sample et des effets ainsi que la recherche d'une épure rythmique dans la basse et la batterie ont transcendées les générations. Personne ne peut stopper l'"écho dub", tel pourrait être d'ailleurs le mot de la fin de ce film imposant et riche. Mais plutôt que de paraphraser, vais-je une nouvelle fois laisser la parole au laconique Lee Perry. "The dub has no end" nous lance-t-il. Le voilà le véritable mot de la fin.

En bref : Complet et intelligent, le film que la musique dub méritait. Un document essentiel, distribué une nouvelle fois par le classieux label londonien Soul Jazz Records.




A noter qu'une excellente compilation, intitulée également Dub Echoes, a accompagné la sortie du film.

Les sites web de Dub Echoes et Soul Jazz Records.

A lire aussi : section Dub

La bande-annonce de Dub Echoes :




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17 mai 2009

Arcade Fire - Miroir Noir, Neon Bible Archives (2009)

Généralement peu convaincu par les dvd musicaux, il fallait vraiment que celui-ci traite du phénoménal groupe montréalais pour que j’engage 70 minutes de ma précieuse vie à le visionner. Réalisé par Vincent Morisset ami et collaborateur du groupe et filmé par le caméraman à emporter Vincent Moon, le film est un documentaire sur la production et la tournée (essentiellement européenne) de Neon Bible, deuxième album incontournable des canadiens sorti en 2007. Edité de manière originale, à savoir dans un premier temps mis en libre service sur Pitchfork en décembre dernier, puis mis en téléchargement sur site dédié, et enfin en vente en dvd standard ou de luxe, Miroir Noir en français dans le texte ne ressemble finalement à aucun autre rockumentaire.

Renié par Moon qui le qualifie de "zapping infernal et épileptique" ou encore de "gâchis", je me dis que l’on n’a définitivement pas vu le même film, où qu’il y a contentieux derrière tout ça. Parce que justement, Miroir Noir est tout sauf un documentaire classique. C’est même à l’opposé un extraordinaire film d’art impressionniste, qui déjoue avec classe tous les clichés du genre. Pas d’interview, pas de voix off, pas de trash, pas de complaisance, et une ligne directrice finalement laissée aux fans sous forme de messages vocaux (plus ou moins loufoques) laissés sur un répondeur propre à l’album, où les gens ont pu "poster" des commentaires suite à l’écoute du disque.

Eh l’on s’en doute, si l’on est un minimum rentré dans l’univers des canadiens, ces témoignages loin de tomber dans le pathos soulignent l’impact énorme que Funeral et Neon Bible ont eu sur des milliers de personnes. "Espoir", "vérité", "mystique", "simple", "ferveur" difficile pour ces voix sans visage de mettre des mots sur ce qu’ils ont ressenti, et l’émotion est présente dans chaque silence, chaque intonation, chaque murmure.



Anti chronologique, Miroir Noir débute là où tout se termine, ou presque. L’Olympia, 19 mars 2007, Win Butler et ses comparses descendent dans la foule et entament ce "Wake up" d’anthologie au porte-voix largement diffusé depuis sur le net. Frissons. Un peu plus loin, c’est le titre "Black mirror" qui est mis en avant au travers d’une représentation en mode festival. C’est l’une des particularités de ce film, d’avancer à tâtons dans le répertoire des canadiens, avec de nombreux interludes artistiques, composés d’images floues, avec du grain, au ralenti, en noir et blanc, en couleur… Et surtout de progresser sur chaque titre comme cela se produit sur album, c’est-à-dire commencer le morceau dans l’intimité, puis grandir, grandir, et terminer sur scène où le morceau prend son envol.

L’on assiste aussi à la naissance des chansons, dans l’église de Farnham sur laquelle je peux enfin poser des images. Régine Chassagne, dans un nouveau plan "frissons" pose ses fragiles petits petons sur les pédales de l’orgue, et cette incroyable symphonie retentit. "Intervention". Vient ensuite le fameux "Neon bible" de la Blogothèque à neuf dans l’ascenseur (les Gipsy King auraient-ils fait mieux ?), où Richard assure les percussions en déchirant un magazine. S’en suivent balances, préparations mentales, Win tête contre le mur, Régine qui s'amuse, comme toujours. "Cold wind" sur des images de concert, magnifique.
Puis vient la violence soul de "My body is a cage" et le merveilleux "Windowsill" encore une fois en ascenseur, mais cette fois-ci uniquement en duo, Régine au rythme, Win à la guitare. Eh quand l’ascenseur démarre, la scène devient tout simplement magique. Quand on voit ce couple faire ce qu’il fait, je ne sais pas, magique… Le temps de commencer "Keep the car running" à capella dans la froideur de l’hiver canadien, puis de rajouter quelques violons, et de passer à un "Ocean of noise" multi sessions. Si l’on a vu la tournée, on se doute que le gros est encore à venir.

Montage alternatif de l’immense "Neighborhood #3 (Power out)" sur les scènes de la Garden Nef et des Arènes de Nîmes, puis enchaînement fatal sur "Rebellion (Lies)". Que de souvenirs. Je me dis que j’ai eu une sacré chance d’assister à cette tournée dont on parlera encore longtemps tant tout était parfait. Groupe, albums, chansons, puissante scénique, ce visuel autour de la bible de néon. Frissons, frissons, encore des frissons…

En bref : que vous soyez fan ou non, Miroir Noir est un exceptionnel film sur un groupe et une tournée qui resteront dans l’histoire, bourré de moments épidermiques, d’images émouvantes, et de titres qui sont tous déjà des classiques. Un grand témoignage sur un groupe qui n’en mérite pas moins.





Le site officiel et le Myspace

"Windowsill" pour l’intimité et "Rebellion (Lies)" pour le grand spectacle :





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19 février 2009

Patti Smith - Dream of Life (2007)

On la surnomme la « Marraine du punk ». Grande prêtresse beat associant sa poésie mystique à la rudesse des sonorités garage et l'incandescence d'un rock annonciateur du punk, Patti Smith a indéniablement marqué l'histoire de la musique contemporaine et fait le pont entre deux générations, celle issue des années 60 et du mouvement hippie, et celle, beaucoup plus désenchantée, du « no future » de la fin des années 70.


Personnalité multiple et complexe, chanteuse, poète, photographe, peintre, mère attentive ou militante politique acharnée, Patti Smith a cultivé tout au long de sa vie un sens aigü de la liberté et une envie irrépréssible de se faire passeuse de messages, shaman éclairant les consciences. Le très beau portrait documentaire de l'Américain Steven Sebring, à l'origine photographe de mode et de publicité, nous permet de redécouvrir cette femme unique dans un cadre inédit, intime et personnel. Pour ce faire, le réalisateur a suivi la chanteuse pendant 11 ans avant d'accoucher de ce film aux qualités esthétiques évidentes.


Dream of life est le titre du dernier album de Patti Smith composé par son mari Fred “Sonic” Smith, ex-guitariste du MC5, brutalement décédé en 1994. Le long-métrage s'ouvre sur des images de bonheur familial, un bonheur justement entaché de ce deuil, prémisse à un récit placé sous le signe de la mémoire et de la nostalgie. Steven Sebring plonge dans les souvenirs de la chanteuse qui, à cette occasion, se fait notre aimable guide dans ce voyage musical et poétique. La caméra du réalisateur est observatrice, délicate, impressionniste. Elle capte sans abîmer. Les recoins du salon de Patti, la rugosité du décor urbain de Detroit, le manche vernis d'une Gibson comme la vibration d'une pupille.


Au gré des archives et des lectures de textes, on prend un plaisir certain à retrouver les grands hérauts de la beat generation et leurs illustres inspirateurs. Allen Ginsberg, William Burroughs, Gregory Corso, Arthur Rimbaud, William Blake, Thomas Stearns Eliot ou encore Walt Whitman, tous magnifiés par le commentaire de Patti Smith et la mise en images de Steven Sebring. On renoue également avec certains hauts lieux de la vie musicale new-yorkaise comme le CBGB (Country, Bluegrass and Blues and other music for uplifting gormandizers), ouvert en 1973 par Hilly Kristal et devenu très vite la rampe de lancement du punk rock américain.


Dans une période plus récente, c'est l'activisme politique de Patti Smith qui est mis en valeur. Ainsi, la voit-on dresser un réquisitoire furieux contre George W. Bush et sa guerre scélérate en Irak, thème de sa chanson “Radio Baghdad” sortie en 2004. Tantôt révoltée, tantôt attentionnée, tantôt anar furibarde, tantôt mère de famille aimante, la chanteuse dévoile ses multiples facettes dans ce documentaire qui révèle toute l'essence d'une artiste. A savoir, un mélange de contradictions et de passions, terreau fertile de la création et d'un parcours tout simplement extraordinaire.


En bref : Un portrait documentaire éblouissant de la “Marraine du punk” Patti Smith, intime et enragé. Un véritable modèle du genre.




A noter : Patti Smith - Dream of life sera rediffusé sur Arte le 29 avril à 0h10 et 3h00, ainsi que le 7 mai à 3h00.


Le site web de Patti Smith


Lien torrent pour récupérer le documentaire


A lire aussi : rubrique DVD/Films


La bande-annonce du film :


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20 janvier 2009

Charlotte Zwerin - Thelonious Monk: Straight, No Chaser (1988)

Je connaissais à peine Thelonious Monk avant de voir ce documentaire dans un petit cinéma parisien, en 2001. Tout juste avais-je écouté une compilation d’enregistrements en trio préparée par un ami bien intentionné, compilation qui m’avait immédiatement emballé. Mais c’est au sortir de la séance de Straight, No Chaser qu’a véritablement commencé mon culte pour le musicien. Depuis ce jour, Monk est pour moi une pure incarnation du génie musical, aux côtés des Jimi Hendrix, Miles Davis et autres John Coltrane. On a énormément glosé sur les rapports entre sa folie - Monk ayant souffert d’une maladie mentale non encore identifiée jusqu’à son décès en 1982 - et son génie, mais c’est sur pellicule encore plus que sur disque que l’on peut juger de l’ampleur de l’une et de l’autre. Et le film de Charlotte Zwerin reste le plus bel hommage au musicien réalisé à ce jour, tous supports confondus.

Les images parlent d’elles-mêmes. Coiffé de chapeaux souvent extravagants, tournant sur lui même jusqu’au vertige, un sourire d’une vague démence aux lèvres, l’artiste est semblable à un enfant capricieux et incapable de gérer autre chose que sa musique. Sa femme Nellie l’habille, le nourrit, et fait la queue à la banque tandis qu’il mange une crème glacée en fixant les gens d’un air hébété. Les musiciens qui l’entourent lors des sessions d’enregistrement font tout leur possible pour recueillir les partitions complètes et les indications du maître, sans obtenir autre chose qu’un “Joue la note que tu veux !”.

Emprisonné en lui-même, marmonnant d’inintelligibles considérations, Thelonious fait cependant preuve d’une lucidité incroyable dès qu’il s’asseoit devant un piano. Rien de cérémonial dans ses performances : il est sur scène comme ailleurs, totalement imprévisible, fumant sa clope et se mouchant tout en jouant “Round Midnight”, s’échappant en coulisses pour ne revenir qu’au moment précis où commence son solo, ou entamant une nouvelle danse de derviche tourneur devant un public blanc et bourgeois totalement médusé.


L’une des grandes forces de ce film, on l’aura compris, est la qualité des images d’archives et notamment des captations de concerts, proprement époustouflantes. C’est d’ailleurs sur la base d’archives filmées que s’est construit le projet de Charlotte Zwerin. En 1980, le réalisateur Bruce Ricker la contacte et lui parle de Michael et Christian Blackwood, qui ont suivi Monk lors de sa tournée européenne de 1967-1968 avec leur caméra. Diffusées lors d’une émission pour la télévision allemande, les images n’ont jamais été réutilisées depuis. Enthousiasmée, elle lutte pour obtenir des financements, auxquels elle accèdera finalement grâce au coup de pouce de Clint Eastwood, qui accepte de produire le film alors qu’il est en plein tournage de Bird, son excellent hommage à Charlie Parker.

Autour de la matière fournie par les frères Blackwood, Zwerin imagine un portrait sous la forme d’un récit chronologique complet, et entame un travail de recherche colossal. Non seulement elle exhume des documents souvent inédits et récolte les témoignages de ses proches et collaborateurs, mais elle ose aussi des dispositifs plus originaux, tel ce quatre mains en face-à-face de Barry Harris et Tommy Flanagan, deux héritiers musicaux de Thelonious, qui livrent une superbe réinterprétation de “Well You Needn’t”. Et si tout cela ne nous permet pas de percer le mystère de cet artiste unique et impénétrable, jamais nous ne nous en étions approchés à ce point.

En bref : Des images d’archives magnifiques servies par un montage impeccable : pour les fans comme pour les profanes, Straight, No Chaser est le documentaire à voir absolument sur l’authentique génie qu’était Thelonious Monk. Et, au passage, l’un des plus beaux films jamais dédiés au jazz.

A noter : Parmi les autres documentaires consacrés au pianiste, on peut signaler Thelonious Monk (Masters of Jazz, Collection Archives Inédites, 2002). Plus cheap, mais intéressant quand même. Pour en savoir plus sur sa vie, consultez les excellents Monk, de Laurent de Wilde (Gallimard), et Blue Monk, de Jacques Ponzio et François Postif (Actes Sud). Mais surtout, achetez ses disques !

Un extrait du film :

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08 décembre 2008

Les U.S.A. contre John Lennon - David Leaf & John Scheinfeld (2008)


Documentaire produit en 2006 mais à peine sorti cette année dans un réseau de salles limité, Les U.S.A. contre John Lennon est un film instructif sur les bouleversements socio politiques apparus aux Etats-Unis entre 1966 et 1976 et surtout sur les réactions de la pop star installée là-bas depuis 1971. Côté contexte, rien n’est oublié : guerre du Viet Nam, manifestations, Black Panthers, Watergate… tout y passe, comme si Lennon s’occupait de la psychanalyse de l’Amérique. Position anti chrétiens, anti racistes, anti guerre, union controversée avec Yoko Ono, le plus rebelle des Beatles ne s’est pas fait que des amis là-bas, on le sait. Jusqu’à son assassinat en 1980 aux pieds de son domicile, Lennon aura été sujet de controverse. Ses accointements avec les radicaux Jerry Rubin, Bobby Seale ou John Sinclair lui rapportent d’être surveillé par le F.B.I., normal quand on connait la paranoïa de ce gouvernement. Et c’est d’ailleurs un peu le faux scoop de ce documentaire qui bien qu’honnête tire des ficelles bien trop évidentes et évite les sujets qui fâchent (arrêt de l’engagement politique contre la fameuse carte verte). David Leaf et John Scheeinfeld (spécialistes du docu avec des réalisations sur Pete Sellers, Bob Hope, Dean Martin, les Bee Gees…) sont apparemment des fans de Lennon et ça se sent.

Cependant rendons à César ce qui lui appartient, Les U.S.A. contre John Lennon contient son lot d’images d’archives toutes plus savoureuses les unes que les autres. Il y a les sérieuses, sur Nixon, Hoover ou le Viet Nam, agrémentées par les commentaires du journaliste Carl Bernstein ou du vétéran Ron Kovic (souvenez-vous, Né un 4 juillet c’était lui) et les franchement humoristiques, comme la conférence de presse donnée sous un drap (et qui rejoint le débat actuel du CV sans photo) ou le passage sur l’hirsute John Sainclair (qui se commente lui-même dans le film) condamné puis relâché pour avoir proposés deux joints à une policière en civil (sic). Quant à l’émotion, c’est Yoko Ono qui l’apporte lorsqu’elle décrit ces années de bonheur mais que l’on sent arriver l’inéluctable. Sans oublier cette scène insurmontable d’autodafés de disques des Beatles lorsqu’ils se mettent les américains à dos en déclarant être plus connus que Jésus. Que de beaux vinyls sacrifiés au nom de quoi ? D’une boutade ? Je vous le demande ?

D’autres séquences sont fascinantes, comme ces bed-ins organisés par le couple ou comment afficher son engagement antimilitariste en restant au lit pour prôner la paix. Car c’est cela le thème principal de ce film finalement, la paix, si simple à obtenir si l’on écoute John, le Peacenik comme on l’appelle. Et c’est là qu’intervient la musique dont je n’ai même pas encore parlée. Jamais je n’avais remarqué la naïveté des textes de Lennon durant cette période : "Imagine", "Give peace a chance", "Power to the people", "Working class hero" et pourtant ce sont tous des hymnes imparables, des chansons intemporelles écrites comme on ferait ses lacets, avec une facilité déconcertante. Et là, malgré le côté trop arrangeant du film, on se dit que ce gars là avait vraiment quelque chose d’exceptionnel, et on se met à envier les journalistes des images d’archives qui assis en tailleur autour du lit du Monsieur l’écoutaient prôner la paix en chanson. Ca ne devait pas avoir de prix. Peace !

A lire aussi : Across The Universe - Julie Taymor (2007)

La bande annonce en VO et "Give peace a chance" autour du lit :



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05 novembre 2008

Last Days - Gus Van Sant (2004)

Juste quelques mots pour vous donner envie de voir, si ce n'est déjà fait, ce film musical pas ordinaire. Van Sant est trés fort pour choisir les sujets les plus racoleurs, et les traiter de la manière la plus personnelle et la plus inattendue qui soit. De même qu'il choisit, dans Elephant, de ne consacrer que 10 minutes à la tuerie de Columbine, pour filmer les déplacements des lycéens avant la tuerie, Van Sant réussit l'exploit de faire un film sur les derniers jours de Kurt Cobain, en ignorant totalement la musique de Nirvana, et jusqu'au nom même de Cobain (affublé du nom de Blake ). Et pourtant, c'est un grand film musical, qui en dit beaucoup plus sur la musique de Nirvana que s'il avait mis en scène Come as you are ou le MTV unplugged.

Il y a deux sommets musicaux, et cinématographiques, dans ce film. Tout d'abord un trés long, et lent, travelling arrière, montrant Blake seul dans le studio d'enregistrement du groupe, passant d'un instrument à un autre, en essayant d'en tirer quelques notes. Grâce au JamMan, Blake (se) donne l'illusion de jouer avec son groupe. Un JamMan est une pédale d'effet qui permet d'enregistrer un instrument et de mettre en boucle ce qui a été enregistré. Blake joue ainsi sur la première guitare et le JamMan répète en boucle ce qui a été joué. Il peut jouer ensuite sur l'autre guitare puis sur la batterie, ce qui finit par composer un véritable morceau. Mais l'artifice technique n'apparait pas à l'écran ; on a donc l'impression d'un décrochage et en même temps d'un phasage entre les sons entendus et les gestes pour les produire . La musique entendue a comme le double statut de musique de film et de musique dans le film. Habité par une musique intérieure idéale, Blake essaie de toutes ses forces de ressuciter un monde qu'il a perdu. "J'ai perdu mon univers", lui arrive-t-il de marmoner. Cet univers, c'est cette scène américaine underground des années 80, scène incroyablement riche , dont Nirvana est issue, et dont il se réclame. C'est Dinosaur Jr, Black Flag, Husker Du, The Melvins, Wipers, The Minutemen, Sonic Youth, The Consorts, toute cette scène plus ou moins hardcore avec ses petits labels, ses fanzines, ses tournées en van, et rien n'est plus insupportable à Cobain que de passer, aux yeux des siens, pour une énième marchandise culturelle lancée par une major. On se plaît à croire que c'est précisèment sur ce morceau qu'est intervenu Thurston Moore, guitariste des Sonic Youth, et crédité dans le générique en tant que conseiller musical. Mais la force de ce plan-séquence est aussi dans le choix du travelling arrière. Certains des travellings de Van Sant ont parfaitement intégré le principe selon lequel le travelling est une affaire de morale. De même que, dans la dernière scène d'Elephant, la caméra recule, multipliant les surcadrages, comme pour clairement réaffirmer le refus de toute forme de voyeurisme, ici aussi l'oeil-caméra se retire devant le spectacle insoutenable d'une âme perdue.
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Mais il y a aussi cette scène, incroyable d'intensité, où Blake chante seul, pour lui-même, s'accompagnant à la guitare sèche. Il s'agit de la chanson Death to birth, du groupe Pagoda, auquel appartient lui même l'acteur, Michael Pitt. Recroquevillé sur lui-même, les cheveux dans les yeux, Cobain dit adieu à la vie et à la musique. "It's a long ... lonely journey ... from death to birth". C'est le tout dernier jour des last days.
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Pour en savoir plus :

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Le travelling arrière :
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24 juillet 2008

24 Hour Party People - Michaël Winterbottom (2003)

Manchester, 1974, un concert où sont présentes 42 personnes exactement. Dans le public, les futurs Buzzcocks et futurs New Order. Sur scène, les Sex Pistols. Tony Wilson, sous les traits de l’excellent Steeve Coogan, observe et commente. Il sera le fil conducteur de ce film hybride à cheval entre la fiction et le documentaire. Oui le personnage a bien existé et oui les anecdotes relatées ici sont vraies (le contrat signé au sang, devenu légende urbaine), mais Steeve Coogan, qu’on adore ou qu’on déteste se permet ici quelques détours purement imaginaires grâce au réalisateur anglais Michaël Winterbottom. Relativement peu salué par les critiques, 24 Hour joue la carte de la parodie genre Spinal Tap et vise même un cran plus haut, invoquant un humour anglais que l’on croyait disparu, typiquement Monty Python (la scène du bombardement de pigeons morts sur fond de Wagner, la scène de l’ovni, celle du clochard…).

Le fait est qu’il est assez jubilatoire de découvrir ou redécouvrir l’histoire, et surtout les détails, d’une époque charnière, où comme ultime symbole, le compagnon de Tony arrache des murs de sa chambre les posters des Pink Floyd dont la musique devenaient bien trop sophistiquées. Le réalisateur, par un habile jonglage entre noir et blanc et couleurs criardes filme en numérique et à l’épaule (sans être vomitif) des scènes jubilatoires chargées en références rockologiques et en images d’archive. Siouxie, Lou Reed, Iggy, les Jam, les Stranglers, les Stones Roses, les Fall, tous sont de la partie. On y voit Tony fonder le label Factory Records et consacrer ses économies (ainsi que celles des Happy Mondays) à l’Hacienda, salle de concert qui devient petit à petit l’une des toutes premières discothèques d’Angleterre. D’où une scène où Tony nous explique la naissance de la dance musique, où comment passer des Clash à OMD en quelques années. Mais plus que tout, et avec le recul de Control d’Anton Corbijn, c’est la partie Joy Divison qui impressionne le plus, avec un Sean Harris interprétant Ian Curtis au moins aussi bien que Sam Riley l’année dernière. Bien que l’on insiste un peu trop sur le côté néo fasciste du groupe, plusieurs scènes clefs (le suicide, la découverte du premier montage de "I lost control") sont fascinantes. Le temps passe à deux mille à l’heure, on rit, on apprend et ça donne envie de ressortir ses vieux disques. Que demande le peuple ?

En bref : Un docu fiction indispensable à tout fan de musique 80’s et d’humour anglais.
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A lire aussi : The Flaming Lips, The Fearless Freaks - Bradley Beesley (2006)
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La bande annonce :

Plus d'infos sur ce film
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31 mai 2008

Across The Universe - Julie Taymor (2007)

"Film musical" sorti l'an dernier dans l'indifférence la plus totale, Across the universe partait pourtant d'une idée de départ plutôt alléchante: Une comédie musicale moderne dont les dialogues sont exclusivement issus de chansons des Beatles. L'occasion vous l'imaginez de se livrer à un blind test géant sur la discographie des Fab Four. Spécialiste des films musicaux (Titus, Frida) et des grands spectacles visuels et sonores (Le roi lion), la jeune réalisatrice livre un film flamboyant et naïf transfiguré par des compositions en or inégalées à ce jour. En résultent des scènes d'une intensité exemplaire. En ouverture, seul sur la plage, Jude annonce les règles : "Is there anybody to listen my story...", 2 secondes de bande et déjà des frissons. D'autres sont du même acabit: I wanna hold your hand sur fond de campus et de foot US, Let it be interprété à capella par un petit black assi dans la rue fondu en gospel majestueux sur fond d'enterrement. D'autres passage sont en revanche un peu plus tirés par les cheveux et quelques transitions sont limites. Plus tard dans le film, le délire visuel est poussé à son paroxisme, comme porté par d'obscures substances et la séquence du recrutement sur I want you est un sommet de chorégraphie orchestrée. Les montages et les incrustations hors norme se multiplient et le film, plutôt beau à voir au début avec son grain si détaillé, de tourner en kaléidoscope psychédélique presque grossier.

Vous l'aurez compris, les fans seront comblés par les références, du nom des personnages (Jude, Lucy, Sadie, Jojo, Prudence) jusqu'au titre, chanson écrite par John Lennon et diffusée dans l'espace par la NASA en février 2008. L'histoire elle ne va pas chercher bien loin. De Liverpool au Greenwich village, un Roméo et une Juliette tentent de vivre une love story sur fond d'émeutes anti guerre du Vietnam et de quête spirituelle du rock. Enregistrée en analogique sur vieux matériel, la bande originale est supervisée par T-Bone Burnett déjà responsable de la très branchée BO de O' Brother. Et les 33 chansons des Beatles du film de se retrouver réinterprétées par les acteurs et par quelques guests dont Joe Cocker, Bono (mouais) ou les Secrets Machines (mieux). Acteurs qui d'ailleurs n'inspirent pas vraiment la prestence qu'ils devraient. Là est un peu le problème, à force d'être idéaliste et insouciant, le film peut paraître niais par moment. Heureusement que l'impression générale réhausse le niveau. Et c'est une fois terminé qu'on réalise à quel point ces quelques chansons sont vraiment le fidèle reflet de l'époque intense qu'ont été les années 60.

En bref : Grand spectacle son et lumière qui, si l'on se laisse emporter, comprend quelques passages bien épidermiques.

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A lire aussi : I'm not there - Todd Haynes (2007)

Le trailer et la scène de Let it be :




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17 mai 2008

The Fearless Freaks, The Flaming Lips - Bradley Beesley (2006)

The life and times of an American invention ?!? dit le sous titre, pas de doutes, j'ai bien le dvd Fearless Freaks entre les mains. Connu pour être l'un des plus intimes portraits jamais réalisé sur un groupe, ce rockumentaire s'attache à pénétrer dans l'histoire des membres de la formation qui nous a livré ces 20 dernières années une poignée d'albums incarnant à juste titre la quintessence psyché pop, depuis Hear it is en 1986 jusqu'à At war with the mystics en 2006, j'ai nommé et vous l'aurez deviné, les Flaming Lips. Clap, clap, clap!!!

On y apprend beaucoup sur la double carrière des Lips, dont la deuxième est la meilleure, jouant vite et fort à leurs débuts puis évoluant vers l'expérimentation de ballades cosmiques, qui verront leur apothéose dans la naissance d'un disque culte en 1999, The soft bullettin, souvent comparé au Pet Sounds des Beach Boys dans la manière d'alambiquer les voix. Un trouble obsessionnel de créativité qui passe entre temps par de sévères partie de tirages de cheveux sur des projets visionnaires mais torturés, comme organiser des Parking session (diffusion en simultané de 50 cassettes d'autoradios sur 50 véhicules différents dans un parking pour créer un morceau) ou encore Zaireeka, objet musical fou, que peu ont expérimenté, album conçu en 4 cd différents destinés à être diffusés sur 4 système audio simultanément et créant ainsi une interactivité sans fin par le biais de mutes ou d'echos.

Ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres, qui témoignent du besoin pour le groupe d'Oklahoma city de perpétuellement se recréer, pour se raccrocher à la vie. Leurs concerts, fou furieux de mise en scène, de costumes et d'astuces interactives ont fait dire des plus aigris qu'ils étaient des génies des artifices, d'autres plus pondérés évoquent l'art de l'ornementation, et puis il y a les fans, dont il faut se sentir un minimum proche pour apprécier le film à sa juste valeur. Les autres apprécieront le portrait, réalisé avec soin par un voisin, d'une jeunesse déjantée et insouciante, qui file inexorablement vers la vie d'adulte, forcément moins glamour. Un voisinage amical dont les hobbies sont les drogues douces, la peinture, le foot, les motos et la musique. Wayne Coyne, le cerveau du groupe, chevelure poivre et sel de la quarantaine et regard éclairé d'un gamin de 10 ans, y apparaît au naturel, sincère, naïf, presque trop gentil pour une soit disant personnalité du rock. Un homme attachant et humaniste que l'on aimerait avoir comme voisin, dont la scène la plus chargée de sens est ce moment de vie quotidienne, un improbable tondage de gazon dominical en règles, vétu d'énormes lunettes roses, chemise blanche, short et bottes vertes fluos.

D'autres moments sont plus difficiles, comme la scène hallucinante où Steven Drozd fait la démonstration de sa dépendance à l'héroïne, une séquence autement épidermique rattrapée plus loin par l'ouverture optimiste genre "Je m'en suis sorti par la musique". Mais il en faut, parce que dans la vie tout n'est pas tout rose, comme ce quartier américain idéalisé par des enfants mais souvent miteux, animé de fusillades, un endroit où pour certains, la seule famille est soit morte soit en prison. Plus rocambolesque, la coupe de cheveux de Mickaël Ivins, raison pour laquelle il a d'ailleurs été engagé. C'est l'occasion également de faire la connaissance avec le visage de Dave Friedmann, l'homme derrière les machines (auteur du récent Oracular Spectacular des jeunes MGMT) qui depuis 1992 et la signature avec Warner s'occupe de la production de la totalité des albums, se construisant ainsi une patte et une réputation Lipsienne.

Et puis, peut-être plus que tout dans ce documentaire, il y a ce décor, cette Amérique que l'on aime tant regarder, filtrée au travers des yeux de Bradley Beesley, si colorée, si contrastée, où chaque image est un plan de cinérama 16/9. Issu de 400 heures de rush étalés sur 15 ans, son film est effectivement un sommet du genre, évitant les pièges de la simple biographie en émaillant son récit de scènes décalées, et bien évidemment, à l'aide d'une mise en musique qui colle plus que jamais à son sujet. La bande son d'une vie. rare et étonnant.

En bref : Film documentaire de rock majeur sur un groupe contemporain qui ne l'est pas moins.
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Note: Au casting vous retrouverez pêle mêle Beck, Jack et Meg White, Cat Power et bien d'autres.

Le site officiel et le Myspace

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La bande annonce de The Fearless Freaks :



A lire aussi : The Flaming Lips - Yoshimi battles the pink robots (2002)


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11 décembre 2007

I'm not there - Todd Haynes (2007)

Choix à chifumi pour décider du film de ce soir, entre A la croisée des mondes, film fantastique enfantin ou I'm not there, antibiopic parfaite autour d’une icône insaisissable de notre fin de siècle. Le choix est en ma faveur. Yes! Pour ceux qui sont passés à travers, je vous fais le pitch: Alors c'est un gars, Bob Dylan, dont le nom n'est jamais mentionné, à différentes époques de sa vie, interprété par 6 acteurs différents dont Kate Blanchett en noir et blanc (sublime) ou encore Richard Gere en Billy The Kid (en rapport avec le film dont Dylan fut l'acteur) mais aussi un enfant noir, l’excellent Christian Bale et j'en passe.

Le résultat ? Un kaléidoscope visuel et sonore à travers les âges d'une Amérique pendue aux lèvres d'un homme multiple. Tour à tour poète, prophète, hors la loi, imposteur, comédien ou martyr de l'électrification du folk. Aucun des deux No direction home ou Don't look back n'avait traité avec tant d'objectivité et d’effets poupées gigogne un biopic, un individu même. C'est presque de la psychanalyse, c'est magnifique visuellement, ça ressemble parfois aux plans d’Anton Corbijn sur Control, c'est un puzzle poétique auquel on accède plus facilement, c'est vrai, en étant un minimum au courant du monsieur. Sans ça l'on passerait à côté de milliers de références, aux pochettes, aux titres, aux femmes, aux répliques cinglantes devant les journalistes.

Et puis bon, forcément on tient une BO en béton armé, constituée essentiellement de covers ultra select, interprétées par un casting VIP du folk moderne: Kim Gordon de Sonic Youth, Yo la tengo, Sufjan Stevens, Anthony (d'and the johnsons), Jack Johnson (!), Calexico et ce groupe formé pour l'occasion, Million dollar baskers avec aussi Tomy Garnier le bassiste de Bob Dylan, Smokey Hormel (guitariste de Beck, Tom Waits...) ou encore Nels Clive (bassiste de Wilco). Pas mal quand même, même si tous les morceaux ne sont pas dans le film.

Au final et en d'autres termes, je peux vous dire que ce film est un vrai puzzle implosé avec des plans millefeuilles et une mosaïque de sons americana clairs comme la roche, formant une collection de chansons évidentes de simplicité, pour tout le monde. Enfin, in extremis, Dylan le vrai cette fois, interprète en ultra gros plan sur l'harmonica, Like a rolling stone. Générique final. On a presque essayé pendant 2h15 d'être Dylan, et au fond, on est tous un peu Dylan.

En bref: Un docu-film fleuve aux multiples approches sur un mythe intemporel de la musique. Indispensable pour tout être ayant un coeur et des oreilles.



A lire aussi : la chronique de Johnny Cash, Walk the line

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16 avril 2007

Festival Express - 1970

Les concerts de beatniks commencent avec le Monterey Pop Festival en juin 1967. Lors du fameux Summer of love que vous ont peut-être évoqué vos parents avec nostalgie ou dégoût. L'événement avait réuni 200 000 spectateurs, dont Jefferson Airplane, Grateful Dead, QuickSilver Messenger Service, David Crosby & Stephen Stills, The Mamas and the Papas, The Who qui y avait détruit leurs instruments (ils avaient pris leurs guitares pour des marteaux) et Jimi Hendrix qui à l'occasion avait brûlé sa guitare après s'être littéralement accouplé avec.

Après ce succès, ils décident d'organiser un nouveau festival. Ils choisissent un grand terrain vague, non loin de chez Bob Dylan qui habitait Woodstock. En fond, la guerre du Vietnam fait rage, la contre-culture prend racine. Le concert bat tous les records 500 000 hippies viennent piétinner l'état new yorkais pour voir les plus grands artistes du moment les CCR, Janis Joplin, Joe Cocker, The Band (le groupe de Bob Dylan en solo)... Encore une fois, c'est la folie pleine, on dit qu'il y a eu 2 naissances et 2 morts.

Enfin voilà nous y arrivons les liens entres les artistes se sont maintenant bien soudés et c'est ainsi qu'entre autres Janis Joplin, Grateful Dead et The Band décident de propager la mouvance au Canada. La tournée démarre à Toronto, et se poursuit vers Winnipeg et Calgary. Mais attention, les artistes se déplacent ensembles et en train privé. Et oui, un ptit train rien que pour eux, avec marqué en gros Festival Express. Le DVD retransmet les différents concerts qu'ils ont donnés, entrecoupés des meilleures moments passés dans le train. D'un wagon à un autre on s'immisce dans un débat, on profite d'un boeuf improvisé, assis sur un siège. Quelques moments mythiques comme par exemple, lorsque les passagers après avoir ramené quelques litres se murgent allégrement sur fond de saxo. Ou encore quand on assiste à la rencontre des deux groupes et Janis bras dessus-dessous, chantant comme de vieux potes autour d'un feu après une soirée bien arrosée! Evidemment le meilleur reste les performances sur scène, grâce aux solos hypnotiques sans fin des Greatful Dead. Ou encore Buddy Guy qui sans remplacer le Jimi des festivals précédents nous offre une touche de blues bien enflammée. Sans passer à côté de la voix rauque d'une Janis Joplin animée d'une puissance vocale surdimensionnée.

Le DVD est en plus gavé de Bonus, de quoi passer au total près de 2H30 dans les seventies.

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Un petit extrait, sur scène:



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22 février 2007

Walk the line - Johnny Cash

Réalisé par James Mangold en 2006 avec Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon en tête d’affiche, Walk the line retrace une partie de l’histoire de "l’homme en noir", le musicien Johnny Cash. Pour moi il fait partie de ces noms que l’on connaît mais dont on ignore ce qu’ils ont vraiment fait. Le film, suivant le schéma plutôt classique du film biographique romancé (à la façon de "Ray") retrace les débuts de Johnny Cash, depuis son enfance dans le Tennesse et la perte de son frère (tout comme Ray Charles et tout comme Joaquin Phoenix), en passant par son premier job ingrat de commercial, son passage dans l’armée où il achète sa première guitare, puis enfin l’arrivée du succès avec tout ce qu’il comporte quand on parle rock’n roll : drogues, alcool, violence. Le film dévoile comment Johnny n’a pas réussi à assumer sa vie de famille monotone avec l’excitation des tournées et la passion qui l’animait pour la deuxième femme de sa vie, June Carter. Et c’est un bonheur d’assister aux multiples clins d’œil musicaux que nous donne ici le réalisateur, de la rencontre avec l’excentrique Jerry Lee Lewis jusqu’au dealer de la bande, un certain Elvis Presley, tout y est.


Il faut savoir que les acteurs ont été choisis par Johnny Cash et June Carter en personne et qu’ils ne sont absolument pas doublés durant le film, ce sont eux qui interprètent la totalité des chansons. Autres anecdotes, la mère du vrai Johnny Cash, Shelby Lynne joue son propre rôle dans le film. Ray Orbinson, compagnon de Johnny, est joué par Jonhatan Rice, chanteur anglais et frère de Damien Rice. Dommage que Roseanne Cash, fille de Johnny et elle aussi chanteuse ne fasse pas d’apparition dans le film. Le film qui a beau être complet élude pourtant les passages plus politiques de la vie de Cash lorsqu’il rencontra le président Nixon au sujet de l’état des prisons américaines. La rencontre et la collaboration avec Dylan est également absente du film. En tout cas, force est de constater que les acteurs sont excellents, notamment Reese Witherspoon (en brune) que j’avais l’habitude de voir dans des comédies légères et qui là m’a complètement bluffé.


Walk the line fut pour moi l’occasion de découvrir l’univers musical d’un artiste blanc inspiré du folk, du country et d’hymnes religieux américains chantant de la musique noire et ayant inspiré toute une génération d’artistes. Il ne me reste plus qu’à me ruer sur ses anciens enregistrements, notamment ses concerts enregistrés en prison avec Dylan. Qu’elle est belle cette époque où le rock n’était pas encore électrique…

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04 février 2007

Peter Tosh - Stepping razor (DVD)

Peter Tosh, de son vrai nom Winston Hubert McIntosh, est l'une des figures les plus respectées du reggae jamaïcain. Et pour cause, fondateur des Wailers avec Bunny Wailer et Bob Marley, il a marqué l'histoire de la musique jamaïcaine à jamais. Il s'est aussi imposé comme une des figures de proue du mouvement rastafari en Jamaïque. N'hésitant pas à interpeller les hommes politiques de l'île pour s'indigner de la pauvreté du peuple, de la répression à l'égard des rastas, de la corruption ou encore pour affirmer la nécessité d'un soulevement de la population noire.

Ce DVD que j'ai trouvé tout à fait par hasard en flânant dans les rayons ce cette bonne vieille Fnac d'Avignon a plutôt été une bonne surprise. Réalisé par un journaliste anglais, ce documentaire est relativement bien construit (sans être génial je l'avoue) et permet aux amateurs de musique jamaïcaine de se fondre dans l'ambiance des ghettos (les fameux "Trench town") de Kingston et de redécourvrir le personnage de Peter Tosh, un des grands de la reggae music.

Le film s'appuie sur de nombreuses images tournées en jamaïque dans les quartiers populaires mais aussi sur les "Red X" tapes de Peter Tosh, sorte d'autobiographie audio enregistrée par le chanteur lui-même avant sa mort tragique en 1987.
A ce propos, Nicholas Campbell, le journaliste réalisateur, revient largement sur le combat de Tosh pour l'émancipation du mouvement rastafari et de la population noire jamaïcaine. Bien évidemment, il ne manque pas de nous livrer les images mythiques du "One Love Peace concert", concert organisé entre autres par Bob Marley en 1978 à l'occasion du 12e anniversaire de la visite officielle de Hailé Sélassié Ier en Jamaïque. Les artistes réunis pour l'occasion avaient pour but de célébrer la paix et de mettre fin à la guerre civile qui ravageait le pays. Cet évènement est resté dans les mémoires pour ce moment historique où Bob Marley joignit les mains de Michael Manley et Edward Seaga, les deux opposants politiques de l'époque et responsables en grande partie de la violence dans le pays. A l'occasion de ce concert, Peter Tosh s'était montré très véhément, s'adressant directement depuis la scène aux deux hommes politiques avec violence. Beaucoup pensèrent ensuite que la mort de Tosh était la conséquence directe de ces réprimandes publiques et surmédiatisées lancées aux deux hommes.

En effet, Peter Tosh, agitateur publique et polémiste notoire, sera retrouvé mort le 11 septembre 1987, une balle dans la tête. Vérité officielle : Peter Tosh a été abattu par des voleurs qui étaitent venus le braquer à son domicile. A noter : Les voleurs n'avaient rien volé (bizarre) et une seul des trois suspects a été incarcéré. Il clame toujours son innocence plus de 20 ans après les faits.

Un DVD tout à fait honnête pour comprendre la légende Peter Tosh. Sans mythification et sans artifices on découvre ou redécouvre un musicien de talent qui a fasciné ses contemporains (Mick Jagger était notamment un de ses plus grands fans) mais aussi un homme d'action, activiste rasta et alter ego plus sombre et violent de Bob Marley.

Je vous laisse avec un titre de Monsieur Tosh, preuve, s'il le faut, de son engagement.


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