27 décembre 2009

Top Dodb 2009


Après avoir joué le jeu d’un top commun avec 36 autres blogs, il est temps pour Dodb de dévoiler son propre classement des meilleurs albums de 2009. Un classement où l’on décèle - blog collectif oblige - les petites obsessions des uns et des autres, même si certains disques, comme ceux d’Animal Collective ou de Bill Callahan, ont fait l’objet d’un consensus plutôt large. Cette liste très éclectique, au sein de laquelle le rock psyché des Flaming Lips côtoie le hip-hop instrumental d’Exile, n’est bien entendu à prendre que comme une série de recommandations, où chacun piochera selon ses goûts et ses humeurs.


CLASSEMENT COLLECTIF DODB

1. ANIMAL COLLECTIVE - Merriweather Post Pavilion (Domino)
Le meilleur disque du groupe, et de loin. Une sorte de rave au coin du feu, stupéfiante rencontre des textures électroniques et des structures pop et folk, de la célébration et de l’introspection, de l’intimité et du désir collectif.
My Girls.mp3

2. BILL CALLAHAN - Sometimes I Whish We Were an Eagle (Drag City)
Héroïque et fragile, égarée et apaisée, une nouvelle grande œuvre d'un très très grand Monsieur de la chanson américaine, conjuguant merveilleusement envolées symphoniques et pureté folk. Impossible à ignorer.
All Thoughts Are Prey To Some Beast.mp3

3. KOUDLAM - Goodbye (Pan European)
La confirmation d'un grand espoir français, qui nous avait déjà convaincu avec son Live At Teotihuacan. Un brûlot grandiloquent, sombre et déchirant, comme une marche dans les ruines d'une cité perdue où les pyramides incas voisineraient avec les usines désaffectées.
See You All.mp3

4. GRIZZLY BEAR - Veckatimest (Warp)
Baroque et unique en son genre, Veckatimest est un futur classique qui hisse Grizzly Bear au rang de groupe majeur de cette décennie. Le duel qui l’opposera à Animal Collective dans les années à venir s’annonce passionnant.
Two Weeks.mp3

5. THE PHANTOM BAND - Checkmate Savage (Chemikal Underground)
Six démiurges écossais vous apportent sur un plateau un premier album résolument rock, tout simplement génial et innovant, conjuguant kraut, prog et psyché. Un sacré coup de pied dans la fourmilière.
Folk Song Oblivion.mp3

6. JUNIOR BOYS - Begone Dull Care (Domino)
Passe de trois pour le duo canadien. Après deux albums plus que réussis, un troisième disque de pop électronique somptueux, au sens du groove indéniable et aux arrangements à tomber. A quand le prochain ?
Dull To Pause.mp3

7. EXILE - Radio (Plug Research)
Le Californien donne une ahurissante leçon de sampling et convoque le fantôme de J Dilla à un festin de hip-hop instrumental soulful. De la technique et de l'expérimentation comme outils au service du groove.
Your Summer Song.mp3

8. ETIENNE JAUMET - Night Music (Versatile)
Erudit, jusqu’au-boutiste et illuminé, Etienne Jaumet catapulte un premier album solo intransigeant où il laisse libre cours à ses obsessions rétrofuturistes. Monumental.
For Falling Asleep.mp3

9. LINKWOOD - System (Prime Numbers)
Un premier long-format parfaitement construit qui voit Linkwood s’éloigner de la sempiternelle house soulful pour balayer un spectre électronique beaucoup plus large, sans aucune faute de goût. A star is born !
Fudge Boogie.mp3

10. THE FLAMING LIPS - Embryonic (Warner)
Le disque le plus étrange, bizarre et organique des Lips à ce jour, c’est dire. Un double monument qui ne se laisse pas apprivoiser facilement, témoin de l’avancée d’un groupe majeur à un tournant important de sa carrière. Indispensable cette année, pour chaque fan et chaque détracteur.
Convinced of the Hex.mp3


Classements Individuels :


Antoine

1. KOUDLAM - Goodbye (Pan European)

2. ANIMAL COLLECTIVE - Merriweather Post Pavilion (Domino)

3. LINKWOOD - System (Prime Numbers)

4. BILL CALLAHAN - Sometimes I Wish We Were an Eagle (Drag City)

5. JUNIOR BOYS - Begone Dull Care (Domino)

6. OXMO PUCCINO - L'Arme de Paix

7. MOS DEF - The Ecstatic (Downtown Music)

8. KRIKOR & THE DEAD HILLBILLIES - Land Of Truth (Tigersushi)

9. RAEKWON - Only Built 4 Cuban Linx Pt. II (Ice H2O)

10. DORIAN CONCEPT - When Planet Explode (Kindred Spirits)



Dave

1. ANIMAL COLLECTIVE – Merriweather Post Pavilion (Domino)
My Girls.mp3

2. KOUDLAM – Goodbye (Pan European Recordings)
See You All.mp3

3. EXILE – Radio (Plug Research)
Your Summer Song.mp3

4. BILL CALLAHAN – Sometimes I Wish We Were An Eagle (Drag City)
All Thoughts Are Prey To Some Beast.mp3

5. ANDREW WEATHERALL – A Pox On The Pioneers (Rotters Golf Club)
Privately Electrified.mp3

6. AUFGANG – Aufgang (InFiné)
Channel 7.mp3

7. ETIENNE JAUMET – Night Music (Versatile)
For Falling Asleep.mp3

8. JUNIOR BOYS – Begone Dull Care (Domino)
The Animator.mp3

9. LINKWOOD – System (Prime Numbers)
Fudge Boogie.mp3

10. LEE FIELDS – My World (Truth & Soul)
My World.mp3



Emmanuel

1. BILL CALLAHAN - Sometimes I wish we were an eagle (Drag City)

2. FEVER RAY - Fever ray (Rabid)

3. ANIMAL COLLECTIVE - Merriweather post pavilion (Domino)

4. GRIZZLY BEAR - Veckatimest (Warp)

5. SIN FANG BOUS - Clangour (Morr Music)

6. THE FIELD - Yesterday and today (Kompakt)

7. ATLAS SOUND - Logos (Kranky)

8. TELEFON TEL AVIV - Immolate yourself (BPitch Control)

9. MEMORY TAPES - Seek Magic (Something In Construction)

10. DANGER MOUSE & SPARKLEHORSE - Dark night of the soul (Autoproduit)



Fabien

1. ANIMAL COLLECTIVE - Merriweather Post Pavilion (Domino)

2. BILL CALLAHAN - Sometimes I Wish We Were An Eagle (Drag City)

3. KOUDLAM - Goodbye (Pan European Recordings)

4. JUNIOR BOYS - Begone Dull Care (Domino)

5. ETIENNE JAUMET - Night Music (Versatile)

6. EXILE - Radio (Plug Research)

7. TURZI - B (Pan European Recordings)

8. AUFGANG - Aufgang (InFiné)

9. MONSTERS OF FOLK - Monsters Of Folk (Shangri-La Music)

10. AIR - Love 2 (Virgin)



Hip hop

1. GRIZZLY BEAR - Veckatimest (Warp)

2. THE PHANTOM BAND - Chekmate Savage (Chemikal Underground)

3. ANIMAL COLLECTIVE - Merriweather Post Pavilion (Domino)

4. DINOSAUR JR - Farm (Jagjaguwar)

5. BILL CALLAHAN - Sometimes I Wish We Were An Eagle (Drag City)

6. THE HORRORS - Primary Colors (XL Recordings)

7. MAGNETIX - Positively Negative (Born Bad)

8. OBITS - Blame You (Sub Pop)

9. ETIENNE JAUMET - Night music (Versatile)

10. JEREMY JAY - Slowdance (K Records)



Ju

1. ANIMAL COLLECTIVE - Merriweather post pavilion (Domino)

2. GRIZZLY BEAR - Veckatimest (Warp)

3. THE PHANTOM BAND - Chekmate Savage (Chemikal Underground)

4. THE FLAMING LIPS - Embryonic (Warner)

5. YO LA TENGO - Popular songs (Matador)

6. BLIND MAN'S COLOR - Season Dreaming (Kanine)

7. DANGER MOUSE & SPARKLEHORSE- Dark Night Of The Soul (Autoprod)

8. FREDO VIOLA - The Turn (Because)

9. DINOSAUR JR - Farm (Jagjaguwar)

10. BILL CALLAHAN - Sometimes I Wish We Were An Eagle (Drag City)



Nickx

1. ANIMAL COLLECTIVE - Merriweather Post Pavilion (Domino)

2. DANIEL JOHNSTON - Is And Always Was (Eternal Yip Eye)

3. PATRICK WOLF - The Bachelor (Bloody Chamber)

4. FILM NOIR - I Had A Very Happy Childhood (Le Son Du Maquis)

5. ZOMBI - Spirit Animal (Relapse)

6. THE WHITEST BOY ALIVE - Rules (Bubbles)

7. THE MARS VOLTA - Octahedron (Warner)

8. IRON AND WINE - Around The Well (Sub Pop)

9. THE FLAMING LIPS - Embryonic (Warner)

10. THE HORRORS - Primary Colours (XL Recordings)



Psychocandy

1. SONIC YOUTH - The Eternal (Matador)

2. DEITY GUNS - A Recollection (Ici D'Ailleurs)

3. HINT - 93-99 (Jarring Effects)

4. BERLIN 61/89 - Wall of Sound (Le Maquis)

5. KILL FOR TOTAL PEACE - Kill For (Pan European)

6. BABEL 17 - The Ice Wall(Infrastition)

7. THE RAVEONETTES - In And Out Of Control (Fierce Panda)

8. ZËRO - Diesel Dead Machine (Ici D'Ailleurs)

9. COLD CAVE - Love Comes Close (Heartworm Press)

10. THE DEAD WEATHER - Horehound (Third Man Records)


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26 décembre 2009

Circulatory System - Signal Morning (2009)


Pour beaucoup j’apparais comme obsessionnel quant à certains goûts musicaux, comme tout le monde en fait. Combien de fois je vous ai ressassé les mêmes groupes, les mêmes orientations psyché pop, notamment au travers de ma passion pour le collectif oublié Elephant Six ? Aussi quand je me suis trouvé à discuter avec Dwight Pavlovic, passionné lui-aussi et directeur du petit label de Ouest Virginie Royal Rhino Flying Records qui essaye tant bien que mal de reprendre le flambeau, la tentation était trop belle : joindre l’utile à l’agréable et lui proposer de nous faire une chronique "guest", en Américain. Emballé par l’idée, Dwight ne pouvait trouver mieux que le deuxième Lp de Circulatory System, alias la reformation semi avouée d’Olivia Tremor Control, groupe mythique s’il en est. Un disque monument, quasiment destiné à l’anonymat chez nous, auquel ont participé une ribambelle de noms flamboyants tels que Jeff Mangum de Neutral Milk Hotel. Lisez-moi ça et procurez-vous ce disque qui ne ressemble à rien d’autre.

Circulatory System - Signal Morning (2009) par Dwight Pavlovic

Au XIIIème siècle, le philosophe Majorcain Ramon Llull inventa un mécanisme qui est aujourd’hui appelé le Cercle Llullien et qui était constitué de roues entremêlées les unes dans les autres avec des marques symboliques le long de leur circonférence pour laisser libre court à la combinaison d’idées aléatoires. Leibniz appela ce système "Ars combinatoria", et alors que Will Cullen Hart (Olivia Tremor Control, Circulatory System, etc) n’est probablement pas assez Cabaliste ou autre pour se convertir à l’Islam comme l’a fait Llull, c’est un processus similaire qui a vu la genèse du très attendu deuxième long format de Circulatory System : Signal Morning. Dans une interview, Hart a révélé que les premiers enregistrements de l’album ont été réalisés en 1993, et furent arrêtés en grande partie à cause multiples scléroses. Ceci n’était que le début de ce qui deviendrait un bien plus gros dossier. L’album n’a seulement commencé à prendre forme que ces sept dernières années, avec des anciens et nouveaux collaborateurs rejoignant Hart pour arranger son énorme collection en chansons cohérentes, certaines construites autour de près de 50 autres morceaux individuels (comme c’est le cas pour "Overjoyed").

Une grande partie de ce que fait Hart, particulièrement dans sa musique et dans son artwork, évoque l’ "Ars combinatoria". L’artwork de Hart, dont on ne parle malheureusement que pour ses apparences parmi une sélection d’autres packagings, est un parfait accompagnement visuel à sa musique. Dans son artwork pour les deux albums d’Olivia Tremor Control et celui du premier Circulatory System il présente une écrasante combinaison de formes, géométries et couleurs. La parallèle entre la musique et l’art est encore plus évidente dans les bleus et blancs de la pochette de Signal Morning. Sous un espace bleu, un tranquille assortiment de formes blanches interconnectées en un labyrinthe surnaturel ; beaucoup de ces formes se contiennent elles-mêmes mais sont aussi adoucies aléatoirement par des coins arrondis, ou des trainées de pics tranchants.


Un exemple encore plus parlant est l’énorme peinture produite par Hart en quatre couleurs, imprimé juste après que Signal Morning soit sorti. Le poster, montrant une série d’oiseaux stylisés émergeant d’une fontaine de formes et de couleurs, est une parfaite réflexion de l’album : un ultime effort collaboratif confirmé par les centaines d’enregistrements personnels d’Hart. De la même manière que ses peintures montrent une profusion d’objets différents collectés en un réseau, la longue liste de participants à Signal Morning recrée la renaissance musicale du collectif Elephant Six. Même Bill Doss (Olivia Tremor Control, The Sunshine Fix), qui était absent du premier Circulatory System puisqu’il avait quitté Olivia Tremor Control apporte son aide sur Signal Morning.


Musicalement, et malgré toutes les complications intervenues durant l’enregistrement et l’assemblage, l’album débarque avec autant de puissance que son prédécesseur, si ce n’est davantage. Dans bien des égards, c’est un album plus heureux. Caché au milieu du tracklist, "News from the heavenly loom" est une pierre précieuse de folk pop au ukulélé distordu de 24 secondes - malgré cette courte longueur - et le titre éponyme "Signal Morning" possède ce qui sonne comme de nombreux groupes en service, c’est-à-dire une "presque" impression de jam, entre autres. Sur n’importe quel autre projet de Hart, "presque" pourrait être mal interprété mais "Signal Morning" est en fait une des plus fortes chansons de l’album. Menée par le piano, avec quelques guitares accrocheuses, et juste ce qu’il faut de beat pop, elle sonne trompeusement simple. Intérieurement, elle est en fait très compliquée ; en faisant de multiples changements de styles bien venus, chacun étant effectivement développé avant d’être interrompu, avec le tout prenant place dans une atmosphères de boucles changeantes, de bruits, et de gazouillements de sons de l’espace - de telles choses pourraient être dites plus tôt dans le disque pour "The spinning continuous" et "Blasting Through".


Dans une certaine mesure, la longueur de ces morceaux comme des entités uniques peut être attribuée à leurs contributeurs et à leurs solides bases dans le monde la pop : la construction de l’album a donné d’énormes opportunités pour que les personnalités individuelles soient exprimées. Selon Hart, une grande partie du travail d’assemblage a été menée par Derek Almstead (contributeur régulier dans plus d’une douzaine de projets Elephant Six, entre autres), Charlie Johnston (63 Crayons), et Nesey Gallons (un jeune musicien qui a vu Olivia Tremor Control jouer pour la première fois à l’âge de 15 ans) - et il est évident que le musicien responsable du joyaux pop psyché qu’est 63 Crayons a du apporter son sens de la sensibilité à la table. Contrairement au premier album de Circulatory System et à cette face A de Signal Morning, la face B montre cette forte influence pop dans l’absence d’ubiquité musicale, avec de courtes chansons où Hart aurait autrement tendu ses muscles avec des collages sonores et des bombardements de bruit. Bien que le partenariat créatif cède à la synthèse de la variété des idées, chaque titre de Signal Morning semble agréable en tant qu’individualité. Avec des années d’attention et de dévouement fournies par les loyaux associés de Hart, chaque chanson apparaît comme un énorme chef d’œuvre à l’intérieur de lui-même.

Bien que le son particulier de Circulatory System laissera probablement une majorités d’auditeurs convaincus que leur sorties sont toutes des "concept albums" - ce qui n’est pas nécessairement la pire chose que les gens puissent penser - Signal Morning fait bien mieux en s’échappant de ce genre de jugement superficiel. C’est davantage le produit de musiciens matures, avec bien moins à prouver que dans leur jeunesse, lorsque le collectif Elephant Six était encore vigoureux et fort de sa nouvelle célébrité. Comme Signal Morning ouvre sur l’ensemble "Woodpecker Greeting Worker Ant" et termine sur "Signal Morning", il est indéniable que le processus a été tortueux pour Hart, tout comme il a du se battre avec les difficultés médicales et sociales, puis petit à petit a du reconstruire une joie de travailler ensemble. Pour ceux d’entre nous qui ont grandi avec les groupes Elephant Six galvanisant le pays, c’est la poignante renaissance que nous attendions tous. J’ai commencé à écouter Neutral Milk Hotel et Olivia Tremor Control au lycée, après quoi je me suis rapidement fait à l’évidence que je ne pourrai probablement plus jamais les écouter à nouveau. Signal Morning est tout ce que son nom suggère : une balise de détresse allumée par des musiciens debout à l’aube d’un jour nouveau. Sans vouloir être trop dramatique.


Chronique écrite par Dwight Pavlovic traduite de l’anglais par Ju

Le Myspace du groupe et le site de Cloud Recordings

A lire aussi : Olivia Tremor Control - Dusk At Cubist Castle (1996)

Même si le format clip et morceau unique ne correspond en rien à l’esprit Signal Morning, faites-vous une petite idée avec "Overjoyed" :


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25 décembre 2009

Daniel Johnston - Is And Always Was (2009)


Pour les béotiens, Daniel Johnston n'évoquera de visu qu'un possible lointain cousin germain de Susan Boyle ! Voire un Benny Hill US parkinsonien. Sauf que notre homme n'a pas attendu la télé-réalité pour exister, et que dresser une liste de ses fans (de Beck à Yo La Tengo, en passant par Sparklehorse, feu Nirvana, Sonic Youth etc......) équivaudrait à réécrire le bottin du rock indé US. Un peu comme de demander à un groupe grunge ou stoner s'il a été influencé par Neil Young !

Daniel Johnston donc. Ce grand allumé qui sous une sensibilité à fleur de peau, enchante depuis plus de 20 ans la cohorte de ses fans plus ou moins célèbres, à coup d'albums folk-pop admirables, toujours sertis de pochettes illustrées de façon naïves par ses dessins, car l'homme est un touche-à-tout !

Sachons donc rendre grâce à Jason Falkner, second couteau folk US et occasionnel bassiste des tournées du côté de chez Air ou Beck, pour son travail de production sur ce nouvel opus. Travail de production qui confine à la sobriété, car n'est pas Nigel Goldrich qui veut, mais qui sert déjà d'écrin sonore à la voix, aux instruments de l'artiste auteur.

Is And Always Was, voila qui pourrait sonner comme une épitaphe, si DJ, 48 ans, poivre et sel et bedaine au vent ne respirait une santé éclatante, à l'aune d'un album qui n'est pas loin d'être son 20ème, et qui du fait de ses nouveaux atours hi-fi - notamment sur ses derniers titres - est à coup sûr ce qu'il a produit de mieux, son chef d'oeuvre !

L'homme est un passionné limite névrosé de la cause Beatles - une chanson intitulée...."The Beatles" figurait sur Yip/Jump Music (1983) - et c'est à une éternelle remise en question de ses savoir-faire mélodiques que cet ancien pensionnaire HP convie une nouvelle fois, même si cela n'est sans doute pas flagrant lors des premières minutes du disque.

Il n'empêche : sous ses airs badins et mille fois entendus, "Mind Movies" est une manière de chanson folk-pop ultime, malgré ses 4 accords balancés pendant 3' ; car, et c'est nouveau, on y trouve un refrain onirique limite psyché !
Le deuxième titre fait un peu exception au son d'ensemble puisque sur "Fake Records Of Rock'N'Roll" sur laquelle Daniel s'efforce de trier le bon grain de l'ivraie binaire, l'artiste fourrage une sorte de boogie échappé du Zuma de Neil Young.

Neil Young, l'une des grandes figures tutélaires de ce disque, et de l'oeuvre de DJ tout court ! Impossible de ne pas penser à lui sur la majeure partie des titres, et notamment outre "Fake Records....", sur ce très court "Freedom", gentiment country-rock, où son chant étranglé fait merveille ! On pense aussi à Johnny Thunders pour les très belles ballades, mélancoliques au possible ("Mind Movies", encore, "High Horse", "Tears"). Sur "Queenie The Doggie", impayable ode au meilleur ami de l'homme, Daniel restitue - est-ce conscient ou pas ? - les notes célestes du célesta emprunté au "Cheree" de Suicide.

Ce nouveau disque est empreint de grâce : grâce des arrangements minimalistes mais soignés, grâce de cette voix ingénue, particulièrement sur le très Mc Cartnyen "Without You" où l'artiste convoque ses démons intérieurs ("Without you / I'll be free at last/ Without you / Life will be a gas") ou ces magnifiques mises en abyme d'une psyché perturbée telles qu'on peut les retrouver dans le troublant et psychédélique tiercé final qui est imparable : de "Is And Always Was" à "Light Of Day" qui est aussi une superbe chanson d'amour ("Take a ride in my car /Traveling far / Just to see you") en passant par "Lost In My Infinite Memory", ce ne sont pas moins que les chansons pop psychés barrées que Syd Barrett a oublié d'écrire !

Ce disque, il conviendra de se le procurer en vinyle, pour en savourer le visuel entièrement différent, et surtout parce qu'il offre en sus l'inédit "Shoe". Entre une pop-folk parfaite d'à peine 40' au garrot et un disque-fleuve de 70' qu'on n'écoutera jamais plus d'une ou deux fois (et encore compilé !) tel qu'il s'en usine aujourd'hui, notre choix sera vite fait ! Daniel Johnston rules !

En bref : tour à tour touchant, incisif, rêveur, Daniel Johnston, infatigable activiste pop-folk vénéré de tous, se voit enfin offrir un son à la hauteur de son immense talent de compositeur. Ce nouveau disque comptera dans la carrière du plus célèbre des songwriters inadaptés. Et ornera fièrement nos discothèques.




Daniel Johnston, le site le Myspace

"Mind movies":


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22 décembre 2009

Karlex - With All Due Respect (2009)

Do you know Karlex ? Pour ceux qui seraient passés à côté, malgré la très bonne critique de son deuxième album sorti cette année, Dodb opte pour une piqûre de rappel. Comme son auteur, With All Due Respect (signé sous son propre label Lil' People records) est un mélange aux mille saveurs. Le genre qu’on n’enferme pas dans une case. D'origine haïtienne, Karlex a vécu à New York avant de s'installer il y a six ans sur le littoral du sud de la France, près de Montpellier. C’est là, face à la mer Méditerranée, qu’il a composé ses onze titres (douze avec le bonus), inspirés par tous ces lieux puisqu'il chante en trois langues : anglais, créole et français. Sur les pas de ses oncles et frères, il s’est mis à la guitare vers l’âge de onze ans. Mais c’est dans la composition et l’écriture de chansons qu’il trouve son élément. Ses influences : Les Stones, The Doors, Mickael Jackson, Bob Marley ou encore Fela Kuti.

Tiraillé entre la culpabilité de vivre pleinement dans cette société de consommation occidentale et la pauvreté qui ronge son Haïti natale, Karlex jongle et parle de cette dualité des cultures qui l’anime et qu’il a aussi du mal à assumer. Son combat intérieur pour trouver un équilibre donne un melting pot riche de couleurs afrobeat, électro-dub, funk, soul ou encore folk et jazzy.

Il ouvre en anglais par "Liberated" (Tomorrow can wait). Il raconte : "Je parle de cette société de consommation, de cette prison. C’est une folie dans laquelle je suis moi aussi un consommateur." Ses harmoniques à la guitare, le synthé et les rythmes de la batterie s’emballent et virent vers un son électro et très dub. La voix apporte une douce mélodie avant de s’enflammer dans un slam ou un rap final, qu'un duo souffle/basse clôture.

Dès les premières notes de piano, le second morceau "Do you know my name" affirme clairement sa touche jazzy. Des voix lointaines laissent place au chant de Karlex, qui en écho, semble lancer un appel, ou plutôt une prière, réveillée par des apparitions de flûte traversière. Ni prosélyte, ni moralisateur, il explique pourquoi il s’adresse à Dieu : "Cette chanson parle de la souffrance du peuple haïtien, de celle d’autres peuples. Je suis un croyant dans le questionnement." Dans une autre version (bonus) plus rapide comme lors de ses concerts (il était de passage à Montpellier en décembre) l’entrée électro avec la réverbe de la batterie ravivent le morceau.

"Onè respè" mêle le créole et le français. En Haïti une expression veut qu’au lieu de frapper à la porte de chez quelqu’un on dise "Honneur" (Onè) et les gens répondent "Respect" (respè). Sa voix chaude et son parlé incarnent l’Homme africain. "Courir pour être libre, courir pour ne pas mourir." Inspiré par ses ancêtres esclaves qui ont couru pour la liberté, il pointe les différences nord/sud. La place donnée à la guitare électrique, la mélodie enjouée, le synthé et une enveloppe sonore électro rafraîchissent le côté traditionnel.

Karlex poursuit son retour aux racines avec l’afrobeat de "I-nèg'marron". "On est tous des Neg marrons. Des Neg marrons qui se battent pour la dignité", crie-t-il en concert. "Mes ancêtres étaient des esclaves alors je dois en être un aussi.".

Après "Dear Mama", place au jazz groovy de "Choukoune". Dans ce dialogue entre le piano, la batterie et sa voix sensuelle, Karlex slame en créole un poème du 19e siècle, l’histoire d’un homme enchaîné des deux pieds par une femme !

Folk, avec un début à la guitare seule, "Everyday" laisse enfin place au chant et moins à la voix parlée. Derrière une base de rythmes africains, la voix se balance entre le registre grave et aigu. Tandis que les riffs de guitares électriques s’entremêlent aux sons du synthé.

Dans "It's all in your heart", les rythmes de percus africaines persistent. Mêlés à la guitare, à la répétition d’effets, notamment de la wah-wah, ils rendent l’atmosphère mystique tout comme la voix douce qui envoûte et alterne entre medium et aigu. Les boucles de voix répétées hypnotisent et leurs longueur installent un univers de transe. Avec des percus en constante résonance dans la tête.

Après la guitare plus rock de "So much in a man's mind" et les bases electro-pop avec des voix sur la fin de "Making it right", Karlex rend hommage à David Bowie. "This not America" est sa première reprise. Très lente, il pose les paroles comme un slam sur le synthé, instrument solo du morceau. Au bout de plus de deux minutes d’introduction, il chante le refrain. Apaisé, on se laisse guider et on prend le temps d'écouter. Il finit par de longues nappes enveloppantes. Une version très épurée, et très pure. Comme son interprète.

En bref : un artiste éclectique et inclassable qui puise sa musique et son verbe autant de son Haïti natale que de New-York, où il a fait ses classes. Un répertoire envoûtant à découvrir aussi en live pour une version plus chaloupée.




Le Myspace et le site officiel

Le clip de "Liberated" :



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Vic Chesnutt - At The Cut (2009)

In extremis en 2009 et suite à l’une de ces toujours enrichissantes discussions avec Nickx, je me devais d’évoquer ce disque grandiose qui bien que cité par tout le monde peine à prendre sa place dans des tops florissants qui privilégient les disques plus expérimentaux. At The Cut est à la manière du dernier Bill Callahan un simple disque folk de plus, le quatorzième dans la déjà très riche discographie du Floridien de naissance. Pourtant, et suite à un triste et beau North Star Deserter (qui aurait également du apparaître sur ce site), Vic a ce je ne sais quoi en plus (le talent ? le génie ? la grâce ?) qui pousse sans effort apparent chacun de ses dix nouveaux morceaux vers des sommets. Je suis bien en peine moi au moment de la dernière écoute post chronique pour vous sélectionner un brelan de tête. Ces 43 minutes sont tout simplement parfaites, du genre à ne plus savoir où donner de la tête.

Vic a eu 45 ans en novembre, cette année. Son histoire tout le monde commence à la connaître un peu. Adopté, écrivant des chansons depuis ses 5 ans, semi-paralysé à 18 ans. Je ne veux pas jouer la carte du trémolo et du combat pour la vie, mais l’homme fascine. Et je ne peux que remarquer cette pochette, où Vic est placé si bas (sur sa chaise ?), avec un air pas franchement réjouissant. C’est une constante, Vic a toujours le moral en berne, et il ne peut que partager souffrances et doutes, sans jamais sonner larmoyant. Pour sa deuxième contribution avec Constellation et son fabuleux mais sobre backing band composé de membres de Fugazi et Silver Mt Zion, le son touche quasi à la perfection permanente, avec une belle économie de moyens par moments (le très sobre "When the bottom fell out") mais aussi de beaux enchaînements de piano, orgue et violons.

Mais trêve de présentations et passons aux trois "C" placés en tête. "Coward" vous accueille sans crier gare. Bouleversant dès la première seconde, le morceau développe une électricité ravageuse et mortuaire intransigeante, jusqu’à un final explosif scandé par la voix désespérément imbibée de Vic. Entre flamboyance et nuance. S’en suit "Chinaberry tree", le sommet du disque pour beaucoup, un chef d’œuvre à lui tout seul pour certains. Le chant y est encore plus touchant, et la mélodie qui peine à monter redouble finalement de poésie. La contrebasse de Thierry Amar et une batterie formidable y sont aussi pour beaucoup. Enfin, "Chain", le morceau par lequel je suis rentré dans ce disque. Mon sommet à moi. Je n’ai pas de mots si ce n’est évoquer mes frissons à suivre ce piano désabusé mais surtout et encore cette voix triste et habitée, littéralement à fleur de peau. Je pourrais passer des heures à vous parler de chaque morceau mais je ne le ferai pas, je vous laisse découvrir par vous-mêmes ce qui vous sépare du terminus acoustique et plein de tendresse "Grammy". Je ne sais plus si je l’invente ou si je l’ai lu quelque part mais ce disque ferait pleurer des pierres.

En bref : sans pose aucune, une des plus grandes icônes indie folk américaine livre un diamant brut de belle musique. L’un de ses tous meilleurs assurément. Peut-être même mon préféré.





Le site officiel et le Myspace

A lire aussi : Silver Jews - Lookout Mountain, Lookout Sea (2008)

"Coward", "Chain" et "Chinaberry Tree", les trois monumentaux "C" de At The Cut :






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21 décembre 2009

The Bird And The Bee - Ray Guns Are Not Just The Future (2009)

Elle, c'est The Bee, c'est-à-dire Inara George, ci-devant fille du légendaire Lowell George, leader guitariste d'un des plus fameux groupes des 70's, j'ai nommé Little Feat. Lui, c'est The Bird alias Greg Kurstin, multi-instrumentiste qui a déjà pas mal roulé sa bosse. Leur association, on s'en souvient, a pris acte il y a deux ans sous la forme d'un album éponyme charmant.

Sur ce premier opus, la paire proposait une délicate voire paresseuse suite de chansons vaporeuses et mâtinées d'électro. Inara, d'une voix de tête assez onctueuse, reprenait les choses là où des groupes tels Brodcast ou Ladytron les avaient laissées. Un peu inégal, gentiment anesthésiant et doté d'une superbe pochette, ce premier effort avait fait son petit effet.

Aujourd'hui, on ne change pas une équipe qui gagne, mais comme le dirait Aimé Jacquet, le duo muscle son jeu ! Oh certes, pas de quoi relever d'infrabasses ou le compteur de b.p.m infernaux, mais ce nouvel album, toujours chez le mythique label Blue Note, se propose d'alpaguer le chaland par le biais d'un son un peu moins uniforme ; la palette a été retravaillée !

Ainsi, dès le Farfisa introductif de "Fanfare", on se surprend à rêver de nos groupes chéris que sont les High Llamas ou Stereolab. Disons-le, le son évolue bien vite, et jamais ce disque n'atteint les firmaments des groupes cités. Il souffre à la vérité d'une certaine molesse ici ou là ("My Love", "Baby", "Lifespan Of A Fly"), mais dans l'ensemble tient mieux la distance que son prédécesseur.

Il y a ainsi des swings bien à propos ("Diamond Dave", "You're A Cad"), de bons hymnes qui évoquent le savoir-faire façon Ladytron ("Love Letter To Japan", évidemment !).

Inara a vraiment un brin de voix charmant ; en voila une qui chante à la coule sans vraiment s'égosiller. Et quand elle susurre "I'm a witch and I"ll conjure you" sur "Witch", très Broadcastien, avec ses basses gainsbourgiennes et ses accents de Dulcimer, elle ne fait pas peur l'ombre d'une seconde ; le charme opèrerait d'ailleurs davantage à la façon d'une sirène plutôt que celui d'une sorcière.

Les deux compères ont aussi la bonne idée de recycler un excellent titre déjà sorti en single en 2007, ce "Polite Dance Song", dont les ta-da-da-la-la-la-la-la, renvoient tous les fans des choeurs Stereolabiens -dont je suis- dans les cordes !

Qu'en sera-t-il de ce duo dans les deux prochaines années, tant il apparaît que The Bird And The Bee est le joujou de ses deux membres ? On peut tout à fait imaginer en effet une carrière solo pour l'un ou l'autre.

Quoi qu'il en soit, nous retrouverons avec plaisir leurs sonorités sexy louvoyant vers le lounge, et qui sait, la paire accouchera-t-elle peut-être d'un disque enfin maîtrisé d'un bout à l'autre. A l'image des promesses suscitées par les meilleures vocalises de la dame.

En bref : le deuxième tome des mélodies sucrées d'un duo découvert il ya 2 ans. Toujours cette coolitude, d'ailleurs en progrès car plus diversifiée. En attendant encore l'oeuvre achevée de ces volatiles, on réécoutera les singles accrocheurs qui parsèment leurs disques.




le site , le Myspace

"Polite dance song" :

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17 décembre 2009

Interview - David Metcalf des Bodies Of Water


Les Californiens de Bodies Of Water sont à coup sûr l’un des groupes les plus prometteurs du moment, tout en étant l’un des plus discrets. Deux couples, deux paires d’amis comme vous et moi, à la différence que lorsqu’ils commencent à jouer ensembles il se dégage une fièvre contagieuse inexplicable qui irradie tout le corps. Une sorte de passion presque en marge du système, qui va au-delà des mots et qu’essaye de nous expliquer le très sympathique David Metcalf (à droite sur la photo ci-dessus).

Bonjour, votre premier album sera-t-il édité en vinyl un jour ?

Oui, même si ça risque d’être un gros travail. L’album est trop long pour tenir sur un seul disque, donc il faudra faire un double, ce qui est plus cher à réaliser.

Nous avons trouvé beaucoup d’influences de groupes vocaux dans votre musique, comme The Mamas and The Papas ou The 5th Dimension. Etes-vous d’accord avec ça ? Est-ce que vous écoutez encore ces groupes aujourd’hui ?

Je crois que cette influence est audible à certains moments du premier album. Je n’ai pas réécouté ces groupes depuis, mais j’ai écouté d’autres formations qui chantent en groupe : Anonymous 4, The Golden Gate Quartet, Meredith Monk, The Roches…

En parlant d’influences, nous avons immédiatement pensé à Arcade Fire à cause du caractère brûlant et presque spirituel de votre musique. Etes-vous d’accord avec ça et connaissez-vous d’autres groupes qui font le même effet ?

Je ne peux pas dire que nous ayons beaucoup écouté Arcade Fire, même si je les ai vus jouer au Troubadour à Los Angeles il y a longtemps et que ça avait été un super show. Ils me rappellent un peu Bruce Springsteen et Echo and The Bunnymen, deux groupes qui ont fait de très bonnes choses (surtout Echo and The Bunnymen, à une époque je les écoutais tous les jours).

Votre musique peut sonner religieuse par moment, où en êtes vous avec ça ?

En général les gens trouvent que nous avons des paroles spirituelles mais que notre musique ne l’est pas. Meredith et moi allons à une église Mennonite (Chrétien protestant), mais nous ne sommes pas membres officiels, donc je ne sais pas si cela fait de nous de vrais Mennonites ou non.

Quelle est votre position actuelle quant à la scène indépendante Américaine ? Que pensez-vous de cette scène ? Qui sont vos amis ?

Je ne suis pas sûr que nous fassions partie d’une quelconque scène, en tous cas de la manière dont je l’imagine. Nous avons différents groupes d’amis, ce qui a d’ailleurs causé des soucis quant au choix de l’endroit où nous irons pour les vacances, certains de ces amis sont musiciens (et jouent dans Bodies Of Water), mais la plupart ne le sont pas.

Est-ce que vous avez des projets parallèles?

Oui, nous avons un groupe qui s’appelle The Physical Jerks et aussi une sorte de groupe disco.


Est-ce que vous prévoyez de venir jouer en France ?

Oui, en 2010, même si nous ne savons pas encore exactement quand. Lors de notre premier (et seul) tour en Europe l’année dernière, notre show à Paris avait été (et de loin) le meilleur de tout notre trip. C’était peut-être même mon meilleur concert joué sur un tour à ce jour.

Est-ce qu’un nouvel album est en préparation ? Quelle sera son orientation ?

Nous sommes juste en train de commencer à enregistrer le nouvel album. Il va sonner comme un disque de jazz, mais ce ne sera pas du jazz. Nous allons l’enregistrer dans notre maison, comme nous avons fait pour A certain feeling.

Est-ce que vous vivez financièrement de votre musique ?

Pour le moment oui. J’espère que cela continuera comme ça. C’est difficile de gagner de l’argent avec ce travail tel que nous le faisons, et je ne serais pas surpris que l’on nous presse à évoluer vers de plus verts pâturages.

Internet et la musique ?

Si nous n’avions pas été sur Internet, beaucoup moins de personne auraient su ce que nous faisons aujourd’hui, mais c’est difficile pour un groupe peu connu de gagner de l’argent sans vendre de disques. Je pense qu’un petit bout de gâteau est toujours mieux que pas de gâteau du tout.

Sans aucune objectivité, quels sont vos 5 meilleurs albums de tous les temps ?

Mes favoris en ce moment :
Ariel Ramirez - Misa Criolla (w/Los Fronterizos)
The Swan Silvertones - Love Lifted Me/My Rock
Dionne Warwick’s recordings of Burt Bacharach and Hal David’s songs
Roy Orbison’s Greatest Hits
Ennio Morricone - The Big Gundown
Et en bonus, mon album de Noël préféré : Karl Blau - the Coconutcracker

Le site officiel et le Myspace

A lire aussi : chronique A Certain Feeling, chronique Ears Will Pop and Eyes Will Blink

L’immense "Under the pines" avec un clip à la hauteur et "If I were a bell" en mode jardin :




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16 décembre 2009

Top des blogueurs 2009

Le Top Blogueurs 2009 : La sélection des meilleurs albums de l’année :


Le Top des Blogueurs regroupe 37 passionnés de musique réunis autour d'un classement des meilleurs albums de l'année avec pour objectif de défendre leurs coups de cœur et découvertes sans pour autant négliger les incontournables de 2009. Après de longs débats et plus de 580 disques cités, nous sommes heureux de vous présenter cet article collaboratif publié à l'identique sur tous nos blogs !


St Vincent - Actor St Vincent - Actor


Panda Panda : Dans le monde merveilleux d’Annie Clark, les instruments à vent et à cordes dansent ensemble d’une jolie manière, parfois balayés par l’horreur tapie dans un coin qui ressurgit sous la forme de déflagrations électriques et tordues, l’imaginaire de la belle étonne et ne ressemble à nul autre avec ses cent idées à l’heure. C’est donc tout naturellement et avec un plaisir immense qu’on retrouve ce drôle d’Actor à cette vingtième place. (A lire également la chronique d’Olivier)


Marie-Flore - More than thirty seconds if you pleaseMarie-Flore - More than thirty seconds if you please


Arbobo : Le parcours de trop de "grands" a fait oublier combien un premier disque pouvait être fort, déjà brillant, déjà puissant. Combien c'est rare de faire des débuts aussi bluffants. L'air de rien, Marie-Flore réussit à nous faire lever les poils du premier au dernier titre. Avec ses morceaux tout sauf standard, son sens de la mélodie et sa voix sortie d'un livre de sortilèges, on se demandait si elle saurait nous impressionner autant sur disque qu'elle le fait sur scène. Oui, évidemment, oui. (A lire également la chronique de Benjamin F)


The Tiny - Gravity & GraceThe Tiny - Gravity & Grace


Saab : Trop souvent, on voudrait intellectualiser la musique, qu'elle rentre dans un format cartésien nous permettant de différencier la bonne de la mauvaise. Mais la musique est essentiellement une question d'émotions et le groupe suédois The Tiny en témoigne avec leur troisième album Gravity and Grace, petit chef d'oeuvre inclassable entre folk boisé et pop de chambre. Le chant déchirant d'Ellekari Larsson y est inoubliable. (A lire également la chronique de Daniel)


The XX- S/TThe XX- S/T


Christophe : Le buzz est un fleuve intarissable qui prend sa source, selon les cas, à Londres ou Brooklyn. Concernant The XX, c’est de la capitale anglaise qu’est parti l’incendie cold-wave et il a tout ravagé sur son passage, jusqu’au line-up du groupe amputé depuis d’un de ses membres. Il y a comme toujours avec ce genre de phénomène, les « pour » et les « anti » mais une chose est sûre, The XX aura marqué d’une belle empreinte l’année 2009. (A lire également la chronique de Paul)


Fever Ray - Fever RayFever Ray - Fever Ray


Kris : Il se déroule toute une vie parallèle dans les univers perpétuels de The Knife, et aujourd’hui chez Karin Dreijer Andersson en solo sous le pseudo de Fever Ray. Chaque rythme, chaque production, chaque profondeur atteinte dans cet album sonnent comme des anathèmes foudroyants du monde qui est le nôtre. Cette rugosité empathique, cette urgence apocalyptique, font de Fever Ray une expérience incontournable et impitoyable. (A lire également la chronique de Rod)


Benjamin Biolay - La SuperbeBenjamin Biolay - La Superbe


Romink : Conquis, comme tombé sous les charmes de La superbe. Un disque d’hiver, enivrant, enveloppant et compact à la fois malgré son format. Pudique et exhibitionniste, parfois dur, parfois tendre, il berce, stresse, repose et interroge. Comme une météorite qui pénètre l’atmosphère, le double album de Benjamin Biolay illumine l’automne et laissera, c’est certain, son empreinte dans la mémoire collective. (A lire également la chronique de JS)


Dominique A - La MusiqueDominique A - La Musique


Christophe : Depuis la mort de Bashung, ils ne sont plus très nombreux les artistes français capables de réconcilier les amoureux de chansons à texte,à la française, et les adeptes de mélodies pop-rock à l’anglo-saxonne. Dominique A est de ceux-là, sans doute même son plus beau représentant. Après presque 20 ans de carrière, il vient une nouvelle fois de prouver tout son talent sur un double album somptueux. (A lire également la chronique de Benoit)


Current 93 - Aleph at Hallucinatory MountainCurrent 93 - Aleph at Hallucinatory Mountain


Mr Meuble : Album à l'image du groupe, trouble, halluciné et vibrant. Les chants tibétains y côtoient les chants de Maldoror et milles expérimentations cathartiques. Un voyage fascinant qui sonne à la fois comme la bande son de l'apocalypse et celle de la rédemption. (A lire également la chronique de Twist)


Converge - Axe to fallConverge - Axe to fall


Systool : Inutile de le nier, Converge aura une fois de plus attaqué notre cortex de plein fouet via les constructions complexes et les guitares abrasives de Axe to Fall. Si on peut louer les collaborations de membres éminents de Neurosis, Cave In ou encore Genghis Tron, on sait pertinemment que tout le mérite revient à Jacob Bannon et à ses trois acolytes. Une écoute traumatisante, indispensable pour cette année 2009 résolument folky. (A lire également la chronique de Benjamin F)


Bill Callahan - Sometimes I Wish We Were An EagleBill Callahan - Sometimes I Wish We Were An Eagle


Dali : Il se cachait depuis longtemps derrière le pseudo Smog, Bill Callahan sortait cette année un deuxième album en son nom propre : Sometimes I Wish We Were An Eagle. Un disque folk mélancolique et doux, aux mélodies subtiles, en apparence un peu austère : à l'image de Callahan lui même, droit, un peu grave et d'une classe folle, qui se bonifie avec le temps, et les écoutes. (A lire également la chronique de Thibault)


DM Stith - Heavy GhostDM Stith - Heavy Ghost


Disso : Cet album est un chef d'œuvre empli de grâce et de douceur. Des fantômes sur la pointe des pieds dansent sur la mousse des sous-bois, les anges emplissent l'air de leurs chœurs et DM Stith, berger mystique d'une troupe céleste, nous envoute avec sa musique au charme gracile et glacial. (A lire également la chronique de Erwan)


The Limes - S/TThe Limes - S/T


Violette : Un « Groupe Super » où chacun apporte son énergie, sa douceur et sa poésie au petit édifice pour rendre ce premier disque, à première vue basique, unique une fois dans la platine. On ne peut s’empêcher d’être fier et rassuré de voir une jeune relève française sachant s’affranchir des frontières pour notre bien (essayez donc de lire cette phrase à haute voix !). (A lire également la chronique de Arbobo)


Vic Chesnutt - At the CutVic Chesnutt - At the Cut


Mmarsupilami : Vic Chesnutt, vingt ans de carrière, quinze albums et un couronnement de plus avec At The Cut. Les complices musiciens du label Constellation s’effacent pour créer une oppressante ambiance musicale faite de cordes, drones et menaces. La voix de Chesnutt zèbre et éclaire cet orage électrique de sa fulgurance. Prises au piège de l’humanité, les pierres en pleureraient... (A lire également la chronique de Thomas)


Cougar - PatriotCougar - Patriot


Anousonne : Cougar est une des surprises de l’année, mais amplement méritée tant Patriot a réussi à synthétiser le raffinement de Tortoise, l'intensité fleuve d'un Do Make Say Think tout en s'accordant des plongées mélodiques échappées du cerveau de Four Tet. Patriot est un album angulaire, instrumental, bruyant, puissant, jouissif, intense où Cougar redéfinit musicalement sa vision du post-rock. (A lire également la chronique de Martin)


Aufgang - S/TAufgang - S/T


Benjamin L : « 2 pianos, 1 batterie : ascenseur pour l’inouï », voila comment est vendu Aufgang par son label. En réalité, l’album est tout simplement un des projets les plus ambitieux de ce début de siècle. Un savant mélange entre musique électronique et musique classique, composé comme un mouvement symphonique, avec un début, une fin et surtout un contenu. Précis, incisif, puissant mais mélodieux, cet album pourrait, d’ici quelques années, servir de manifeste à une nouvelle génération de musique. (A lire également la chronique de Mauve)


Danger Mouse & Sparklehorse - Dark Night of the SoulDanger Mouse & Sparklehorse - Dark Night of the Soul


Laurent : Un casting trop luxueux face à un producteur trop en vue, le tout magnifié par les images de David Lynch, Dark Night Of The Soul avait tout pour n’être qu’un feu de paille de plus. Mais c’était sans compter sur le songwriting de Mark Linkous qui insuffle ici une vraie cohérence via des instrumentations racées, écrin idéal pour les voix abîmées de Vic Chesnutt, Franck Black et Iggy Pop. Au final, une œuvre où les talents ne nuisent jamais à l’intimité. (A lire également la chronique de Ju)


Fuck Buttons - Tarot SportFuck Buttons - Tarot Sport


Ed Loxapac : Le duo Fuck Buttons transforme l'essai avec le magistral Tarot Sport. Bien aidé par la production d'Andrew Weatherall, ils réalisent un album épique, telle une déflagration sonique digne d'un moteur d'avion au décollage. Diffusant un air étrangement euphorisant, Tarot Sport franchit le mur du son en ne laissant derrière lui que cendres et poussières. (A lire également la chronique de Eddie)


Animal Collective - Merriweather Post PavilionAnimal Collective - Merriweather Post Pavilion


Sfar : 2008 déjà : un EP époustouflant, des versions live prometteuses d’un album à venir. Mi janvier 2009 : personne ne sort indemne de la sortie de Merriweather Post Pavilion. On évoque alors tout et son contraire : de l’œuvre géniale à l’imposture musicale. Une tournée, une année sont passées et l’album est toujours présent sur nos platines. CQFD. (A lire également la chronique de François)


Grizzly Bear - VeckatimestGrizzly Bear - Veckatimest


Mathieu G : Veckatimest possède une indéniable force mélodique, quelque chose qui redonne à la pop un peu de son sens originel, la bande son qui améliorerait les petits tracas de notre vie quotidienne. En étant à la fois acoustique et puissant dans ses constructions qui partent dans une multitude de directions ; Grizzly Bear vient de réaliser le grand moment pop de l’année. (A lire également la chronique de Julien)


Ramona FallsRamona Falls - Intuit


Lyle : Qui l'aurait cru en début d'année : un album du leader de Menomena classé ici ? Mais sous le nom de Ramona Falls, Brent Knopf, accompagné d'un tas d'amis, a mis de l'ordre dans la pop foutraque de son groupe pour en garder le meilleur : une musique aux influences variées, complexe dans ses arrangements mais extrêmement entrainante et accessible. Digne d'être plébiscitée par le plus grand nombre. (A lire également la chronique de Thibault)


Les participants au Top des Blogueurs 2009 :


Anousonne de Grandcrew ; Benjamin F de Playlist Society et du Ricard sa Live Music ; Benjamin L de Soul Kitchen, Benoit de Pop Revue Express, de Hop Blog et de Benzine ; une bonne partie de l’équipe de Dans le mur du son : avec Arbobo de Arbobo, Erwan de The man of Rennes steals our hearts, Lyle de J’écoute de la musique de merde, Thomas du Golb et de Culturofil, et Twist de I left without my hat ; Dali de This Is All About Audio Dynamite ; Daniel de Listen See Feel ; Disso de Derrière la fenêtre ; Ed Loxapac de Chroniques Electroniques ; trois Indie Pop Rockeurs avec Christophe de La Tête à Toto, Mathieu de Ramdom Songs et Paul de Pomme de Pin ; Eddie du Choix de Mlle Eddie ; François de Dans Mon Mange-Disque ; JS de Good Karma ; Ju de Des Oreilles Dans Babylone ; Julien de Des Chibres et Des Lettres et de Goûte mes Disques ; Kris d’Au bout du chemin et de Sound Of Violence ; Laure de Not For Tourists ; Laurent de Rocktrotteur ; Martin de Branche Ton Sonotone ; Mmarsupilami de Little Reviews ; Mr Meuble de Sous les pavés, la Plage ; Olivier de Feu à Volonté ; Panda Panda de Ears of Panda ; Pierre de Musik Please ; Rod du Hiboo ; Romink de My(Good)Zik ; Saab de With Music In My Mind ; Sfar de Toujours un coup d’avance ! ; Systool du Gueusif Online ; Thibault de La Quenelle Culturelle et Violette des Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes


Vous pouvez retrouvez l’intégralité des disques cités dans le classement ici


Chef de projet : Benjamin F / Conception et Logo : Laurent / Communication : Waaa

A lire aussi : Le Top 2009 de Dodb et des chroniqueurs


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