J'ai eu beau traîner mes guêtres à un concert des gamins débraillés de Late of the pier ou encore m'enthousiasmer pour les productions du jeune Ecossais Calvin Harris ou du Lyonnais Danger, je vous l'affirme sans hésitation : je ne suis pas un fluo kid. Il n'y a qu'à me détailler rapidement pour s'en rendre compte. Pas assez trendy, trop casanier, un tantinet old-school pour cette mode teenage débridée. Néanmoins, je ne pourrai nier mon penchant pour les sons électroniques abrasifs et dopés à la basse saturée tels que nous en abreuvent régulièrement les labels Ed Banger, Kitsuné, Institubes et autres Ekler'o'shock. A croire qu'un jeune clubber surexcité sommeille finalement toujours en moi, ne demandant qu'à être rudoyé par un bon beat house breaké et une volée de synthétiseurs. Aussi, je ne pouvais résister à la tentation d'écouter le premier album de Pierre-Alexandre Busson, alias Yuksek, annoncé depuis quelques mois comme le nouveau messie de la musique électronique française.
Yuksek, qui soit dit en passant signifie « hauteur » en turc, a fait ses armes dans la musique pop après avoir étudié le piano classique au conservatoire de Reims. Biberonné aux Beatles et à Gainsbarre, mais également aux premiers rap west coast de NWA ou De La Soul, il s'illustre au sein de formations pilliers de la scène rémoise : The Bewitched Hands, Alb puis Brodinski and The Shoes. Peu à peu, il s'oriente vers l'électro, emballé comme beaucoup par cet espace de liberté à défricher. Signé par le label de Birdy Nam Nam, il remixe Mika, Kaiser Chiefs, Ghosface Killah ou Tahiti 80, se laissant ainsi aller à son goût prononcé pour la pop. C'est véritablement en live, à grands coups de synthé vintage, qu'il acquiert une jolie notoriété et parfait sa mue vers une house discorock se rapprochant des canons de notre époque.
Comme le laissait présager les trois titres du maxi “Tonight”, sorti en septembre dernier, Yuksek fait avec Away from the sea oeuvre de patchwork, piochant tour à tour dans des registres musicaux divers et variés. Groove disco, riffs postpunk, beats house, guitares rock ou encore scansion rap incisive (Amanda Blank de Spank Rock sur le titre “Extraball”). La dominante demeure électronique et l'ensemble, malgré quelques impairs (il s'agit là d'un premier disque), dévoile une bonne dosette d'hymnes galvanisants à faire danser jusqu'à plus soif. Pas de doute, conformément à la rumeur, Yuksek est taillé pour le club.
“Break ya” nous reçoit comme il se doit avec une rafale nourrie de breaks aux atours acides claquée à même nos jolies joues pourprées. D'emblée, l'atmosphère s'annonce transie et transpirante. “Tonight” déroule ensuite ses vocaux siglés “French touch” et ses montées vertigineuses de claviers. L'entrée en matière est honorable sans pour autant déborder d'originalité. L'enchaînement qui suit, avec la balade pop rebondissante “A certain life”, le nasty rap “Extraball” et le déferlement de synthétiseurs métalliques de “Take a ride”, s'avère par contre totalement irrésistible. Yuksek nous pond trois modèles d'électro-house vintage, successivement teintés de funk, de hip hop et de techno. Le Rémois capte évidemment un certain air du temps, nous rappelant à maintes occasions les nombreux rejetons des Daft Punk, mais la composition est bien branlée et les mélodies imparables.
Sur la durée, le disque s'avère cependant quelque peu difficile à encaisser. Bien que largement alimenté en infuences, il s'avère au final trop stéréotypé dans sa structure et par moment redondant. En fin de compte, c'est une série de maxis que propose Yuksek, plus qu'un véritable objet album. Si le garçon ne marquera pas l'histoire de la musique électronique avec ce premier opus, à n'en pas douter, il pourra retourner n'importe quel club de France et de Navarre avec ses hits house disco-rock frénétiques. Ce n'est déjà pas donné à tout le monde.
En bref : Une succession de maxis électro-house trépidants sous influence pop, plus qu'un véritable album. En dépit de quelques ratés et de l'expérience difficile de la durée, l'exercice vaut le détour, ne serait-ce que pour son sens inné du dancefloor et de la mélodie. Ainsi que pour les quelques coups de bambou électronique qu'il nous assène.
Le myspace de Yuksek
“Tonight” :
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Deuxième tuerie retenue de ma phénoménale soirée revival 80’s d’il y a quinze jours, ce maxi sorti de nulle part, enfin si, de Virginie pour être exact, et pour lequel il m’a été difficile de trouver des infos. Parce qu’avec trois lettres comme seules indications, il a fallu ruser. Mais tirons dès à présent les choses au clair. VCR est donc un groupe contemporain, fondé en 2002, dont le line-up particulier n’a cessé de se remodeler depuis. Si Chad Middleton, Steve Smith et Christian Newby font toujours partie de l’équipe, Casey Tomlin et Mya Anitai, pourtant indispensables sur cet Ep, auraient quelque peu splitté comme on dit. Bref, vous commencez à vous demander quelle est la particularité de cette obscure formation en mouvement. Et bien tout tient dans sa composition, inhabituelle chez un combo électro punk rock : pas de guitares (tout juste une basse), une batterie et trois synthés en action. Alors Ok, ça n’est pas nouveau, Devo, Depeche Mode, OMD ou encore plus récemment The Faint s’y sont essayé, mais de nos jours c’est plutôt rare. Surtout pour des morceaux qualifiés par les intéressés de fun-core aventureux, qui donnent une pêche, mais alors une pêche… 













