05 janvier 2011

Pulshar - Inside (2010)

Avec son nom déprimant et ses productions tech-house minimales taillées pour les boîtes géantes d’Ibiza, Desolat est loin d’être mon fournisseur de galettes préféré. Je ne sais pas si la signature de Pulshar annonce un changement de cap pour le label de Loco Dice et Martin Buttrich, mais les volutes jamaïcaines et autres relents trip-hop de la musique du duo font pour l’heure figure d’anomalies dans le catalogue dancefloor des Allemands. Comme son prédécesseur Brotherhood (2008), Inside est un nid douillet, un refuge dans lequel il fait bon s’attarder, bercé par un groove ronronnant et cotonneux.

L’album s’ouvre sur un premier riddim fumant qui ne dépareillerait pas sur un disque de Rythm & Sound, avec Aphro Sainz dans le rôle du crooner rasta Paul Saint-Hilaire. Mais c’est pour moi "Montparnasse 2 A.M." qui remporte la palme du dub le plus scotchant. Quelle bonne idée d’avoir calé quelques extraits de dialogues d’Alphaville sur cette instru légèrement housey, et déjà très sensuelle ! Car franchement, quoi de plus bandant que la voix de la muse godardienne Anna Karina sur un luxueux lit de cordes synthétiques ? Le tempo s’élève légèrement pour "Da Creator", excellent single qui mêle boucles disco filtrées, samples de trompette et voix féminines, tout en conservant le côté laid-back qui apparaît comme la marque de fabrique de Pulshar.

Pablo Bolivar et Aphro Sainz s’offrent également deux incursions dubstep avec le très froid "Distant Fire" et surtout avec "S.T.A.R.S.", pop song éthérée et forte en basses, assez fascinante, qui clôt une première partie d’album en béton armé. Passés les six premiers titres, le son se fait plus strictement reggae et l’intérêt s’émousse un peu. Même s'ils sont loin d'être désagréables, des tracks comme "Empty Suitcase" (feat. Roberto Sanchez) et "Down By The River" ne sont jamais que de (très) bonnes imitations de Rythm & Sound. Ils ont toutefois le mérite de ne pas briser le cocon de mélancolie dans lequel les Barcelonais nous ont lentement enfermés depuis l’intro.

A noter : à ma connaissance l’album n’a malheureusement pas été édité en vinyle.

En bref : les Espagnols de Pulshar rendent un hommage appuyé à l’école dub allemande en y ajoutant leur touche personnelle, avec beaucoup de voix, de mélancolie, et quelques pincées de disco, de dubstep et de pop. L’un des sommets du genre en 2010.



Le Myspace de Pulshar
Le site et le Myspace du label Desolat






0 Comments: